Inventaire lexicographique du français calédonien

par Christine Pauleau



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Pour citer ce travail :
PAULEAU, C., Inventaire et observatoire lexicographiques du français calédonien (Nouvelle-Calédonie), bilan sociolinguistique sur le géolecte francocalédonien, Paris, site du laboratoire Modèles Dynamiques Corpus (MoDyCo), UMR 7114 du CNRS/ Université Paris Nanterre, depuis 2022, https://ressources.modyco.fr/dicocaledonien/

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Lexique général (gros caractères) - Lexique flore/faune (petits caractères, termes rares en gris)

Entrées et sous-entrées
Items and subitems
71 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: À :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

71 À + pronom personnel :

loc. pronominale. T.cour. Basilectal. Ethnolectal kanak* et polynésien (moins cour. dans les autres groupes). Parfois Plaisant.  1. Pronom objet indirect tonique qui remplace le pronom objet indirect atone. Encycl. : Il s’agit en fait d’un changement syntaxique ("simplification syntaxique") qui consiste à substituer la forme de base (verbe + à + Pr pers : je vais dire à toi) à la forme complexe (Pr pers + verbe : je vais te dire). Il existe le même procédé avec l’objet direct (il a regardé moi). Je vais dire à vous [="Je vais vous dire"]. Sketch Valéry, 1989. Le vieux Emile il a bien dit à eux ["il leur a bien dit"]. (locuteur kanak*) Roman Tcherko, 2003 : 77.  2. Remplace le pronom possessif. Voilà toute la famille à moi [="Voilà toute ma famille"]. Oral spontané, 1990 -Pauleau, enquête linguistique, 1990. (...) les vieux* à nous (...) parlaient des baleines (...) leurs discussions portaient sur le calendrier de l'igname*. Récits Juncker, 2018 : 43.

Norme : L’usage de cette locution est particulier : soit basilectal (et dans ce cas provenant d’une maîtrise insuffisante du français chez des locuteurs non francophones de langue maternelle) ; soit apparaissant chez des locuteurs ne parlant pas le basilecte local mais y empruntant des expressions, de manière plaisante, ludique (les Calédoniens* plaisantent souvent en empruntant au basilecte local, surtout en situation de connivence culturelle et linguistique entre natifs).

Dynamique : Usage toujours très vivant en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005) : les jeunes citent des emplois comme Demande à lui [="Demande lui"] ou Donne à lui [="Donne lui"] (emplois relevant du sens 1.). Observé également par la suite (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2019-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

72 À BLOC :

loc. adv.  1. T.cour. Fam. Beaucoup. Nous en avons à bloc, du nickel ! Une fortune gigantesque. Roman Sénès, 1987 : 321. Il a à bloc de boulot. BD Gielbé, 2004 : 29. Un endroit merveilleux pour la pêche (…) Des poissons à bloc ! Récits Juncker, 2018 : 65.  2. T.cour. Fam. Au maximum. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (1.). La semaine prochaine y aura du free style à bloc ! (Animateur émission hip-hop) Oral radio, 06/2005. Norme hexagonale : Possible en français hexagonal familier, mais les dictionnaires ne le mentionnent pas, sauf le DEL, mais en l’associant aux adj. "bourré, gonflé" ("bourré/gonflé à bloc").  3. A.cour. Basilectal (pop.) ou plaisant. Très. Connotation : Asiatique ou indonésienne. [le Tonkinois en manque :] Fini l’opium. A bloc fatigué ! Roman Sénès, 1987 : 112. A bloc bon ! Oral spontané, 1990. Syn.  : V. FIN. Collocation fréquente : Surtout employé avec "bon" : A bloc bon ou : Bloc bon. Encycl.  : "Expression lancée par les Javanais" O’Reilly, 1953 : 225.

Norme  : Une expression ressemblante est observée en 2007 en France : à bloc de rock « un maximum de rock » (publicité pour une chaîne de télévision musicale).

Dynamique : Emploi stable depuis au moins les années 1950 (O'Reilly -op.cit.; Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

73

À BLOC BON :

loc adj. Peu cour. Basilectal (pop.) et ethnolectal asiatique (plus cour. chez les asiatiques) ou Plaisant. Très bon. V. BEAUCOUP BON. Hmmm! A bloc bon, ton curry*!

 

81 À FOND LOULOU :

Variante abrégée de À FOND LOULOU DANS LA CAILLASSE. V. cette entrée. V. aussi À LA DOUILLE (2.). Il est parti à fond loulou!

82

À FOND LOULOU DANS LA CAILLASSE :

loc. adv. Peu cour. Sociolectal (pop.). Souvent Plaisant. Vieilli. A toute vitesse. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (2.). En bateau, il conduit toujours à fond loulou dans la caillasse! Usage préférentiel : Emploi exclamatif. Variante (plus cour., moins vieillie mais attestée uniquement à l'oral) : A* fond loulou. Norme : Figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [langage*] à nouzautes*. Dynamique : Expression qui semble davantage connue en milieu défavorisé (serait donc d'usage sociolectal populaire), mais en voie de décliner : toutes les catégories interrogées s'accordent à dire qu'il s'agit d'une expression qui existe mais ne s'emploie pas ou plus. Dans les années 1990 son usage était déjà  "moins cour. chez les jeunes". En revanche on trouve encore en 2005 la trace de cette locution chez les jeunes mais parfois sous une forme abrégée et altérée, par exemple écrite comme suit : a pan loulou (informateur lycéen, 2005) -Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2022.  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

À LA + nom :

structure de loc. adverbiale. T.cour. Parfois plaisant. À la manière de. Collocations (locutions figées) : V. articles ci-après. Norme : Le sens littéral "à la manière de" n'est plus du tout conscient chez les locuteurs dans les locutions figées décrites dans les articles ci-après.

92

À LA CAISSE :

V. CAISSE.

93

À LA COULE :

loc. adj. Vieilli. Fam. Au courant ; informé, -e. (…) j'avais bien fait venir la mère Binar qui est pas mal à la coule (…) [note de bas de page : être à la coule : être au courant]. P.Bloc, 1965 dans Anthologie, 1994 : 154.

94

À LA DOUILLE :

V. DOUILLE.

95

À LA GUEULE :

loc. adv. T.cour. Fam.  1. Au maximum. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (1.). (…) il avait prévu les provisions (…) la glacière elle était chargée à la gueule (…). Sketch Valéry, 1989.  2À toute vitesse. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (2.). Il est arrivé au carrefour à la gueule et il a pas pu freiner... Dynamique : La tendance semble changer par rapport aux années 1990 (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2005 -l'enquête de 1995 faisait état d'un usage moins cour. chez les Kanak*) : cette expression devient moins connue chez les jeunes Européens favorisés que chez les autres jeunes ; usage qui se fait plus sociolectal (populaire), et moins européen.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

96

À LA TÔLE :

Fam.   I. loc. adv. Cour.  1. À toute vitesse. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (2.). Voilà Doui qui remonte à la tôle [dans la montagne]. Sketch Ollivaud, 1973.  2. Au maximum. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (1.). Remplis le à la tôle!   II. loc. adj. Peu cour. Fou, folle. Hé! Regarde le mec qui parle tout seul! Il est complètement à la tôle celui-là!  

Encycl. : La tôle (notamment la tôle ondulée) est un matériau de construction très exploité en Nouvelle-Calédonie, ce depuis le milieu du XXème siècle, au point que ce matériau est (était?) quasiment perçu localement comme caractéristique identitaire.

Norme : Figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [langage*] à nouzautes*.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

123 À PEINE :

Attesté à l'oral uniquement. adv. Cour. Fam. Très. Il est à peine gros, son bateau! [=il est très gros]. Syn. : Fin* (t.cour.). Norme : Possible en français hexagonal.

124 À PIC :

loc.adv.  1. T.cour. Fam. Dressé. Petite bouille ronde et cheveux à pic, le gosse, guère impressionné, questionne : Tu viens jouer avec moi? Nouvelles Jacques, 2000 : 23.  2. Cour. chez les jeunes. Fam. À fond. [personnage sur son surf : ] À piiiic! BD Journal Tazar*, 05/2005. Usage préférentiel : Exclamatif, comme dans l’occurrence ci dessus. Dynamique : Expression apparemment nouvelle avec ce sens de "à fond", et bien attestée chez les jeunes (Pauleau, enquête linguistique, 2005), avec sa variante : Pic!

 

124 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: A :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

74 ABEILLE :

n.f. T.cour. Terme du français de référence (nommant l'insecte du genre Apis) en usage en contexte calédonien* et entrant, en tant que générique, dans la composition d'autres termes :

74

ABEILLE-CAILLOU :

n.f. Rare. (Apis mellifica L., graeca ou italica). Petite abeille noire dont les ruches se trouvent dans les rochers, les banians* et les bois* de fer. Encycl.  : Cette abeille peut être agressive envers l’homme (Observatoire, 1984 : 132). Son miel, plus foncé et plus âcre que celui des abeilles domestiques, est appelé miel* de caillou ou miel* sauvage. Comme l’abeille-caillou, ce frelon des rochers, le métis sécrète le miel âcre de pensées rebelles. Roman Sénès, 1987 : 253. Syn.: Abeille* (t.cour.). Abeille* noire, abeille* sauvage (rares). V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

74

ABEILLE NOIRE :

n.f. Rare. (Apis mellifica L., graeca ou italica). V. ABEILLE-CAILLOU. Répertorié notamment par Observatoire, 1984 : 132.

74

ABEILLE SAUVAGE :

n.f. Rare. (Apis mellifica L., graeca ou italica). V. ABEILLE-CAILLOU. Répertorié notamment par Observatoire, 1984 : 132.

74

ABEILLE SOLITAIRE :

n.f. Peu cour. (Megachile sp.). Abeille qui découpe les feuilles des plantes. Répertorié par Observatoire, 1984 : 132.

 

74 ACACIA :

n.m. Cour.   I. Nom donné aux arbres ou aux plantes formant des buissons plus ou moins envahissants, et plus ou moins ressemblants aux arbres du genre Acacia sp. Ah oui toute cette brousse* là, c’est des acacias tout ça… Oral spontané, 1990.   II. (Acacia sp.). Nom donné aux arbres du genre Acacia sp. et spécialement : Acacia farnesiana Willd. V.CASSIS. Répertorié par Hollyman, 1977 : 21.   III. Nom donné aux arbres du genre Albizia sp. et spécialement ceux décrits en 1. et 2. ci-après.  1. (Albizia lebbek L.Benth.) V. BOIS NOIR. Répertorié par F.O.L., 1983 : 1.  2. (Albizia granulosa Benth.). Grand arbre des forêts aux petites feuilles brillantes et aux fleurs blanches en forme de goupillons. Encycl.  : Etait parfois employé comme arbre d’ombrage dans les caféries* (Hollyman, 1977 : 1), et donc parfois confondu avec le bois* noir (arbre du même genre Albizia) (?). Répertorié par Hollyman, 1977 : 1.

(…) [dans] les forêts (...) [l]es vagues vert plus foncé indiquent les acacias.  Baudoux 1972, dans Manuel Lectures : 102.  Sous un acacia bordé de citronnelles (…) la forêt toute entière entonne un air très doux.  Roman Lacroix, 1988, dans Littérature NC : 82.    C’est en plein cœur de la forêt que se trouvent les grands arbres destinés à la coque [des pirogues] : le pin*, le kohu*, l’acacia ou le bois* bleu. Etiquette de l’exposition Mue, faire corps, Centre culturel Tjibaou, 2022. Rouget* fumé aux feuilles d’acacia (…). Disposer les feuilles d’acacia et y mettre le poisson (…). Origin’air Magazine, juin 2022.

Encycl. : Arbres ou plantes de la famille des Légumineuses mimosacées, possédant des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 42).

Composés  : V. ci-après.

Norme  : le Petit Robert mentionne à l’article "Acacia" : "Arbres (…) à fleurs blanches ou jaunes en grappes (Papillonacées : nom bot. Robinier ou faux acacia)". Cet arbre est appelé également acacia en contexte calédonien*, mais aussi gaïac* (V. ce mot).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

75

ACACIA* BLANC :

n. m. Peu cour. (Acacia sp.). Arbre du genre Acacia sp., au tronc blanc. Syn. (cour.) : Acacia*. Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 1.

75

ACACIA* DE BORD DE MER :

n.m. Assez rare. (Acacia simplicifolia Druce (ou Acacia parviflora Willd. –Hollyman, 1977 : 1). Petit arbre des littoraux sablonneux (Rageau, 1973 : 43) aux petites feuilles dures. Les acacias* de bords de mer, c’est les arbres qui poussent sur les îlots là, non ? Oral spontané, 1990. Syn.  : Acacia* (cour.). Martaoui* (peu cour.).

75

ACACIA* DE FORÊT :

n. m. Peu cour. (Acacia sp.). Arbre du genre Acacia sp., poussant en forêt. Syn. (cour.) : Acacia*. Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 1.

75

ACACIA* DE MONTAGNE :

n. m. Peu cour. (Acacia sp.). Arbre du genre Acacia sp., poussant en montagne. Syn. (cour.) : Acacia*. Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 1.

75

ACACIA* GRIS :

n. m. Peu cour. (Acacia sp.). Arbre du genre Acacia sp., au tronc gris. Syn. (cour.) : Acacia*. Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 1.

75

ACACIA* ROUGE :

n. m. Peu cour. (Acacia sp.). Arbre du genre Acacia sp., au tronc rouge. Syn. (cour.) : Acacia*. Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 1.

 

75 ACAJOU :

n.m. Cour. (Semecarpus atra Vieil.). Grand arbre dont la sève noire et les fruits peuvent provoquer des enflures et des plaies, bien que l'amande soit comestible (F.O.L., 1983 : 1). Encycl. : Famille des Anacardiacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 61). Les yeux rivés à ces plantes sortilèges (…). Il reconnut les fruits de l'acajou (…). Roman Sénès, 1987 : 46. Syn. : Faux* acajou (a.cour.). Arbre* à goudron, goudronnier*, nolé*  (rares). Norme : L'arbre correspondant au mot "acajou" du français de référence est Anacardium occidentale L. (Hollyman, 1977 : 1); cet arbre pousse en Nouvelle-Calédonie, où on le désigne comme dans l'Hexagone par le terme acajou -plus rarement par le terme anacardier.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

76 ACANTHASTER :

n.f. Cour. (Acanthaster Planci Bleeker). Etoile de mer à corps large et à bras multiples, hérissée d'un revêtement urticant. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Fléau pour les récifs coralliens (elle les dévore en ne laissant que le squelette blanchi des coraux). Fais attention si tu vas pêcher! Y a plein d'acanthasters sur le récif! Syn. : Coussin* de belle-mère (rare).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

76 ACCORD DE NOUMÉA (L’-) :

n.pr. Cour. Spéc. Domaine : Politique.  Pacte signé en 1998 à la suite des accords* de Matignon.  Sortie de l'Accord de Nouméa selon Philippe MICHEL : " Les responsables politiques ne doivent pas être dans la posture politicienne (…). Titre d’un document-vidéo sur la page Facebook du parti Calédonie* Ensemble, 2023. Encycl. : V. ACCORDS* DE MATIGNON.

76 ACCORDS DE MATIGNON (LES -) :

n.pr. Cour. Spéc. Domaine : Politique. Pacte signé en 1988 par les représentants des partis indépendantiste et loyaliste* calédoniens* (Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur). Encycl. : « Les accords de Matignon-Oudinot, signés en 1988, prévoyaient une période de dix ans de développement économique, social, culturel et institutionnel avant la tenue d’un référendum d’autodétermination en 1998. Le 5 mai 1998, un nouvel accord, l'accord* de Nouméa, est signé entre l’État, les indépendantistes et les loyalistes*. Il poursuit la revalorisation de la culture kanak* (statut coutumier*, langues...), crée de nouvelles institutions et prévoit un processus de transfert progressif et irréversible de compétences à la Nouvelle-Calédonie, dans l’attente d'un référendum d’autodétermination reporté à 2018 au plus tard. À la suite de l'accord* de Nouméa, la loi constitutionnelle du 20 juillet 1998 relative à la Nouvelle-Calédonie est promulguée (le titre XIII de la Constitution est désormais consacré à la Nouvelle-Calédonie). La loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie précise son statut. Entre 2018 et 2021, trois référendums d'autodétermination sont organisés en Nouvelle-Calédonie : un premier référendum d'autodétermination est organisé le 4 novembre 2018. La victoire du non ouvre la voie d'un nouveau référendum, car la loi du mars 1999 prévoit jusqu'à trois votes en cas de victoire du "non" ; un deuxième référendum, organisé le 4 octobre 2020, donne à nouveau la victoire au non. Toutefois, le score est plus serré : alors que l'écart était supérieur à 13 points en 2018 (56,7% pour le non et 43,3% pour le oui), il est de moins de 7 points en 2020 (53,26% pour le non et 46,74% pour le oui). Le scrutin a mobilisé 85,69% des électeurs en 2020, contre 80,63% en 2018 ; le troisième et dernier référendum est organisé le 12 décembre 2021. Le "non" l'emporte avec 96,50% des voix. La participation à ce scrutin est de 43,87%, les indépendantistes ayant appelé au boycott. » (https://www.vie-publique.fr, consultation : octobre 2023). Six ans après les accords de Matignon, la Nouvelle-Calédonie connaît une période d’effervescence culturelle, le kaneka* explose. Entretien Barbançon, 2022 : 65. Norme : Le nom officiel est : accords de Matignon-Oudinot (cf la rubrique Encycl. ci-dessus). Mais l’usage est : accords de Matignon. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2023).

76 ACCROCHE-COEUR :

n.m. Peu cour. Vieilli. (Caesalpinia sepiara Roxb. ou Caesalpinia bonduc (L.) Roxb.). V. SENSITIVE GÉANTE (2). (…) en bouture y a que comme ça que vous pouvez la planter (…) l’accroche-cœur. Vidéo Youtube, magazine Wéari, 03/2016, locutrice kanak âgée*. Variante : Liane* accroche-coeur. Dynamique : Usage peu courant mais répertorié par Observatoire, 1990 : 140 et dont l’usage semble se perpétuer (Pauleau, enquête linguistique de 2022).

77 ACHATINA :

Ci-dessus : Achatina. Source : Wikipédia. Crédit : Alexander R. Jenner. CC-BY-SA.

 

n.m. Cour. (Achatina fulica L.). Escargot comestible dont la coquille peut atteindre 20 cm de longueur. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Originaire de la côte est africaine, cet escargot, observé pour la première fois en Nouvelle-Calédonie en 1972, aurait été introduit par des voyageurs en provenance de Tahiti; il est aujourd'hui un fléau pour les cultures maraîchères (CTRDP, 1989). L'Achatina est aussi (…) porteur d'un ver parasite qui peut provoquer des maladies graves chez l'être humain : la méningite (…). Manuel Ecologie, 1987 : 249. L'escargot géant : la peste Achatina. la1ere.francetvinfo.fr, 01/2021. Syn. (rare) : Escargot* géant. Norme de prononciation : [akatina]. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

78 ADCK :

sigle. T.cour. Agence de développement de la culture kanak*. Edition de contes et légendes kanak* par l’ADCK. Blog Ecrivainducaillou, 07/2016. Dans le cadre des accords* de Matignon, et à la demande de Jean-Marie Tjibaou, il a été convenu entre les partenaires (État, FLNKS*, RPCR*) de créer L’ADCK-CCT (…). Site gouv.nc, consultation 2023. Variante graphique : A.D.C.K. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

78 ADOUCI,-IE :

adj. A. cour. Vieilli. Spéc. Domaine: Elevage. Rendu domestique. Quand le bétail était adouci, bien dressé, en entendant claquer le stockwhip*, il venait de lui-même au ralliement. Baudoux G. [1919] dans Manuel Lectures : 101. Syn. : V. DOUX, DOUCE. Ant. : Sauvage (V. BETAIL SAUVAGE).  V. également Pauleau, BDLP.

79 ADOUCIR :

v. A.cour. Vieilli. Spéc. Domaine: Elevage. Rendre domestique, discipliner (en parlant des bovins). Encycl. : V. BÉTAIL SAUVAGE. Glasgow (1968 : 188) cite une attestation de 1905 : " '(…) de longues tournées quotidiennes (…) pour voir le bétail, le compter, le ramener à son pâturage, en un mot l'adoucir'. Le Goupils (…) 1905 (…)". C'est un gaillard indomptable [le stockman*], enfourchant les cavales les plus rétives pour aller chasser le bétail* sauvage égaré dans les gorges ou perdu sur les hauteurs, afin de le rassembler, l'adoucir, le marquer, le recenser, le castrer et l'acheminer (…). Roman Sénès, 1987 : exergue. Syn. (a.cour.) : Travailler*. Dérivés : Adouci*, -e. Doux*, -ce.   V. également Pauleau, BDLP.

79 ADRAF :

sigle. T.cour. Agence de développement rural et d’aménagement foncier. (…) [les commissions foncières communales] doivent obligatoirement être consultées par l’Adraf avant toute attribution de terre. (…) Evoquant les quatre hectares détenus par l’Adraf dans sa commune, H.M. a indiqué qu’il existe sur ce terrain une « revendication directe du clan* ». Journal Les Nouvelles, 06/06/1990. C’était Parawi qui remerciait l’Adraf (…) pour toutes les terres qui leur avaient été attribuées. Sketch F.Lewis, 1990. L'Adraf désormais dirigée par François Waïa. Site la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie, 11/2019. Variante graphique : A.D.R.A.F. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

80 AÉROGARD :

n.m.T.cour. Aérosol contre les moustiques. Encycl.  : De la marque australienne d’aérosols "Aerogard". (…) heureusement qu’on a de l’"aérogard" contre les moustiques ! Album Sebban, 1984 : 20. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013. Dynamique : Emploi vieilli (Pauleau, enquête linguistique de 2022).

83 AGATI :

n.m. Peu cour. (Sesbania grandiflora). Arbre de petite taille aux grandes fleurs blanches ou rouges qui donnent de longues gousses. Encycl. : En Asie tropicale, dont cet arbre est originaire, les fleurs entrent dans la préparation de mets culinaires (curry notamment). Répertorié par Godard, 1978 : 63.

83 AGE (suffixe -AGE) :

Attesté à l'oral uniquement. Suffixe nominalisant appliqué au verbe. A.cour. Plaisant. Vieillissant. Marque l'ironie, la plaisanterie ou l'insistance à propos de ce qu'exprime le verbe suffixé. J'ai eu un accident mais avec l'assurance, remboursage de la voiture! [ironie, plaisanterie ou insistance à propos du fait d'avoir été remboursé...]. Usage préférentiel : S'applique plutôt aux verbes en -er. Cependant, s'agissant du mode de la plaisanterie, tout est permis : l'emploi est possible, bien que plus rare, avec les autres types de verbes ainsi qu'avec d'autres catégories grammaticales. Collocations fréquentes : Phrase exclamative Genre* de + nom en -age (Genre* de plantage!) : à partir du v. "se planter" : ironie à propos du fait que X se soit "planté" -soit tombé); ou encore phrase interrogative Est-ce que + nom en -age (Est-ce que plantage?) : idem que précédemment, ironie à propos du fait que X se soit "planté"; ou encore Avis de + nom en -age (Avis de plantage !) (V. AVIS DE). Dynamique : Usage vieillissant, de moins en moins courant par rapport aux années 1980 (Pauleau, enquête linguistique, 1995).

84 AHII! :

interj. T.cour. Fam. Ethnolectal tahitien (plus cour. chez les Tahitiens). Exprime la surprise ou a parfois seulement une fonction phatique (contribue à établir le contact). Ahii! Je savais pas que t'étais zozo*! [locuteur tahitien]. BD Gielbé, 2004 : 24. Ahii les rageux [=Ohlala les rageux!]. Commentaire de vidéo, scripteur polynésien (Youtube L’élection des Miss, Coco banane, 09/2021). Syn. : V. BABYLONE! V.également la BDLP. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique de 2022).

84 AHOU :

Variante graphique de AOUH. V. cette entrée.

85 AHOUA :

Variante graphique de AWOUAH. V. cette entrée. Ah! Oua... il ne savait pas faire. G.Baudoux (fils), 1972 dans Anthologie, 1994 : 214. –Si on faisait du stop? –"Ah oua!" Album Sebban, 1984 : 4.

86 AIGLE :

n.m. T.cour. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* et entrant, en tant que générique, dans la composition d'autres termes (v. ci-après).

86

AIGLE* À TÊTE BLANCHE :

n.m. Peu cour. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). V. BUSEDes aigles* à tête blanches fonçaient droit vers le ciel pour, de très haut, immobiliser les ailes (…). Roman Sénès, 1987 : 73. 

86

AIGLE* BLANC :

n.m. Rare. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). V. BUSE.  Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 141.

86

AIGLE* PÊCHEUR :

n.m. A.cour. (Haliasthur sphenurus Vieillot). (Observatoire 1983 160). Oiseau rapace diurne d'une cinquantaine de centimètres, brun et blanc, "qui se déplace en planant, virevoltant avec aisance, les ailes horizontales" (Hannecart, 1983 : 77). Il est commun sur le littoral, dans les plaines et les régions marécageuses (Ibid.). Encycl.: Famille des Accipitridés. Droits de chasse : (...) Interdits toute l'année : (…) aigles* pêcheurs (...). Journal Les Nouvelles,  02/06/1990.  Syn. : Aigle* (cour.). Aigle* siffleur (spéc.). Norme : Il ne s'agit apparemment pas du même oiseau que l'aigle* pêcheur mentionné par le Petit Robert, cet oiseau n'existant qu'en Océanie (selon site "Société Calédonienne d'Ornithologie"); il est connu des ornithologues hexagonaux sous le nom de "milan siffleur" (Ibid.).

86

AIGLE* PÊCHEUR À TÊTE BLANCHE :

n.m. Peu cour. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). V. BUSE.  Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 141.

86

AIGLE* SIFFLEUR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Haliasthur sphenurus Vieillot). V. AIGLE PECHEUR. Répertorié par F.O.L., 1983 : 2.

 

86 AIGRETTE DES RÉCIFS :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Ardea sacra albolineata Gray.). V. LONG-COU. Répertorié par Hannecart, 1980 : 142.

86 AIGUILLETTE :

n.f. T.cour. (Hémiramphus far Forsskal. / Tylosurus crocodilus crocodilus Peron et LeSueur. / Strongylura urvillei (Val.)). Nom donné aux poissons de forme très allongée, à la gueule très effilée. Encycl. : Les Hémiramphus peuvent en particulier ricocher à la surface de l'eau sur des dizaines de mètres et provoquer des accidents, leur bec effilé étant très tranchant. Ils sont appréciés en friture. Les aiguillettes provoquent plus d'accidents que les requins. Journal Les Nouvelles, 11/06/1990. Syn. : Demi-bec* (peu cour.). Orphie* (rare). Composés  : V. ci-après.

1491

AIGUILLETTE*-CROCODILE :

n.f. Peu cour. (Tylosurus crocodilus crocodilus Peron et LeSueur. ?). V. AIGUILLETTE.  [A l’îlot Canard] Autour de la 4e bouée, des loches* (…) des aiguillettes-crocodiles* vous accueillent autour d’une « patate »*. Origin’air Magazine, juin 2022.

1491

AIGUILLETTE* DE FOND :

n.f. Peu cour. (Identification scientifique ?). Aiguillette* évoluant au fond de l’eau ( ?). Syn. (t.cour.) : Aiguillette*. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 111.

1492

AIGUILLETTE* DE PALÉTUVIER :

n.f.  1. Peu cour. (Strongylura urvillei (Val.)). Aiguillette* vivant en eau saumâtre (?) Ce morpion ! (…) Il a tout d’une aiguillette* de palétuvier* (…) juste bon comme appât (…). Roman Sénès, 1987 : 256. Syn. Aiguillette* (t.cour.). Aiguillette* de rivière ?    2. Usage métaphorique : A.cour. Fam. Plaisant. Personne fluette. Il ne mange rien, il est maigre....C'est une aiguillette* de palétuvier* ! Ant. : Boulouk*. Collocation fréquente : Etre une/la vraie aiguillette* de palétuvier*. T'as vu ? C'est la vraie aiguillette* de palétuvier*, hein?

1493

AIGUILLETTE* DE RIVIÈRE :

n.f. Peu cour. (Strongylura urvillei (Val.)). V. AIGUILLETTE DE PALÉTUVIER. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 111.

 

1491 AIL JAPONAIS :

Attesté à l'oral uniquement. n.m. A.cour. (Allium tuberosum Roxb.). Plante aromatique qui ressemble à la ciboulette mais dont les feuilles ont le goût de l'ail. L'ail japonais, j'en ai dans le jardin, ça sent vraiment l'ail hein! Oral d'enquête, 1990.

87 AIR QUI COURT :

 Cour. Mal bénin (rhume, dérangement intestinal.. etc.), favorisé par la météorologie du moment et à caractère épidémique. (…) si tu restes sur la véranda, mets un cardigan, tu vas attraper l’air qui court. Entretien Barbançon, 2022 :  114. -Oh j'ai mal au ventre depuis hier! -Ah oui, c'est un air qui court en ce moment...Collocation fréquente : C'est un air qui court (s'emploie pour répondre à une personne qui évoque le mal en question -V. exemple ci-avant).

88 AÏTA :

Attesté à l'oral uniquement. Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal polynésien et kanak*  (semble moins cour. dans les autres groupes).  1. adv. Cour. Non. -Tu viens? -Aïta.   2. adv. substitut de phrase. A.cour. Il n'y en a pas/plus (avec "en" anaphorique). -Donne une cigarette -Aïta. Syn. : Pé* a keu (laï) (peu cour.), yan*, yanna* (a.cour).  3. structure phrastique. A.cour. Il n'y a pas/plus de + complément. Aïta cigarettes (=il n'y a plus de cigarettes). Syn. : Les mêmes qu'en 2. Encycl.  : En tahitien "’aita"  signifie "non" (Lemaître, 1986).

Norme : Figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [langage*] à nouzautes*.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

89

AÏTA PÉA PÉA :

phrase. Fam. Vieilli. Ne t'en fais pas, ne te fatigue pas. Connotation : Tahitienne. -J'ai quinze personnes qui viennent manger à la maison ce soir et j'ai encore rien fait! -Ça va aller... Aïta péa péa... tu commandes des plats... Oral spontané, 1990. Encycl : En tahitien, cette même phrase a le même sens. Cette phrase s'affichait dans la presse locale il y a une dizaine d'années, constituant le slogan publicitaire de la compagnie aérienne "U.T.A." dans le Pacifique ("Aïta péa péa. U.T.A. va où vous rêvez d'aller"). Syn. (t.cour.) : Casse* pas la tête! Usage impropre : Une partie des informateurs interrogés donnaient le sens de "Aïta*" (négation -V. l'article précédent) à cette phrase. Dynamique : Expression aujourd'hui très vieillie, usage quasi nul de cette expression chez les jeunes, qui ne la connaissent pas, encore moins en milieu favorisé ; les tranches d'âge supérieures la connaissent davantage mais en majorité -environ 60%- la disent désuète (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

91 AJIË :

n.m. Cour. Ethnolectal kanak* ou spéc. (employé en général soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* de la région de Houailou. Encycl.  : Toutes les langues kanak* sont des langues à tradition orale mais l'ajië est écrit depuis relativement longtemps dans la mesure où les premières traductions de l’Evangile ont été faites dans cette langue et datent de 1897 (Haudricourt , 1979 : 58). Les langues du centre et du sud de l’archipel (dont l'ajië fait partie -langue du sud-) se caractérisent phonétiquement par un système de consonnes plus simple que ceux des langues du nord, un grand nombre de voyelles, le fait que tous les mots se terminent par des voyelles. Pour certaines (cèmuhî*, paicî*, drubéa*, numèè*), notons aussi la présence de tons musicaux appliqués aux voyelles (ton haut, ton bas…) (d'après Haudricourt, 1979).  Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Arhâ*, Ajië (…). Frappez le tronc d'arbre creux Pour cadencer la danse sacrée (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. (…) les Jau (…) terme du dialecte de l'ajië signifiant à la fois sorcier magicien ou guérisseur (…). Roman Tcherko, 2001 : 62. Les émissions en langues* (…) : une rubrique en langue ajië (…). En langue ajië : intervenants à confirmer. Site internet Centre Tjibaou (dpt Patrimoine) 03/2006. L'ajië qui est rattachée au groupe des langues kanak du Sud de la Nouvelle-Calédonie, compte actuellement près de 5 356 locuteurs (...). Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 10/2022. Variante graphique (moins cour.) : A'jieë*. Norme phonétique : [a’njəΛ] (transcription approximative) -en alphabet latin, approximativement : "andjeua". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

92

A’JIEË :

Variante graphique de AJIË. V. cette entrée. La publication de ces albums en (…) a’jieë (…) est un moyen de valoriser les langues et la culture kanak*. Journal Mwà Véé, 09/2005. (…) l’histoire est racontée avec les voix (…) de Réséda Ponga (en a’jieë). Journal Mwà Véé, 09/2005.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

97 ALAMANDA :

n.f. Peu cour. (Allamanda cathartica L.). V. LIANE JAUNE. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. (…) moisissent les calices impurs des frangipaniers*, la chair molle des alamandas. Roman Jacques, 2000 : 7.

97 ALCYON SACRÉ DES KANAK* :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Halcyon sanctus canacorum Brasil). V. MARTIN-PÊCHEUR. Le MARTIN CHASSEUR SACRÉ (…) aussi appelé Alcyon sacré des Kanaks* [sic] est une sous espèce endémique de Nouvelle-Calédonie. https://la1ere.francetvinfo.fr, 02/2016. Variante graphique plus ancienne : Alcyon* sacré des canaques*. V. CANAQUE et KANAK à propos des variantes graphiques de ces mots. Dynamique : Bien que la graphie avec l’adj. canaque* soit plus ancienne, cette dernière est toujours d’un usage à peu près équivalent à la graphie avec l’adj. kanak* (Pauleau, enquête linguistique, 2022). V. l’entrée suivante, ALCYON* SACRÉ DES CANAQUES*.

98

ALCYON SACRÉ DES CANAQUES* :

Variante graphique de ALCYON* SACRÉ DES KANAK*. V. cette entrée. [Question :] Alcyon sacré des Canaques [en paicî ]?  Réponse : jööcaa. Jeu sur ALK TV -Académie des Langues Kanak- (consultation 2022). Dynamique : Terme d'un usage rare mais régulièrement répertorié, y compris avec cette graphie (Canaques), notamment par : Hannecart, 1980 : 15; endemia.nc (consultation 2022).

 

97 ALEP :

Variante de ALP. V. cette entrée. Premier contact avec la vie professionnelle pour des lycéens (...) Vingt élèves de 2e année du CAP au Développement de l'Antenne du lycée d'enseignement professionnel (ALEP) viennent à Nouméa pour un stage en entreprise de trois semaines, du 18 août au 5 septembre. Journal Les Nouvelles, 08/2003.

97 ALGÉROBA :

n.m. Vx. Peu cour.   1. (Prosopis juliflora DC.). Plante dont les gousses étaient utilisées pour nourrir le bétail en période de sécheresse. Encycl.  : Famille des Légumineuses, introduite des îles Hawaï comme fourrage (Observatoire, 1985 : 20). (…) tu ne fortifies plus le bétail comme mon père avec les gousses des algérobas, mais avec des comprimés ! Roman Sénès, 1987 : 255.   2. (Acacia nilotica Delile.) (B.Suprin, botaniste -parc forestier de Nouméa). Arbre de la côte Ouest poussant en milieu sec. Répertorié par le botaniste B.Suprin, parc forestier de Nouméa (Pauleau, enquête linguistique, 1991).

Encycl.  : De l’anglais américain "'algarroba' : caroubier, caroube, mesquite (Prosopis)" (Observatoire, 1985 : 20).

97 ALICE! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. T.cour. Sociolectal (pop.). Ethnolectal kanak*? (un peu moins cour. dans les autres groupes?). Exprime la surprise. V. BABYLONE! –Je suis arrivé là-bas avec trois heures de retard... -Alice! Oral spontané s.d. Dynamique : Expression bien vivante, citée par les jeunes (même par les jeunes Métropolitains) -Pauleau, enquête linguistique, 2005.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

98 ALIZÉS :

n.m.pl. T.cour. Alizé (emploi exclusivement au pluriel en français calédonien*). Connotation : méliorative, car contrairement au vent d'ouest (V. OUEST), ce sont "les vents du beau temps" (informateur, 1990). Les alizés soufflaient plus tièdes. Roman Sénès, 1987 : 350. Vivre dans le Pacifique. Respirer les Alizés. Publicité Journal Les Nouvelles, 04/2005. Dynamique : Emploi d'usage stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

99 ALLÉE CENTRALE :

n.f. A.cour. Spéc. Domaine: Sociologie du monde kanak*. Allée sur et aux abords de laquelle l'unité résidentielle de base kanak* se constitue. Il s'agit en réalité d'une levée de terre aplanie, d'environ trente mètres de large (d'après Bensa/Rivierre 1982 34, 41). L'herbe folle a envahi l'allée centrale sous les cocotiers. Poèmes Gorodé, 1985 : 11. Le pin* colonnaire (…) Planté sur l’allée centrale qui mène à la grande* case*, il est le symbole de l’élément masculin (…). Etiquette expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022. Syn. spéc. : Grande* allée. Variante : Allée. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

100 ALLER :

v.opérateur. T.cour. Mot du français de référence entrant dans la composition de plusieurs locutions et interjections plus ou moins injurieuses, v. ci-après. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

101

ALLER BAIGNE : VA BAIGNE! :

Variante d'ALLER BAIGNER. V. cette entrée. Aah mais va baigne! Je t'ai déjà dit que je voulais pas!

102

ALLER BAIGNER* : VA BAIGNER! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. Cour. Sociolectal (pop.) ou plaisant. Exprime le rejet brutal de celui à qui on demande d’aller baigner* ou un refus vis-à-vis d’une demande de cette personne. -Tu viens m'aider à réparer la voiture? -Va baigner* avec ta voiture! Equivalents hexagonaux : Aller se faire cuire un œuf (fam.). Aller se faire voir (courant vulg.). Aller se faire foutre, aller se faire enculer … (pop. vulg.). Syn.: Aller bourre/ Aller* moure/ Toucher son fri-fri* (a.cour.). Aller bourrer/ Aller se faire bounane/ Aller* se laver/ Aller se taper la wère (cour.). Aller* (se) coucher / Aller* dormir/ Aller* mourir/ Aller se faire bourrer* (t.cour.). Variante (attestée à l'oral uniquement, a.cour.) : Aller* baigne : Va baigne! Norme : Cette loc., comme tous ses syn., est employée surtout à l'impératif (le pluriel étant possible : Allez baigner*!) et éventuellement à l’infinitif : J’lui ai dit d'aller baigner*. Dynamique : Les jeunes citent les expression suivantes, que l'on peut donc considérer comme toujours très actuelles en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005) : Va dormir et Va mourir (fam. ou pop.) ou encore Va te taper la wère (idem, avec un registre vulg.); précisons que cette dernière expression est équivalente aux expressions de français hexagonal vulg. citées plus haut -bien que la vulgarité soit relativement neutralisée en contexte calédonien*.

103

ALLER (SE) COUCHER : VA TE COUCHER! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. T.cour. Sociolectal (pop.) ou plaisant. Exprime le rejet brutal de celui à qui on demande d’aller se coucher ou un refus vis-à-vis d’une demande de cette personne. V. ALLER BAIGNER, dont toutes les rubriques sont applicables ici. Mais t’es nul! Va t’coucher! Variante : Aller dormir.

104

ALLER DORMIR : VA DORMIR ! :

Variante d'ALLER (SE) COUCHER . V. cette entrée. Les quolibets vont alors bon train : « C’est bien le Zoreille* ! Il connaît rien ! Il est fin* nul ! Chaleur* pour lui ! Déso* pour lui ! Va dormir ! ». Entretien Barbançon, 2022 : 261. -Tu veux jouer au loup*? -Ah non, va dormir avec ton loup*!    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

105

ALLER MOURE : VA MOURE ! :

Variante d'ALLER MOURIR. V. cette entrée. Aah mais va moure ! Je t'ai déjà dit que je voulais pas!

106

ALLER MOURIR : VA MOURIR :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. T.cour. Sociolectal (pop.) ou Plaisant. Exprime le rejet brutal de celui à qui on demande d’aller mourir ou un refus vis-à-vis d’une demande de cette personne. V. ALLER BAIGNER, dont toutes les rubriques sont applicables ici. Non je viens pas avec toi, va mourir! Variante (a.cour.) : Aller* mourre : Va mourre!

107

ALLER SE LAVER : VA TE LAVER ! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. Cour. Sociolectal (pop.) ou plaisant. Exprime le rejet brutal de celui à qui on demande d’aller se laver ou un refus vis-à-vis d’une demande de cette personne. V. ALLER BAIGNER, dont toutes les rubriques sont applicables ici. Va t’laver avec ton coup* de chasse, j’ai pas envie d’y aller!    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

108 ALOÈS :

n.f. Cour. (Agave sisalana Perrine). Nom donné à toute plante dite grasse du genre Agave (dépourvue de tronc, aux feuilles épaisses et dures disposées en une énorme rosette) et spécialement Agave sisalana. Encycl.  : Apparu probablement au XIXe siècle (Hollyman, 1971). Du français de référence "aloès" du fait de la ressemblance d’aspect avec ce qu’on appelle "aloès" en France (Aloe spp.), plante qui pousse aussi en Nouvelle-Calédonie (et qu’on appelle aussi aloès -ou plante* à brûlures). (…) les dessins gravés sur les écorces des arbres ou sur les feuilles grasses des aloès. Roman Sénès, 1987 : 143. Les poissons de la Ouenghi empoisonnés à l’aloès ? Journal les Nouvelles, 06/06/ 1990. Vous voyez les fibres de l’aloès là, elle s’est mise à tresser une corde (…). Conte kanak* oral, « Une maman qui voulait de l’eau », caledonia.nc, 2024. Composés  : ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

109

ALOÈS* À FIBRES :

n.m. Rare. (Furcraea foetida) (B.Suprin, botaniste -parc forestier de Nouméa). Variété d’aloès* particulièrement fibreux (?).Répertorié notamment par Hollyman, 1977. Syn. (t.cour.) : Aloès*.

110

ALOÈS* BLEU :

n.m. Rare. (Identification scientifique ?). Variété d’aloès* de petite taille (selon informateur). Répertorié notamment par Hollyman, 1977. Syn. (t.cour.) : Aloès*.

 

97 ALP :

sigle. A.cour. Antenne de lycée d’enseignement professionnel : établissement annexe préparant aux CAP et BEP. Les ALP, antennes de LP publics : 3 ALP aux collèges de Poindimié, de Koumac et de La Foa. Livret d’accueil 2023 du Vice-Rectorat de Nouvelle-Calédonie (ac-noumea.nc.). Variante (cour.) : ALEP*. Norme : La variante ALEP* est beaucoup plus courante que la forme officielle ALP.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2023).

108 AMANDE AMÈRE :

n.m. A.cour. (Ximenia elliptica Forst.). V. PRUNIER CANAQUE. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 145.

108 AMANDIER :

n.m. Rare. (Terminalia catappa L.). V. BADAMIER. Répertorié par F.O.L., 1983 : 4.

108 AMBREVADE :

n.f. A.cour. Ethnolectal mélanésien (moins cour. dans les autres groupes). (Cajanus cajan Millsp). Arbuste aux feuilles soyeuses et aux fleurs en grappes jaunes, pouvant atteindre deux mètres de haut. Encycl. : Terme en usage notamment à La Réunion (site Internet BDLP, 2006 : "embrevade"). / Famille des Légumineuses. / Ne se trouve qu'en culture, en particulier sur la côte est de la Grande-Terre* et aux Loyauté. Ses gousses renferment de grosses lentilles consommées surtout par les Mélanésiens. Elle possède également des propriétés médicinales. Elle laissa ses poules (…) dans les plants d'ambrevades. Roman Sénès, 1987 : 52. Des cuvettes de salade de poulpe, (…) de chouchoutes* au coco, d’ambrevades, s’alignent par douzaines (…). Note : Ambrevade : légumineuse, lentille kanak*. Roman Tcherko, 2003 : 78. Et puis les jardins avec les salades (…) les choux* de Chine (…) les ambrevades, les chouchoutes* (…) les gluants* et les brèdes*. Roman Gorodé, 2005 : 70. Syn. : Lentilles* kanak* (a.cour.). Pois* d'Angole, pois* de sept ans (rares). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

109 AMOUREUX :

n.m. Cour. (Desmodium spp.). Herbe dont les graines plates sont enveloppées d'une matière qui colle aux vêtements et aux jambes. Attention! Tu as plein d'amoureux sur ton pantalon! Syn. (cour.) : Herbe* à piquants.

109 AMPHIPRION :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. Amphiprioninés. V. POISSON CLOWN. Répertorié par Rivaton, 1990 : 128.

109 ANANAS :

n.m. T.cour. Terme du français de référence (nommant le fruit de Ananas comosus Merr., plante introduite de Tahiti), en usage en contexte calédonien* et entrant, en tant que générique,  dans la composition de termes variés désignant spécifiquement différentes variétés d'ananas :

109

ANANAS CONFITURE :

n.m. Peu cour. Variété d’ananas aux gros fruits juteux à peau lisse, et aux feuilles sans épines (selon informateur). Encycl. : Plante introduite des îles Hawaï (Observatoire, 1985 : 21). Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 21. Syn.  : Ananas (t.cour.). Ananas* peau lisse (peu cour.).

109

ANANAS PEAU LISSE :

n.m. Peu cour. Variété d’ananas. V. ANANAS CONFITURE. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 21.

109

ANANAS ROUGE :

n.m. Peu cour. Variété d’ananas à très gros fruits, utilisés (surtout autrefois) pour faire du cidre et de l’eau de vie. Son eau-de-vie, il la concocterait lui-même avec des brisures de petits ananas rouges  (…). Roman Sénès, 1987 : 41. Syn.  : Ananas (t.cour.).

109

ANANAS VICTORIA :

n.m. A.cour. Variété d’ananas. Encycl. : Terme en usage notamment à La Réunion et à Madagascar, autrefois appelé dans ces régions "ananas de la reine", "victoria" étant à rapprocher du nom de la reine Victoria (site Internet BDLP, 2006). Ananas victoria 240F[C.F.P.*]/KG. Journal Les Nouvelles ("Prix du marché").

 

110 ANCÊTRE :

n.m. T.cour.  1. Même sens qu’en français de référence, mais avec un usage préférentiel, une norme, et une connotation particulière (V. ci après). Nous sommes sur le long chemin coutumier* qu’ont tracé nos ancêtres et nos parents (...) Manuel Education Civique, 1991 : 28. (...) Le petit chef et M.L.K. ont rappelé l’histoire en relatant les faits et gestes des ancêtres. Journal les Nouvelles 06/1990. Usage préférentiel : Terme en général employé en milieu kanak* pour désigner les ancêtres kanak* (terme à tendance ethnolectale). Norme : Souvent au pluriel. Connotation : Kanak* et respectueuse (par référence aux racines de la culture kanak*, que représentent les ancêtres). Les mots ancien* et vieux*, presque synonymes d'ancêtre, possèdent la même connotation, mais contrairement à ancêtre, désignent plutôt des personnes vivantes.  2. ANCÊTRES : Au pluriel. Esprits des morts. (...) [la forêt c’est le domaine des esprits] leur mère leur a interdit d’aller déranger les ancêtres. Roman Tcherko, 2003 : 46. Le banian* est l’arbre sacré par excellence, habitat des esprits et des ancêtres. (…) La cordyline* évoque tout ce qui est en rapport avec le mythe d’origine et le sacré. Ainsi les monnaies, images des ancêtres, sont  enveloppées dans des feuilles de cordyline*.   Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022. Plusieurs symboles sont exprimés : Le masque, symbole du pays de mes ancêtres (Pays de Xâracuu) [sic.]. Etiquette d’une œuvre d’art, Centre culturel Tjibaou, 2022. 

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

111 ANCIENS :

n.m.pl. T.cour. Personnes âgées (ou éventuellement ascendants disparus) : Même sens qu’en français de référence ou presque, mais avec un usage préférentiel, une norme, et une connotation particulière : V. ces rubriques dans ANCETRE (1.). (…) de lourdes godilles que leurs anciens utilisaient autrefois. Roman Sénès, 1987 : 195. Dans les tribus, les hommes et les femmes commençaient à parler, les Anciens [sic.] se réunissaient. Roman Tcherko, 2001 : 40. (…) mes instants vécus auprès des anciens de ma tribu (…). Journal Mwà Véé 09/2005 49. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

112 ANGLAIS :

n.m. A.cour. (Lutjanus bohar Forsk.). Gros poisson de couleur rouge. Encycl. : Ce poisson est comestible mais souvent toxique : il provoque l'ichtyosarcotoxisme (la gratte*). Tu vas les manger quand même les anglais qu'on a pêchés ? Attention à la gratte* hein? Oral spontané 1991. Syn. (spéc.) : Lutjan* rouge.

112 ANNEAU D'OR :

n.m. A.cour. (Monetaria annulus L.). Coquillage (espèce de porcelaine*) blanc orné d'une mince bande orangée. Nous remplissons plusieurs pochons* d'anneaux d'or (…). On met les coquillages dans un sac (…). Album Sebban, 1984 : 28.

112 ANNEXE :

n.f. T.cour. Embarcation auxiliaire. C'est 50 kilos par bateau non? -Oui mais si t'as une annexe c'est calculé différemment… Oral spontané, 1990. Syn. : Plate* (t.cour.). Norme : Le Petit Robert attribue à ce mot la marque "Mar." (vocabulaire maritime), on sait que nombre de mots calédoniens* sont issus de ce domaine du lexique français, pour des raisons géographiques évidentes.

113 ANTENNAIRE :

n.m. Rare. (Antennarius sp.). V. POISSON-PÊCHEUR. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est, comme souvent, à l’origine du nom spéc. de ce poisson. Répertorié par Laboute, 2000 : 130.

113 ANTHURIUM :

n.m. Cour. Ethnolectal (moins cour. chez les Kanak*?). (Anthurium andreanum Linden). Plante ornementale dont la fleur en forme de cœur comporte en son centre un long pistil dressé. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). (…) dans l'une des salles climatisées de la morgue (…) une gerbe d'anthuriums rouges. Roman Gorodé, 2005 : 62. Norme : En contexte hexagonal, ce terme est considéré comme spécialisé (domaine : botanique, horticulture). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

114 ANTI-BLANC :

n. et adj. Cour.  1. n. Personne dont les opinions sont opposées à la présence des habitants d’origine européenne et/ou opposées à ce que ces habitants peuvent symboliser (notamment la présence de la France dans le pays, sous sa forme contemporaine –réaction contre la présence des Métropolitains dans le pays - ou sous sa forme ancienne –réaction contre la présence des natifs d’origine européenne ou descendants de colons). C’est un anti-blanc notoire, ce mec ! Oral spontané s.d.  2. adj. Opposé à la présence des personnes d’origine européenne comme décrit en 1. J’ai tant de fois entendu ces phrases (…) le métis, il est complexé, ou anti-blanc ou anti-kanak* (…). Essai Barbançon, 1988 : 48. 

Connotation : Péjorative.

Syn. : Pro-kanak* (t.cour.). V.INDÉPENDANTISTE.

Ant. : Anti-kanak*. Pro-français. V. ANTI-INDÉPENDANTISTE, LOYALISTE.

115 ANTI-INDÉPENDANTISTE :

n. et adj. T.cour.  1. n. Personne opposée à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, fidèle au gouvernement français. Il y avait, tu sais, l‘anti-indépendantiste, là, comment il s’appelle… Oral spontané s.d.  2. adj. Opposé à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, fidèle au gouvernement français. Ils sont tous anti-indépendantistes dans cette famille… Oral spontané, 1991.

Connotation : Diverses : péjorative/ neutre/ méliorative).

Syn. : Loyaliste* (cour.). Pro-français* (t.cour.). V. ANTI-KANAK.

Ant. : Indépendantiste*. Pro-kanak*. V. ANTI-BLANC

Norme  : Terme susceptible d'être employé dans tout contexte politiquement analogue, avec des nuances sémantiques diverses selon les contextes géo-politiques.

116 ANTI-KANAK :

n. et adj. Cour.  1. n. Personne dont les opinions sont opposées à la revendication d’indépendance kanak*, voire à la présence des Kanak* dans les instances de décisions du pays, voire à leur présence même dans le pays. C'est un anti-kanak non? Oral spontané s.d. Variantes graphiques : Il s’agit de celles du mot kanak*.  2. adj. Opposé à la revendication d'indépendance kanak* tel que décrit en 1. (…) l’explosion de la haine (…) dans sa violence anti-kanake*. Poèmes Gorodé, 1985 : 103. J’ai tant de fois entendu ces phrases (…) le métis, il est complexé, ou anti-blanc* ou anti-kanak (…). Essai Barbançon, 1988 : 48.  

Connotation : Souvent péjorative.

Syn. : V. ANTI-INDÉPENDANTISTE, LOYALISTE, PRO-FRANÇAIS.

Ant. : Anti-blanc. Pro-kanak*. V. INDÉPENDANTISTE.

117 AOUH! :

interj. T.cour. Fam.   I. Terme d'adresse amical, voire affectueux. Aouh! Marcel où tu barres* comme ça? BD Berger, 1989 : 16. Awou on fait quoi maintenant ? BD Berger, 2004 : 45. Ahou mon* frère* ! Grosse pensée à toi (…).  Commentaire de vidéo (Youtube Bonjour ma Kanaky*, Coco Banane, 04/2020).  Variante (cour.) : Aoukéa!* (sens 1.).   II. Marque l'attendrissement. Si un jour je dois partir, aouh! Loin de ma Calédonie* (…) Sketch Ollivaud, [198?]. – L’argent c’est pour qui alors ? –Cette fois c’est pour la femme des Belep. [Lusia hocha la tête, apitoyée.] –Aouh. Tu* connais elle. Elle a vraiment besoin. Roman Jacques, 2002a : 59.  -(…) vous allez beaucoup me manquer voilà.  -Aouh merci bien Monsieur (…). Vidéo Youtube Les Elus [du Congrès*], Quingtaz, 04/2021. Variantes : Aouka!* (t.cour.). Aoukéa !* Aouh* toi! (cour.). Norme : [auu] : l'allongement de la finale est proportionnel à l'attendrissement exprimé. / Evoqué par une collégienne comme expression locale employé par tous, jeunes et "parents", pour exprimer "la tristesse" (programme radio élaboré par des élèves de la banlieue de Nouméa en 2018 (site tazar.nc, Hey hey radio, consultation : 2022).  III. Exprime une prière. Aouh! Viens avec moi! (…) aouh j’aimerais bien savoir faire les terrines ! Recettes Moglia, 2004 : 40. .  -Mais c’est Papa Maxime !  -Ahou pas dire! [=stp ne le répète pas] Commentaires de vidéo (YouTube Un zoreil* dans un taxi, Beltram, 12/2017). Aouh désolé mais moi j’aime pas vraiment la chouchoute* en fait. Vidéo Kingtäz, Saint Valentin 2023, 02/2023. Equivalent hexagonal : Allez! Je t'en prie! Locution : Aouh* pardon! Variantes : Aouka!* (t.cour. ) Aoukéa !* Aouh* toi ! (cour.). Norme : [auu] (allongement de la finale proportionnel à la prière).   IV. Marque la surprise. Haou! Regarde le gros [crabe*] que j'ai croché*! BD Berger, 1989 :25. Aouh je connais ton oncle (…) Roman Calandra, 2004 : 33. Aouh j’ai plus de chocolats casse* pas la tête j’ai un paquet d’omaïs*. Chanson "Père Noël Claquettes* by Blancko", Facebook, 2022. Equivalent hexagonal : Hé! Variantes : Aouka!* (t.cour.) Aoukéa!* (cour.).  V. Marque l'insistance. Aouh je vois plus clair, tellement je suis colère*! Sketch Ollivaud, [198?]. NET* choc* aouuuuuu (...). Commentaire de vidéo (Youtube Le duo,  Coco Banane, 06/2022). Equivalent hexagonal : Alors là! Locution : Aouh* colère ! 

Connotation : Plutôt kanak* ou polynésienne autrefois, mais cette connotation s'est effacée peu à peu.

Encycl. : "Aú" est, en paîci* (langue kanak*), une interjection marquant l'émotion, le regret (Rivierre, 1983); et "auuè", en xârâcùù* (langue kanak*), une interjection marquant la surprise (Moyse-Faurie, 1986)...

Variantes graphiques : Ahou*, haou* (moins cour.); awou*, auu* (rares).

Dynamique : Terme en pleine vitalité, dans toutes les tranches d'âge et toutes les catégories (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

118

AOUH COLÈRE ! :

interj. T.cour. Sociolectal (pop.).  1. Exprime le regret d'avoir mis l'allocutaire en colère ou en état de nervosité, revenant parfois à une présentation d'excuses. Hé! J'ai cassé ton stylo... Aouh* colère… Syn. (t.cour.) : Aouh* pardon!  2. Moquerie à l'adresse d'une personne qui se fâche ou se vexe, ou qui est censée le faire. Connotation : plutôt kanak* ou polynésienne. -Il est nul ton bateau! -Quoi?! -Aouh colère! Equivalent hexagonal : Bisque bisque rage!

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

119

AOUH PARDON ! :

interj. T.cour. Fam. ou Sociolectal (pop.). Formule permettant de présenter des excuses insistantes : Pardon! Connotation : Plutôt kanak* ou polynésienne. J'ai oublié ton anniversaire... Aouh pardon! Syn. (t.cour.) : Aouh* colère ! (sens 1.).

120

AOUH TOI ! :

interj. Cour. Sociolectal (pop.).  1. Variante de AOUH! (sens II). V. cette entrée. [A quelqu'un qui offre des fleurs :] Aouh toi, il fallait pas!  2. Variante de AOUH! (sens III.). V. cette entrée. –Alors Mimi il a dit quoi ? –Rien –T’es sûr ? –Aouh, toi! Rien de rien! [=Arrête d’insister!] Roman Jacques, 2002b : 35.

Norme : [autwaa] -l'allongement de la finale est proportionnel à l'attendrissement exprimé.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

121

AOUKA! :

Variante ethnolectale kanak* et polynésienne de AOUH! (sens II. III. IV.). V. cette entrée. Extraits [de messages inscrits sur des feuilles d'aloès*] : Aou ka! Ne me laisse pas tomber (…). Roman Gorodé, 2005 : 45. Aouka! T'as fait tout ça à manger! V. aussi AOUKEA! Norme : [aukaa] -l'allongement de la finale est proportionnel à l'intensité de ce qui est exprimé. Dynamique : Emploi apparemment stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

122

AOUKÉA ! :

1. Variante ethnolectale kanak* et polynésienne de AOUH! (sens I). V. cette entrée. A tous les frères de Rivière Salée : Aoukéa! Graffiti -cabine téléphonique, Nouméa, 1991.  2. Variante ethnolectale kanak* et polynésienne de AOUKA! V. cette entrée. Aoukéa! T'as fait tout ça à manger! 

Dynamique : Emploi attesté chez les jeunes à l’oral (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

1297 APOGON :

Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Apogon sp.). V. TACOT. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est, comme souvent, à l’origine du nom spéc. de ce poisson. Répertorié notamment par Laboute, 2000 : 210.

125 APPLIQUE :

n. f. Peu cour. Spécialisé (?), terme d’ethnologie ?. Grosse statue (bas relief) de bois sculpté, installée de chaque côté de l'entrée des cases* kanak*. V. CHAMBRANLE. Applique latérale de porte, Bois de houp, 19e siècle. (…). Les appliques sont des plaques de bois de houp sculptée (…). Autrefois elles servaient à maintenir solidement entre eux différents éléments de la paroi de la case et remplissaient également une fonction symbolique. Elles perpétuaient ainsi la présence d’un défunt et permettaient de mettre la demeure sous sa protection. Leur réalisation, depuis la récupération des lourds billots de bois dans la forêt jusqu’à la confection même, était régie par des codes symboliques complexes. Etiquette de l’exposition « MUE, faire corps », Centre J.M.Tjibaou, 2022.

125 APRÈS-LE-PONT :

loc.adv. A.cour. Fam. Ethnolectal ? (peu cour. chez les Européens* ?). Souvent Plaisant ? En prison, à la prison de Nouméa. V. CAMP EST. Camp Est, Far* West, Ile* de l’Oubli, Après-le-pont, Stop-vacances*, Bon-courage*, les Six* Quartiers, une litanie que se répétait Erwann (…) à son arrivée à la prison. Roman Jacques, 2002a : 129.

126 ARACHIDE :

n.f. Vieilli. Cacahuète. V. PISTACHE. Achète des arachides pour l’apéritif…Oral spontané s.d.

127 ARAÏEU! :

Attesté uniquement à l'oral. interj. T.cour. Fam. Exprime la surprise (V. BABYLONE!) ou est employé comme dépréciatif (injurieux). Encycl. : Mot d'une langue kanak* (drehu* : "axaiö" mot du registre vulg., selon informateurs) (terme absent des dictionnaires consultés). [En cassant un verre :] Araïeu! Variante (forme altérée t.cour.) : Laraïeu!*. Dynamique : Terme toujours très en usage en 2005, mais un peu moins connu chez les non Kanak* (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

128 ARAIGNÉE :

n.f. T.cour. (Lambis sp.) Coquillage comestible du genre Lambis et spécialement Lambis chiragra, L.lambis, L.truncata, L.crocata, dont la lèvre se prolonge de six digitations (sept chez L.chiragra ou L.scorpio), qui peuvent rappeler des pattes d'araignées. Encycl. : "Les araignées se récoltent à marée basse ou en plongée peu profonde" (F.O.L., 1983 : 4) et se consomment par exemple en salade ou en curry*. Les plus jeunes, à marée basse, ont ramassé sur le récif des sauteurs* et des araignées. Robert, 1976 dans Manuel Lectures : 244. Les produit le moins fréquemment observés sont le sauteur*, l’huître* de palétuvier*, la grisette* et l’araignée : seulement 2% de présence sur les étals. Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn.  : Araignée* de mer (a.peu cour.), a.*scorpion (rare, spéc.), scorpion* (rare, spéc.). Composés : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable en 2022 (Pauleau, enquête linguistique, 2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

129

ARAIGNÉE* DE MER :

n.f. A. peu cour. (Lambis sp.). V. ARAIGNÉE. Le chemin qu’ils remontaient jadis, chargés d’araignées* de mer qu’ils dégustaient en salade (…). Roman Sénès, 1987 : 257. L'araignée* de mer est amoureuse Poèmes Lycéens, 1997 : 36. Norme : Employé en situation de communication particulière : soit à l’écrit, soit quand l’interlocuteur n'est pas Calédonien* et qu’il est nécessaire de lever l’ambiguïté par rapport à l’insecte "araignée".

129

ARAIGNÉE* SCORPION :

n.f. Rare. Spéc. (Lambis scorpio L. - Observatoire, 1988 : 12). V. ARAIGNÉE. Encycl. : Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 12.

 

128 ARAUCARIA :

n.m. A.cour. (Araucaria sp.). Tout arbre du genre Araucaria (conifères) tels que ceux décrits ci-après (en 1. et 2.).   1. (Araucaria humboldtensis Buchh. / A. montana Brongn. Et Gris / A. rulei Muell.). Arbres poussant sur les hauteurs dominant le maquis : le premier (A. humboldtensis) est un petit arbre au feuillage clairsemé , des terrains miniers du sud de la Grande-Terre* (Schmid, 1981 : 140); les seconds (A. montana et A. rulei) sont des arbres constituants les forêts claires en terrain minier (Ibid. 58), qui ressemblent davantage aux sapins. Là-bas dans le sud, c’est plein d’araucarias… Oral 1991.  Syn. : Pin* colonnaire, Sapin* (cour.). Sapin* candélabre (a.cour.). Araucaria* de montagne (peu cour.). Pin* colonnaire de montagne (rare). Variante (peu cour.) : Araucaria* de montagne.   2. (Araucaria cookii R.Br.). V. PIN COLONNAIRE. (…) j'ai cueilli les tribus de paille et de bambous Sous les araucarias vigilants (…). R.Durand, 1965 dans Anthologie, 1994 : 231. Araucaria Pin colonnaire qui troue le ciel de mon pays de son tronc (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 23.

Encycl.  : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Treize espèces d’araucarias sur les dix-neuf connues, sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie (Schmid,  1981 : 19).

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

129

ARAUCARIA* DE MONTAGNE :

Variante d'ARAUCARIA. V. cette entrée. Ça c'est pas les mêmes arbres, c'est des araucarias* de montagne... Oral d'enquête.

 

128 ARBRE :

n.m. T.cour. Terme du français de référence entrant, en tant que générique, dans la composition de divers termes (V. ci-après).

129

ARBRE À BIÈRE :

n.m. Cour. Arbre sur lequel ont été accrochées des canettes (de bière notamment). Encycl.  : On voit des arbres à bières régulièrement dans tout l’archipel calédonien*, les canettes accrochées au bout des branches ont de loin l’allure de fruits ou de fleurs étranges. Cette pratique (que l’on peut parfois observer dans l’Hexagone mais de façon beaucoup plus rare) est devenue quasiment culturelle en Nouvelle-Calédonie au point de faire l’objet d’un ouvrage (d’un auteur métropolitain –J.C. Bourdais : L’Arbre à bière, 1997, V. bibliographie). En outre, les protecteurs de l’environnement luttent contre ces habitudes culturelles qui sont destructrices du point de vue écologique. Je me souviens de la première fois où j’ai rencontré un arbre à bière. C’était peu après mon arrivée sur le territoire* (…). Essai Bourdais, 2002 : 13. L’arbre à bière (…) malheureusement pas en voie de disparition. Journal Tazar*, 06/2005. Dynamique : Emploi qui semble stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

130

ARBRE À CALEBASSES :

n.m. A.cour. (Crescente cujete L.). Arbuste ou arbre à gros fruits verts. Encycl. : Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 106). Les fruits de l'arbre à calebasses, ils sont comme des calebasses... Oral d'enquête, 1991. Syn.(spéc.) : Calebassier*.

131

ARBRE À CALIMBRE :

n.m. Rare. (Messerschmidia (=Tournefortia)  argentea (L.) Johnst.). V. FAUX TABAC. Encycl. : Calimbre est le patronyme d'un "chalandier à Nouméa" (Observatoire, 1990 : 93).   Répertorié notamment par Observatoire, op.cit.

132

ARBRE À CAOUTCHOUC :

n.m. Cour. (Ficus microcarpa L.). Arbre dont l'aspect ressemble à celui du banian*, et qui est "assez commun dans les secteurs littoraux en particulier sur les falaises des Iles Loyauté" (Rageau, 1973 : 31), son latex "sert à la préparation d'un caoutchouc" (Ibid.). V. BANIAN. Encycl. : Famille des Moracées. / Possède des propriétés médicinales (racines et jeunes branches); les Vietnamiens en consomment comme masticatoire (Ibid.). / Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). Tu vois ce banian* là-bas? Ben c'est un arbre à caoutchouc, ça. Oral d'enquête, 1990. Syn.  : Banian* (t.cour.).

133

ARBRE À CIRE :

n.m. Rare. (Pagiantha cerifera MRGF.). Arbuste commun dans les maquis des terrains ultrabasiques (terrains miniers). Répertorié par Rageau, 1973 : 97.

133

ARBRE À CORAIL :

n.m. A.cour.    1. (Jatropha multifida L.). Arbrisseau dont les fleurs pédonculées de couleur orange rappellent certains coraux. Répertoriée par Rageau, 1973 : 79.    2. (Jatropha podagrica). Arbrisseau très ressemblant par rapport à Jatropha multifida décrit en 1., mais ayant une tige charnue avec un très gros renflement à la base (d'où le nom anglais de  "gout stalk", "tige en goutte").

Syn. (peu cour.) : Plante* corail.

Norme : Ces arbrisseaux sont à distinguer de l'arbre-corail* (Erythrina sp.).

134

ARBRE À GOUDRON :

n.m. Rare. (Semecarpus atra Vieil.). V. ACAJOU. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 5.

135

ARBRE À GRATTE* :

n.m. Rare. (Messerschmidia (=Tournefortia)  argentea (L.) Johnst.). V. FAUX TABAC. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 5.

136

ARBRE À LAIT :

n.m. Rare. (Neoguillauminia cleopatra Croiz). V. NOYER. Répertorié par Observatoire, 1990 : 143.

137

ARBRE À OMBRELLES :

Variante de UMBRELLA TREE. V. ce mot. Répertorié par B.Suprin (botaniste –parc forestier de Nouméa).

138

ARBRE À PAIN :

n.m. T.cour. (Artocarpus altilis Forster). Grand arbre aux larges feuilles lobées et aux gros fruits ronds (fruits* à pain ou maïorés*). Encycl. : Cet arbre de la famille des Moracées est d'une grande importance alimentaire dans tout le Pacifique. Son fruit est consommé comme mets d'accompagnement. Sa chair blanche, farineuse, est frite ou bouillie. En Nouvelle-Calédonie, tous les groupes culturels disent en manger plus ou moins régulièrement (à l'exception des Européens*, qui en mangent rarement). / Possède des propriétés médicinales -en particulier contre la gratte* : l'ichtyosarcotoxisme- (Rageau, 1973 : 30). / Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995), à La Réunion, en Afrique noire, au Congo-Brazzaville notamment (Site Internet BDLP, 2006). Ils cachaient (…) leur argent dans des quincailles enfouies au fond des jardins (…) sous de grands arbres à pain. Roman Sénès, 1987 : 326. (…) les hommes qui discutaient sous un arbre à pain. Roman Jacques, 2002a : 151. (...) une profusion d'arbres : érythrines*, (...) arbres à pain (…). Roman Simon, 2021 : 139. Syn. (cour.) : Maïoré*, uru*. Norme : Le Petit Robert mentionne à l'article "arbre" (rubrique "appellations") : "arbre à pain : artocarpe, jacquier". Le français calédonien* distingue bien l'arbre à pain du jacquier*. Dynamique : Les jeunes semblent connaître peu cet arbre et ce nom (Pauleau, enquête linguistique, 2005). Emploi toujours observé dans les années 2020 (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2022).

139

ARBRE À PIQUANTS* :

n.m. Rare. (Erythrina spp.). V. ERYTHRINE. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 6.

140

ARBRE À RÉSINE :

n.m. Rare. (Agathis spp.). Nom donné aux grands arbres du genre Agathis spp. V. KAORI. Répertorié par Observatoire, 1990 : 143.

142

ARBRE À RHUMATISMES :

n.m. A.cour. (Alphitonia neocaledonica Guil.). V. BOIS ASPIRINE. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 22.

142

ARBRE À ROUSSETTES* :

n.m. Cour. Nom donné aux arbres par lesquels les roussettes* (grandes chauve-souris) sont attirées : par exemple l'érythrine* (Erythrina spp.). Près de la rivière, c'est plein d'arbres à roussettes* : pour la chasse aux roussettes*, c'est là-bas qu'il faut aller. Oral spontané, 1991.

143

ARBRE À TAPA* :

n.m. Peu cour. (Broussonetia papyrifera L. L’her.). Arbuste aux feuilles en forme de cœur. Encycl.  : Famille des Moracées. Avec l’écorce de l’arbre à tapa* battue sur une enclume de bois dur, on fabrique des bandes de tissu appelé tapa*. Autrefois elles représentaient une richesse et une précieuse monnaie (…). Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022.

144

ARBRE AUX PARAPLUIES :

Variante de UMBRELLA TREE. V. ce mot. Répertorié par Godard, 1978 : 116.

145

ARBRE-CANDÉLABRE :

n.m. Peu cour. (Cerberiopsis candelabra Vieill.) (Schmid, 1981 : 159). V. CANDÉLABRE. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 6.

146

ARBRE-CORAIL :

n.m. Rare. Nom donné aux grands arbres aux fleurs oranges, tels que ceux identifiés ci-après :  1. (Erythrina variegata Linn).  2. (Erythrina indica Lam.). Syn.  (rare) : Piquant* à roussettes* ?  3. (Erythrina spp.). Syn.  : Immortelle ?

(...) aux pistils des arbres-corail (...). Roman Sénès, 1987 : 362. Variante (rare) : Arbre* de corail.

147

ARBRE DE CORAIL :

Variante de ARBRE-CORAIL. V. cette entrée. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 25.

148

ARBRE DE JUDÉE :

n.m. A.cour. (Bauhinia monandra Kurz.). Petit arbre dont les feuilles bilobées ressemblent à celles de l'"arbre de Judée" de l'Hexagone (Cercis siliquastrum L.) et dont les fleurs roses, rouges ou blanches, rappellent celles des orchidées. Encycl.  : Famille des Légumineuses (Caesalpinioidées). Sur la route il y a des arbres de Judée tout en fleurs en ce moment. Oral spontané, 1990.

149

ARBRE DE SANDAL :

Variante de ARBRE DE SANTAL. V. cette entrée. Répertorié par Hollyman, 1977.

150

ARBRE DE SANTAL :

Variante de SANTAL. V. cette entrée. Répertorié par Hollyman, 1977.

151

ARBRE DU VOYAGEUR :

n.m. Cour. (Ravelana madagascariensis GM.). Arbre ornemental dont les feuilles ressemblent à celles du bananier (arbre de la même famille : Musacées) mais sont disposées en éventail. Encycl.  : "Les gaines foliaires écartées [par la disposition en éventail des feuilles] retiennent en toute saison de l’eau de pluie que l’on peut boire : c’est dit-on l’origine du nom" (Bourret, 1981 : 21). / Terme en usage également en Afrique noire, notamment au Burundi et au Congo-Brazzaville (site Internet BDLP, 2006), ainsi qu'à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). Sur le crépuscule, les arbres du voyageur étalaient leurs éventails de palmes. Roman Sénès, 1987 : 217.

152

ARBRE PARAPLUIE :

Variante de UMBRELLA TREE. V. ce mot. L'umbrella* tree, on l'appelle aussi arbre parapluie. Oral d'enquête, 1990.

 

135 ARH :

n.m. Peu cour. Ethnolectal kanak* ou spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* parlée dans la région de Poya. Encycl. : Toutes les langues kanak* sont des langues à tradition orale. Le arhâ entre dans la catégorie des langue du sud de l'archipel, voir leurs caractéristiques à l'article A'JIEË. Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Néku*, Orowé*, Arhô*, Arhâ, (…) Frappez le tronc d'arbre creux Pour cadencer la danse sacrée (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. Le arhâ, qui est rattaché au groupe des langues kanak* du Sud de la Nouvelle-Calédonie, compte actuellement 166 locuteurs âgés de plus de 14 ans (ISEE, 2009). Il est essentiellement parlé dans la région de Poya et est fortement menacé d'extinction selon l’UNESCOSite de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 11/2022. Norme phonétique : [arã] (transcription approximative, le [r] étant notamment une consonne continue, en réalité –Haudricourt, 1979); en orthographe "francisée", approximativement : "aran". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

136 ARHÖ :

n.m. Peu cour. Ethnolectal kanak* ou spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* parlée dans la région de Poya. Encycl.: V. ARHÂ. Les langues (…) du sud : (…) arhâ/ arhö (région de Poya) (…). Haudricourt, 1979 : 17. Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Néku*, Orowé*, Arhô*, Arhâ*, (…) Frappez le tronc d'arbre creux Pour cadencer la danse sacrée (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. Le arhö, qui est rattaché au groupe des langues kanak* du Sud de la Nouvelle-Calédonie, compte actuellement 349 locuteurs âgés de plus de 14 ans (ISEE, 2009). Il est essentiellement parlé dans la région de Poya et est fortement menacé d'extinction selon l’UNESCO. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 11/2022. Variante graphique : Arhô. Norme : Répertorié par Haudricourt (1979) sous la forme arhö. Norme phonétique : Le "ô" est un "o" ouvert, le "r" est ici une consonne continue -Haudricourt , 1979. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

136 ARRÊTE-TOI-LÀ :

n.m. Peu cour. Vieilli. (Caesalpinia sepiara Roxb.). V. SENSITIVE GÉANTE (2). Répertorié par Observatoire, 1990 : 143.

136 ARRIVÉ, ÉE- ! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. Cour. Sociolectal (pop.). ou plaisant. Jeune ? Exprime le fait d'avoir dit volontairement quelque chose de faux pour plaisanter et d’être ainsi ‘arrivé’ à berner l’interlocuteur. Moi j’avais fait Noël à New-York donc heu.. du coup j’ai été faire le 31 à Paris… Hééé ! A-rri-vé ! Vidéo Facebook Coucou les mass*, 2024 démarre, ''Lexy Lence -Drag queen Nouméa'', 2024. Equivalents hexagonaux : Je rigole ! (fam.). Je t’ai bien eu ! (fam.).  Syn. : Menti*.

 

136 ARYTERA :

n. m. A.cour. (Neoarytera spp. Callm. -?-). Arbres natifs de Nouvelle-Calédonie de la famille des Sapindaceae. Les parents ont dû choisir entre six espèces d’arbres, dont le chêne gris, le faux olivier jaune ou l’arytera. Journal Les Nouvelles, 29/07/2019.

137 ASPERGE :

n.f. T.cour. Terme du français de référence entrant, en tant que générique, dans la composition de divers termes :

137

ASPERGE CALÉDONIENNE* :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. (Setaria palmifolia ) (B.Suprin, botaniste -parc forestier de Nouméa). Plante ressemblant à l’asperge. Encycl. : Famille des Graminées.  J'ai aussi de l'asperge calédonienne* dans mon jardin. Oral d'enquête, 1990. Syn.: Asperge* de Calédonie*.

137

ASPERGE DE CALÉDONIE* :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. (Setaria palmifolia ).V. ASPERGE* CALEDONIENNE*. Répertorié notamment par B.Suprin, parc forestier de Nouméa (Pauleau, enquête linguistique, 1991).

138

ASPERGE CANAQUE* :

Variante graphique de ASPERGE KANAK*. V. cette entrée. L’année « Drehu » [à Lifou] [: Traditionnellement, chez les Kanak*] (…)  à la nouvelle lune de janvier (…) On mange (…) le « panganaï » (asperge canaque) (…). Lepeu-Doï, https://presencekanak.com, 2020.

139

ASPERGE KANAK* :

n.f. A.cour. Ethnolectal mélanésien? (Geitonoplesium cymosum R.Br. ). V. ASPERGE SAUVAGE. Ici c'est des asperges kanak* qu'on a …Oral d'enquête, 1990. Dynamique : La graphie asperge kanak* n’est pas attestée à l’écrit (Pauleau, enquête linguistique, 2022 -cela pourrait changer lors d’une prochaine enquête), en revanche la graphie asperge canaque* est attestée. V. ASPERGE CANAQUE* ci-dessus.

140

ASPERGE SAUVAGE :

n.f. A.cour. Ethnolectal mélanésien. (Geitonoplesium cymosum R.Br. ). Plante ressemblant à l’asperge, consommée en milieu kanak*. Encycl. : Famille des Phylesiacées (B.Suprin, botaniste - parc forestier de Nouméa). Mes filles sont déjà parties en forêt cueillir des asperges sauvages. Nouvelles Ihagé-Gorogé, 2002 : 83. Syn.  : Asperge* kanak*. Dynamique : Emploi bien vivant (Pauleau, enquête de 2005).

 

137 ASSEMBLÉE DE PROVINCE* :

 V. PROVINCE.

138 ASSEMBLÉE TERRITORIALE* :

V. TERRITOIRE/ TERRITORIAL.

139 ASTIQUAGE :

n.m. Cour. Fam. Action d’astiquer*. V. cette entrée. Les parents (…) qui prétendent avoir du mal à exercer leur autorité par le fameux "astiquage". Journal Les Nouvelles, 04/2005. L’astiquage est une pratique courante. Journal Tazar*, 07/2005. Dynamique : Emploi relativement récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005), dérivé du verbe astiquer* (qui pour sa part est assez ancien).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

140 ASTIQUER :

I. v.tr.dir. Fam.  1. T.cour. Battre, frapper. Ils m'ont astiquée, giflée sur la figure (…). Journal Bwenando, 08/01/1988. C’est pas une femme qui va me commander ! Je vais t’astiquer! Roman Tcherko, 2003 : 60. Des parents m’ont dit (…) qu’ils avaient astiqué leur enfant, comme si c’était normal. Journal Tazar*, 07/2005. [En furie et avec un fouet à la main :] Je vais astiquer ta gueule! Vidéo Youtube Technique de drague (...), Coco Banane, 04/2021. Equivalents hexagonaux : Tabasser, …etc. Syn. : Bombarder*, mouiller*, damer* (la gueule), décalquer*, mettre une douille*/ une ponse*, rouler* à coups de botte, shooter* (cour. à t.cour.). Coaltarer* (a. cour.). Dérivé  : Astiquage*.  2. T.cour. Réprimander. Tes affaires d'architecte vont mal, et tu te fais astiquer par ta gamine* (…) hein? Roman Sénès, 1987 : 256. (…) suis rentré avec ce poisson pour me faire pardonner d’mon retard. Sinon j’me serais fait astiquer par les tontons (…). Récits Juncker, 2018 : 101. Equivalents hexagonaux : Engueuler, etc. Syn. (enfantin) : Crier*.  3. Cour. Faire face à quelque chose avec détermination. Par exemple : -Arpenter : (…) pendant quatre heures (…) on a astiqué les crêtes (…). Sketch Valéry, 1989. / -Boire : Il astique la bière, le mec hein? / -Attraper, chasser : J'ai pris de quoi les éclairer un bon coup pendant qu'on va les astiquer [les roussettes*]. BD Berger, 1989 :11. On joue à astiquer les nids de guêpes* à coup de bibiche* ? BD Berger, 2000 : 34. Equivalent hexagonal : Attaquer (selon informateur, 1990).   II. v. intr. Cour. Fam. Accélérer, se dépêcher, foncer ; se lancer. Il faudrait astiquer si vous voulez arriver à temps! [note de bas de page : astiquer : se dépêcher]. Roman Chabas, 1996 : 58. Kaïn astique le koaltar [sic.]. Roman Simon, 2021 : 13. Astique! Il faut le doubler ce camion, on va être en retard! Oral spontané s.d. Equivalent hexagonal : Mettre la gomme (DEL). Syn. : Bombarder*, mouiller sa boulette* (t.cour.). Entamer* (la caillasse*/ le coaltar*), mettre la boulette* / mettre la douille*, mouiller*, envoyer*/mouiller* son canon*/ sa boulette* (cour.). Caillasser* (a.cour.).

Dynamique : Emploi stable, d'une extrême vitalité (surtout dans le sens de "battre, frapper"), dans toutes les tranches d'âge et toutes les catégories de population (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

140 AUBERGINE SAUVAGE :

n.f. A.cour. (Solanum torvum Sw) (Hollyman, 1977 : 3). Plante épineuse envahissante, à fleurs blanches, fléau des pâturages. Encycl. : Plante très appréciée par les oiseaux tels que les colliers* blancs, les nautous*, et les roussettes*. Les oiseaux picorent beaucoup les aubergines sauvages, même les roussettes... Oral spontané, 1990.  V. également Pauleau, BDLP.

142 AUSTRALIE :

Attesté uniquement à l’oral. n.pr. A.cour. Fam. Ethnolectal ? (peu cour. chez les Européens* ?). Souvent Plaisant. Prison de Nouméa. V. CAMP EST. Il est en Australie maintenant [=Il est en prison maintenant], il en a pour deux ans… Variante : La petite Australie.

143 AUTOCHTONE :

n. et adj. A.cour. Vieilli. Kanak*. V. INDIGÈNE. A cette époque [dans les années soixante] pour les Kanaks*[sic] on disait (…) les Indigènes* ou les Autochtones, quelquefois les Mélanésiens. "Canaque*" était considéré comme une injure et les parents calédoniens* apprenaient à leurs enfants à ne pas l'employer. Essai Barbançon, 1988 : 23. C'est une Autochtone ou une Européenne*? Oral spontané s.d. Dynamique : Emploi déjà vieilli en 1990 (Pauleau, enquête linguistique, 1990).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

144 AUTRES (EUX -) :

V. EUZOTS. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

145 AUTRES (NOUS -) :

loc. pron. T.cour. Sociolectal (pop.) et/ou ethnolectal kanak*. Nous. Encycl. : D'autres français régionaux (le français québécois notamment) possèdent le même particularisme : "nous autres", à la place de "nous". V. également AUTRES (VOUS -) et EUZOTS. (…) "un grand malheur pour nous autres" [: paroles d'un personnage kanak*] (…). Roman Sénès, 1987 : 75. Variante : Les nous autres. Variantes graphiques (peu cour.) : Nous* autes, nouzautes*, nous* aut’, nuzôts*. Collocations : Cette locution (ou au moins sa variante LES NOUS AUTRES : V. AUTRES (LES NOUS -)) peut admettre des expansions, comme dans l'exemple les nous autres du Caillou*. Norme phonétique : [nuzot] (transcription approximative : le [o] est en réalité un "o ouvert"); les variantes graphiques et la graphie du créole (cf ci-dessus) illustrent bien la chute de la consonne finale (graphies sans le "r" : nousautes, nouzautes, nous aut’, nouzôts) mais contredisent par contre la prononciation du "o ouvert" (graphies en "au" ou "ô", qui correspondent en français au "o fermé"). Dynamique : Emploi stable, bien que peut-être vieillissant aujourd'hui (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

147

AUTRES (LES NOUS -) :

Variante de NOUS AUTRES : V. AUTRES (NOUS -). Les nous autres du Caillou*, on passe pour de drôles de zigotos. Journal Les Nouvelles, 12/06/1990. Collocations : Cette locution peut admettre des expansions, comme dans l'exemple les nous autres du Caillou*, ce qui évite d'énoncer un autre SN pour donner des informations sur le pronom, comme dans la locution normée équivalente "nous, les gens du Caillou*". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

148 AUTRES (VOUS -) :

loc. pron. T.cour. Sociolectal (pop.) et/ou ethnolectal kanak*. Vous. Encycl. : Le créole de Nouvelle-Calédonie (le tayo*) emploie "uzot" [uzt], "uso" [uzo], pour : "vous" (Corne, 1991 : 127). Les créoles francophones d'autres régions du monde ont des formes ressemblantes pour les mêmes pronoms (par exemple pour "vous" : "zot" (Guadeloupe, Guyane), "zô" (Martinique)...etc.). V. également AUTRES (NOUS -) et EUZOTS. Voilà, c'est un cadeau pour vous autres! Variante : Les vous autres. Variantes graphiques (peu cour.) : Vous* autes, vouzautes*. Collocations : Cette locution (au moins sa variante avec dét. "les") peut admettre des expansions : les vous autres de France. V. AUTRES (NOUS -). Norme phonétique : Prononcé sans le [r] final et avec un "o ouvert". V. AUTRES (NOUS -). Dynamique : Emploi stable, bien que peut-être vieillissant? (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

149

AUTRES (LES VOUS -) :

Variante de VOUS AUTRES : V.  AUTRES (VOUS -).  Allez! Tata* les vous autres!   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

141 AUU! :

Variante graphique de AOUH! V. cette entrée. Auu! tu sais, ma soeur, moi je te dis tout ça, là*, pour t'encourager (…). Roman Gorodé, 2005 : 65.

142 AVENIR EN CONFIANCE :

n.pr. Parti politique loyaliste*. L'Avenir en confiance, le parti majoritaire à la province* Sud, a répondu vertement aux attaques de Calédonie* ensemble. Journal Les Nouvelles, 03/2023.

149 AVIS DE + ... :

Attesté à l'oral uniquement. structure de phrase nominale. A.cour. Fam. Souvent Plaisant. Vieillissant.   I. AVIS DE + verbe infinitif : Exprime un ordre ou un conseil. Avis de faire attention, avis de rester tranquille! [=il faut faire attention, rester tranquille!] Oral spontané, 1991.   II. Exprime une mise en garde, une menace... :  1. AVIS DE + nom : Avis de raclée! [=tu vas te prendre une raclée!] Oral spontané s.d.  2. AVIS DE + nom en -age* : Avis de ramassage de baffe! [=tu vas te ramasser une baffe!] / Avis de plantage! [=attention de ne pas se planter!] Oral spontané s.d.

150 AVOIR :

v. opérateur. Mot du français de référence entrant dans la composition de plusieurs locutions et interjections, v. ci-après et v. également Pauleau, BDLP., 2006-2013.

151

AVOIR MAL OÙ ? : T’AS MAL OÙ ? :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale interr. et/ou interj. T.cour. Fam. Exprime une réaction de surprise, et/ou de désapprobation, et/ou d’agressivité vis-à-vis de la personne représentée par le sujet du verbe "avoir". Il a mal où, lui ? [=Qu’est-ce qu’il a, lui ?]. -Tu fais la vaisselle à ma place ? – Hé mais t’as mal où ? [=Ça va pas non ?]. Equivalents hexagonaux : Il est fou!/ T'es fou!...etc. (surprise) Qu’est-ce qu’il a, lui ?/ Qu'est-ce t'as, toi?...etc. (agressivité). Syn.  (a.cour.) : Avoir* vu les rats. Syn. dans certains emplois : Avoir* pas peur, avoir* rien (cour.). Collocation fréquente : Conjugué avec "tu" : T'as mal où?. Variante graphique : Tamalou?*. Dynamique : Expression très stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

152

AVOIR PAS PEUR : T’AS PAS PEUR ! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale interj. Cour. Fam. Exprime une réaction négative vis-à-vis de la personne représentée par le sujet du verbe "avoir". -Il faudrait l'attacher (…) pour qu'il parle. Pierrot sursauta –Hé! T'as pas peur toi! Roman Jacques, 2002b : 46. Il est en retard à chaque fois ! Il a pas peur ! Oral spontané, s.d. Equivalents hexagonaux : Etre gonflé, ne pas manquer d’air...etc. Norme : S’emploie exclusivement sans le "ne" de négation. Syn. dans certains emplois : Avoir* mal où, avoir* rien (cour.). Collocation fréquente : Conjugué avec "tu" : T’as* pas peur ! Dynamique : Expression très stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

153

AVOIR RIEN : T’AS RIEN ! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Être audacieux, avoir de l’applomb. Tu lui as demandé d’un seul coup comme ça? T’as rien toi ! Equivalents hexagonaux : Etre culotté, gonflé …etc. Norme : S’emploie exclusivement sans le "ne" de négation. Peut-être est-ce une variante tronquée de séquences comme  Avoir* rien pour être culotté : V. AVOIR RIEN POUR, ci-après.

154

AVOIR RIEN POUR + Verbe :

Attesté à l'oral uniquement. structure phrastique. Cour. Fam. Figure d’antiphrase : elle amplifie le sens du verbe qu’elle introduit, au lieu de l'annuler comme on pourrait le penser. Il a rien pour boire (=Il boit beaucoup). T'as rien pour exagérer (=Tu exagères vraiment). J’ai rien pour être stressé (=Je suis très stressé). Norme : Possible en français hexagonal. / S'emploie exclusivement sans le "ne" de négation. Dynamique : Expression bien moins connue en milieu kanak* que dans les autres milieux, et bien moins connue chez les jeunes également, l'avenir dira si elle résiste à cette dynamique (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

155

AVOIR UN COCOTIER DANS LA MAIN :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. A.cour. Fam. Être paresseux. Il fait rien de ses journées, il a un cocotier dans la main. Equivalent hexagonal : Avoir un poil dans la main. Dynamique : Expression peu connue chez les jeunes en général, encore moins chez les jeunes kanak* (qui, s'ils la connaissent, la disent vieillie); tous les enquêtés plus âgés la connaissent (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

156

AVOIR VU LES RATS :

V. VOIR LES RATS.

 

157 AWA :

interj. T.cour. Fam.    I. Exprime la négation :  1. Refus. -Tu veux encore du riz? -Awa! [=non].  2. Jugement négatif. -(…) la cible est un peu loin -Awa! [=mais non] BD Berger, 1989 :17.   II. Exprime le doute.  Awa, fin* risqué ton truc...[=Ohlaa, très risqué ton truc]. Roman Simon, 2021 : 127.  -Hier on a pêché un requin de six mètres!  -Awa! [=c'est vrai ça?].   III. Autres sens :  1. Exprime la surprise. Awa dis* pas Tathan!? Et depuis quônd [=quand] que t'as un clébard? BD Berger, 1989 : 14. -(…) moi (…) j’ai inventé le premier signe rassembleur –Awa ? C’est quoi ? BD Gielbé, 2004 : 18. (…) on a atteint les trois mille abonnés -Awa ? Vidéo Facebook, ''Lexy Lence -Drag queen Nouméa'', 2020. Syn. : Dis* pas! (t.cour.). Collocation fréquente : Awa dis* pas!  2. Terme à fonction phatique : permet de montrer que l'on est à l'écoute-Je suis brune aux yeux verts -Awa Envoie un coup* une photo… ;). Post humoristique, Facebook, 2022.  -Cet après-midi je vais à la plage...-Awa... Collocation : Awaceb (abréviation de awa c’est bon : « ha oui ça va » ou « ok ça va »). Cette collocation est le nom, en forme de clin d’œil, d’un studio calédonien* de production de jeu vidéos (L’équipe d’Awaceb s’est dite « très fière » de cette nomination [du jeu calédonien* Tchia parmi les titres retenus pour les prochains Game Awards]. Site la1ere.francetvinfo.fr, 11/2023). Equivalents hexagonaux : Oui, ah bon, ah oui…  3. Exprime la déception. Awa! ça vaut pas le coup... BD Berger, 1989 : 8. Equivalent hexagonal : Laisse tomber.  4. Marque l'insistance. Awouah! (…) c'était fin bon! ADG, 1988, dans Littérature NC : 52. Awa tout le monde connaît ça (…). Roman Simon, 2021 : 102. Equivalent hexagonal : Oh la la ! Vraiment ! Variantes graphiques (moins cour.) : Awouah*, ah* oua…

Dynamique : Emploi en pleine vitalité, même les personnes nouvellement arrivées dans l'archipel le connaissent -au moins de manière passive- (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

158 AWOU! :

Variante graphique de AOUH! V. cette entrée. Awou on fait quoi maintenant ? BD Berger, 2004 : 45.

159 AWOUAH :

Variante graphique de AWA. V. cette entrée. Awouah! (…) c'était fin bon! ADG, 1988, dans Littérature NC : 52.

159 AZOU :

n. m. Peu cour. (Planchonella wakere (Pancher & Sebert) Pierre).  Arbre des forêts denses humides, plus commun dans le sud de la Grande-Terre. Encycl.  : L’identification scientifique semble confuse : Planchonella wakere (Pancher & Sebert) Pierre est l’identification donnée par endemia.nc (consultation 2022), mais ce site mentionne : « Particularité : Ancien nom : Pouteria wakere (Pancher & Sebert) Baehni. ». L’occurrence ci-après atteste une autre indentification encore. Bureavella wakere. Azou. Sapotaceae. Pancarte dans un parc naturel (Rivière bleue), 2022.  

 

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Université Paris Nanterre
Atanas Tchobanov Ingénieur de recherche CNRS
- MODYCO UMR 7114

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