Inventaire lexicographique du français calédonien

par Christine Pauleau



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Pour citer ce travail :
PAULEAU, C., Inventaire et observatoire lexicographiques du français calédonien (Nouvelle-Calédonie), bilan sociolinguistique sur le géolecte francocalédonien, Paris, site du laboratoire Modèles Dynamiques Corpus (MoDyCo), UMR 7114 du CNRS/ Université Paris Nanterre, depuis 2022, https://ressources.modyco.fr/dicocaledonien/

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Lexique général (gros caractères) - Lexique flore/faune (petits caractères, termes rares en gris)

Entrées et sous-entrées
Items and subitems
1 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: D :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

1 DAGUET :

n.m. T.cour. Jeune cerf. Ses chevrotines, il les gardait pour les cerfs, qui s'étaient multipliés dans l'île au point qu'on y comptait plus de daguets que de bovins. Roman Sénès, 1987 : 184. Impact de la castration du daguet rusa sur les performances de croissance (…). Fiche du site de l’Observatoire de l’environnement en Nouvelle-Calédonie -oeil.nc, 1995, consultation 2023. Norme : Terme répertorié par le Petit Robert avec la définition : "Jeune cerf ou jeune daim qui est dans sa deuxième année et dont les dagues poussent." Ce dernier terme ne semble pas en usage en français calédonien*. En français hexagonal, l'usage réel du mot "daguet" semble plutôt spécialisé (domaine de la chasse par exemple) et peu courant, sauf dans certaines régions (selon informateurs). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2005).

2

FAIRE* SON DAGUET* :

Variante de FAIRE* SON MALIN. V. cette entrée. Arrête de faire* ton daguet* ! Oral spontané, 1990.

 

3 DAME BLANCHE :

n.f. Cour. Revenante légendaire, autour de laquelle diverses histoires sont racontées, une même histoire pouvant donner lieu à de nombreuses variantes. Car les années ont passé, et le village abandonné, hanté par la "dame blanche", n'a jamais repris vie. Journal Les Nouvelles 1976, dans Manuel Lectures : 132. (…) qui son histoire de fantôme, qui son histoire de dame blanche, de lézard, de nains, de boucans* (…). Roman Tcherko, 2001 : 49. Norme : L'expression et la légende, sous diverses variantes, sont également connues dans certaines régions de l'hexagone. Encycl. : Le plus courant de ces récits semble être celui dans lequel la "dame blanche" apparaît dans le monde des vivants près d'un cimetière, sous la forme d'une auto-stoppeuse qui garde la veste de celui dans la voiture duquel elle est montée, le vêtement étant retrouvé le lendemain par son propriétaire sur une tombe, près de laquelle il rencontre des parents de la dame en question, lui annonçant qu'elle est morte depuis des années... Dynamique : Terme stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

4 DAMÉ, DAMÉE :

adj. T.cour. Fam. Populaire ou plaisant.  Rempli/ remplie au maximum, plein/pleine. Y avait du monde dans le car, il était damé! Oral spontané, 1990. (…) j'ai pété* un coup de pêche (…) c'était damé! [=c'était plein de poissons]. Sketch Wahoo, [2000?].  (…) ton clebs, l’é damé [il est damé] d’puces ! BD Teg, 2002 : 42. Sur une île coupée de la Grande-Terre*, sans électricité (...) et en plus damée de moustiques. Récits Juncker, 2018 : 69. (...) c'est damé de monde là-dedans. Roman Simon, 2021 : 121. Dynamique : Emploi assez courant dans les années 1990 (à l’époque, attesté à l’oral uniquement);  a ensuite gagné en vitalité (employé par les jeunes également) puis s'est stabilisé (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

5 DAMER :

v.tr.dir. Cour. Fam. Frapper. V. ASTIQUER (I. 1.). Sale gosse (…) tu vas voir, je vais te damer (…)! Roman Tcherko, 2003 : 64. Il est où ton mari? (…) il va encore te damer s'il te croche là (…).Roman Gorodé, 2005 : 21. Collocation fréquente : V. article ci-après. Dynamique : Emploi assez courant dans les années 1990 (à l’époque, attesté à l’oral uniquement); a ensuite gagné en vitalité (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

5

DAMER* LA GUEULE + de + complément :

Attesté uniquement à l’oral. loc. verbale. tr. indir. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Frapper + complément. V. DÉCALQUER LA GUEULE et ASTIQUER I.1. [Au volant :] Hé!* mais j’vais lui damer* la gueule à çui-là ! Oral spontané, s.d. Dynamique : Emploi assez courant dans les années 1990, qui a gagné en vitalité (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

6 DARTRIER :

n.m. Peu cour. (Cassia occidentalis L.). (Bourret, 1981 : 76). Arbrisseau décoratif aux grappes de fleurs dressées, de couleur jaune. Encycl.  : Famille des Légumineuses Caesalpinacées. / Il doit son nom à ses propriétés médicinales : ses feuilles pilées constituent un remède contre les dartres et autres maladies de peau. / Assez courant dans les jardins, le dartrier pousse parfois en bordure des ruisseaux. (…) le voilà cavalant sur la sente (…) suspendu (…) à des savanes pâles, dartriers et poinsettias*  (…). Roman Sénès, 1987 : 226. Composés : V. ci-après :

6

DARTRIER* À TÊTE NOIRE :

n.m. Peu cour. (Cassia didymobotrya). Arbrisseau de la même famille et du même genre que le dartrier*, ressemblant surtout au dartrier* des Antilles, mais dont les fleurs jaunes ont une extrémité brune. Répertorié par Godard, 1978 : 126.

7

DARTRIER* DES ANTILLES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Botanique. (Cassia alata L.). (Rageau, 1973 : 40). Arbrisseau de la même famille et du même genre que le dartrier*, qui lui ressemble beaucoup mais en plus décoratif. Encycl.  : Mêmes propriétés médicinales que le dartrier*. Répertorié par Rageau, 1973 : 40. Syn.  (rare) : Fleur* chandelle. Variante (rare) : Dartrier.

 

5 DATURA :

n.f. A.cour. (Datura innoxia). Plante au feuillage duveteux, aux grandes fleurs blanches dressées et au fruit épineux, poussant souvent au voisinage des habitations et contenant des substances très toxiques. Encycl.: Famille des Solanacées. / Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 101).  Tu as vu l'énorme datura au bord de la route? Oral spontané, s.d.  Syn. (rare) : Pomme* épineuse.

6 DAURADE :

Variante graphique de DORADE. V. cette entrée. Répertorié par Observatoire, 1990 : 163.

7 DAWA :

Ci-dessus : Dawa. Source : Wikipédia. Crédit : Brian Gratwicke. CC-BY.

 

n.m. T.cour. (Naso unicornis Forsskal). Poisson de récif herbivore, de couleur brune à protubérance frontale, dont la chair est très appréciée. Encycl. : Terme apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917-924). / Le mot "dawa" désigne le même poisson, dans certaines langues kanak*, notamment en ajië* (Lercari, 2002) et en xârâcùù* (Observatoire, 1985 : 66). (…) dawa à la braise dawa à l'étouffée. Recettes Masachs, 1980 : 48-49. Tous les poissons se ruèrent vers la sortie (…) cachalots, baleines (…) dawas, merlins etc. Contes de Thio, 1997 : 26. Les mulets* au coco* rivalisent avec les dawas dont la peau cuite s'ouvre sur la chair huileuse. Roman Gorodé, 2005 : 158. Les produits ayant vu leur prix moyen largement augmenter sont le maquereau et le dawa (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. : Licorne*, poisson* licorne (rares.). Poisson* du chef* (a.cour. chez les Kanak*). Collocation et Composés : V. ci- après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

8

DAWA* À BOSSE :

n.m. Cour. (Naso brachycentron Val.). Poisson, espèce de dawa* à bosse frontale. Tu vois les dawas ? Y a des dawas à bosse et des dawa* à corne… Oral d'enquête, 1991. Syn. (t.cour.) : Dawa*.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

9

DAWA* À CORNE :

Cour. (Naso brevirostris Val.). Poisson, espèce de dawa* à corne frontale. Tu vois les dawas ? Y a des dawas à bosse et des dawa* à corne… Oral d'enquête, 1991. Syn. : Dawa* (t.cour.). Dawa* à longue corne (a.cour.).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

9

DAWA* À LONGUE CORNE :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie (et pêche?). (Naso brevirostris Val.). V. DAWA À CORNE. Répertorié par Observatoire, 1988 : 119. Syn. (t.cour.) : Dawa*.

9

DAWA* BARIOLÉ :

Peu cour. Spéc. Domaine : Pêche/ Ichtyologie. (Naso lituratus Schneid.). Poisson, espèce de dawa* très coloré. Répertorié par Observatoire, 1988 : 119. Syn. (t.cour.) : Dawa*.

10

Y A DAWA* SOUS PATATE* :

Attesté uniquement à l’oral. phrase -de type idiotisme. A.cour. Fam. Plaisant. Il y a une chose qu’on nous cache, et qu’on soupçonne. Equivalent hexagonal : Il y a anguille sous roche (Petit Robert) -équivalent de l’anguille : le dawa*; équivalent de la roche : la patate*, massif de corail. Dynamique : Expression apparemment récente en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

37 DE WIZZ :

Variante de ÇA DE WIZZ. V. Cette entrée. -T'as vu mon nouveau sac? -De wizz!

11 DÉBROUSSAGE :

n.m. T.cour. Action de nettoyer un terrain de sa végétation (débrousser*) / son résultat. Jacques se disait qu'il allait (…) reprendre le débroussage jusqu'à rendre son champ acceptable. Kurtovitch 1988, dans Littérature NC : 57. Syn.  (bien moins cour.) : Débroussaillage*. Norme : Le terme du français de référence est : "débroussaillement". V. DÉBROUSSAILLAGE.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

1485 DÉBROUSSAILLAGE :

n.m. Cour. Débroussaillement. Création et entretien de parcs et jardins/ -Débroussaillage -Elagage (…). Journal Les Nouvelles, 15/10/1988. Syn. : Débroussage* (plus cour.). Norme : Le Petit Robert ne répertorie que "débroussaillement", seul terme standard, débroussaillage étant néanmoins en usage dans l’hexagone (mais pas débroussage*, V. cette entrée).

12 DÉBROUSSAILLEUSE :

n.f. T.cour. Machine utilisée pour le débroussaillement (débroussaillage* ou débroussage*). Tombola (…) : 1e prix: une débroussailleuse (…). Journal Les Nouvelles, 13/06/1990. Mon père il a dit que si je passe mon bac, j’aurai une débroussailleuse (…). Sketch Lewis, 1991 (parodie d’une interview de Miss Calédonie). Norme : En usage en français hexagonal mais absent du Petit Robert.

13 DÉBROUSSÉ, DÉBROUSSÉE :

adj. Cour. Dégagé, dégagée. (…) il distingue au loin une clairière bien débroussée. Récits Collégiens, 1995 : 48.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

14 DÉBROUSSER :

v.tr.dir. T.cour. Nettoyer un espace, un terrain, de sa végétation, celle-ci pouvant être constituée de broussailles relativement faciles à éliminer (c'est le sens que le français de référence donne à "débroussailler"), comme d'herbes, d'arbustes ou d'arbres beaucoup plus résistants et luxuriants qu'en France hexagonale, ce qui exige un travail de force bien connu des Calédoniens*. "Débrousser" est le seul terme qui convienne pour parler du plus fastidieux et du plus monstrueux travail qui soit : lutter contre l'exubérance d'une végétation épineuse, bruissante de guêpes* noires. Roman Sénès, 1987 : 45. (…) il s’éclipsait (…) pour débrousser les champs d’autres membres de la tribu. Ihage-Gorodé, 2002 : 54. Je cherche des personnes qui voudraient faire débrousser leur terrain. Oral Radio, 05/2005 (petites annonces). On n’laisse pas le caillou magique comme ça, sans s’en occuper … sans débrousser. Récits Juncker, 2018 : 142. Dérivés : Débroussage*. Débrousseur*. Débroussailleuse*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

15 DÉBROUSSEUR :

n.m. Cour. Ethnolectal (moins cour. chez les Européens*). Personne chargée de nettoyer un terrain de sa végétation (débrousser*). Charley recruta des Canaques* de bonne volonté (…) C'étaient les porteurs, les débrousseurs (…) les rabatteurs pour la chasse. Baudoux [1915], dans Manuel Lectures : 103.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

16 DÉCALQUER :

Attesté uniquement à l’oral. v.tr.dir. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Frapper. V. ASTIQUER. Il s’est fait décalquer ! Oral spontané, 1990. Collocation fréquente : Décalquer la gueule (de quelqu’un). Norme : Possible en français hexagonal (selon informateur).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

16

DÉCALQUER* LA GUEULE + de + complément :

Attesté uniquement à l’oral. loc. verbale tr. indir. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Frapper + complément. Arrête de m’emmerder, j’ vais t’ décalquer la gueule ! Oral spontané, s.d. Syn.  : Damer la gueule, laver* la gueule, mouiller* la gueule, tamponner* la gueule (cour.). Murer* la gueule (rare).

 

17 DÈHÈ :

Attesté uniquement à l’oral. terme de salutation. Cour. Fam. Souvent plaisant. Au revoir, à tout à l’heure. Connotation : Kanak*. Encycl. : En drubea* (langue kanak*), "à tout-à-l’heure" se dit : nrèxéeyè (Shintani). -Tu pars? -Ouais, allez hein, dèhè! Oral spontané, s.d. Syn.  : Tata*. Norme : Souvent prononcé en imitant le français kanak* : "ndèhè".    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

18 DEHU :

Variante graphique de DREHU. V. cette entrée. (…) Dehu, Iaaï*, Faga* Uvéa, De toutes vos forces, Venez, Chantez, Dansez (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. 

18 DÉLICIOSA :

n.m. A.cour. (Monstera deliciosa Liebm.). Plante très courante dans les jardins, de taille particulièrement grande, aux racines aériennes, et aux feuilles spectaculaires, très découpées, de couleur vert foncé, dont la fleur est blanche avec un énorme pistil. Encycl. : Comme on le voit, c'est le nom latin qui est à l'origine du terme usuel. Répertorié par Observatoire, 1990 : 162. Syn. (a.cour.) : Tarot* (V.TARO (3.)).

19 DÉM :

Variante de DÉMARRER. V. cette entrée. On dém’ ? Norme phonétique : En alphabet traditionnel, "dèm".

20 DEM (À -) :

Attesté uniquement à l’oral. terme de salutation. T.cour. Jeune. Fam. A demain. -Allez salut !Ok, à dem’ ! Syn. : V. DEMAIN. Norme phonétique : En alphabet traditionnel : "à deum". Dynamique : Terme récolté en 2005, auprès de nombreux lycéens (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

21 DEMAIN :

Attesté uniquement à l’oral. terme de salutation. T.cour. Fam. À demain. –Allez salut ! –Ok demain ! Oral spontané, s.d. Syn. : V. DEM' 2. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

22 DÉMARRER :

Attesté uniquement à l’oral. v.intr. T.cour. chez les jeunes. Fam. Partir, s’en aller. Allez on démarre ? [=on s’en va ?] Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Bouger ("On bouge ?" : français des jeunes). Variante abrégée (moins cour.) : Dém’* (On dém’ ?). Dynamique : Terme récolté en 2005 mais pas véritablement récent, sauf sa variante abrégée (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

23 DEMI :

Attesté uniquement à l’oral. adj. A.cour. Fam.  1. Gros, important. V. PETIT. (…) il avait une demi-cartouche dans la gueule… [=il tenait une sacrée cuite]. Sketch Valéry, 1989. Je me suis pris un demi-coup de soleil ! [=je me suis pris un sacré coup de soleil]. Oral spontané, 1990. Pas le demi-plâtre à la jambe ! [=un sacré plâtre à la jambe!]. Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Sacré. Syn.  : Petit*.   2. Formule euphémisante, dans les énoncés négatifs. C’est pas le demi-Zor*, lui, hein ? [=c’est vraiment le Métropolitain, lui hein ?] Oral spontané, s.d. l’inkilé pas un demi baveur* suila [=l’enculé c’est vraiment un mytho celui-là !]. Post Facebook, 2023.

24 DEMI-BEC :

n.m. Peu cour. (Hémiramphus far Forsskal). V. AIGUILLETTE. Répertorié par Rivaton, 1990 : 120. Composés (rares) : V. ci-après :

24

DEMI-BEC* À BEC ROUGE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Hyporhamphus dussumieri Valenciennes). Espèce de demi-bec* (description?). Répertorié par Laboute, 2000 : 137.

24

DEMI-BEC* À TACHES NOIRES :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Hyporhamphus dussumieri Valenciennes). Espèce de demi-bec* orné de quatre ou cinq tâches noires alignées.  Répertorié par Laboute, 2000 : 137.

 

24 DEMI-LUNE :

n.f. T.cour. Bâtiment en tôles ondulées de forme semi-circulaire. Encycl. : Les premières demi-lunes furent montées par l'armée américaine pendant la guerre, et souvent laissées sur place. Un quartier de Nouméa, le Receiving  [reseviŋ] ("Receiving Station" : centre de passage et de répartition des troupes américaines) était composé uniquement de demi-lunes. Encore de nos jours, les demi-lunes qui subsistent servent d'entrepôts, de magasins, et même de logements (très rarement aujourd’hui). (…) été 1946 (…) Des hopitaux bondés, des stocks de pneus empilés entre les demi-lunes d’urgence (…). Roman Sénès, 1987 : 250. (…) le royaume de l’occase (…) OK DOCK (…) La demi lune toute rose super sympa. (publicité) Journal Les Nouvelles, 10/1988. (…) la salle des fêtes à Gomen c'est une demi-lune (…). Sketch Valéry, 1989. -Je vais vous poser quelques questions : (…) les demi-lunes, elles sont….amer… -Heu, Américaines ? –Oui (…). Roman Jacques, 2002b : 44.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

25 DÉMORCEUR :

n.m. Cour. Nom donné aux poissons qui ont la réputation de grignoter les appâts des pêcheurs sans se faire prendre1. (Scolopsis spp.). Petits poissons argentés du genre Scolopsis. Répertorié par Laboute, 2000 : 277. Syn. (cour.) : Brème*.  2. (Hepatus triostegus L./ Abudefduf spp.). Petits poissons de genres divers, comme Abudefduf et Hepatus ? Répertorié notamment par Observatoire, 1988 119.

Syn. (peu cour.) : Tacot*.

25 DENGUE :

n.f. T.cour. Maladie infectieuse transmise par les piqûres de moustiques. En finir avec la dengue ! (...) La Nouvelle-Calédonie est en épidémie de dengue déclarée, avec 3 817 cas confirmés depuis le 1er janvier 2019. caledonia.nc, 07/2019. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

26 DÉRAPER :

Attesté uniquement à l’oral. v.intr. Cour. Fam. Partir. On dérape? [=on s'en va?] Oral spontané, s.d. Collocation fréquente : Dérape!* :

27

DÉRAPE! :

Attesté uniquement à l’oral. phrase interj. Cour. Fam. Vas t'en! Dérape de là! J'veux plus t'voir! Dérape ! Equivalent hexagonal : Dégage! (Petit Robert).

 

28 DÉSHO! :

interj. Cour. Fam. Exprime un "sentiment d'abaissement, d'humiliation, d'infériorité" (DFP "La honte!"), non pas chez le locuteur mais chez l’interlocuteur (sentiments supposés ressentis par l’interlocuteur). Connotation : Ironique. Encycl.  : Du français de référence "déshonoré" (ce dernier mot apparaissant comme variante de désho), ou du français de référence "désolé" (comme l'illustre la variante déso : V. article ci dessous). Jordan se montra farouchement opposé à cette idée (…) "désho" répétait il en passant sa main sur sa tête [désho : abréviation de déshonoré, exprime un sentiment de honte]. Roman Tcherko, 2001 : 17. Ben là tu t'es fait complètement avoir, hein? Désho! Equivalent hexagonal : C'est la honte/La honte -DFP- (La honte pour toi!) (français des jeunes). La ahchouma (français néo-pop.). Variantes : Désho* pour toi! Désho* pour ta gueule! Désho* ta tête! (cour.)/ Déshonoré* ton crâne! Désho* ton crâne! (a.cour.)/ Dés'!* (peu cour.). Variante graphique : Déso*. Norme phonétique : [dezo] (en alphabet latin : "dézo"). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

29

DÉS’! :

Variante de DÉSHO. V. cette entrée. Ben là tu t'es fait complètement avoir, hein? Dés'! Norme phonétique : En alphabet latin, "dèz".

29

DÉSHONORÉ TON CRANE :

Variante de DÉSHO. V. cette entrée. T'as perdu? Déshonoré ton crâne! Variante abrégée : Désho* ton crâne.

30

DÉSHO* POUR TA GUEULE :

Variante de DÉSHO. V. cette entrée. Ben là tu t'es fait complètement avoir, hein? Désho pour ta gueule!

31

DÉSHO* POUR + pronom personnel : DÉSHO* POUR TOI/ POUR LUI/ .... :

Variante de DÉSHO. V. cette entrée. Les quolibets vont alors bon train : « C’est bien le Zoreille* ! Il connaît rien ! Il est fin* nul ! Chaleur* pour lui ! Déso pour lui ! Va* dormir ! ». Entretien Barbançon, 2022 : 261. T'as raté le concours? Aouh*! Désho pour toi!

32

DÉSHO* TA TÊTE :

Variante de DÉSHO. V. cette entrée. Awa* T'es nul! Désho ta tête!

33

DÉSHO* TON CRÂNE :

Variante de DÉSHO/ DÉSHONORÉ TON CRÂNE. V. ces entrées. Ben là tu t'es fait complètement avoir, hein? Désho ton crâne!

34

DÉSO :

Variante graphique de DÉSHO. V. cette entrée. Quoi? Tu connais pas encore notre drapeau toi? Auu!* là*, déso la cous'*, mais c'est* bon tu te réveilles un peu (…) parce que, cous'*, auu!* c'est quand même déso quand on reconnaît même pas le drapeau de son pays. Roman Gorodé, 2005 : 67. Les quolibets vont alors bon train : « C’est bien le Zoreille* ! Il connaît rien ! Il est fin* nul ! Chaleur *pour lui ! Déso pour lui ! Va* dormir ! ». Entretien Barbançon, 2022 : 261.

 

35 DESTIN COMMUN :

loc. nom. T.cour. Destin de la Nouvelle-Calédonie tel qu'il est envisagé par l'accord de Nouméa de 1998. Encycl.  : Le préambule de l'accord de Nouméa du 5 mai 1998 affirme qu'"il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d'une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun". Ou encore qu'"il est aujourd'hui nécessaire de poser les bases d'une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d'origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant ainsi son destin commun", ou que "[l]e passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L'avenir doit être le temps de l'identité, dans un destin commun." (site internet Legifrance.gouv.fr, consultation 2005). / Le monument de Nouméa appelé le Mwakaa représente le destin commun. Le "destin commun" passe nécessairement par une voie originale assurant la meilleure cohabitation possible entre les héritages culturels européen et océaniens. Terrier, L'Histoire de la Nouvelle-Calédonie, 2010 : 40.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

35 DEUX-NARINES :

n.m. Peu cour. Variante de DOUBLE-NARINE. V. ce mot. Le Calédonien* évolue avec aisance au milieu des (…) "5/5*" (…) des "deux-narines", des "crache-goyaves*" (…). Essai Barbançon, 1988 : 17.

36 DEVINER :

Mot du français de référence entrant dans la composition de diverses expressions :

36

DEVINE! :

Attesté uniquement à l’oral. interj. A.cour. Fam. Exprime un acquiescement insistant équivalant à un énoncé de type "Bien-sûr que je suis de ton avis!". -Il est nul ce film! -Ben non, devine! [=Ben oui ça c'est bien vrai] Oral spontané, 1990. Equivalents hexagonaux : Je ne te le fais pas dire (DFP, DFNC). Crois-tu? Tu m'étonnes! (français fam.). Variante (moins cour.) : Devinette! Collocation fréquente : Ben non, devine! (avec ben non en antiphrase).

37

DEVINETTE! :

Variante de DEVINE!. V. ce mot. -Il est nul ce film! -Ben non, devinette! [=Ben oui ça c'est bien vrai].

38

DEVINE + si + phrase :

Attesté uniquement à l’oral. Structure de phrase. A.cour. Fam. Marque une insistance et exprime un jugement d'évidence vis-à-vis de ce qui va être dit dans la phrase : Equivalent : Bien-sûr + que + phrase. Quand elle a rapporté la voiture cabossée, devine si elle s'est fait engueuler!

 

38 DIAMANT PSITTACULAIRE :

 n.m. Rare. Spéc. (Erythrura psittacea Gm.). V. CARDINAL. Répertorié par Hannecart, 1980 : 65.

39 DIRE :

v.opérateur. Mot du français de référence entrant dans la composition de plusieurs locutions et interjections. V. ci-après.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

40

DIRE AVANT :

loc. verbale. T.cour. Fam. Prévenir. Pourquoi t’as pas dit avant ? F.O.L., 1983 (avertissement au lecteur). Dynamique : Emploi relativement stable , mais peut-être vieillissant (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

41

DIS BIEN! :

interj.  1. T.cour. Fam. Exprime un agacement. Je comprends rien à ce que tu racontes! Dis bien!  2. T.cour. Fam. Exprime un avertissement vis-à-vis d'un allocutaire soupçonné de mensonge. Dis bien hein? Mens pas! Oral spontané, 1991. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  3. Peu cour. Fam. Exprime un avertissement à l'égard de quelqu'un qui s'exprime de façon grossière ou injurieuse. V. PARLE BIEN! [Deux élèves en classe :] – Pour les vieux – Mais non toi, dis bien ! Pour les personnes âgées hein Monsieur ? Entretien Barbançon, 2022 : 164. –C'est un chien* galeux, ce mec-là ! –Hé mais dis bien, toi!

42

DIS PAS FORT! :

Attesté uniquement à l’oral. interj. Cour. Fam. Exprime un "sentiment d'abaissement, d'humiliation, d'infériorité" (DFP "La honte!"), non pas chez le locuteur mais chez l’interlocuteur (sentiments supposés ressentis par l’interlocuteur). Connotation : Amicale. Ben là tu t’es fait avoir, hein ? Dis pas fort ! Syn. : V. DESHO (remarque : contrairement à Désho!*, pas de connotation ironique pour Dis pas fort ! mais au contraire une connotation amicale et bienveillante).

42

DIS PAS! :

Attesté uniquement à l’oral. interj. T.cour. Fam. Marque la surprise. V. AWA (III.) –J'ai vu ton frère quand j'étais en France –Dis pas! Dynamique : Emploi relativement stable , mais peut-être vieillissant (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

42

TU DIS + que + phrase + ? :

Attesté uniquement à l’oral. Structure de phrase interrogative. T.cour. Fam. Formule permettant d'une part d'insister sur ce qui est dit dans la phrase, d'autre part de demander l'avis de l'interlocuteur à propos de ce qui est dit dans cette phrase (niveau explicite), mais ayant en réalité surtout une fonction phatique (niveau implicite). (…) c'est Ninin Bernanos qui a gagné ça [le carton de Number one [marque de bière locale]] et puis lui il boit même pas d'alcool t'wois [=tu vois?] Tu dis [qu'] c'est gaspillé ça? SketchValéry, 1989. Equivalent hexagonal : "non?"/ "n'est-ce-pas?", en fin de phrase. Collocation fréquente : Souvent suivi de ou quoi? / Le marqueur d'enchâssement "que" est souvent élidé si cela n'entraîne pas hiatus (V.illustration). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

43 DIRO :

n.m. Rare. Vx. (Taetsia fructicosa Merr. ou Cordyline fructicosa A.Chev.). V. CORDYLINE. Au haut de l’allée centrale, près de la case, de l’autel et des perches, se retrouve (…) une plante d’apparence sèche, au bois noueux, aux feuilles d’un vert violet mat. C’est une liliacée, une cordyline* très vivace, le diro. Leenhardt, 1947 : 20.

43 DISTRICT :

n.m. T.cour. Spéc. Domaine : Administration. Circonscription. (…) le district et ses dirigeants laissent jouer des équipes qui ne sont pas en règle (…). Journal Les Nouvelles, 1991 (lettre d'un lecteur). La formation comporte trois niveaux : les arbitres de districts, de province*, et du Territoire*. Journal Les Nouvelles, 05/2005.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

44 DOCK :

n.m. T.cour. Entrepôt à usage commercial ou particulier. (…) nous nous mettons tous à pousser les bateaux* pour les ranger dans le dock en feuilles de cocotier*. Album Sebban, 1984 : 14. Norme : En français de référence le sens de ce terme est plus restreint : bassin entouré de quai, destiné au chargement et au déchargement des navires / hangars, magasins situé en bordure du dock (Petit Robert).

45 DOGHI :

n.m.  1. A.cour. Ethnolectal (T.cour. chez les Kanak*). Esprit maléfique, diable. (…) la plupart voulut aussitôt voir là une manifestation du Malin, du "Doghi". Mémorial Calédonien* 1976, dans Manuel Lectures : 235. Calice ! Un doghi ! BD Berger, 1989 : 35. Syn. : Babao* (cour. sauf chez les Européens*). Variantes (peu cour.) : Dooki*, dookii*, toghi*. Plus le texte est proche du monde kanak*, plus la graphie est proche de la graphie du mot kanak* "dookii" (V. plus bas : Encycl.).   2. A.cour. Personne (de sexe féminin surtout) particulièrement laide. Sa femme, t'as vu la tête qu'elle a? C'est un doghi! Ant. : Caillou*.

Encycl. : Le mot xârâcùù* (langue kanak*) "dookii" signifie : diable, sorcier (Moyse-Faurie, 1986), le mot ajië* "döki" : démon, diable, puissance (Lercari, 2002). / Terme apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917).

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

46

DOOKII :

Variante de DOGHI. V. ce mot. (…) l’araucaria* envoûté par la danse magique du "dookii" [dookii : représentation de sorcellerie malfaisante)]. Poèmes Gorodé, 1985 : 32.

47

DOOKI :

Variante de DOGHI. V. ce mot. (…) un jour, accompagné du devin, il a annoncé (…) que celui qui avait empêché son retour serait renversé par le dooki. Roman Calandra, 2004 : 83.

48

TOGHI :

Variante de DOGHI. V. ce mot. D'abord, personne ne sait ce que c'est qu'un Toghi. Des fois, on dit que c'est un sorcier (…) D'autres fois, c'est des poissons mystérieux, qui font mourir les gens (…) ou des fois encore c'est une pierre ou une boule de feu qui se déplace plus vite qu'un cheval au galop. J.Mariotti, 1950 dans Anthologie, 1994 : 198.

 

49 DOLIQUE :

n.m. Peu cour. (Dolichos lablab L.). V. HARICOT CANAQUE*. Répertorié par Rageau, 1973 : 47.

49 DORADE :

n.f. Cour. (Lutjanus fulviflama Forsskal.). Poisson "jaune avec une tâche noire sur les flancs" (F.O.L., 1983 : 71). Encycl. : Poisson réputé toxique, surtout dans le sud de l'archipel (F.O.L., 1983 : 71). Il demanda (…) si l'on avait vu des dorades dans le lagon. Roman Sénès, 1987 : 27. Syn. (rare, spéc.) : Dorade* à tâche noire. Variante graphique : Daurade*. Composés : ci-après. Norme : Le Petit Robert mentionne le terme de "daurade ou dorade" avec la définition d'un autre poisson. / Laboute (2000 : 247) donne l'identification : Lutjanus monostigma Cuvier.

49

DORADE* À TÂCHE NOIRE :

n.f. Rare.  Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Lutjanus fulviflama Forsskal.). V. DORADE.  Répertorié par Laboute, 2000 : 245.

49

DORADE* À TRAITS BLEUS :

n.f. Rare.  Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Lutjanus quinquelineatus Bloch). Espèce de dorade* ornée de cinq traits bleus longitudinaux. Répertorié par Laboute, 2000 : 247. Syn. (rare) : Lutjan* à cinq bandes bleues.

 

49 DORMIR :

V. ALLER* DORMIR.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

50 DOSE (LA -) :

Attesté uniquement à l’oral. adv. Cour. Fam. Beaucoup. T’as vu les poissons ?Y en a la dose ! [=Y en a beaucoup !] Oral spontané, s.d. Y a la dose de bruit ! [=Y a beaucoup de bruit !]. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

51 DOSER :

Attesté uniquement à l’oral. v.intr. A.cour. Fam. Briller, éblouir par sa beauté. V. CLAQUER (3). Elle dose sa copine ! C’est un canon ! Oral spontané, s.d. T’as vu j’ai repeint le bateau ? Il dose comme ça hein ?

52

ÇA DOSE! :

phrase. A.cour. Fam.  1. C'est formidable! -Ça y est j'ai réussi mon permis! -Ça dose! Equivalents hexagonaux : C'est super! C'est génial! (français fam.). C'est top! C'est le kif! (français des jeunes/ néo-pop.). Syn. : V. ÇA DE WIZZ!/ VALABLE!   2. Ça va très bien. V. BOULETTE. [Deux personnes qui se rencontrent :] -Alors, ça va? -Ça dose! Oral spontané, s.d.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

53 DOUBLE-CABINE :

Cour.  1. n.m. Véhicule, spécialement à quatre roues motrices, possédant une cabine dédoublée. A vendre pick-up double-cabine 4x4 (…). Journal Les Nouvelles, 23/06/1990. Norme : Absent des dictionnaires consultés mais possible en français hexagonal -usage spéc.- (selon informateur).  2. n.f. Fam. Plutôt plaisant. Par métaphore : Boîte de bière de grand format. Si tu achètes de la bière, tu prends pas des petites hein? Prends des doubles-cabines! Oral spontané, s.d. Bien obligé de tailler une petite bavette pour la forme (…) Pour ça je ne suis pas avare en (…) doubles-cabines. Roman Ohlen, 2000 : 33. C’était fin* valable* de boire (…) des "doubles-cabines" [se dit du grand modèle de bière]. Roman Tcherko, 2001 : 29.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

54 DOUBLE-NARINE :

n.m. Cour. Ethnolectal (moins cour. chez les non Européens*). Spéc. Domaine : Chasse. Fusil à deux canons. (…) j'étais avec le double-narine là (…) j'lui ai envoyé une vieille* décharge de chevrotine (…) la roussette* elle est tombée par terre (…). Sketch Valéry, 1989. (…) il sort une balle (…) puis des cartouches (…). Celle-là c’est une 9 grains. C’est pour mon double-narine. Entretien Barbançon, 2022 : 108.  Syn.  : Deux-narines* (rare). V. CINQ-CINQ (II.). Norme : Figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [=langage*] à nouzautes*.

55 DOUDOU :

n.m. T.cour. Fam. Antillais. Connotation : diverses (péjorative/ neutre/ méliorative). Encycl. : A La Réunion, "doudou" désigne l'amoureux, l'amoureuse (site BDLP, 2006). J'ai tant de fois entendu ces phrases (…) : (…) l'Antillais (…) c'est le Doudou, le Sakaoulé* (…). Essai Barbançon, 1988 : 48. Syn. (cour., plus souvent péjoratif) : Sakaoulé*. Variante (cour.) : Madoudou*./ Possible en français hexagonal mais terme absent des dictionnaires consultés. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

56 DOUILLE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. T.cour. Fam.  1. Réprimande. J'ai pris une sacrée douille quand j'ai dit que j'avais eu zéro!  2. Correction, "volée de coups" (Petit Robert "raclée"). Si tu continues tu vas prendre ta douille, toi! Equivalent hexagonal : Raclée (Petit Robert : "Fam."). Syn. : Ponse* (t.cour.). Locutions : A la douille. Mettre la/une/sa douille. Prendre une/sa douille. V. articles ci-après. Dérivé : Douiller* : V. ci-après. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

57

À LA DOUILLE :

loc. adv. T.cour. Fam. 1. Au maximum. Avec quelles armes se battra-t-on, bon dieu [sic.]? Avec n'importe quoi : (…) de vieux mousquets s'il le faut, chargés "à la douille" de pieds de marmite et de plombs d'éperviers (…). Roman Sénès, 1987 : 172. Equivalents hexagonaux : A fond (français courant). A donf (français des jeunes/néo-pop.). Syn. : A* bloc/ A* la caisse/A* la gueule (t.cour.). A* la tôle (Cour.). Collocation fréquente : Emploi exclamatif. 2. A toute vitesse. On va [les] coincer (…) quand je les wois [=vois] je pousse le cri de la roussette*... Toi tu te mets à leur courir autour à la douille... BD Berger, 1989 :48. Allez, allez, à la n’douille, on se barre d’ici! Roman Simon, 2021 : 103 (le n’ devant douille figure la prononciation kanak* du mot douille avec consonne prénasale n). Equivalent hexagonal : A fond de train (Petit Robert, article "vitesse"). Syn. : A* la caisse/ A* la gueule (t.cour.). A* la tôle (cour.). A* fond loulou (peu cour.).

Dynamique : En 2005, même les jeunes Métropolitains arrivés depuis peu connaissent l’expression, qui est tout de même un peu moins connue et employée chez les adolescents que dans les autres tranches d'âge. Malgré cela emploi toujours bien réel (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

59

METTRE LA DOUILLE* :

Attesté uniquement à l’oral. loc. verbale. Cour. Mettre de la puissance. V. BOULETTE (III.1.). Vas-y ! Mets la douille* ! On va le doubler ! Dynamique : Emploi moins courant que dans les années 1990 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

60

METTRE UNE/SA DOUILLE* :

Attesté uniquement à l’oral. loc. verbale. Cour. Donner une correction. V. ASTIQUER (I.1.) Mets lui sa douille* !

61

PRENDRE UNE/ SA DOUILLE* :

Attesté uniquement à l’oral. loc.verbale. Cour. Se faire battre, frapper, ou réprimander. Allez on joue au tarot, tu vas prendre ta douille* ! / M’énerve pas ou tu vas prendre ta douille* ! / Si j’ai zéro, je prends ma douille*…Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

62

VIEILLE* DOUILLE :

loc.nominale. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Terme d'adresse amical. Salut vieille douille! Oral spontané, s.d.

 

63 DOUILLER :

Attesté uniquement à l’oral. v.intr. A.cour. Fam. Etre intense, fort, élevé... : V. CAILLASSER (2.). Ooh la! Il douille, ton curry*! [=il est très pimenté]. Hé mais ça douille dans ce magasin! [=c'est cher]. Norme : Possible en français hexagonal (selon informateur).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

63 DOULE :

n.f. Rare. Spéc. (Kuhlia sp.). V. CARPE. Répertorié par Observatoire, 1990 : 163.  Composés (spéc.): V. ci-après :

63

DOULE* À QUEUE JAUNE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia munda De Vis). V. CARPE A QUEUE JAUNE. Répertorié par Laboute, 2000 : 58.

63

DOULE* À QUEUE NOIRE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia rupestris Lacepède). V. CARPE À QUEUE NOIRE. Répertorié par Laboute, 2000 : 58.

63

DOULE* À QUEUE ROUGE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia marginata Cuvier). V. CARPE À QUEUE ROUGE. Répertorié par Laboute, 2000 : 58.

 

63 DOUMBÉ :

n.m. A.cour. Cerf mâle. Encycl. : En drehu* (langue kanak* de Lifou) notamment, "drube" désigne le cerf (Sam, 1980 : 199). Répertorié par Observatoire, 1990 : 163. Variante graphique : Dumbé*.

63 DOUX, DOUCE :

adj. A.cour. Spéc. Domaine : Elevage.  Domestiqué. (…) Badu alla troquer deux de ses vaches douces (chose aussi rare que le bétail* sauvage était chose commune) contre six jeunes boeufs (…) Mariotti 1947, dans Littérature NC : 28. Syn. : adouci* (a.cour.). Ant. : Sauvage*. Composé : Bétail* doux, v. ci-après. V. également Pauleau, BDLP.

64

BÉTAIL DOUX :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Elevage. Bovins domestiqués, par opposition au bétail* sauvage. Encycl. : "Le bétail est dit "doux" en Nouvelle-Calédonie, quand il ne s'enfuit pas comme un cerf à l'approche de l'homme, quand il se laisse plus ou moins docilement mener en troupeau par une escouade de conducteurs à cheval et à pied..." (Glasgow, 1968 : 105, citant Le Goupils, 1928). Avant, il fallait travailler pour arriver à avoir du bétail* doux. Oral spontané, 1990. Répertorié à l'écrit par Glasgow (op.cit.). Ant. : Bétail* sauvage. Norme : Terme comptable ou non (du bétail doux ou un/des bétail/s doux) : V. BÉTAIL.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

65 DOUZE :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Chasse. Fusil de calibre 12mm. Chaque flingot raconte une histoire. Mon gros douze, ça me rappelle la fois où on est allés aux cochons avec Coco (…). Entretien Barbançon, 2022 : 109. Il va les recevoir à coups de douze s’ils vont essayer de lui parler. Oral spontané, s.d. V.CINQ-CINQ.

66 DRACENA :

n.m. Rare. (Taetsia fructicosa Merr. ou Cordyline fructicosa A.Chev.). V. CORDYLINE. Répertorié par F.O.L., 1983 : 58.

66 DREHU :

T.cour. Ethnolectal kanak* ou plutôt  spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte plus ou moins spéc.).  1. n.m. Langue kanak* de Lifou, l’une des îles Loyauté. Encycl.  : Langue transcrite depuis longtemps (1850, date de la première transcription par la London Missionary Society) et qui a présenté tôt une graphie cohérente, ce qui n’est pas le cas de toutes les langues (Haudricourt, 1979 : 81). Notons l'existence d'une variété particulière de dehu, appelée miny, qui est une forme cérémonieuse du drehu, employée "à la chefferie ou pour honorer les personnes de marque" (Ibid. : 18). Le drehu est la langue la plus connue par les non Kanak*, parmi lesquels elle a la réputation d’être facile à apprendre. Du point de vue strictement linguistique, les caractéristiques générales des langues des îles Loyauté passent pour moins difficiles que les langues de la Grande-Terre*, elles ont des traditions d'écriture qui datent de la traduction de la Bible et, du point de vue phonologique, citons par exemple l'absence dans leurs systèmes de consonnes prénasalisées (mb, nd, ...etc.) et de voyelles nasales. Pour six aires linguistiques, voici différents genres (…) : -drehu : Ifejicatre, conte (…). Ouvrage Anthologie, 1994 : 9. Un quatrième titre bilingue dans une nouvelle langue, probablement le drehu (…). Journal Mwà Véé, 09/2005. Les émissions exclusivement en langue kanak* : Ithanata jë [=parlez en] (drehu) (…). Site internet Centre Tjibaou (dpt Patrimoine), 03/2006. L’histoire d’une réelle prise en compte du drehu commence en 1979 avec la création du Bureau des langues vernaculaires (BLV) à Nouméa. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 10/2022.  2. n.pr. Personne habitant l'île de Lifou (île Loyauté) ou originaire de Lifou. Elle est mariée avec un Drehu.

Syn. : Lifou (non spéc.). Qene drehu (spéc.).

Variante graphique : Dehu*.

Norme phonétique : [dehu] (transcription approximative : notamment le [d] est rétroflexe -prononcé pointe de la langue en arrière); en alphabet latin, approximativement : "djéhou".

Dynamique : Emploi stable et de moins en moins spéc. (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

67 DRUBÉA :

n.m. Cour. Ethnolectal kanak* ou Spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* de la région de Païta et d’Ounya (Haudricourt, 1979 : 72). "Mwà Véé", le titre de cette revue, est issu de la langue drubéa. Journal Mwà Véé, 09/2005. Le drubea écrit comprend 24 voyelles, dont 12 courtes et 12 longues, et 24 consonnes. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 10/2022. Syn. : Langue de Païta (Shintani, 1990). Variantes : Nââ drubéa (spéc., Haudricourt, op.cit.), nràa drubea (Shintani, 1990), dumbéa* (V. cette entrée), nraa drubea (ALK, ibid.). Variante graphique : Drubea (sans accent). Norme phonétique : [ndubea] (transcription approximative : notamment le [d] est rétroflexe -prononcé pointe de la langue en arrière); en alphabet latin, approximativement : "ndjoubéa". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

69 DUMBÉ :

Variante graphique de DOUMBÉ. V. cette entrée. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 72.

69 DUMBÉA :

Variante de DRUBÉA. V. cette entrée. Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Dumbéa, Xaârâgurè*, (…) Levez bien haut vos mains tremblantes (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249.

68 DUNGAREE :

n.m. Cour. Vieilli. Pantalon ou salopette de cotonnade grossière (bleus de travail). Encycl. : L'anglais "dungarees" signifie : combinaison; salopette; bleus (Harrap's). (…) l'oncle O'Connel dut troquer son uniforme de cocher contre le dungaree du broussard* (…). Roman Sénès, 1987 : 181. [Pendant la période de présence américaine de la guerre du Pacifique :] (…) ceux qui étaient tout heureux de couper des peaux* de niaouli* (…) pour quelques boîtes de fruits au jus, des pantalons dungarees et de la vaisselle en alimunium. Kurtovitch, 2013 : 37.  Variante : Pantalon dungaree. Norme de prononciation : En alphabet latin, "dingaré" ou, plus rarement, "dingari". Dynamique : Ces pantalons ont pratiquement disparu, remplacés par les jean's, ce qui explique le caractère vieilli de l'usage du mot, qui reste toutefois connu des locuteurs (surtout les plus âgés) -Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

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MoDyCo

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Université Paris Nanterre
Atanas Tchobanov Ingénieur de recherche CNRS
- MODYCO UMR 7114

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