Inventaire lexicographique du français calédonien

par Christine Pauleau



Introduction | A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

Pour citer ce travail :
PAULEAU, C., Inventaire et observatoire lexicographiques du français calédonien (Nouvelle-Calédonie), bilan sociolinguistique sur le géolecte francocalédonien, Paris, site du laboratoire Modèles Dynamiques Corpus (MoDyCo), UMR 7114 du CNRS/ Université Paris Nanterre, depuis 2022, https://ressources.modyco.fr/dicocaledonien/

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Lexique général (gros caractères) - Lexique flore/faune (petits caractères, termes rares en gris)

Entrées et sous-entrées
Items and subitems
161 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: B :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

161 BABAILLE :

interj. T.cour. Fam. Au revoir. V. TATA. Connotation : Européenne*. Allez babaille les mecs hein? -Tata* Monsieur. Berger, 1989 : 29. (…) bonne journée babaille ! Oral radio, 06/2005 (petites annonces). Avec ce vent tu t'envoles et babaye... Roman Simon, 2021 : 127. Norme : Le Petit Robert mentionne le mot "bye-bye" [bajbaj] : graphie et prononciation différentes. Le terme calédonien* babaille est beaucoup plus fréquent en contexte calédonien* que ne l'est son homologue en contexte hexagonal, il est même emblématique de l'identité linguistique locale. Par contre, en l'état actuel de la recherche, le terme n'a été rencontré à l'écrit que chez B.Berger, sous la forme graphique "babaille", qui transcrit avec réalisme la prononciation calédonienne* [babaj]. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistique 2005- 2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

162 BABANE :

Attesté à l'oral uniquement. n. et adj. Cour. Fam. Ethnolectal kanak* et polynésien (assez rare dans les autres groupes). Souvent plaisant ou moqueur.  1. Chauve. Lequel de tes copains? Celui qui est babane? Syn. : Coco* sec (peu cour.).  2. Imbécile, bon à rien. Il sait rien faire, c'est le vrai babane, celui-là! 

Encycl. : Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce mot ne semble pas être un emprunt : il est absent des dictionnaires de langues kanak*, polynésienne, indonésienne, et de créole antillais consultés. Origine inconnue en cet état de la recherche.

Variantes (attestées uniquement à l’oral) : Babane* doula. Babane* dioula. Babane* doul.

Dynamique : Terme apparemment stable (Pauleau, enquêtes linguistiques 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

163

BABANE* DOULA :

Variante de BABANE. V. ce mot. Hé ! Babane* doula! [en voyant quelqu'un de chauve]. Dynamique : Emploi apparemment stable (Pauleau, enquêtes linguistiques 2005-2022).

164

BABANE* DIOULA :

Variante de BABANE. V. ce mot. –Le babane* dioula là-bas, c'est mon cousin... Dynamique : Emploi apparemment stable (Pauleau, enquêtes linguistiques 2005-2022).

165

BABANE* DOUL :

Variante de BABANE. V. ce mot. Tu te souviens avant il avait des cheveux? Eh ben le mec il est babane* doul maintenant.

 

166 BABAO :

Attesté à l'oral uniquement. n.m.  1. Cour. Fam. Ethnolectal non européen* (rare chez les Européens*). Fantôme. La nuit là-bas, c'est plein de babaos... Syn. : Doghi* (a.cour.).  2. A.cour. Ethnolectal européen* (moins cour. chez les non Européens). Fam. Injurieux. Mélanésien, Kanak*. V. KAOUIN. C'est un truc pour les babaos, ça ! Oral spontané, s.d.

Encycl. : L'Observatoire (1983 : 18) mentionne d'une part : " 'babau' être imaginaire dont on fait peur aux petits enfants, bête noire, laideron -Mistral [1886]"  et d'autre part le français algérien babao "nigaud (appliqué aux Métropolitains nouvellement débarqués) –Lanly, 1962". Ces deux sens ne sont pas attestés en contexte calédonien*.

167 BABÉSIOSE :

n.f. T.cour. dans les années 90, bien que spéc. Domaine : Elevage. Maladie des bovins se propageant par l'intermédiaire des tiques. On y voit désormais à peu près clair en matière de babésiose, cette maladie du cheptel bovin importée d'Australie au début de l'an dernier et identifiée depuis le mois de janvier. Journal Les Nouvelles, 06/1990. Pas de bovins à la foire de Bourail, afin d'éradiquer la babésiose. Journal Les Nouvelles, 06/1990. La babésiose toujours sous contrôle. www.agriculture.nc, 07/2020. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

168 BABOUM :

n.m. A.cour. Fam. Vieillissant.  1. Accident de la circulation. (…) à propos de l'accident de l'Impérial, je me suis dit que c'était un sacré baboum . Journal Les Nouvelles, 10/1988 (rubrique satirique).  2. Retentissement à propos d'un évènement. Par extension, un "baboum" désigne aujourd'hui tout ce qui a fait du raffut, beaucoup de bruit, (un scandale, un procès, un accident..). Journal Les Nouvelles, 04/1990 (rubrique "Histoire de mots").

Dynamique : Contrairement aux plus âgés, la majorité des jeunes, toutes catégories confondues, ne connaît pas ce mot (ni avec l'acception 1 ni avec l'acception 2)  -Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005- alors qu'il était courant dans les années 1990, comme l'attestent les illustrations ci-dessus, tirées du quotidien local.

169 BABY-CAR :

n.m.  1. A.cour. Minibus. Le baby-car, c'est le mini-bus comme pour les touristes ou le ramassage scolaire... Oral d'enquête, 1991.  2. A. cour. Spéc. Domaines: Professions des travaux publics ou miniers. Camionnette servant aux déplacements des ouvriers des mines ou des travaux publics. "Rassembler une équipe de 12 hommes pour lundi: le baby-car sera à l'embranchement de la mine X à 6h 30" est le genre d'avis assez fréquemment entendu à la radio. F.O.L., 1983 : 9.  3. Vieilli? Autobus de transport en commun. La place des Cocotiers, c'est (…) le terminus des "baby-cars" (…). H. De Camaret 1975, dans Manuel Lectures : 230. (…) il faudra prendre le baby-car parce que c'est un peu loin. Roman Chabas, 1996 : 62. M. Poulain, chauffeur de baby-car de son état (…) servirait d'éclaireur [en brousse] (…). Roman Jacques, 2002b : 9. (…) le baby-car les ramènerait dans leurs paisibles tribus (…). Prigent, 2006 : 19.

Encycl.: "Baby-car" était le nom des premiers véhicules de transport en commun, après la deuxième guerre mondiale (des fourgonnettes bleues de la marque Renault).

Norme : [babikaʁ].

Dynamique : Terme encore vivant (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005).

170 BABYLONE! :

interj. T.cour. (moins cour. chez les Métropolitains* ?). Fam. ou sociolectal (pop.). Souvent plaisant. Exprime la surprise. Encycl.  : Si l'on met de côté les expressions dites vulgaires, aux étymons frappés de tabou, les interjections de ce type (voir les syn. plus bas) semblent avoir été formées à partir de la sonorité des mots d'origine, leur signification ayant dans ce processus peu d'importance : elles ont émergé sur la base de mots du français de référence ("bataillon" donne par exemple : Bataillon!*), de mots ou de noms propres issus des langues kanak* (Katoune!*), ou "choisis" de toute évidence sur le seul critère phonétique (Alice!* prononcé avec l'accent sur le A, tient tout simplement de l'exclamation Ah!), avec des variantes par série phonétiques (série en [ba] : Babylone ! Bataillon ! Bathyscaphe !... ; série en [ka] : Calice ! Calisson ! Canasson ! Katoune !... ; série en [mi] : Misère ! Mittérand !...etc.). Précisons que d'une manière générale, en français calédonien*, on joue beaucoup avec les sonorités, l'intonation, et on parle fort. Les interjections sont l'occasion de hausser encore la voix, elles sont très fréquentes dans le parler familier, ponctuent le discours, et sont mêmes emblématiques du parler local. —S'il n'a rien dit d'ici ce soir, on verra (…) —Babylone ! T'es un mec patient toi ! Roman Jacques, 2002b : 31. Il le faisait rigoler (…), truffant ses anecdotes d'interjections désopilantes : "Babylone!" "Purée de manioc!" "Patate !" "Katoune de mort !"… Roman Sénès, 1987 : 148. -Yossi*! On est dans la merde… -Babylone!  Roman Simon, 2021 : 110. Equivalents hexagonaux (les exemples cités ci-après ne comprennent aucun mot régional de l'Hexagone, même s’il en existe beaucoup) : Merde! Mon dieu! Punaise! Putain!...etc. (français commun). / Purée (de nous autres)! (français populaire). Syn. : Alice*! Araïeu!* Baptiste*! Bataillon*! Bataillon* la Fayette ! Ekoloïni*! Katoune*! Matcha!* Mathias*! Misère*! Natcha!* Tchanem!* Yossi *! (cour.)./ Bathyscaphe*! Bord* de mer ! Calice*! Calisson*! Canasson*! Katoune de mort! Katoune est mort! Katoune et ma misère! Kékouya*! L'empété!* L'enculé !* L'engin !* Matane*! Microbe*! Mittérand*! Papillon!* Pistache!* Wakistin*! Wakoun*! Wana!* Wanamatcha!* Watitis*! Witi!* (moins cour.). Norme : Toutes ces interjections se prononcent selon le même schéma intonatif, la première syllabe devant être très accentuée par rapport aux suivantes : [bábilon], [ális], [kális], [mátjas] etc. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

171 BACHI :

n.m. A.cour. (Thunus obesus Lowe). Poisson (espèce de thon*) à la chair appréciée et commercialisée. Encycl. : Famille des Scombridae. Bachi. Affiche, poissonnerie du marché de Nouméa, 04/2005. Syn. : Thon* obèse (peu cour. spéc.). Variante : Thon bachi (a.cour.). Variante graphique : Bacchi.

171 BADAME :

n.f. A.cour. Fruit du badamier* (V. ce mot), pourpre, rond et fibreux. Encycl.  : Contient une amande comestible au goût délicat, que l’on peut manger après avoir laissé sécher l’enveloppe extérieure et cassé la coque. Ces fruits sont caducs à la saison fraîche, période où l'arbre perd également ses grosses feuilles rougies. Cet arbre, introduit de Malaisie, fournissait autrefois "une base alimentaire importante au moment de la rupture du stock d'ignames*" (Bourret, 1981 : 17).Ces fruits rouges là ? C’est des badames…Oral spontané, 1991.

171 BADAMIER :

n.m. T.cour. (Terminalia catappa L.) Grand arbre ornemental aux branches étagées, communément planté dans les jardins, il perd ses grosses feuilles rougies à la saison fraîche. Encycl. : Famille des Combrétacées. / Possède des propriétés médicinales (Bourret, 1981 : 17). / Terme en usage notamment en Afrique noire (Centrafrique, Congo-Brazzaville notamment), à La Réunion et à Madagascar (site Internet BDLP, 2006) ainsi qu'à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). (…) cachée parmi les badamiers et les flamboyants* (…) l'auberge de Wékoué (…). Journal Les Nouvelles, 13/06/1990. Les gendarmes s'arrêtèrent sous le badamier. Roman Jacques, 2002a : 31. (…) je vois les flamboyants* et les badamiers que le vieux Wenama a plantés. Entretien Barbançon, 2022 : 20. Arrêt de bus « Badamier - Païta ». Site itineraires.taneo.nc, 2023. Syn.  (rare) : Amandier*. Dérivé  : Badame*. Composé : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).

172 BAGAYOU :

n.m.  1. A.cour. Spéc. Domaine : Ethnologie. Etui pénien. Encycl.  : Constitué d'un fourreau dont on enveloppe le pénis, le bagayou est la pièce essentielle du costume traditionnel masculin. M. Leenhardt raconte (1937, 131) : "Dans les hautes vallées demeurées à l'abri de la colonisation, comme on en trouve de moins en moins, on peut apercevoir des groupes de jeunes gens musclés et pittoresques avec le bagayou ou le manou*". / Nom donné récemment à un modèle de préservatifs vendus localement (V. illustration ci-après). J'ai souvent pensé que tout a dû commencer quand le premier Kanak* a déposé son étui pénien, le bagayou, pour mettre un pantalon. Essai Barbançon, 1988 : 52. (…) les danses traditionnelles, celles que les vieux* dansaient en bagayou. Journal Mwà Véé, 09/2005. Bagayous, Finlovés* (…), Poingos* ou Totems [=noms de catégories de préservatifs] : les préservatifs Caillou* Kaoutchouc sont disponibles en cinq modèles. Journal Tazar*, 07/2005. Variante (Vx) : Baguiyou* (O'Reilly -1953 : 206- répertorie "baguiyou" et précise : "M. Leenhardt et les auteurs modernes écrivent bagayou."). Composé : Bagayou* des vieux. Norme : Le terme est devenu spécialisé quand le bagayou n'a plus été porté (disparition du realia).  2. A.cour. chez les jeunes au moins. Sexe masculin. C’est pour cacher son bagayou… Dynamique : Acception apparemment nouvelle -?- en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005), récoltée auprès des lycéens enquêtés. En cet état de la recherche (2005) nous ignorons si ce sens est en vigueur dans les autres tranches d'âge.  3. A.cour. Fam. Ami. Comment ça va, mon vieux bagayou ?!

Encycl.  : En iaai*, langue kanak* parlée à Ouvéa (île Loyauté), "Baga" signifie : de sexe mâle, homme (Ozanne-Rivierre).

Dynamique : Terme dont le sens évolue mais qui reste dans l' usage (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

173

BAGAYOU* DES VIEUX* :

n.m. Peu cour. (Polyscias scutellaria (Burm. f.) Forsberg.). Arbuste aux feuilles rondes et brillantes pouvant atteindre trois mètres de hauteur, qui traditionnellement servaient autrefois aux hommes en remplacement du bagayou* (étui pénien) durant la nuit. Encycl.  : Famille des Araliacées. Le bagayou* des vieux*.  (…) Il est toujours planté auprès de l’entrée de la case à côté des sculptures (…). Ses feuilles sont utilisées comme protection pour manipuler des objets chargés de puissance. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022.

173

BAGUIYOU :

Variante de BAGAYOU. V. cette entrée. Répertorié par O'Reilly 1953 : 206, qui précise : "M. Leenhardt et les auteurs modernes écrivent bagayou." 

                     

174 BAIGNER :

1. Variante de BAIGNER (SE). V. cette entrée. -Ils sont où? –A la mer, ils baignent.  2. Variante de BAIGNER LE BÉTAIL* : V. BÉTAIL. (…) j'ai des copains sûrs, qui viennent me donner la main pour rentrer le bétail. Je baigne toutes les trois semaines. Journal Le Pays, 04/2006.

V. articles ci-après et v. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

175

BAIGNER (SE) :

v. pron. T.cour. Prendre un bain ou une douche, pour se laver. -Je suis sale, je vais me doucher... -Oui, allez! Va te baigner.... Variante (sociolectale (pop),.attestée uniquement à l’oral) : Baigner*. Norme : Absent des dictionnaires consultés mais possible en français hexagonal (informateurs, 1990). Dynamique : Soulignons la vitalité de cette forme en 2005, toujours très présente dans toutes les catégories, au moins dans le vocabulaire passif, y compris sous sa forme dépronominalisée baigner* (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

176

BAIGNER LE BÉTAIL :

loc.verbale. Cour. Spéc. Domaine : Élevage. "Action de passer le bétail à la piscine* [=dans un bain] afin de le débarrasser de ses tiques" (Glasgow, 1968 : 275). Je lutte contre la babésiose*: je baigne mon bétail. Slogan télévisé pour une campagne de prévention contre la babésiose* (maladie des bovins), 1991. (…) il part quelques jours là-bas (…) baigner le bétail ou labourer le potager (…). Roman Jacques, 2002a : 86. Il (…) ne baigne plus le bétail depuis un an. Journal Le Pays, 04/2006. Variante (peu cour., spéc.) : Baigner. Dynamique : Terme toujours en usage en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

177 BALABIO :

n.m. Peu cour. (Gerres acinaces Bleeker). V. BLANC et POISSON BLANC.  La pêche au balabio, il a fallu que j'apprenne moi-même (...). Récits Juncker, 2018 : 68. Dynamique : Emploi peu courant et peu répertorié -répertorié par Laboute, 2000 : 345- (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

177 BALASSOR :

n.m. Vx. "Tissu végétal obtenu en écrasant les racines aériennes des grands banians*" (F.O.L., 1983 : 10). [la hache* ostensoir:] Munie d'un manche recouvert de balassor teint (…). Ouvrage d'ethnologie Leenhardt, 1937 : 55. Certains agitent de longues banderoles de balassor rayées de blanc et de noir. J.M.Tjibaou, 1975 dans Anthologie, 1994 : 203.

177 BALBUZARD :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). V. BUSE. Le balbuzard se nourrit de poissons et de serpents de mer.  Manuel Ecologie, 1987 : 282.

178 BALISTE :

n.m. A.cour. (Abalistes stellatus Lacepede, Aluteratus monoceros Linnaeus,  Aluteratus scriptus Linnaeus, Balistapus undulatus MungoPark., etc.). Nom donné aux poissons de la famille des Balistidés, dont la première épine dorsale élevée est maintenue par la deuxième, spécialement ceux identifiés ci-dessus, mais aussi ceux répertoriés dans les articles ci-après (pour lesquels le nom composé est moins cour. que le nom simple). Baliste [régime alimentaire :] coraux, oursins. Manuel Ecologie, 1987 : 267. (…) s’il n’avait pas arraché le bout d’son doigt d’la gueule du baliste, y serait plus parmi nous aujourd’hui, Henri ! Récits Juncker, 2018 : 81. Si jamais on remontait un baliste, on ne le remettait pas à l’eau (…). Entretien Barbançon, 2022 :  97. Syn. spéc. : Cran* d'arrêt. Composés (rares et spéc.) : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

178

BALISTE* À BANDEAU NOIR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Rhinecanthus rectangulus Bloch. & Schneider).  Espèce de baliste* au corps clair traversé d'une large bande noire. Répertorié par Laboute, 2000 : 457.  Syn. : Baliste* (a.cour.). Baliste* à queue cunéiforme, baliste-picasso* à bandeau noir (rares).

178

BALISTE* À BRIDES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen bfraenatus Latreille). Espèce de baliste* avec une étroite bande jaune sous la lèvre inférieure.  Répertorié par Laboute, 2000 : 457. Syn. : Baliste* (a.cour.). Baliste* à muselière (rare).

178

BALISTE* À DENTS ROUGES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Odonus niger Rüpell). Espèce de baliste* assez rare. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112. Syn.: Baliste*(a.cour.). Baliste* bleu (peu cour.).

178

BALISTE* À GALONS JAUNES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen bursa Bloch. & Schneider). Espèce de baliste* dont la tête est ornée de traits jaunes.  Répertorié par Laboute, 2000 : 457. Syn. : Baliste* (a.cour.). Baliste* bourse (rare).

178

BALISTE* À GRANDES TÂCHES BLANCHES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistoides conspicillum Bloch. & Schneider. Espèce de baliste*. Syn.: Baliste*(a.cour.). Baliste-clown*, baliste-lépreux*, baliste-miroir* (rares). Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112.

178

BALISTE* À LISERÉ D'OR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Xanthichthys auromarginatus Benett.). V. BALISTE*  JAUNE. Répertorié par Laboute, 2000 : 458.

178

BALISTE* À MUSELIÈRE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen bfraenatus Latreille). V. BALISTE* À BRIDES. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112.

178

BALISTE* À NAGEOIRES DORÉES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen chrysopterus Bloch. & Schneider). V. BALISTE* À QUEUE BORDÉ DE BLANC. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112.

178

BALISTE* À QUEUE BORDÉE DE BLANC :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen chrysopterus Bloch. & Schneider). Espèce de baliste* dont la queue est bordée de blanc. Syn. : Baliste* (a.cour.). Baliste* à nageoires dorées (rare).

178

BALISTE* À QUEUE CUNÉIFORME :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Rhinecanthus rectangulus Bloch. & Schneider). V. BALISTE* À BANDEAU NOIR.  Répertorié par : Rivaton, 1990 : 112.

178

BALISTE* À QUEUE ROSE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Melichthys vidua Solander). Espèce de baliste*. Répertorié par Laboute, 2000 : 455. Syn. : Baliste* (a.cour.).

178

BALISTE* À QUEUE ROUGE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pervagor melanocephalus Bleeker). Poisson à la tête noire et au reste du corps rougeâtre. Répertorié par : Rivaton, 1990 : 112. Syn. (a.cour.) : Baliste*. Norme : Poisson répertorié par Laboute (2000 : 460) sous le nom de poisson-lime à tête noire (famille des Monacanthidae).

178

BALISTE* À SELLES NOIRES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Paralutheres prionurus Bleeker). Poisson blanc et noir. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112. Syn. (a.cour.) : Baliste*. Norme : Répertorié par Laboute (2000 : 460) sous le nom de poisson-lime à selle noire (famille des Monacanthidae).

178

BALISTE* À TÂCHES JAUNES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pseudobalistes fuscus Bloch. & Schneider). Espèce de baliste* bleu à tâches jaunes. Répertorié par Laboute, 2000 : 456. Syn. : Baliste* (a.cour.). Baliste* jaune et bleu (rare).

178

BALISTE* À TROIS TÂCHES BLANCHES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Abalistes stellatus Lacepède). Espèce de baliste* peu commun. Syn.: Baliste*(a.cour.). Baliste* étoilé, baliste* de vase (rare). Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 111.

179

BALISTE* BLEU :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Odonus niger Rüpell). V. BALISTE* À DENTS ROUGES. Répertorié  par Laboute, 2000 : 455.

179

BALISTE* BOURSE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Sufflamen bursa Bloch. & Schneider). V. BALISTE* À GALONS JAUNES. Répertorié  par  Rivaton, 1990 : 112.

180

BALISTE-CLOWN :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistoides conspicillum Bloch. & Schneider.). V. BALISTE* À GRANDES TÂCHES BLANCHES. Répertorié par Laboute, 2000 : 454.

181

BALISTE* DE VASE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Abalistes stellatus Lacepède). V. BALISTE* À TROIS TÂCHES BLANCHES. Répertorié notamment par : Observatoire, 1988 : 112.

182

BALISTE* ÉCRITURE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Aluteratus scriptus Osb.). Espèce de baliste* aux marques linéaires. Syn. (a.cour.) : Baliste*. Répertorié notamment par : Observatoire, 1988 : 112.

183

BALISTE* ÉTOILÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Abalistes stellatus Lacepède). V. BALISTE* À TROIS TÂCHES BLANCHES. Répertorié par Laboute, 2000 : 454.

184

BALISTE* JAUNE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Xanthichthys auromarginatus Benett.). Espèce de baliste* ayant un liseré jaune bordant les nageoires postérieures. Répertorié par Rivaton, 1990 : 112. Syn.: Baliste*(a.cour.). Baliste* à liseré d'or (rare).

184

BALISTE* JAUNE ET BLEU :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pseudobalistes fuscus Bloch. & Schneider). V. BALISTE* À TÂCHES JAUNES. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 111-112.

185

BALISTE-LÉPREUX :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistoides conspicillum Bloch. & Schneider.). V. BALISTE* À GRANDES TÂCHES BLANCHES. Répertorié par Laboute, 2000 : 454. Norme : Poisson répertorié par l'Observatoire (1988 : 112) sous le nom de Balistes niger Bonnat.

186

BALISTE-MIROIR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistoides conspicillum Bloch. & Schneider.). V. BALISTE* À GRANDES TÂCHES BLANCHES. Répertorié par Laboute, 2000 : 454.

187

BALISTE* PICASSO :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Rhinecanthus aculeatus Linnaeus. / Rhinecanthus rectangulus Bloch & Schneider / Rhinecanthus lunula Randall & Steene.) Nom donné aux balistes* identifiés ci-dessus, dont le corps semble peint. Répertorié notamment par Laboute, 2000 : 457. Syn. (a.cour.) : Baliste*. Composés (répertoriés par Laboute, op.cit.) : Baliste-picasso à bandeau noir, baliste-picasso à bandes blanches, baliste-picasso demi-lune. Norme : Le baliste-picasso est répertorié par l'Observatoire (1988 : 112) avec l'identification scientifique Balistoides aculeatus.

188

BALISTE* STRIÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistapus undulatus Park.). Espèce de baliste* strié de jaune. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 112. Syn. : Baliste* (a.cour.). Variante : Baliste strié d'or (rare).

188

BALISTE* TITAN :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Balistoides viridescens Bloch. & Schneider). Espèce de baliste* à la mâchoire puissante. (...) le bruit de cailloux qui s'entrechoquent (...) Le plongeur avance (…) Il tombe alors sur le coupable : un baliste titan. Récits Juncker, 2018 : 152. Dynamique : Emploi rare mais toujours existant, répertorié notamment par Répertorié par Laboute, 2000 : 455, et attesté en 2018 (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022). Syn. (a.cour.) : Baliste*. Baliste* verdâtre (rare).

189

BALISTE* VERDÂTRE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. V. BALISTE* TITAN. Répertorié par  Rivaton, 1990 : 112.

190

BALISTE* VERT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pseudobalistes flavimarginatus). Espèce de baliste*. Syn. (a.cour.) : Baliste*. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 112.

 

178 BALLON :

n.m. Cour. (Arothron sp. / Diodon sp.). Variante de POISSON-BALLON. V. cette entrée. Les principaux maillons de la chaîne alimentaire ciguatérique [de l’intoxication alimentaire nommée "ciguatera"] : (…) Requin (…), Ballon, (…). Manuel Ecologie, 1987 : 266.

178 BALSAMINE :

n.f. A.cour. (Impatiens balsamina L.). Plante ornementale. V. BUVEUSE D'EAU. Encycl. : Terme également en usage à l'Ile Maurice notamment (Nallatamby, 1995). (…) elle devait l'arroser comme on arrose les balsamines (…). Récits Collégiens, 1995 : 55.

178

BALSAMINE* DE CHINE :

n.f. Peu cour. (Impatiens sultani Hook.). Variété de balsamine*. Encycl. : "Japanese balsam" désigne en anglais Impatiens balsamina L. (?) (Godard, 1978 : 175). Répertorié par Observatoire, 1990 : 94. Syn. : Balsamine* du Japon.

178

BALSAMINE* DU JAPON :

n.f. Peu cour. (Impatiens sultani Hook.). V. BALSAMINE DE CHINE Répertorié par Observatoire, 1990 : 94.

 

179 BAMBOU DE CHINE :

n.m. A.cour. (Identification scientifique ?).   1. Plante (variété de bambou ?) qui a l’allure d’un petit bambou d’1m à 1m50 de hauteur, aux fleurs blanches, dont les bourgeons sont utilisés en cuisine. Hachard de bambou : [Ingrédients] : 2 pousses de bambou de chine (…). Recettes Masachs, 1980 : 65.   2. Arbrisseau aux petites feuilles découpées, qui périodiquement jaunissent puis rougissent pour donner un beau feuillage flamboyant.

Encycl. : A l'Ile Maurice, "bambou de Chine" est un phytonyme différent, il désigne une variété de bambou à grosses tiges creuses (Bambusa bambos L.), utilisé pour la grosse vannerie (Nallatamby, 1995).

179 BAMBOUNIÈRE :

n.f. A. cour. Bosquet de bambous. Tout devenait superbe : la plainte du vent sous le ciel violet, (…) les bambounières en furie (…). Roman Sénès, 1987 : 20.

180 BAMI :

n.m.   1. T.cour. Plat de vermicelles à l'indonésienne. Encycl. : En indonésien, "bami" (Observatoire, 1988 : 15) désigne divers mets d'accompagnement -Labrousse mentionne le mot "bami" (d'origine chinoise) : nouilles chinoises./ En Nouvelle-Calédonie, ce plat à base de vermicelles, haricots verts, choux, crevettes séchées et poulet, est devenu un plat principal, qui peut être préparé selon diverses variantes d'ingrédients : avec des pâtes blanches, jaunes (bami-pâtes-jaunes*), des vermicelles (bami-vermicelles*), avec des pommes-de-terre (bami-pommes-de-terre* ). Restaurant SLN [Cantine de la Société Le Nickel] mardi 11 octobre : Bami 600F. Journal Les Nouvelles, 10/10/1988. Norme : Terme comptable ou non (du bami ou un/des bami/s). (…) des bénévoles vendent (…) des brochettes, du riz et du bami dans des barquettes (…). Nouvelles Jacques, 2000 : 22. Le riz blanc (…) voisine le bami et les nems*. Des plats se teintent d'ignames* blanches et mauves (…). Roman Gorodé, 2005 : 158. Composés : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Attesté uniquement à l'oral. Peu cour. Fam. Plaisant. Indonésien. V. CACANE. Connotation : Péjorative. C'est un bami, il est javanais...

V. également Pauleau, BDLP., 2006-2013.

181

BAMI-PÂTES-BLANCHES :

Attesté uniquement à l'oral. n.m. Peu cour. Bami* préparé avec des pâtes blanches (à base de riz) et non des pâtes jaunes (à base de blé et œufs). V. BAMI. Tu préfères quoi? le bami-pâtes-blanches? Syn. (t.cour.) : Bami*.

182

BAMI-PÂTES-JAUNES :

n.m. Cour. Ethnolectal indonésien (peu cour. dans les autres groupes). Bami* préparé avec des pâtes jaunes (à base de blé et œufs), et non des pâtes blanches (à base de riz). V. BAMI. Ils vendent toujours du bami-pâtes-jaunes ici. Oral spontané, 1991. Répertorié à l'écrit par F.O.L., 1983. Syn. (t.cour.) : Bami*.

183

BAMI-POMMES-DE-TERRE  :

n.m. Peu cour. Bami* préparé à base de pommes de terre. V. BAMI. Tu fais quoi comme bami*, un bami-pommes-de-terre ? Répertorié à l'écrit par F.O.L., 1983. Syn. (t.cour.) : Bami*.

184

BAMI-VERMICELLES :

n.m. Peu cour. Bami* le plus courant, préparé selon la recette traditionnelle, avec des vermicelles transparents (vermicelles de riz). V. BAMI. Moi, ce que je préfère c’est le bami-vermicelles. Répertorié à l'écrit par F.O.L., 1983. Syn. (t.cour.) : Bami*.

 

185 BANANE :

n.f. T.cour. Terme du français de référence nommant le fruit du bananier (Musacées), en usage en contexte calédonien* et entrant dans la composition de termes variés, en tant que générique : V. ci-après.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

185

BANANE À CUIRE :

n.f. T.cour. Nom donné à diverses variétés de bananes* (V. ci-dessous banane poingo, banane cochon), dont la caractéristique commune est qu'elles se mangent cuites. Les bananes* légumes ou "bananes* à cuire" existent depuis au moins 800 ans en Afrique. Site Internet Province Nord, 2005. Syn.  : Banane (t.cour.). Banane* légume (peu cour., spéc.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

185

BANANE À GRAINES :

n.f. Peu cour. Variété de banane non comestible (F.O.L., 1983 : 11). Syn.  : Banane (t.cour.). Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 11.

185

BANANE AYO :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Agriculture. Nom donné aux variétés de bananes* cultivées dans le nord de la Grande-Terre*. Il faut (…) promouvoir la banane Ayo. (…) La banane du grand* Nord a un nom : 'Ayo'. Choisie d'un commun accord par les producteurs de Ouegoa et Pouebo, cette interjection [ signifiant : ah !], issue de la langue caac*, désigne les bananes* poingo* et les bananes* desserts produites localement. Site Internet Province Nord, 2005. Syn.  : Banane (t.cour.). Dynamique : Emploi apparemment récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

186

BANANE CARRÉE :

n.f. Peu cour. Variété de banane produite par l'arbre Musa paradisiaca L. V. BANANE COCHON. (…) des femmes de solitude (…) qui cuisaient la viande de cerf* avec de grosses bananes carrées (…). J.Sénès, 1976 dans Anthologie, 1994 : 217. (…) ça c’est des bananes*carrées… Oral spontané, 2005 (marché de Nouméa). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

186

BANANE COCHON :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Cour. (mais rare chez les jeunes et les Métropolitains). Variété de banane qui se mange cuite (banane* légume), produite par l'arbre Musa paradisiaca L. (Bourret, 1981 : 19). Tu peux pas manger ça cru, c'est des bananes* cochon! Oral spontané, 1990. Syn. : Banane, banane* à cuire, banane* puka (t.cour.). Banane* carrée (peu cour.).

187

BANANE DE CHINE :

n.f. Peu cour. Variété naine de banane dont le goût rappelle la pomme. V. BANANE POMME. Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 11.

187

BANANE DESSERT :

 Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. Variétés de bananes* diverses, dont la caractéristique commune est qu'elles se mangent crues. V. BANANE FRUIT. Pas les bananes* à cuire,  les bananes* dessert...

187

BANANE FIGUE :

n.f. Peu cour. Variété naine de banane dont le goût rappelle la pomme. V. BANANE POMME. Les principales variétés [de bananes* fruits] connues en Nouvelle-Calédonie sont la William*, la Gros Michel, (…) les bananes* figues (pomme [sic](…)). Site Internet Province Nord, 2005. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

187

BANANE FRUIT :

n.f. Peu cour.  Spéc. Domaine : Agriculture, commerce ? Nom donné à diverses variétés de bananes* (V. BANANE POMME, BANANE WILLIAM), dont la caractéristique commune est qu'elles se mangent crues. Il existe toutes sortes de bananes* fruits.(…). Les principales variétés connues en Nouvelle-Calédonie sont la William*, la Gros Michel, (…) les bananes* figues (pomme [sic](…)). Site Internet Province Nord, 2005. Syn.  : Banane (t.cour.). Banane* dessert (peu cour., spéc.). Dynamique : Emploi relativement récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

187

BANANE LÉGUME :

n.f. Peu cour. Spéc. ? Domaine : Agriculture. Banane qui se mange comme légume, c’est-à-dire cuite et comme composant de plats salés. V. BANANE A CUIRE. Les bananes* légumes ou 'bananes* à cuire' existent depuis au moins 800 ans en Afrique. Site Internet Province Nord, 2005. Dynamique : Emploi relativement récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

187

BANANE POENGO :

Variante graphique de BANANE POINGO. V. cette entrée. Répertorié par F.O.L., 1983 : 11.

187

BANANE POINGO :

n.f. T. cour. Variété de banane qui se mange cuite (banane* légume), produite par un arbre du genre Musa sp. Encycl. : Dans les langues de la région de Hienghène, "pwaago" ou "fwaago" signifie "clone de bananier" (Haudricourt, 1982). / Apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917). Les nouvelles du marché de gros : (...) Bananes* poingo 250 F/KG. Journal Les Nouvelles, 15/06/1990.  Porc à la mode de Wallis et Futuna : (...) Ajoutez (…) trois ou quatre bananes* poingo (…). Recettes Moglia, 2004 : 58. Les saveurs françaises se retrouvent mêlées à celles du Pacifique. Gratin de crabe* de palétuvier* (…) croquettes de manioc* et banane poingo... Brochure touristique d’Aircalin, 2022.  Syn. : Banane, banane* à cuire (t.cour.). Variante (cour.) : Poingo*. Variantes graphiques  (moins cour.) : Banane* poengo. Banane* pouengo. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

188

BANANE POMME :

n.f. Peu cour. Variété naine de banane dont le goût rappelle la pomme et qui se mange crue (banane* fruit).  Salade de fruits (…) des mélanges extraordinaires de fruits (…) papayes*, bananes* (les petites bananes* 'pommes') (…). Recettes Moglia, 2004 : 99. Syn.  : Banane (t.cour.). Banane* figue ? Banane* de Chine ? Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

188

BANANE POKA :

V. BANANE* COCHON. Encycl.  : V. POKA. Variante graphique : Banane puka.  (...) il est recommandé « d’apprendre à reconnaître miconia, banana poka et autres plantes envahissantes » et de les signaler (...). Beauvais, IRD, 2006. banane puka. Affiche au marché de Nouméa, 2005 / [Le marchand :] c'est des bananes* carrées.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

189

BANANE POUENGO :

Variante graphique de BANANE POINGO. V. cette entrée. Répertorié par F.O.L., 1983 : 11.

191

BANANE ROUGE :

Attesté uniquement à l'oral. n.f. Cour. Ethnolectal kanak* (peu cour dans les autres groupes). Variété de banane produite par le bananier* féhi (selon informateur) : de petite taille, à la chair et la peau rougeâtre, elles se mangent cuites (?), sont plus communes à Tahiti, et appelées aussi bananes* soleil parce que les régimes poussent tournés vers le haut (selon informateur). Syn.  (peu cour., vieilli) : Banane* soleil. Les bananes* rouges, elles sont plus rares, on les appelle banane* soleil. Oral d'enquête 1991. Syn.  : Banane (t.cour.).

192

BANANE SOLEIL :

n.f. Peu cour. Vieilli? Variété de banane de petite taille et de couleur orangée. V. BANANE ROUGE. Les bananes* rouges, elles sont  plus rares, on les appelle banane soleil. Oral d'enquête, 1991. Maré : A la découverte de la banane soleil, une variété qui ne pousse qu'à Rawa. Site la1ere.francetvinfo.fr, 2022.

192

BANANE WILLIAM :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Agriculture. Variété de banane cultivée dans le pays, qui se mange crue (banane* fruit). [Prix du Marché :] Banane william (…) prix moyen 178 FCFP. Journal Les Nouvelles, 04/2005. Syn.  : Banane(t.cour.). Variante (spéc.) : William*. Dynamique : Emploi récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

193 BANANIER :

n.m. T.cour. Terme du français de référence (nommant les arbres du genre Musa spp. -Musacées), en usage en contexte calédonien* (nommant plus précisément soit Eumusa soit Australomusa) et entrant dans la composition de termes variés, en tant que générique :

193

BANANIER À GRAINES :

n.m. Rare. (Musa sp.?). Variété de bananier produisant la banane à graines. Syn.  : Bananier (t.cour.). Répertorié notamment par : Hollyman, 1977.

193

BANANIER FÉHI :

n.m. A.cour. Ethnolectal tahitien (a.peu cour. chez les non Polynésiens). (Musa troglodytarum L.). Variété de bananier plus commun à Tahiti qu'en Nouvelle-Calédonie (selon informateur) qui produit des fruits appelés bananes* soleil (ou bananes* rouges). Encycl.  : Du tahitien ‘fe`i’ : ‘banane de montagne’ Musa troglodytarum L. (Lemaître). Syn.  : Bananier (t.cour.). Bananier* sauvage (peu cour.) (Hollyman, 1977 : 4). Bananier* tahitien (selon informateur). Répertorié notamment par : Hollyman, 1977 : 4.

194

BANANIER FIGUE :

n.m. A.cour. (Musa sapientum L.) (Bourret, 1981 : 1981 19). Variété de bananier produisant les fruits appelés bananes* figues. Syn.  : Bananier (t.cour.). Répertorié notamment par : Bourret, 1981 : 19.

195

BANANIER SAUVAGE :

n.m. Peu cour. (Musa troglodytarum L. ?). V. BANANIER FEHI. Répertorié notamment par : Hollyman, 1977 : 4.

196

BANANIER TAHITIEN :

Attesté uniquement à l'oral. n.m. Peu cour. (Musa troglodytarum L. ?). V. BANANIER FEHI. Tu connais le bananier tahitien? Oral d'enquête, 1991.

 

193 BANCOULIER :

n.m. T.cour. (Aleurites moluccana Willd.). Grand arbre dont les jeunes feuilles en étoile deviennent ovales en vieillissant. Encycl. : Famille des Euphorbiacées (Bourret, 1981 : 21) ou des Crotonoïdées (Rageau, 1973 : 77). / Au début de l'année, le bancoulier porte par paire des coques vertes qui contiennent des noix (noix* de bancoule). / Arbre appelé ailleurs "bancoule", à La Réunion par exemple. L'aspect général de ces houles de feuillage est le bleu sombre. Les taches vert clair qui tranchent ce sont les bancouliers. G.Baudoux 1919 dans Manuel Lectures : 100. (…) juste la savane* à niaoulis et en contrebas, en bord de rivière, les grands bancouliers. Roman Jacques, 2002b : 53. (…) elle a planté un petit bancoulier (…) car on est tous des fruits du bancoulier. Roman Gorodé, 2005 : 73. Composés : Noix* de bancoul, ver* de bancoul. Norme : Terme mentionné par le Petit Robert comme nommant un arbre d'Extrême-Orient (toutefois l'usage du mot bancoulier est quasi-inexistant dans l'Hexagone). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

193 BANDE (LA -) :

n.f. Cour. Fam. Terme d’adresse amical. Hello la bande (…) Voici ma nouvelle vidéo d'animation, j'espère qu'elle vous plaira (…) Olé* la bande. Page Facebook ‘La bande, votre nouvelle web-série 100% calédonienne !’, 2020. La bande je vous jure (…) mais j’ai fait un bond ! (…) j’allume la lumière et qu’est-ce que je vois pas ? un putain de cafard volant (…). Vidéo Un signe de l’univers, ''Lexy Lence -Drag queen Nouméa'', 2024. Equivalents hexagonaux : La compagnie (fam. vieilli). Les gars (cour. fam. jeune, à l’adresse de garçons comme de filles).

194 BANIAN :

n.m. T.cour. (Ficus spp. / Ficus prolixa Forst.) Tout arbre du genre Ficus (grands arbres à racines aériennes) et surtout Ficus prolixa Forst. V. aussi ARBRE À CAOUTCHOUC. Encycl. : Famille des Moracées. / Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 32). / L'écorce des larges racines du banian fournit les surfaces les plus considérables pour confectionner le tapa*, et la sève de l'arbre est utilisée pour la fabrication des balles de cricket*.  V. aussi plus bas sa valeur au sein de la culture kanak*. / Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby -1995, qui précise que le hindi "baniyan" désigne le même arbre). La rivière a creusé une cuvette bleue (...) entourée de racines de banian, aux formes étranges et bien utiles pour plonger. Album Sebban, 1984 : 31. Cela venait de derrière un gros banian; Roman Chabas, 1996 : 110. (...) nous avions fini par repérer un énorme banian sur une falaise (...). Nouvelles Ihage-Gorodé 2002 19. La vengeance du banyan [: titre du roman]. Roman Tcherko, 2003. Le banian est l’arbre sacré par excellence, habitat des esprits et des ancêtres*. Autrefois, il pouvait être le lieu de sépulture. Dans ce cas il est encore environné d’interdits puissants et son accès est contrôlé. (…) Le banian est le symbole de la permanence et de l’union des clans*. On raconte que ses racines permirent l’union des clans* de la Grande-Terre* et des îles Loyauté. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022. Les bambous, les banians et les mûriers* sauvages se découvrent  au détour d’un méandre (…). Origin’air Magazine, juin 2022.  Variante (moins cour.) : Banyan*. Composés : ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

195

BANIAN* BLANC :

n.m. Peu cour. (Ficus sp.). Variété de banian* à l’écorce claire. V. BANIAN. Syn.  : Banian* (t.cour.). Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 11.

196

BANIAN* DES FORÊTS :

n.m. A.cour. (Ficus sp.). Variété de banian* sans racines aériennes et sans latex à caoutchouc (Hollyman, 1977 : 4). V. BANIAN. Syn.  : Banian* (t.cour.). Répertorié notamment par : Hollyman, 1977 : 4.

197

BANIAN* ÉTRANGLEUR :

n.m. Peu cour. (plus cour. chez les jeunes). Banian* ayant poussé sur un autre arbre (arbre-support), à partir d’une graine apportée là par un oiseau par exemple, de telle façon que ses racines aériennes embrassent et étouffent l’arbre-support sur lequel il a grandi. Le ‘banian* étrangleur’ constitue un type particulier d’épiphyte (…) [légende d'une illustration :] Racines plus ou moins soudées (…) de Ficus sp. (Banian* étrangleur) sur son arbre support. Manuel Ecologie, 1987 : 114. Syn.  : Banian* (t.cour.). Dynamique : Il semble que les jeunes connaissent mieux ce mot en 2005 grâce aux leçons de sciences naturelles locales (telles que celles du manuel Ecologie cité ci-dessus), qui aujourd'hui présentent souvent aux élèves ce phénomène spectaculaire (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

198

BANIAN* ROUGE :

n.m. Peu cour. (Ficus sp.). Variété de banian* à l’écorce rouge (?). V. BANIAN. Syn.  : Banian* (t.cour.). Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 11.

199

BANYAN :

Variante graphique de BANIAN. V. ce mot. La vengeance du banyan. Roman Tcherko, 2003 : titre.

 

196 BAPTISTE! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. Cour. Sociolectal (pop.). ou plaisant. Exprime la surprise. V. BABYLONE! [En trébuchant:] Baptiste! Oral spontané, s.d. Norme : La consonne finale est souvent élidée : [bátis].

197 BAR :

n.m. Rare. (Aprion virescens Valenciennes). V. MÉKOUA. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 124.

197 BARAQUES :

n.f.pl. Vx. Fête foraine qui se tenait à Nouméa avant les années 80. Encycl. : Cette fête foraine de Nouméa avait été supprimée dans les années 80 en raison des actes de délinquance (liés à l'abus d'alcool) qu'elles favorisaient. Avant on allait souvent "aux baraques" comme on disait, pour manger de la barbe à papa. Oral spontané, 1991. Collocation fréquente : Aller aux baraques.

198 BARBADINE :

n.f. T.cour.  1. (Passiflora quadrangularis L.). Plante grimpante souvent accrochée aux tonnelles, aux fruits comestibles du même nom, de la taille de la pastèque, à la chair blanche et parfumée. Tu devrais planter une barbadine pour qu'elle grimpe là.  2. Fruit de Passiflora quadrangularis L., décrite en 1. Une barbadine mûre éclata au sol, chue de la tonnelle avec un bruit flasque. Roman Sénès, 1987 : 257. (…) il ajoute [dans la salade de fruits] d'autres fruits un peu acides comme (…) la barbadine (gros fruit très fragile de la famille des Passiflores). Recettes Moglia, 2004 : 99.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

199 BARBET :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus spp., Upeneus spp.). V. BARBILLON. Répertorié notamment par : Rivaton, 1990 : 126.

199 BARBILLON :

n.m. T.cour.  1. (Parupeneus spp., Upeneus spp., Mulloidichtys spp.) Nom donné aux petits poissons portant de chaque côté de la gueule des filaments charnus appelés "barbillons" en français de référence. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) barbillon 25% [=Mullidae] (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. spéc. (pour les deux premiers) : Barbet*. Composés : V. ci-après.  2. (Symphorus nematophorus Bleeker.) Gros poisson rougeâtre qui porte un long filament dorsal lorsqu'il est jeune (F.O.L., 1983 : 12). C’était du côté de N’Go, là-bas mon oncle Yvon avait réussi à ferrer un très gros barbillon. Entretien Barbançon, 2022 : 99. Syn. spéc. : Lutjan* à filament.

[à la pêche] on remplit un sac de bossus* (…) de carangues*, de barbillons (…). Album Sebban, 1984 : 14. [Prix du Marché :] Barbillon 750 F[CFP*]/Kg. Journal Les Nouvelles, 04/2005.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

200

BARBILLON* À BANDE NOIRE :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus barberinus Lacepède). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) à bande horizontale instable foncée.  Répertorié par Laboute, 2000 : 281.

200

BARBILLON* À BANDES :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus multifasciatus Quoy & Gaimard). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) à larges bandes noires verticales instables sur la partie postérieure du corps (Laboute, 2000 : 283). Répertorié par Laboute, op.cit.

200

BARBILLON* À BANDES MARRON :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus spilurus Bleeker). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) à larges bandes horizontales marron. Répertorié par Laboute, 2000 : 284.

200

BARBILLON* À LIGNES BLANCHES :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus ciliatus Lacepède). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) à lignes blanches longitudinales de part et d'autre de l'oeil (Laboute, 2000 : 282). Répertorié par Laboute, op.cit.

200

BARBILLON* À LIGNES D'OR :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Upeneus vittatus Forsskal). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) traversé par quatre lignes jaunes longitudinales. Répertorié par Laboute, 2000 : 285.

200

BARBILLON* À NAGEOIRES JAUNES :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Mulloidichtys vanicolensis Valenciennes). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) à la queue et aux nageoires jaunes. Répertorié par Laboute, 2000 : 280.

200

BARBILLON* À POINT ROUGE :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus heptacanthus Lacepède). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) avec une petite tâche rouge au milieu du corps. Répertorié par Laboute, 2000 : 282.

200

BARBILLON* À TÂCHE JAUNE :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus indicus Shaw). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) avec une grosse tâche allongée jaune vif. Répertorié par Laboute, 2000 : 283.

200

BARBILLON* BICOLORE :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Parupeneus barberinoides Bleeker). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) jaune et brun. Répertorié par Laboute, 2000 : 281.

200

BARBILLON* BLANC :

n.m. Peu cour. (Mulloidichtys flavolineatus Lacepède). Espèce de barbillon* (V. BARBILLON (1.)) blanc, avec une ligne jaune longitudinale. Répertorié par Laboute, 2000 : 280.

 

200 BARRE (LA -) :

n.f. Peu cour. Vieilli. Jeu ancien qui se joue avec des bâtons par-dessus lesquels on saute (selon informateur). Mon père propose une partie de Barre [sic.] ; c’est un jeu ancien que nous aimons beaucoup (…). Album Sebban, 1984 : 14. Norme : Le Petit Robert mentionne à l’article "barre" : "BARRES se dit d’un jeu de course entre deux camps limités par une barre tracée sur le sol. Enfants qui jouent aux barres.".

201 BARRE À MINE :

n.f.  1. T.cour. Longue barre de métal à l'extrémité pointue, utilisée pour tous types de travaux : agriculture ou jardinage, nettoyage de terrains, travaux publics, maçonnerie…etc. Encycl. : Cette lourde pièce de métal était utilisée autrefois par les mineurs pour détacher les blocs de minerai ou de houille. V. SABRE D'ABATTIS. (…) nous plantons une partie des arbres (…). Chacun y va de sa barre à mine (…). Journal Les Nouvelles, 14/06/ 1990. (…) la terre qu'ils retournaient (…) à coups de pioche et de barre à mine. Roman Gorodé, 2005 : 138.  2. Cour. Pieu ayant les mêmes fonctions que la barre à mine de métal décrite en 1. (…) parmi les grands chênes (…) où ils taillaient leurs barres à mine (…). Roman Sénès, 1987 : 115.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

202 BARRER :

v.intr. T.cour. Fam. et/ou Plaisant. Partir, aller. Aouh* Marcel tu barres où comme ça ? Berger, 1989 : 16. On est barré (…) vers sept heures (…). Sketch, Valéry : 1989. Bon on barre, tu branles* quoi ? BD Teg, 2002 : 18. Fin mal barrés ! [=Vraiment mal partis !] Titre d’une pièce de théâtre (J. Briffa) évoquant l’avenir politique de l’archipel calédonien*, 2017. J’barre à la Baie D [= je pars à la baie des Citrons -nom d’une plage de Nouméa]. Expressions calédoniennes*, www.topito.com, 2021. (...) il est barré avec elle. Roman Simon, 2021 : 233. Collocations fréquentes : V. articles ci-après. Dérivé : Rebarrer*. Variante peu courante : Se barrer (le verbe est plus souvent dépronominalisé). Notons que le Petit Robert attribue au v. se barrer le sens de "s'enfuir", sens restreint par rapport au sens calédonien*. Norme : Le DFNC mentionne le verbe "barrer" mais restreint son sens à celui de "partir sous la contrainte". Dynamique : Terme en pleine vitalité dans toutes les catégories, connu de tous, même des Métropolitains récemment arrivés -Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

203

BARRER* COMME UNE SAGAÏE :

V. SAGAÏE.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

204

BARRER* EN BOUILLON DE BRÈDES* :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. Cour. Fam. Se dégrader. Encycl. : A l'Ile Maurice notamment, le "bouillon de brèdes*" est un préparation très courante pour accompagner le riz (Nallatamby, 1995). Plus personne vient aux réunions : l'association, elle barre en bouillon de brèdes* en ce moment. Oral spontané, 1991. Syn. (cour.): Barrer* en crabe*/ en couilles*. Variantes : Employé aussi avec les verbes partir* ou tomber : partir* en bouillon de brèdes*, tomber en bouillon de brèdes*.

205

BARRER* EN COUILLES* :

loc. verbale. Cour. Fam. Vulg. Se dégrader. V. BARRER* EN BOUILLON DE BRÈDES*. A l'école, il fait plus rien, ça barre complètement en couilles*... Oral spontané, s.d. Si vous aussi vous pensez que la Calédonie* barre complètement en couille, alors BIENVENUE (…). Blog barre-en-couille.blogspot.com, 2014. Variante (cour.) : Partir en couilles. Norme : En français hexagonal (fam. vulg.), on note l'usage de "partir en couilles" (DEL) -et parfois aussi de "(se) barrer en couilles"- mais ces expressions sont moins courantes et plus vulgaires qu'elles ne le sont en français calédonien*, où la vulgarité est souvent banalisée et donc neutralisée. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

206

BARRER* EN CRABE* :

loc. verbale. Cour. Fam. Se dégrader. V. BARRER* EN BOUILLON DE BRÈDES*. Là ça barre en crabe avec toutes les grèves en France. Oral spontané, s.d. C’est que quelque chose a barré en crabe (…) je suis parti cherché du secours (…). Roman Simon, 2021 : 215. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

 

208 BASE-VIE :

n.f. Peu cour. Ensemble d’habitations plus ou moins rudimentaires habitées en général par des migrants ou des personnes venues de brousse* pour travailler à Nouméa. A la ville tu ne sors pas de la case* /mais du bidonville de la Base-vie / quatre planches clouées/ toiture en tôle ondulée/ douche commune (…) [note de bas de page : base-vie : baraquements du côté de Magenta où logeaient les dockers temporaires kanak* venus des tribus.] Poèmes Gorodé, 1985 : 35. La base-vie, c’est comme à Robinson [quartier de Nouméa], c’est des baraques pré-fabriquées… c’est un village tahitien, la base-vie Maéva… Oral d'enquête, 1991. Dynamique : Terme peu à peu remplacé par le mot squat* (t.cour.) : notons que la réalité de ces bidonvilles ne peut plus être considérée comme provisoire aujourd’hui.

209 BATAILLON! :

interj. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal  kanak* ? (semble moins cour. dans les autres groupes). Parfois plaisant. Exprime la surprise. [en trébuchant] Bataillon ! Oral spontané, s.d. Il (…) s'exclama bien vite : Bataillon! Ils reviennent. Nouvelles Jacques, 2000 : 78. Variante (selon informateur) (peu cour.): Bataillon* La Fayette! Dynamique : L'usage de ce terme régresse au bénéfice de son concurrent Babylone! (Pauleau, enquête linguistique, 2005). V.BABYLONE.

210

BATAILLON LA FAYETTE ! :

Variante de BATAILLON ! V. ce mot. Hé! Bataillon La Fayette! [: en cassant un verre].

 

213 BATHYSCAPHE! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. Rare. Fam. Exprime la surprise. V. BABYLONE! Bathyscaphe! [en trébuchant].

212 BÂTON DE TABAC :

n.m. A.cour. Tabac à chiquer. V. TABAC-BATON. Trois pipes /un bonnet/ des bouteilles d'alcool/ un bâton de tabac/ et le tour est joué (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 48. Nos Vieux* avaient vendu cette terre contre un bout de manou* et deux bâtons de tabac. F.O.L., 1983 : 165.

211 BATTERIE :

Attesté à l'oral uniquement. n.f. Vieilli. Pile. Encycl. : L'anglais "battery" signifie : pile (Harrap's). N'oublie pas d'acheter des batteries pour le poste radio... Oral spontané, s.d.

213 BAVER LA CANNE* :

V. CANNE.

214 BAVETTE :

Attesté à l'oral uniquement. n.f. Cour. Pièce de caoutchouc placée derrière les roues arrière des voitures et servant de garde-boue. Encycl. : V. COW-BOY. Tu reconnaîtras facilement sa voiture, elle est rouge avec des bavettes...

213 BAVEUR, -EUSE :

n. A.cour. Celui, celle qui bave la canne* (qui a des propos inconsidérés) : V. CANNE. Quand ton pote commence à raconter comment il a pété* 19 cerfs avec un bibiche* en un seul coup : l'inkilé pas un demi* baveur suila. Post Facebook, 2023.

215 BAYOU :

n.f. A.cour. Fam. Vieillissant.  1. Femme indonésienne. Connotation : De petite condition sociale et parfois connotation péjorative. Ces deux "Kakanes*" (…) étaient flanqués d'une congénère à chignon noir, au bustier de soie. On l'appelai "'la Bayou" (…). La Bayou pleurait (…). Roman Sénès, 1987 : 72-75. (…) il (…) incitait sa femme à s'engager dans la gestion, au détriment des travaux ménagers confiés à une jeune bayou guère plus âgée que son fils aîné. Nouvelles Jacques, 2000 : 13.  2. Femme de ménage. Connotation : Neutre ou péjorative. Demande à la bayou de bien nettoyer le garage. Oral spontané, s.d. Locution : Faire la bayou : V. ci-après.

Encycl. : En Nouvelle-Calédonie les femmes de ménage, lorsqu’elles ne sont pas kanak*, sont souvent indonésiennes. / "Bayu" signifie en indonésien : soeur aînée -terme d'adresse- (Labrousse). / Il s’agit d’un terme probablement apparu au XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917).

Syn. : Cacane*.

Dynamique : Cet emploi se perd nettement chez les jeunes de tous groupes (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

216

FAIRE LA BAYOU* :

loc. A.cour. Vieilli. Etre considérée comme étant au service de quelqu'un. -Vas me chercher à boire... -Hein? Non mais je vais pas faire la bayou non? Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Faire la boniche.

 

220 BEAU-FRÈRE :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Peu cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal (moins cour. chez les Européens*). Terme d'adresse amical pour un interlocuteur masculin. V. COUSIN. Alors beau-frère, ça va ? Oral spontané, s.d.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

217 BEAUCOUP :

Terme du français de référence employé en français calédonien* et entrant également dans la composition de lexies particulières, v. ci-après.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

218

BEAUCOUP BON :

loc.adj. Cour. Basilectal (pop.). Ethnolectal asiatique. Parfois plaisant. Très bon, très bien, très positif. Connotation : Asiatique. [le Tonkinois :] "Madame, beaucoup bon !" [signifie ici : Madame est très gentille]. Roman Sénès, 1987 : 112. Norme phonétique : En alphabet latin, "beaucoup bong", prononciation caractéristique de certains locuteurs asiatiques, reprise par les locuteurs des autres groupes, notamment dans l'emploi plaisant de l'expression.  Syn.  (peu cour.) : A* bloc bon ! V. VALABLE.

219

BEAUCOUP LAÏ :

Attesté uniquement à l’oral. loc verbale. Cour. Fam. Négation marquée d’insistance : "Pas du tout". V. LAÏ. Encycl. : En anglais "to lie" signifie : mentir (et la prononciation est quasiment la même que pour laï : [laj]). -T’es copine avec elle ? –Beaucoup laï ! Norme : Dans ce cas, beaucoup est employé ironiquement (par antiphrase, il a le sens contraire du sens standard).

 

219 BEC :

n.m.  1. T.cour. Terme du français de référence entrant dans la composition de termes variés, en tant que générique : V. articles ci-après.  2. A.cour. (Lethrinus nebulosus Forssk.). V. BEC DE CANE. Pour le bec l’idéal c’est 15 kg (…) Le bec, c’est le bec de cane, un des poissons les plus pêchés dans le lagon ; 15 kg représente la puissance de la ligne (…).  Essai Barbançon, 1988 : 17. Son étal est situé au bord de l’eau (…) on y trouve des cageots de bossus*, de becs, de pouates* (…). Récits Juncker, 2018 : 129.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

220

BEC* BLEU :

n.m. A.cour.? (Lonchura castaneothorax). V. BENGALI. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 146.

221

BEC* DE CANARD :

n.m. Peu cour. (Myiagra caledonica caledonica ). V. GOBE MOUCHES À LARGE BEC. Répertorié par Observatoire, 1983 : 160.

221

BEC* DE CANE :

n.m. T.cour. (Lethrinus nebulosus Forssk.) Poisson dont le museau ressemble à un bec de canard, surtout gueule ouverte. Encycl. : Il s'agit de l'un des poissons les plus pêchés et les plus appréciés en Nouvelle-Calédonie. [à la pêche :] C'est un bec* de cane!... Ne laisse pas de mou!... Remonte tout de suite! Gorsky 1965, dans Manuel Lectures : 155. Bec* de cane à la belle du caillou*. Recettes Masachs, 1980 : 45. [Prix du marché :] Filets Bec* de canne 1400 F[CFP*]/Kg. Journal Les Nouvelles, 04/2005. Dans les produits les plus observés, le moins cher est le bec de cane, qui affiche un prix moyen de 2044 F CFP*/kg. Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. (a.cour.) : Bec* (V. BEC (2.)). Composés : V. ci-après. Norme : Le Petit Robert mentionne à l'article "bec-de-cane" : "pêne d'une serrure qui rentre lorsqu'on manoeuvre le bouton, la poignée". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

222

BEC* DE CANE À LÈVRES JAUNES :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus nebulosus Forssk.). Espèce de bec* de cane. V. cette entrée. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 113. Syn.  : Bec* de cane (t.cour.).

222

BEC* DE CANE MALABAR :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus nebulosus Forssk.) Espèce de bec* de cane. V. cette entrée. Répertorié notamment  par : Observatoire, 1988 : 113. Syn.  : Bec* de cane (t.cour.).

223

BEC* DE PERROQUET :

n.m. Peu cour. (Heliconia spp. / Heliconia bihaï L.). Plantes ornementales du genre Heliconia spp. (Observatoire, 1990 : 146) et spécialement : Heliconia bihaï L. (Hollyman, 1977 : 4), dont la fleur forme un énorme épi ramifié de couleur rouge, aux bords jaunes. Encycl. : Famille des Musacées. Certaines espèces ont une fleur plus petite, moins colorée, jaune à bords orangés (Godard, 1978 : 166). Tu devrais lui faire un bouquet avec des becs de perroquets, ça tient longtemps ça... Oral spontané, 1990. Syn. (rare) : Faux* oiseau de paradis.

223

BEC ROSE :

Attesté à l'oral uniquement. n.m. Peu cour. Vieilli ? Personne très blanche de peau. V. BLANCO-FARINE. Lui c'est vraiment le bec rose hein? Il est tout blanc avec les cheveux roux et tout...

224

BEC* ROUGE :

n.m. A.cour.? (Estrilda astrild). V. BENGALI. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 146.

 

221 BÊCHE DE MER :

n.f. Rare. (Holothuroïdes). Variante de BICHE DE MER. V. cette entrée. Il passe le plus clair de son temps (...) à observer (...) ses ouailles s'activer à écailler le poisson, vider les bêches-de-mer [sic.] (...). Récits Juncker, 2018 : 52. C'est pas des biches de mer c'est des bêches de mer...Oral spontané, s.d.

221 BÉCUNE :

n.f. A.cour. (Sphyraena sp.). Barracuda. [Prix du marché : ] Bécune 350 [F C*FP /KG] Journal Les Nouvelles, 05/2005. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) bécune 23% (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Composés : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

221

BÉCUNE* DU LARGE :

n.f. Peu cour. (Sphyraena barracuda Walbaum). Espèce de bécune* reconnaissable aux tâches noires sur ses flancs et à la forte odeur qu'elle dégage lorsqu'on la sort de l'eau. Répertorié par Laboute, 2000 : 336.

221

BÉCUNE* À BANDES NOIRES :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie.  (Sphyraena qenie Kluzinger). Espèce de bécune* ornée de bandes noires verticales. Répertorié par Laboute, 2000 : 337.

221

BÉCUNE* À QUEUE JAUNE :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie.  (Sphyraena jello Cuvier). Espèce de bécune* à queue jaune. Répertorié par Laboute, 2000 : 336.

 

223 BÉDOUIN :

n.m.  1. Fam. Rare. Vieilli. Injurieux. Mélanésien, Kanak*. V. KAOUIN. Norme : Mentionné par O'Reilly 1953 et attesté en 1947 (Observatoire, 1983 : 22), la connotation péjorative n'est pas mentionnée.  2. A.cour. Ethnolectal kanak* (en usage surtout chez les Kanak*). Bon à rien, imbécile. Il a pas de travail il a rien c'est un bédouin, une andouille [locuteur kanak*]. Oral d'enquête 1991.

223 BEIGNET EN HUIT :

Variante de GÂTEAU* HUIT. V. cette entrée. Une des choses qui me manque le plus dans mon alimentation quotidienne : les beignets en huit!!! Seule la forme change avec les gâteaux* trous, et bien sûr il y en a plus à manger dans les huits* ! Autrice de blog immigrée dans l'Hexagone, "Billet pour ailleurs", http://www.cuisinemetisse.com, 2010.

223 BELLE DE NUIT :

n.f. A.cour. (Epiphyllum oxypetalum). Plante dont la grosse fleur blanche s'ouvre de nuit et se referme le jour.  Réveille-toi, viens voir la belle de nuit, demain matin elle sera fermée! Syn. (peu cour.) : Fleur* de minuit.

224 BELLY :

n.m. A.cour. Vieilli. Petit récipient métallique de forme cylindrique utilisé autrefois pour transporter des denrées ou cuisiner en plein air (en particulier pour faire bouillir de l'eau). Encycl. : L'anglais australien et néo-zélandais "billy" ou "billycan" signifie : gamelle, bouilloire -à thé- (Harrap's). Les bêtes ne cessaient pas de crotter dans le belly, et l'homme de jurer (…). Roman Sénès, 1987 : 203. Syn. : Billy-can*. Variantes graphiques (F.O.L., 1983) : Bélé*, bélet*. Norme phonétique : [bele] (équivalent en alphabet latin : "bélé").

225

BÉLÉ :

Variante graphique de BELLY. V. ce mot. Répertorié par F.O.L., 1983 : 16.

226

BÉLET :

Variante graphique de BELLY. V. ce mot. Répertorié par F.O.L., 1983 : 16.

227 BEN :

mot invariable. Cour. Plutôt fam. Mot d'appui du français fam. hexagonal entrant dans la composition de nombreuses locutions interjectives fam. en français calédonien (v. ci-après). Norme : En français fam. des jeunes ce mot d'appui prend la forme graphique bah et non ben (au moins dans l'Hexagone).

227

BEN ALORS! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. Cour. Plutôt Fam. Exprime un acquiescement, une vive approbation : "Bien sûr!" -Et le riz vous en mangez? -Ben alors! Oral d'enquête 1990. Equivalents hexagonaux : Je veux! (DEL) Ben je comprends! Syn. : Ben* ça! Ben ça hein ! Ben* tiens! (t.cour.). Norme : Se prononce avec deux accents : sur la première et la dernière syllabes. N'est que très peu prononcé avec une intonation interrogative, comme c'est le cas en français hexagonal, où cette expression est effectivement plutôt interrogative, avec le sens de "Et alors?", "Qu'est-ce qui se passe?". Dynamique : Expression en pleine vitalité (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

228

BEN ÇA ! :

interj. T.Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Exprime une forte approbation. -Tu en as un [d'antidote] toi ? —Ben ça hein ! Sur les chemins tabous* c'est pas bon si on n'en a pas ! Roman Tcherko, 2001 : 26. -Burp t'en veux une aute [bière] ou quoi ? —benza ! BD Teg, 2002 : 18. —C'est grand ? —Ben ça hein ! C'est fin* grand ! Roman Tcherko, 2003 : 44. Mme Aglae fait toujours la tête ? —Ben ça.. Toi et tes idées à la noix de coco. BD Gielbé, 2004 : 9. « Intégrer l’humour à votre communication digitale ? » – BEN ÇAAAA HEIIIN ! Page « à propos » sur le site de Kingtäz -https://kingtaz.nc/a-propos/, 2021. Equivalents hexagonaux : C'est sûr (français courant). C'est clair (français des jeunes). Ben ça c'est sûr ! (français pop., expression de phraséologie pop. très fréquente il y a quelques années). Tout à fait !/ Absolument ! (français cultivé). Variante graphique : Benza !* (cf illustration ci-dessus –BD Teg, variante fidèle à la prononciation, les locuteurs interrogés lors de l'enquête en 2005 donnaient pour certains des graphies du même ordre : "bah za", "bah ça"...). Norme phonétique : "ça" se prononce plutôt "za", comme le montre l'exemple de Teg ci-dessus, et souvent en allongeant « ça » et « hein », comme dans l’exemple de Kingtäz ci-dessus. Collocation très fréquente : Ben ça hein ! Dynamique : Expression nouvelle (par rapport au recueil de données de 1990), récoltée durant l'enquête de 2005 -Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022. Emploi apparu probablement un peu avant 2000, particulièrement fréquent chez les jeunes (de toutes catégories), de façon quasiment emblématique.

229

BEN C'EST ÇA! :

interj. T.Cour. Fam. ou sociolectal (pop.).  1. Exprime un accord total : Oui c'est cela/ Tu as raison/ Exactement - (…) il [le chien] doit dormir dans un coin -[le chien, qui dort sous la couette de ses maîtres:] Benzeza ! BD Teg, 2002 : 29. Equivalents hexagonaux : Tu m'étonnes!/ Tu l'as dit/ T'as raison!  2. Exprime une connivence avec l'interlocuteur. [Deux enfants ont chuté ensemble de leur avion imaginaire] —En tous cas les aérofreins fonctionnent! —Benzeza! BD Teg, 2002 : 28. 3. Expression phatique (servant seulement à montrer à l'interlocuteur que le contact communicationnel est maintenu). –Je m’en vais… —Ben c'est ça! Equivalent hexagonal : Aah oui. 

Variante ou collocation fréquente : Ben* c'est ça aussi. C'est* ça aussi.

Norme graphique : En 2005, les seules attestations écrites trouvées en cet état de la recherche sont celles de Teg (ci-dessus), qui n'use que d'une seule graphie, fidèle à la norme phonétique du français calédonien* populaire ou familier : "Benzeza" ; en 2022, on trouve à l'écrit c'est ça aussi -écrit électronique -commentaire de vidéo, v. l'entrée C'EST çA AUSSI- (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

Dynamique : Idem que pour BEN ÇA! V. cette entrée.

230

BEN C'EST ÇA AUSSI! :

Variante de BEN C'EST ÇA! V. cette entrée (sens 1.) —Bonjour à Michel pour ses 18 ans —Pour ses 18 ans ? —Oui —Oh lala il va y avoir de la pagaille alors! —Ben c'est ça aussi! Oral radio, 05/2005 : messages téléphoniques (auditrice kanak*).  -Faudrait qu'on se capte un peu, pour jouer ensemble  -ah ben c'est ça aussi (…). Commentaire de vidéo (Youtube L’indépendance, Coco Banane, 06/2021). Dynamique : Expression nouvelle en 2005 (par rapport au recueil de données de 1990); récoltée en 2005, apparue probablement un peu avant l'année 2000, et en usage de façon particulièrement fréquente chez les jeunes (de toutes catégories), de façon quasiment emblématique; en 2022, expression toujours en usage bien que semblant moins fréquente (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

231

BEN LÀ! :

interj. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.).  1. Exprime la surprise. [En voyant un énorme taureau :] -Ben là!(…) Pas* un gosse le mec* ! Berger, 1989 : 34.  2. Exprime l'admiration. -Je viens d'acheter un nouveau bateau, un quinze mètres... -Ben là! Collocation fréquente : Ben là ça claque* hein! 

Equivalent hexagonal : Ben ça alors!

Collocations fréquentes : Ben attention que là! Ben là tu* connais!

Dynamique : Expression toujours en usage, mais peut-être en régression ? (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

232

BEN TIENS! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.).  1. Exprime un acquiescement. V. BEN ALORS!  2. Exprime l'incrédulité ironique. -Tu vas me chercher des cigarettes? -Ben tiens! Equivalent hexagonal : Mon oeil! (DEL). 

Dynamique : Expression en pleine vitalité (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

233

BENZA! :

Variante graphique de BEN ÇA! V. cette entrée. -Burp t'en veux une aute [bière] ou quoi ? —benza ! BD Teg, 2002 : 18.

 

234 BENGALI :

n.m. T.cour.  1. (Estrilda astrild). Petit oiseau commun à bec rouge, de la famille des Estrilidés (F.O.L., 1983 : 16). Encycl. : Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). Syn. : Bengali à bec rouge (spéc.). Bec* rouge (a.cour.?) . Garçon* de Bourail (rare).  2. (Lonchura castaneothorax). Petit oiseau à bec bleu de la famille des Estrilidés, introduit d'Australie (F.O.L., 1983 : 16). Syn. : Bengali à bec bleu (spéc.). Bec* bleu (a.cour.?).

Des fois, en dehors des hirondelles et des bengalis on voit (…) un duo d'oiseaux pas communs (…). Nouvelles Ohlen, 2000 : 93. Le dimanche matin les ruelles sont réservées aux oiseliers. (…) merles* des Moluques, grives, bengalis, (…) enfermés dans des cages (…). Prigent, 2006 : 49.

Composé : Herbe* à bengalis.

235 BERGERONNETTE :

n.m. Rare. (Lalage leucopygia montrosieri). V. MAC-MAC.  Répertorié par Hannecart, 1980 : 34.

235 BÉRYX :

n.m. Cour. (Beryx splendens Lowe.) Poisson rouge à gros yeux, vivant en eau profonde, à la chair très appréciée (taille : 60cm). Encycl. Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. La nouvelle unité de la flotte calédonienne* de pêche hauturière s'intéressera uniquement aux poissons à pêcher à des profondeurs variant entre 300 et 1000m : le béryx, (…). Journal Les Nouvelles, 25/05/1990. Béryx, le kg 850F[C.F.P.*]. Journal Les Nouvelles, 26/06/1990. Syn. (rare, spéc.) : Béryx* long. Composés : V. ci-après.

236

BÉRYX* COURT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie.  (Beryx decadactylus Cuvier). Espèce de béryx* de plus petite taille (55cm) que Beryx splendens (60cm), ce dernier étant appelé, par opposition, béryx* long. Répertorié par Laboute, 2000 : 494.

237

BÉRYX* LONG :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. V. BÉRYX (et V. également BERYX COURT). Répertorié par Laboute, 2000 : 495.

 

236 BÉTAIL :

I. n.m. T.cour. Tête de bétail. (…) un bétail c'est qu'un tas de viônde [=viande] (…). (un braconnier) Berger, 1989 : 43. Composés : V. articles ci-après. Norme : Ce terme, non comptable en français de référence (du bétail), peut en effet être comptable en français calédonien* (un bétail, deux bétails...), idem pour les composés.   II. T.cour. Fam.  1. n.m. Brute, personne rustre, grossière ("grossier personnage"). Equivalents hexagonaux : Bourrin (français des jeunes)... Collocation fréquente : C'est un/le gros bétail. Son frère, il est pas sortable, c'est le gros bétail. Oral spontané, 1991   2. adj. a) Rustre, grossier. Il y transparaît une sensualité plus rude, plus nature, un peu "bétail". Essai Barbançon, 1988 : 74. Quand il est saoul, il est vraiment bétail. Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Casse-cou (français familier courant). Bourrin (français des jeunes). Collocation fréquente : Etre bétail. b) Chez les jeunes. Intrépide et/ou turbulent. Dynamique : Acception récente en 2005 (?) recueillie chez les adolescents -Pauleau, enquête linguistique, 2005.  3. adv. De façon rustre, grossière. Tu vas peindre la porte...Et tu fais ça bien hein? Tu fais pas ça bétail? Collocation fréquente (recueillie en 2005 auprès des adolescents) : Fais ça bétail! qui aurait pour équivalent : "Te fais pas chier!" (français fam. des jeunes).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

237

BÉTAIL DOUX  :

V. DOUX, DOUCE.

238

BÉTAIL SAUVAGE  :

V. SAUVAGE.

239

CHASSE AU BÉTAIL :

V. CHASSE .

 

240 BÉTEL :

n. A.cour. (Piper betle L.). Plante grimpante aux feuilles cordiformes. Encycl. : Ayant des propriétés notamment antiseptiques, les feuilles sont mâchées, notamment par les Vietnamiens, souvent avec de la noix d’arec, colorant de rouge-orange la salive. (…) quelques carrés d’écorce de pêcher. Elle les mâchera toute la journée à défaut de bétel. Prigent, 2006 : 56.

241 BEUQUER :

v.intr. A. cour.  1. Arquer violemment le dos, en parlant d'un cheval. La pouliche, sous ce poids, veut s'en débarrasser : elle cherche à faire des bonds, à ruer, à beuquer (expression locale du saut-de-mouton) (…). Jeannin 1972, dans Manuel Lectures : 98.  2. Réagir violemment à une offense. A Bourail, on "beuque", cabré comme des cavales (…) et les jeunes filles, après le bal, découvrent des chevrotines dans leur chignon. Roman Sénès, 1987 : 331.

Encycl. : L'anglais "to buck" signifie : faire le gros dos, faire un haut-de-corps (Harrap's).

Variante : Boquer*.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

242 BIBACE :

Attesté à l’oral uniquement. n.f. Peu cour. Fruit du bibacier*, petits et jaunes. V. BIBACIER. Encycl. : Terme apparemment en usage à La Réunion mais orthographié "bibasse" (selon BDLP, 2007). Le bibacier, ses fruits, c'est les bibaces... Oral d'enquête, 1991.

242 BIBACIER :

n.m. Peu cour. (Eriobothrya japonica Lindl.) (Hollyman, 1977 : 4). Arbre aux petits fruits jaunes appelés bibaces*. Encycl. : Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995), et également à La Réunion avec la graphie "bibassier" (selon BDLP, 2007). Répertorié notamment par Hollyman, 1977 : 4. Syn.  : Néflier du japon (?).

242 BIBICHE :

n.m. ou f. T.cour. Lance-pierres. Quand y a deux mecs qui se bombardent à coups de bibiche, ben t'as pas intérêt à fout' ta gueule au milieu! Sketch Ollivaud [198?]. (…) armés de leurs bibiches [ils] s'élancèrent (…) à la poursuite de ces curieux volatiles (…). Roman Jacques, 2002b : 31. Il (…) vérifie : des allumettes, sa bibiche, un vieux couteau (…). Roman Tcherko, 2003 : 7. -Faut tirer plus en hauteur ! -Tu crois que c'est facile sans bibiche ? BD Teg, 2004 : 49. Des jeux divers (…) et des tirs de "bibiches" ont agrémenté l'après-midi. Journal Les Nouvelles, 04/2005. (…) les organisations (…) préconisent même un retour aux techniques traditionnelles de chasse : la bibiche ou encore la trique (…). Journal Le Pays, 04/2006. (…) Je vais faire semblant de tirer avec le bibiche (…). Vidéo Youtube Technique de drague en Nouvelle-Calédonie, Coco Banane, 04/2021. [Le jeu vidéo calédonien* Tchia] s’est largement inspiré (…) de nombreuses références locales comme le bibiche, les claquettes* et la robe* mission. Site la1ere.francetvinfo.fr, 11/2023. Norme : Quelquefois au féminin, comme le montrent les illustrations ci-dessus. Dynamique : Terme toujours en pleine vitalité en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005), certains enquêtés donnant pour définir ce mot une périphrase (par exemple : arme pour lancer les cailloux), montrant ainsi que le lexique calédonien* possède bibiche à la place du mot hexagonal "lance-pierres". Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2023).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

243 BICHE DE MER :

n.f. T.cour. (Holothuroïdes). Nom donné à divers échinodermes à corps mou, cylindriques, d'un brun foncé, ressemblant à de gros boudins. Encycl. : Il est probable que l'expression "bûche de mer" est devenu bêche* de mer puis biche de mer (F.O.L., 1983 : 19). / Asiatiques et Polynésiens consomment la biche de mer -les Wallisiens*, bouillie, avec de l'huile et du lait* de coco, par exemple. L'une des espèces de cet animal, appelée "tripang" (nom commercial), est réputée aphrodisiaque : après éviscération et séchage à la fumée, le tripang était autrefois exporté vers l'Asie. V.BICHELAMAR. Le Vieux Caldoche a tout fait (…) il a ramassé (…) la biche de mer qui est très utile pour ranimer la virilité riquiqui des vieux mandarins opiomanes de Hong-Kong (…). ADG 1988, dans Littérature NC : 146. Syn. : Bêche* de mer (rare). Holothurie* (spéc.). Composés : V. ci-après.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

243

BICHE* DE MER GRISE :

n.f. Peu cour. (Holothuroïdes). Espèce de biche* de mer. V. ce mot. Répertorié par Observatoire, 1990 : 147. Syn.  : Biche* de mer (t.cour.).

243

BICHE* DE MER VERMICELLE :

n.f. Peu cour. (Holothuroïdes). Espèce de biche* de mer. V. ce mot. Répertorié par Observatoire, 1990 : 147. Syn.  : Biche* de mer (t.cour.).

 

244 BICHELAMAR :

n.m.  1. T.cour. Pidgin anglo-mélanésien parlé notamment au Vanuatu (archipel au nord-est de la Nouvelle-Calédonie), où il est langue nationale depuis l'indépendance (1980). Encycl. : Les animaux marins appelés biche* de mer (holothuroïdes) faisaient dès 1840 l'objet d'un commerce avec l'Asie, d'où le nom de bichelamar donné à la première langue de contact entre Kanak* et commerçants. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le bichelamar est la langue la plus utilisée en Nouvelle-Calédonie. Il (…) bougonna en bichelamar "hi toke hi toke, hi no savé ouanem hi spik", ce qui signifiait :"il parle, il parle, il ne sait pas ce qu'il dit". Roman Sénès, 1987 : 141. "Nosabé", pièce qu’elle a écrite en Métropole (…) "Nosabé" ("je ne sais pas" en bichelamar) évoque le métissage culturel. Jouée en français, en anglais et en bichelamar (…). Journal Tazar*, 06/2005. Variantes graphiques : Biche* la mar, bichlamar*. Norme : Le Petit Robert mentionne les termes "bich(e)lamar" ou "bêche-de-mer", avec la datation "1948". D'une part, en français calédonien*, le dernier terme (bêche de mer) est seulement employé dans le sens d'"holothuroïdes" et d'usage rare et savant. D'autre part, la datation est contredite par l'Observatoire (1983 : 23) qui précise que la première attestation remonte à 1867. Enfin, la définition : "Pidgin utilisé comme langue commerciale véhiculaire dans les îles du Pacifique où l'on parle anglais.", omet le cas du territoire francophone qu'est la Nouvelle-Calédonie et le fait que le bichelamar n'est plus aujourd'hui une langue commerciale. De plus, il existe nombre d'archipels anglophones où l'on ne rencontre aucun pidgin (Samoa, Tonga, Fiji, etc.). Dynamique : Terme stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. A. cour. Fam. Langage, propos incompréhensible. Il m'a raconté un truc, c'était du bichelamar hein? J'ai rien compris!  Equivalents hexagonaux : Chinois, hébreu ("C'est du chinois" DEL. "C'est de l'hébreu").   V.également la BDLP, 2006-2013.

245

BICHE LA MAR :

Variante graphique de BICHELAMAR. V. ce mot. Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 19.

246

BICHLAMAR :

Variante graphique de BICHELAMAR. V. ce mot. Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 19.

 

247 BIG NAMBAS :

n.m. A.cour. Fam. Personne originaire du Vanuatu. V. VANUATAIS. Connotation : Souvent péjorative. Encycl. : "Big Nambas" est le nom donné aux natifs du nord de l'île de Malakula (ex Mallicolo), au Vanuatu. Le bichelamar* "big" signifie comme en anglais "gros" et "nambas", "étui pénien" (Guy, 1975). Une goélette ayant à bord huit Néo-Hébridais –des Big Nambas- (…). J.Mariotti, 1929 dans Anthologie, 1994 : 157. Ici tu t'appelles (…) Néos* ou Big Nambas (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 36. Norme phonétique : [bignãbas].    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

247 BIHOREAU CANELLE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Nycticorax caledonicus caledonicus (Gmelin 1789)). V. HÉRON DE NUIT. La mangrove de Ouémo est l’habitat de crabes* (…) mollusques (…) poissons (…) oiseaux (le bihoreau cannelle). Pancarte du « sentier de la mangrove », dans un parc de Nouméa, 2022. Répertorié notamment par Hannecart, 1980 : 96.

248 BILLY-CAN :

n.m. Peu cour. Vieilli. Petit récipient métallique. V. BELLY. Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 20.

248 BIOUEN :

n.m. Rare. (Fagraea schlechteri Gilg. et Ben.). V. BOIS-TABOU. Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 21.

249 BIQUETTE :

n.f. Cour. Chèvre. Ils cachaient leur argent (…) au fond de jardins piétinés par les dindons et par les biquettes (…). Roman Sénès, 1987 : 326. Ils ont élevé des biquettes, ont essayé de s'installer mais le coeur n'y était pas (…). Roman Jacques, 2002b : 22. (…) regarde le avec sa barbichette on dirait une biquette (…). Improvisation hip-hop, radio 05/2005. Norme : En France hexagonale, ce mot est exclusivement réduit à un usage familier (et même enfantin), en contexte calédonien* ce n'est pas le cas, le mot chèvre est assez peu employé en milieu rural et notamment chez les Kanak*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

249 BLACK BASS :

n.m. A.cour. (Micropterus salmoides Lacepède). Poisson de couleur sombre vivant dans le lac de Yaté, dans le sud de la Grande-Terre*. Encycl. : Ce poisson, importé des îles Hawaï en 1960 pour peupler le lac de Yaté, constitue aujourd'hui un danger pour le galaxia*, poisson endémique vivant à ses côtés. Répertorié notamment par Laboute, 2000 : 73.

250 BLANC :

n.m. Cour. (Gerres spp. / Gerres acinaces Bleeker ). Nom donné aux petits poissons du genre Gerres, qui se prennent facilement à la senne, comme Gerres acinaces Bleeker, qui se capture en bord de plage, et dont la chair est excellente; ces poissons sont souvent la base d'une pêche de subsistance (Laboute, 2000 : 65). Encycl.  : Famille des Gerreidae. [à la pêche :] (…) on remplit un sac de bossus* (…) de blancs (…). Album Sebban, 1984 : 14. Syn.  : Blan-blan*/ blanc-blanc* (cour.). Petit* blanc (a.cour.). Poisson* blanc (peu cour.). Syn. spécifiques pour Gerres acinaces : Balabio*, blanc* sabre, pla-pla* (peu cour.). Composés  : Voir ci-après.   V. également blanc dans la BDLP, 2006-2013.

250

BLAN-BLAN :

Variante graphique de BLANC-BLANC. V. cette entrée et V. BLANC. Répertorié par F.O.L., 1983 : 21 (orthographié comme tel).

250

BLANC-BLANC :

1. n.m. Cour. (Gerres spp.). V. BLANC. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) blanc-blanc 23% (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Variante graphique : Blan-blan*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).  2. Attesté à l'oral uniquement.n.m. Cour. Fam. Blond. Ils sont blonds tous les deux alors leur gosse c'est un petit blanc-blanc...

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

251

BLANC* À LONG FILAMENT :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gerres filamentosus). Espèce de blanc* caractérisé par un filament. Répertorié par Rivaton, 1990 : 119. Syn. (cour.) : Blanc*.

251

BLANC* ARGENTÉ :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gerres ovatus). Espèce de blanc* plus argenté que les autres. Répertorié par Rivaton, 1990 : 119. Syn. (cour.) : Blanc*.

251

BLANC* ÉLÉGANT :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gerres oblongus). Espèce de blanc*. Répertorié par Rivaton, 1990 : 119. Syn. (cour.) : Blanc*.

251

BLANC* SABRE :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gerres acinaces.Bleeker). V. POISSON BLANC. Répertorié par Rivaton, 1990 : 119.

251

GROS BLANC* :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gerres macrosoma). Espèce de blanc* de plus grande taille que les autres. Répertorié par Rivaton, 1990 : 119. Syn. (cour.) : Blanc*.

252

PETIT BLANC* :

n.m. A.cour. (Gerres spp.). V. BLANC. Résultats d'expériences réalisées par les élèves : Etat des petits blancs au bout d'une heure [hors de l'eau] (…). Manuel Ecologie, 1987 : 43. Norme : V. l'homophone PETIT BLANC.

253

POISSON* BLANC* :

Variante de BLANC. V. cette entrée et V. également POISSON.

254

POISSON* BLANC* À DORSALE NOIRE :

V. POISSON.

 

253 BLANC, BLANCHE :

n. T.cour. Personne d'ethnie "blanche". V. EUROPÉEN, -ÉENNE. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

253 BLANCO-FARINE :

Attesté à l'oral uniquement. n. et adj. A.cour. Fam. Svt plaisant. Personne très blanche de peau. / Très blanc de peau. Connotation : Parfois péjorative. Mon frère vient de revenir de France, et il est bien blanco-farine! Oral spontané, s.d. Syn. (rare, vieilli) : Bec* rose.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

254 BLEU 1 :

n.m. Peu cour. Vieilli. Chien (bouvier) d’origine australienne, au pelage coloré de plusieurs tons de gris-ardoise, utilisé par les éleveurs pour maîtriser le bétail, ce en quoi il excelle. V.CHIEN BLEU. Il s'est fait courser par les bleus.   V. également bleu dans la BDLP, 2006-2013.

255 BLEU 2 :

1. adj. A.cour. Ethnolectal européen* (moins cour. dans les autres groupes). Fam. Rempli. Encycl.  : Peut-être du français argotique ancien "bleu" : "invraisemblable, surprenant (c'est bleu !)" DEL. C'est bleu d'picots* dans l'coin! Roman Sénès, 1987 : 74. Equivalent hexagonal : Noir ("noir de monde"). Dynamique : Terme toujours en usage, même chez les jeunes, mais pas de façon généralisée (en usage surtout chez les Européens*).  2. adj. A.cour. Terme du français de référence entrant dans la composition d'expressions telles que ci-après.

V. également bleu, bleue  dans la BDLP, 2006-2013.

256

ÇA VA SAIGNER BLEU* ! :

phrase. Cour. Fam. Ça va aller mal, il va y avoir des heurts. (…) jusque sous mon nez qu'ils viennent [les braconniers] ! Ben là ça va saigner bleu* ! BD Berger, 1989 : 30.   V. également bleu (ça va saigner ~) dans la BDLP, 2006-2013.

257

ÊTRE BLEU*, -E :

loc. verbale. A.cour. Fam. Avoir peur. Elle a vu un requin, elle était bleue*. F.O.L., 1983 : 22.   V. également bleu, bleue dans la BDLP, 2006-2013.

 

257 BOA DES LOYAUTÉ :

n.m. Peu cour. (Enygrus spp.). Serpent terrestre des Iles Loyauté. Encycl.  : Famille des Boïdés. Les vertébrés (…) Reptiles terrestres  (…) Boa des Loyautés (…) [: éléments d’un tableau] Manuel Ecologie, 1987 : 21. Syn.  (rare) : Couleuvre*.

257 BOBO :

Attesté à l'oral uniquement. n.m. Fam. A.cour. Vieillissant. Ethnolectal ? (peu cour. chez les Kanak* ?).  1. Imbécile. Tu le connais ce mec-là ? C'est vraiment un bobo ! Oral spontané, s.d. Equivalents hexagonaux : Con...etc. Syn.  (cour.): Carne*. V. CALOT, CALOTTE.  2. Personne particulièrement exaspérante. J'ai gardé son fils hier, il m'a épuisée, c'est un bobo ce gosse! Equivalents hexagonaux : Emmerdeur, enquiquineur, …etc. 

Dynamique : Mot qui se perd nettement chez les jeunes.  

258 BOIS :

n.m. Cour.  1. Fam. Ethnolectal (moins cour. chez les Européens*). Morceau de bois. Il se remit au travail (…) tirer sur les branches, arracher, rassembler les bois (…). Kurtovitch 1988, Littérature NC : 62. Norme : Absent des dictionnaires consultés mais possible en français hexagonal (Sociolectal pop.). Dynamique : Emploi toujours courant en 2005 (mais moins chez les Européens*) -Pauleau, enquête linguistique, 2005.  2. Terme entrant dans la composition de noms d'arbres variés : V. ci-après.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

258

BOIS* ABSINTHE :

n.m. A.cour.  1. (Canariellum oleiferum Engl.).  Grand arbre des forêts dont la sève dégage une forte odeur d’anis. Encycl.  : Famille des Burcéracées.  2. (Nemuaron vieillardii Bail.). Grand arbre "pouvant atteindre 15m de hauteur mais généralement de plus petite taille" (Rageau, 1973 : 37), dont l'écorce sent l'anis. Répertorié par Rageau, op.cit. Syn. (a.cour.) : Bois* Pernod.

Les bénédictions pleuvaient sous les bois-absinthes (…). Roman Sénès, 1987 : 342.

Variante (peu cour.) : Bois* d’absinthe.

258

BOIS* ASPIRINE :

n.m. A.cour. (Alphitonia neocaledonica Guil.). Petit arbre commun dont l'écorce odorante peut servir au traitement des rhumatismes (Rageau, 1973 : 64). Répertorié notamment par FO.L., 1983 : 22. Syn.: Arbre* à rhumatismes (a.cour .). Pommaderis* (peu cour.).

258

BOIS À TABOU :

Variante de BOIS-TABOU. V. cette entrée. Répertorié par Godard, 1978 : 27.

258

BOIS-BARRE-À-MINE :

n.m. Peu cour. (Syzygium wagapense). Arbre au bois peu flexible. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 22. Syn. (a.cour.) : Faux* chêne.

258

BOIS* BLEU :

n.m. A.cour. (Hernandis cordigera Vieil.). Arbre des forêts dont le bois gris bleuit en vieillissant. Encycl. : Famille des Hernandiacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 39). / Son bois était autrefois utilisé pour construire les pirogues. / Le bois bleu attirant naturellement certains insectes, il est aujourd'hui cultivé dans les jardins afin de protéger les autres plantes. Les principales essences exploitables sont (…) le bois* bleu (…). Manuel Education civique, 1991 : 53. C’est en plein cœur de la forêt que se trouvent les grands arbres destinés à la coque [des pirogues] : le pin*, le kohu*, l’acacia* ou le bois bleu. Etiquette de l’exposition Mue, faire corps, Centre culturel Tjibaou, 2022. Syn. (rare) : Bois* pirogue.

258

BOIS-BOUCHON :

n.m. A.cour. (Podocarpus  palustris / Decussocarpus minor). Nom donné aux arbustes à troncs courts mais parfois trapus, poussant au bord des rivières de la Plaine des Lacs (F.O.L., 1983 : 22). Répertorié notamment par Schmid, 1981 : 90. Composé (rare) : Bois-bouchon de forêt (encore appelé palissandre*). 

258

BOIS-CAROTTE :

n.m. A.cour. (Myodocarpus sp.). Arbre aux fleurs blanches et aux fruits ailés (Schmid, 1981 : 110) dont le tronc et les graines ont une forte odeur de carotte. Répertorié par F.O.L., 1983 : 22. Syn. (a.cour.) : Carottier*, ralia*.

258

BOIS* CHOU :

Variante de BOIS DE CHOU. V. cette entrée. Répertorié par Rageau, 1973 : 39.

258

BOIS-CITRONNELLE :

Variante de BOIS DE CITRONNELLE. V. cette entrée. Répertorié par Bourret, 1981 : 79.

258

BOIS* D’ABSINTHE :

Variante de BOIS ABSINTHE. V. ce mot. Répertorié par F.O.L., 1983 : 23.

258

BOIS* D’AIL :

n.m. Rare. Vieilli. (Dysoxylum spp.). V. CHÊNE-TIGRÉ . Dynamique : Usage rare et peu répertorié (Pauleau, enquêtes linguistiques 1990-2022). / Répertorié par : B.Suprin, botaniste -parc forestier de Nouméa (Pauleau, enquête linguistique, 1991).

258

BOIS* DE CHOU :

n.m. Peu cour. (Gyrocarpus americanus Jacq.). Grand arbre commun de la forêt sèche. Encycl. : Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 39). Gyrocarpus americanus, bois de chou [: légende d'illustration]. Site Internet foretseche.nc, 2006. Variante : Bois* chou.

258

BOIS* DE CITRONNELLE :

n.m. A.cour. (Myoporum tenuifolium  Forst.). Arbre au bois odorant. Encycl. : Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 105). Répertorié par F.O.L., 1983 : 22. Syn. : Faux* santal (peu cour.). Faux* bois de santal (rare). Variante : Bois-citronnelle*.

259

BOIS* DE FER :

n.m. T.cour.   1. (Casuarina spp.) Nom donné aux grands arbres élancés au bois dur, aux feuilles cylindriques et légères (comme celles des pins), emboîtées les unes dans les autres. Tu ferais bien d'aller jusqu'au col des Bois-de-Fer (...). Mariotti 1947, dans Littérature NC : 31. Moitié bois de fer, moitié cerisier* bleu, elle était magnifique [la pirogue]. Roman Chabas, 1996 : 108. (...) l'ombre délicate des bois* de fer (…). Roman Tcherko, 2001 : 53. Planté près du pin* colonnaire, le bois de fer est symbole de la parole (…) de la naissance à (…) la mort. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022.  2. Spécialement : (Casuarina equisetifolia Forst.) Variété de Casuarina poussant au bord de mer, et dont le feuillage est bleuté. (...) ces plages de sable fin et blanc bordées de bois* de fer (...). Journal Les Nouvelles, 14/06/1990. J’irai d’abord placer un bois-de-fer sur la plage pour signaler que le site est tabou*. Récits Juncker, 2018 : 144. Syn. : Bois* de fer bleu, bois* de fer de bord de mer (cour.). Filao* (a.cour.).

Encycl. : Famille des Casuarinacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 27). / Le bois de cet arbre est utilisé pour la construction des maisons.

Variante graphique : Bois-de-fer.

Composés  : V. articles suivants.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

V. également Pauleau, BDLP.

260

BOIS* DE FER BLEU :

n.m. Cour. (Casuarina equisetifolia Forst.). Variété de bois* de fer. V. BOIS DE FER (2.). Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE BORD DE MER :

n.m. Cour. (Casuarina equisetifolia Forst.). Variété de bois* de fer. V. BOIS DE FER (2.). Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE COLLINE :

n.m. Peu cour. (Casuarina nodiflora Forst.) (Observatoire, 1985 : 42). Variété de bois* de fer (V. cette entrée) poussant sur les collines. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE MONTAGNE :

n.m. Peu cour. (Casuarina deplanchei Miq.) (Observatoire, 1985 : 42). Variété de bois* de fer (V. cette entrée) poussant sur les hauteurs. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE PLAINE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Botanique. (Casuarina sp.). Variété de bois* de fer. V. cette entrée. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE RIVAGE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Botanique. (Casuarina sp.). Variété de bois* de fer. V. cette entrée. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DU SUD :

n.m. A.peu cour. (Casuarina sp.). Variété de bois* de fer (V. cette entrée) poussant dans le sud de la Grande-Terre*, en terrain ultrabasique (terrain minier). Syn.  (rare): Bois* de fer de terrain minier. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

261

BOIS* DE FER DE TERRAIN MINIER :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Botanique. (Casuarina sp.). V. BOIS DE FER DU SUD. Répertorié notamment par : Observatoire, 1985 : 42.

262

BOIS* DE LAIT :

n.m. Peu cour. (Cerbera sp.)  V. FAUX MANGUIER. C’est la fleur du bois de lait (…) le bois de lait (…)  il y en a plein à ce que je vois (…)  ça parfume l’endroit. Vidéo Youtube, magazine Wéari, 03/2016. Dynamique : Usage peu courant, peu répertorié. / Répertorié par Observatoire 1990 : 94.

262

BOIS* DE PÉTROLE :

n.m. A..cour. Ethnolectal mélanésien. (Fagraea schlechteri Gilg. et Ben.). V. BOIS-TABOU. C'est pas du santal ça ! (…) c'est du bois-de-pétrôle ! Roman Sénès, 1987 : 348. Totem. Bois* de pétrôle. Etiquette d'une sculpture, exposition I.Waïa (centre Tjibaou), 2005. Norme graphique : Instable, avec ou sans traits d'union. Variante : Bois* pétrôle. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

262

BOIS* DE ROSE :

n.m. Peu cour. (Thespesia populnea L.). Petit arbre "dont le bois fraîchement coupé a une odeur de rose poivrée" (Hollyman, 1977 : 5). Encycl.  : Arbre de la famille des Malvacées dont le bois est très recherché par les ébénistes. (…) les haies de bois* de rose (…). Roman Sénès, 1987 : 322. BOIS* DE ROSE / GRAINES ENTIERES/ GRAINES SCARIFIEES [: légende]. Manuel Ecologie, 1987 : 106. Syn. (rare) : Faux* bois* de rose. Norme : Le Petit Robert mentionne à l’article "rose" : "Bois* de rose : bois* de placage de couleur rosée (…) provenant surtout d’un arbre du genre Dalbergia (palissandres)". Il ne s’agit donc apparemment pas du même arbre.

262

BOIS* DE SANG :

n.m. A.cour. (Crotonoïdés / Euphorbiacées...). Nom donné à divers arbres au latex rouge, notamment des familles Crotonoïdés ou Euphorbiacées, spécialement : Macaranga alchorneoides (Rageau, 1973 : 133), Cocconerion balansae et C.minus (Schmid, 1981 : 108). Répertorié aussi par Observatoire, 1990 148.

263

BOIS* DE SANTAL* :

Variante de SANTAL. V. ce mot. Ces hommes avaient tout pêché de la bêche*-de-mer au requin, (…) avaient trafiqué le bois* de santal, la nacre, l’alcool (…). Prigent, 2006 : 13.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022). Répertorié notamment par : Hollyman, 1977 : 28.

263

BOIS-NOIR :

n.m. T.cour. (Albizzia lebbek L. Benth.) Grand arbre aux fleurs d'un jaune clair en forme de gros pompons, dont le bois* devient de plus en plus sombre en vieillissant. Encycl. : Famille des Légumineuses (Mimosoïdées). / Arbre introduit de La Réunion pour servir d'abri aux caféiers (Hollyman, 1977 : 6). / Les fleurs exhalent une odeur caractéristique de l'été calédonien*. / Le pollen peut provoquer le "rhume des bois-noirs", avant l'été austral (octobre-novembre). / Terme en usage notamment à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). Seule la caféière prospérait sous son toit de bois-noirs, arbres chaque jour plus verdoyants et plus protecteurs. Roman Sénès, 1987 : 85. (…) oubliant un instant la station* familiale, (…) sa rivière, ses grands bois noirs (…). Roman Jacques, 2002b : 21. Une petite vallée ombragée par des érythrines* et des bois noirs (…). Entretien Barbançon, 2022 : 223. Composé (peu cour.) : Bois-noir* de Tahiti. Variante graphique : Bois noir (sans trait d'union). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également bois-noir dans la BDLP, 2006-2013.

263

BOIS* MOUCHETÉ :

n.m. Rare. (Dysoxylum spp.). V. CHENE-TIGRÉ . Répertorié notamment par : Hollyman, 1977 : 28.

263

BOIS-NOIR DE TAHITI :

n.m. Peu cour. (Samanea saman). Arbre ressemblant au bois-noir* mais dont les fleurs sont rosées. Répertorié par F.O.L., 1983 : 23.

263

BOIS PERNOD :

n.m. A.cour. (Nemuaron vieillardii Bail.). V. BOIS ABSINTHE. Répertorié notamment par Rageau, 1973 : 37.

263

BOIS* PÉTROLE :

Variante de BOIS* DE PETROLE, V. ce mot. (…) des rêves accrochés (…) à la chair vive des bois* pétrôle, des santals (…). Roman Jacques, 2002a : 16. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

263

BOIS* PIROGUE :

n.m. Rare. (Hernandis cordigera Vieil.). V. BOIS* BLEU. Répertorié par F.O.L., 1983 : 22.

263

BOIS-TABOU :

n.m. A.cour. (Fagraea schlechteri Gilg. et Ben.). Petit arbre à fleurs blanches et odorantes. Encycl. : Identification synonyme : Fagraea berteroana A.Gray ex Benth. (endemia.nc) / Famille des Potaliacées ou famille des Loganiacées (Ibid.). / La sève de cet arbre brûle facilement, d'où le syn. de bois-de-pétrole* ou bois* pétrôle. Son bois* est utilisé par les Mélanésiens pour sculpter les tabous, petites statues de bois. Le bois-tabou (…) est une espèce souvent épiphyte (…) dont les grandes fleurs blanches s'ouvrent après la pluie. Manuel Ecologie, 1987 : 105. Il se souvient du parfum des fleurs de niaouli ou de bois tabou (…). Roman Gorodé, 2005 : 10. Fagraea berteroana. Bois tabou. Loganiaceae. Pancarte dans un parc naturel (Rivière bleue), 2022. Syn. : Bois* de pétrole (a.cour.). Faux* houp (peu cour.). Biouen* (rare). Variante : Bois* à tabou. Variante graphique : Bois tabou. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

264 BOMBARDER :

v. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.).  1. v.tr.dir. Frapper, battre. V. ASTIQUER (I. 1.) Je dis bonjour, le mec y m'répond pas, l'enculé!* j'voulais bombarder mon con*! Sketch Lewis, 1990. Dynamique : Selon l'enquête de 2005, mot en pleine vitalité, à l'usage généralisé.  2. v.intr. Foncer. V. ASTIQUER (II.). (…) un kart, ça bombarde (…) ça atteint 130 à 140 km/h (…). Journal Tazar*, 07/2005. Va-s-y! Bombarde! Oral spontané, s.d.  3. v.tr.dir. Lancer, tirer. -Hé! (…) tu pointes ou tu tires?!!(…) -Je pônse [=pense] que si je pointe un coup ou si je tire un coup... -Bombarde et tu wois [=vois] après...(scène de pétanque) Berger, 1989 : 26. Norme : Le Petit Robert mentionne entre autres le sens de "lancer de nombreux projectiles", en usage en français calédonien* également, où il est alors syn. de canarder* ou caillasser*.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

265 BON :

n.m. T.cour. Fam. Gentil, dans la locution bon mec. Ses copains c’est des bons mecs. Oral spontané, s.d. Madame m’a suggéré l’idée de venir ici (…) et comme je suis un bon mec on est venus. Vidéo Kingtäz, Saint Valentin 2023, 02/2023. Connotation : Parfois, cet emploi est un marque identitaire calédonienne*, comme dans l’illustration de Kingtäz ci-dessus, qui est une caricature du français calédonien*. Equivalent hexagonal : Mec sympa. Mec gentil. Norme : Possible en français hexagonal mais moins fréquent. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023). 

265 BON-COURAGE :

n.pr. A.cour. Fam. Ethnolectal ? (peu cour. chez les Européens* ?). Parfois Plaisant ? Prison de Nouméa. V. CAMP EST. Camp Est, Far* West, Ile* de l’Oubli, Après-le-pont*, Stop-vacances*, Bon-courage, les Six* Quartiers, une litanie que se répétait Erwann (…) à son arrivée à la prison. Roman Jacques, 2002a : 129. Dynamique :  Emploi relativement récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

266 BON,-NE À PEAU :

V. PEAU.

266 BONNE ÉCAILLE :

Variante de TORTUE BONNE ECAILLLE. V. cette entrée. (…) je plonge (…) je regarde un peu plus loin : une bonne écaille qui démarre (…). Sketch Wahoo, [2000?].

267 BONNET D'ÉVÊQUE :

n.m. Rare. (Barringtonia asiatica). V. POMPON BLANC. Répertorié par Godard, 1978 : 56.

267 BOQUER :

Variante de BEUQUER. V. cette entrée. Répertorié par F.O.L., 1983 : 25.

270 BORD DE MER! :

interj. T.cour. Sociolectal (pop.). Exprime la surprise. V. BABYLONE ! - Awa* Envoie un coup* une photo… ;)  - [une photo est envoyée]  - Bord de mer… [=Ooh mince ! Quelle déception !]. Post humoristique, Facebook, 2022. Dynamique : Emploi récent -Pauleau, enquête linguistique, 2022.

268 BORDEL :

Attesté à l’oral uniquement. n.m. T.cour. Fam. Registre vulg. souvent neutralisé. Chose, truc. Il me tend un espèce de bordel, de dossier (…). Sketch Lewis, 1990. Dans ma propriété* y a plein de fourmis rouges et puis ça détruit tout, ces bordels là ! Sketch Lewis, 1990. (…) comment on appelle ça le bordel là? Sketch Wahoo, [2000?]. Norme : Terme absent des dictionnaires consultés mais (selon des informateurs de la région parisienne) possible dans l’Hexagone avec ce même sens (mais relevant davantage du registre vulgaire qu'en contexte calédonien*, où cette vulgarité est neutralisée).

269

BORDEL* FOU :

n.m. A.cour. Fam. Ethnolectal européen*. Registre vulg. neutralisé. Objet ou individu perçu comme extravagant. [devant une sculpture d'art abstrait] C'est quoi ce bordel* fou? Oral spontané, s.d. Norme : L'usage de ce mot n'est pas forcément considéré comme vulgaire en contexte calédonien*.

 

270 BOSSE :

n.f. Peu cour. Vieilli. Colline, minière ou non. Encycl. : Mot apparu avec l'exploitation minière, donc dès le XIXe siècle. Pour faire un bon cobaleur* (…) Il ne faut pas être rosse Pour monter quarante molosses Tout en haut de notre bosse (…). G.Baudoux, 1896 dans Anthologie, 1994 : 195. Il disait "la bosse" pour se faire comprendre des ouvriers qui n’appelaient pas la mine autrement. Roman Sénès, 1987 : 105. (…) des lieux aux noms terrifiants : la bosse du Crime ou la vallée morte (…). Sénès, 1987 : 319.

271 BOSSU :

n.m. T.cour. (Lethrinus spp., Gymnocranius spp., Wattsia spp.) Poisson à la chair très estimée, de taille moyenne et à la forme arrondie. Encycl. : Compte parmi les poissons les plus pêchés avec le bec* de cane. Les vieux* (…) sont allés pêcher les dawas* et les bossus qui n'ont pu échapper aux mailles de leurs sennes. Robert 1976, Littérature NC : 244. Les marins (…) ont dû travailler toute la nuit. Dans la glacière des trésors brillent : maï-maï*, bossus (…). Roman Ohlen, 2000 : 44. Les produits récifo-lagonaires vendus entiers les plus observés sont la saumonée* et le bossu : 98% de présence sur les étals. Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Composés  : V. ci après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

271

BOSSU* BLANC :

n.m. Peu cour. (Gymnocranius spp.). Poissons du genre Gymnocranius : espèces de bossu* de couleur argentée : V. BOSSU. Syn. (t.cour.) : Bossu*.  Répertorié notamment par : F.O.L., 1983 : 25.

271

BOSSU* BLANC À NAGEOIRES ROSES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gymnocranius lethriniodes). Espèce de bossu* blanc. V. BOSSU et BOSSU BLANC. Syn. (t.cour.) : Bossu*.  Répertorié notamment par : Observatoire, 1988 : 114.

271

BOSSU* BLANC À POINTS NOIRS :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gymnocranius japonicus). Espèce de bossu* blanc, dont le corps est parsemé d'écailles noires. V. BOSSU et BOSSU BLANC. Répertorié par Observatoire, 1988 : 114. Syn. (t.cour.) : Bossu*.

271

BOSSU* BLANC GROSSE RACE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gymnocranius rivulatus). Espèce de bossu* blanc. V. BOSSU et BOSSU BLANC. Répertorié par Observatoire, 1988 : 114. Syn. (t.cour.) : Bossu*.

271

BOSSU* CAPITAINE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus kallopterus). Espèce de bossu*. V. ce mot. Répertorié par Rivaton, 1990 : 123. Syn. (t.cour.) : Bossu*.

271

BOSSU* D’HERBE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus lentjan/ L. obsoletus). Espèce de bossu* aimant les fonds herbeux. V. ce mot. Répertorié par F.O.L., 1983 : 25. Syn. (t.cour.) : Bossu*. 

291

BOSSU* DORÉ :

n.m. Cour. (Lethrinus mahsena Forssk.) Poisson, espèce de bossu* la plus connue, dont le corps a des reflets dorés. Hier on a pris plein de bossus dorés. Oral spontané, 1991. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) bossu doré 5% (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. (t.cour.) : Bossu*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

292

BOSSU* JAUNE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Wattsia mossambica Smith). Espèce de bossu* aux reflets jaunes. V. ce mot. Répertorié par Rivaton, 1990 : 124. Syn.: Bossu* (t.cour.). Brème* olive (peu cour.). Bossu* olive (rare, spéc.).

292

BOSSU* LONG :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus variegatus / L.xanthocheilus). Espèce de bossu* allongé. Répertorié par F.O.L., 1983 : 25. Syn.: Bossu*(t.cour.). Communard long (rare) (Laboute, 2000 : 272).

292

BOSSU* OLIVE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Wattsia mossambica Smith). V. BOSSU JAUNE. Répertorié par Rivaton, 1990 : 123.

292

BOSSU* ROSE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus genivittatus Valenciennes?.). Espèce de bossu* du genre Lethrinus, au corps rosé. Répertorié par Observatoire, 1988 : 114. Syn. (t.cour.) : Bossu*. 

292

BOSSU* TÂCHÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus harak Forssk.). Espèce de bossu* au corps tâché de noir en son centre, affectionnant les fonds herbeux. Répertorié par Observatoire, 1988 : 114. Syn.: Bossu* (t.cour.). Norme : Appelé bossu  d'herbe par Laboute, 2000 : 269.

 

273 BOTTE (COUP DE -) :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. T.cour. Fam. Coup de pied. Cette nuit, t’as dû faire des cauchemars, t'as pas arrêté de me donner des coups de botte... Oral spontané, s.d. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

274 BOUCAN :

n.m. T.cour. Tendance ethnolectale (peut-être moins cour. chez les Européens*?). Poison ou maléfice. Encycl.  : L'effet d'un boucan peut être contré par un antidote : V. CONTREBOUCAN. Il connaissait en médecin les lentes dégradations que provoquent à doses filées les boucans de la sorcellerie canaque*. Roman Sénès, 1987 : 52. Y'a peut-être une histoire de boucan là-dessous. Roman Jacques, 2002b : 31. Ben le bouillon de onze heures et tout ça, là*. Le boucan, quoi! Roman Gorodé, 2005 : 146. On a tué ma mère. Jalousie d'abord, ensuite le boucan. Théâtre, Duchesne, 2014. Je ne crois pas aux boucans, maladies totémiques, sorcelleries (…). Ces recours aux magies imposent des raccourcis (…). Essai Mokaddem, 2018 : 10. On a fini par se demander s’il n’avait pas un boucan pour attirer les poissons uniquement sur sa ligne. Entretien Barbançon, 2022 : 99. Syn. (a.cour.) : Feuilles*, médicament*. Dérivés : Boucaner*. Emboucaner*. Composé : Contreboucan*. Norme : Le Petit Robert mentionne un premier sens (Vx) de "Viande fumée chez les Caraïbes", et un second sens (Pop.) : "Grand bruit", l’un et l’autre divergeant du sens calédonien*. Dynamique : L'usage de boucan au sens calédonien* est toujours très courant en contexte local, mais davantage chez les Kanak* et les Polynésiens que chez les Européens* (usage à tendance ethnolectale), et peut-être (?) surtout dans les tranches d'âge supérieures ;  sans doute faut-il voir aussi que la réalité du boucan est peut-être plus fréquente parmi les sujets de conversation de ces groupes. Les scènes des illustrations ci-dessus se passent d'ailleurs en milieu kanak* -Pauleau, enquêtes linguistiques de 2005-2022.

275 BOUCANER :

v.intr. T.cour. Fam. Sentir mauvais. Il doit y avoir une bête crevée dans le coin : ça boucane hein? Oral spontané, 1991. Commônt qu'on change un bébé déjà ?..Pfouiii ça boucane ! BD Berger, 2000 : 23. Equivalent hexagonal : Puer. Syn. : Niater* (a.cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

276 BOUFFER LA GUEULE :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. tr.ind. (ou pron.) T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Registre vulg. souvent neutralisé. Faire un baiser lingual. Ils s'attrapent, ils s'embrassent, ils se bouffent la gueule et tout... Sketch Lewis, 1990. Equivalents hexagonaux : Rouler un patin (DEL)/ une pelle...etc. Norme : Cette locution est un bel exemple de banalisation de la "vulgarité" lexicale car il est évident que dans une majorité de situations en France hexagonale, une telle expression paraîtrait parfaitement grossière et déplacée, ce qui est loin d'être le cas en contexte calédonien*, où le sens propre de "bouffer" : manger, et le sens grossier de "gueule" laissent souvent place à un signifié neutralisé "embrasser", de registre seulement familier. Dynamique : Expression restée très courante (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

277 BOUGAINVILLÉE :

n.m. T.cour. (Bougainvillea spp. / Bougainvillea spectabilis Willd.) Nom donné aux ornementaux grimpants et épineux du genre Bougainvillea et spécialement Bougainvillea spectabilis qui peut atteindre des proportions impressionnantes, et qui produit des grappes de fleurs de couleurs très vives. Encycl. : Ce nom vient de celui du navigateur Louis Antoine de Bougainville. / Avec les hibiscus*, ce sont les parures les plus courantes des jardins calédoniens*. Les fleurs de couleur fuchsia sont les plus répandues, mais il existe de très nombreuses variétés et hybrides allant du blanc au pourpre sombre en passant par l'orange, le rouge, le mauve, ...etc. / Famille des Nyctaginacées. / Terme en usage également à l'Ile Maurice notamment (Nallatamby, 1995). Arrivage Bougainvillées (…). Journal Les Nouvelles, 26/06/1990. Variante graphique : Bougainvillier*. Norme : Employé au masculin, tandis que le Petit Robert mentionne le genre féminin en premier lieu, et donne la définition suivante : "arbrisseau sarmenteux (…) à fleurs (…) violettes ou roses." (les variétés calédoniennes* ne sont pas des arbrisseaux, elles peuvent même être gigantesques). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

278

BOUGAINVILLIER :

Variante graphique de BOUGAINVILLÉE. V. ce mot. 18h49. Bougainvilliers roses. (...) Tiens ça t'apprendra. J'enfouis mon téléphone dans ma poche (...). Théâtre, Duchesne, 2014. (…) un bougainvillier fuchsia avait réussi à se hisser jusqu'au sommet. Roman Tcherko, 2001 : 36. (…) multiples violets du bougainvillier géant (…). Roman Simon, 2021 : 139.

 

279 BOUGNA :

n.m. T.cour. Plat traditionnel kanak* en général à base de légumes (ignames*, taros*, etc.) et de poisson (ou aujourd'hui de viande de poulet), arrosés de lait de coco*, enveloppés de feuilles de bananier et traditionnellement cuits au four* kanak* (enfoui sous terre). Encycl. : Bunya a le même sens en kumak*, langue kanak*  du nord de la Grande-Terre* (Observatoire, 1984 : 28); puhnya en drehu* (langue kanak* de Lifou, Ile Loyauté) désigne une sorte de bougna, celui au lait* de coco (Sam, 1980) ; en a’jië*, langue kanak* de la région de Houailou (Grande-Terre*), punya désigne tout aliment agrémenté de pulpe de coco* râclée (Lercari, 2002)./  Le bougna est un mets souvent réservé aux occasions particulières. La recette de ce plat, qui est apprécié dans tous les groupes culturels, varie selon les goûts et les habitudes alimentaires de chacun : le poulet ou le poisson* peuvent être remplacés par du crabe*, de la langouste*... (d'où les composés cités plus loin, et les Européens* ajoutent souvent au bougna des ingrédients moins "exotiques" tels que tomates, oignons, herbes, poivre, etc. La cuisson au four* kanak* (V. ce mot) est souvent remplacée aujourd'hui par la cuisson à l'européenne* (bougna-marmite*). (…) pour fêter le retour de celui que l'on croyait perdu à tout jamais, les anciens du clan des Apico organisèrent un grand bougna... "Société Le Nickel" Informations 1974, dans Manuel Lectures : 171. As-tu déjà mangé du bougna ? Manuel de français a, 2002 : 11. (...) la Province Nord c'est aussi l'occasion de faire des rencontres authentiques et de partager le bougna en tribu (…). Brochure touristique, 2005. (…) randonnées, dégustation du bougna, visite des plantations (…). Brochure touristique d’Aircalin, 2022.  Composés : Mots nommant les différents bougnas, à base d'ingrédients divers : Bougna-crabe, bougna-langouste, bougna-poisson, bougna-poulet (attestés uniquement à l'oral, a.cour.).  V. également ci après : Bougna-marmite. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

280

BOUGNA-MARMITE :

n.m. Cour. Plat traditionnel kanak* (bougna* : V. ce mot) cuit dans une marmite et non au four* kanak*. Le bougna-marmite c'est plus facile à faire, mais c'est moins bon... Oral d'enquête 1990. (…) pour y faire cuire des bougnas-marmite. Récits Collégiens, 1995 : 47. (…) un bougna-marmite longuement mijoté (…). Roman Calandra, 2004 : 8. Syn. (t.cour.) : Bougna*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

281 BOULETTE :

n.f.    I. Cour. Fam. Pique verbale. Ce n'est pas gentil de la part de ce parlementaire (…) de nous avoir envoyé la boulette, hein? Journal Les Nouvelles, 13/06/1990 (billet satirique). Arrête! Tu m'as envoyé encore une boulette quand on a parlé avec ton frère tout-à-l'heure hein?! Oral spontané, s.d.  Equivalent hexagonal : Vanne (DFNC). Dynamique : Selon l'enquête de 2005, l'usage de ce mot est moins courant chez les jeunes que chez les plus âgés.    II. T.cour. Fam. Ethnolectal européen*? (semble plus cour. chez les Européens*?). La pleine forme, dans la loc. verbale AVOIR LA BOULETTE1. Avoir la forme, être en forme, aller bien. Connotation : Amicale. Olympique club, la roussette* qu'a la boulette! Devise d'un club de rugby, 1990. (…) voici de quoi (…) faire un petit plat qui vous donnera la ''boulette''. Recettes Moglia, 2004 : 69. Si tu viens, promis, j’aurai la boulette ! [: Publicité] Journal Tazar*, 06/2005 15.  Equivalents hexagonaux : Avoir la forme, la pêche. / Avoir la frite (DEL). Syn.  (a.cour.) : Doser* (II.2.) -ça dose, pisser* -ça pisse. Variante (t.cour.) : Elision des deux premiers mots : V. l'article ci-après: BOULETTE (?).  2. Avoir une forte puissance (en parlant d'un engin). Elle a la boulette cette voiture hein? Syn. (peu cour.) : Avoir la chiasse*.    III. Cour. Fam. De la puissance, de la force, dans METTRE LA BOULETTE :   1. "Faire porter son effort sur" (DEL "mettre la gomme"). Si tu veux gagner, il faut mettre la boulette! Equivalent hexagonal : Mettre le paquet/ la gomme. Syn. (t.cour.) : Astiquer*, mettre la douille*. Variante : Planter sa/une boulette. Norme : Ce sens est différent de celui de mettre une douille* : réprimander, corriger. V. DOUILLE.  2. Foncer. V. ASTIQUER (II.). Vas-y! Mets la boulette! On va être en retard! Variantes (attestées uniquement à l’oral) : Envoyer* la boulette : Envoye la boulette! (jamais "envoies"). Mouiller* sa boulette : Mouille ta boulette !  

Dynamique : L'usage de ce mot semble moins courant en 2005 que dans les années 1990 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

282

BOULETTE (LA - / UNE -) :

loc.adverbiale. Cour. Fam. Beaucoup. Couvrir à l’épervier une boulette de picots* ! (...). Piquer à la sagaïe* un poulpe (...). La pêche a gravé en moi des images de la Calédonie* (…). Entretien Barbançon, 2022 : 100. Il a une/la boulette de livres chez lui hein? -Y en a combien? -Je sais pas mais y en a la boulette! Equivalents hexagonaux : Un paquet, des tonnes...etc.

283

BOULETTE?/ BOULETTE! :

phrase (affirmative ou interrogative). T.cour. Ça va (?). Salut Tonton ! Boulette ? BD Niko-Solo, 2004 : 41. Boulette ! (Légende: photo d'un sportif pouce levé) Journal Les Nouvelles, 05/2005. Boulette ou quoi ? Couverture du guide des associations de Nouvelle-Calédonie, 2024, bulle attribuée à un cagou* dessiné sur la couverture.  [deux personnes qui se rencontrent :] -Boulette? -Boulette! [= -Ça va? -Ça va!]. Oral spontané, s.d. Syn.  (a.cour.) : Ça* dose. Ça* pisse. Leleïpe*. Il* est bon.

 

284 BOULOUK :

1. n.m. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Etre (homme ou animal) de corpulence et/ou de force impressionnante(s). Connotation: parfois péjorative (être stupide). Encycl. : Le bichelamar* puluk [buluk] signifie : boeuf, vache, taureau (Guy). Sacré boulouk de clébard ! Roman Jacques, 2002b : 33. C'est un vrai boulouk alors quand il te met une baffe tu te relèves pas! Oral spontané, s.d. Equivalents hexagonaux (s'il s'agit d'un homme) : Bête (c'est une bête, ce mec). Armoire à glace. Ant. : Aiguillette* de palétuvier. Freluquet de barrière.  2. adj. Peu cour. Sociolectal (pop.). De corpulence et/ou de force impressionnante(s). Ben remarque il [le requin] est pas boulouk mais ça peut te bouffer un mollet quand même... Berger, 1989 : 10.

Dynamique : Emploi toujours en usage (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

285 BOUNANE (ALLER SE FAIRE -) :

V. BOURRER.

 

286 BOUNI :

Variante graphique de BUNI : v. cette entrée. Norme : Répertorié par Schmid, 1981 : 26.

 

286 BOURAO :

n.m. Cour. (Hibiscus tiliaceus L.). Petit arbre tortueux du bord de mer, aux fleurs jaunes. Encycl. : Le tahitien "purau" désigne le même arbre (Observatoire, 1984 : 29). / Famille des Malvacées. / L'écorce de cet arbre était autrefois utilisée pour la fabrication de tapas*, de jupons, de lignes, filets de pêche...etc. / Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 71). (…) des pieux de bouraos fichés en terre. Roman Sénès, 1987 : 45. (…) l’escargot cassa une branche de bourao pour se défendre (…). Contes de Thio, 1997 : 21. Pourquoi les feuilles de bourao ont-elles la même forme que celles de l'hibiscus* ? Contes Buchert, 2004 : 25. (…) à l'ombre d'un grand bourao (…) où (…) ils aimaient manger (…). Roman Gorodé, 2005 : 123. (…) au dessus de la ligne des bouraos (…) qui ourlent le littoral (…). Roman Simon, 2021 : 139. Syn. (peu cour.) : Bourao* jaune. Composés  : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

286

BOURAO* BLANC :

Attesté uniquement à l'oral. n.m. Peu cour. (Identification scientifique ? Hibiscus sp. ?).Variété de bourao* à fleurs blanches. Encycl.  : Possède des propriétés médicinales (selon informateur). V. BOURAO. Le bourao* blanc, c'est pour guérir les plaies…Oral d'enquête, 1991. Syn. (cour.) : Bourao*.

286

BOURAO* JAUNE :

n.m. Peu cour. (Hibiscus tiliaceus L.). V. BOURAO. Y a le bourao* jaune aussi.... Oral d'enquête, 1991. Norme : Ne s'emploie que par opposition à bourao blanc.

 

287 BOURRE DE COCO :

V. COCO.

288 BOURRER :

v. T.cour. Fam. Registre vulg. le plus souvent neutralisé. Avoir des relations sexuelles, faire l'amour. "Bourrer" doit être replacé dans le vocabulaire caldoche* et dans son contexte socio-culturel. Un caldoche* baise rarement et fait l'amour encore moins. Non, il bourre. Le mot lui-même, dans sa signification comme dans sa consonance, correspond bien à une certaine conception de l'acte. Il y transparaît une sensualité plus rude, plus nature, un peu "bétail*". D'un grand séducteur, on dira :"Ça, c'est un bourreur*!". Essai Barbançon, 1988 : 74. L’intelligence artificielle fiable ? :  – Quelle solution vois-tu pour la sortie des Accords ? –Chat GPT : Bourre le* ! Journal Le Chien bleu, 05/2023. Equivalents hexagonaux : Baiser (français familier vulg.). Choper, niquer, serrer… (français néo-pop. vulg.). ...etc. Syn. (peu cour.) : Casser*. Tasser*. Tirer* canard. Norme : Le registre vulgaire est neutralisé (bourrer est beaucoup moins vulgaire que ne l'est en français hexagonal le verbe "baiser"). / Le Dictionnaire du francais non conventionnel mentionne des emplois avec compléments exprimés : bourrer quelque chose ou quelqu'un mais pas l'emploi intransitif bourrer qui existe en français calédonien*. Dérivé : Bourreur*. Locution : Aller se faire bourrer (interjection insultante : Va te faire bourrer! et ses variantes, notamment : Va bourre! Va bourrer! Va te faire bounane!). V. ALLER BAIGNER/ Bourre le! Bourre la! (interj. insultante ou plaisanterie) Bourre toi! (idem) Bourre ta main et dors! (idem). V. les entrées ci-après. Norme : Le registre vulgaire est neutralisé (bourrer est beaucoup moins vulgaire que ne l'est en français hexagonal le verbe "baiser"). / Le Dictionnaire du francais non conventionnel mentionne des emplois avec compléments exprimés : bourrer quelque chose ou quelqu'un mais pas l'emploi intransitif bourrer qui existe en français calédonien*. Dans l'Hexagone, les nombreuses expressions non standard signifiant "faire l'amour" (y compris bourrer, en usage chez certains locuteurs du français hexagonal populaire) sont soit considérées comme vulgaires soit banalisées (notamment dans la variété populaire du français et dans certaines variétés régionales), et leur vulgarité est alors neutralisée, ce qui les rend comparables aux expressions du français calédonien. En revanche, une différence notable du point de vue des représentations : ce verbe a une valeur emblématique en contexte calédonien*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

289

ALLER SE FAIRE BOURRER* : VA TE FAIRE BOURRER* ! :

Attesté à l'oral uniquement. loc. verbale. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Vulg. Parfois plaisant. Exprime le rejet brutal de celui à qui on demande d’aller se faire bourrer* ou un refus vis-à-vis d’une demande de cette personne. V. ALLER BAIGNER, dont toutes les rubriques sont applicables ici. Va te faire bourrer* ! Arrête de me parler de ça ! Equivalent hexagonal : Va te faire foutre !  Variantes : Aller bourrer*, aller* se faire bounane (cour.). Aller* bourre (a.cour.). Norme : Possible en français hexagonal mais rare alors que la fréquence de Va te faire bourrer en contexte calédonien* est forte, son usage est quasi-emblématique. L’expression hexagonale "Va te faire foutre/voir" est par contre fréquente en contexte hexagonal.

289

BOURRE LE/LA ! :

interj. parfois insultante envers la personne représentée par le/la, parfois non insultante (plaisant). Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Registre vulg. le plus souvent neutralisé (V.BOURRER).  

1. "Baise le/la!": Plaisanterie consistant en une invitation à la fornication. Connotation : Forte connivence entre locuteurs. [Croisant un ami accompagné d'une fille:] Bourre la! Equivalent hexagonal : Bonne bourre! (DEL). Variante (attestée uniquement à l’oral) : Bourre* le c't'enculé* d'zoreille*! -même s'il n'est pas question d'un Zoreille* (Métropolitain). Norme : Le DEL (comme le DFNC) ne mentionne que l'expression "Bonne bourre!" en précisant qu'elle est "plus ou moins ironique" et réservée aux situations de communication "entre hommes", ce qui n'est pas forcément le cas pour les équivalents calédoniens*. V. BOURRER.   

2. Invitation à dominer, vaincre quelqu'un. [Soutenant quelqu'un qui se dispute avec une tierce personne:] Bourre le! L’intelligence artificielle fiable ? :  – Quelle solution vois-tu pour la sortie des Accords ? –Chat GPT : Bourre le* ! Journal Le Chien bleu, 05/2023.  Equivalents hexagonaux : Baise le ! (Petit Robert : baiser, sens 2, Fig. Pop. : posséder). Casse le ! (français des jeunes en 2005). Remarque : Ce dernier équivalent est intéressant car le verbe "casser" a, au sens de "dominer", un usage récent en 2005 et très en vogue, issu du personnage du film de J. Dujardin, Brice de Nice (2005), et du culte de la "casse de Brice", culte de la raillerie et de la domination par le verbe : Les deux expressions Casse le/la ! (celle du français calédonien* citée en syn. en début d'article et celle du français hexagonal jeune) peuvent donc être soit identiques (au sens de "Domine le/la" –mais précisons que l’expression calédonienne* pré-existe à l’expression hexagonale issue de Brice de Nice), soit divergentes, le sens calédonien* de "Possède le/la sexuellement" n'ayant apparemment pas cours dans l'Hexagone.   

3. Exprime une connivence soit entre le locuteur, l'interlocuteur et quelqu'un dont l'interlocuteur vient de parler, soit une connivence d'un autre ordre selon la situation de communication. Quand je raconte l'histoire (.) à [=de] Poupoune, invariablement, mon interlocuteur me répond:/ "Ah! Bourre le, çui-là!"/ C'est la dernière réplique passe-partout. Essai Barbançon, 1988 : 74. Equivalent hexagonal approximatif : Sacré untel ! (dans l'exemple cité ci-dessus : Sacré Poupoune !).  

4. Exprime la volonté de faire un commentaire moqueur à propos de quelqu'un dont on vient de parler. -Hé! Regarde le présentateur, il a changé de coiffure!  -Bourre le! Equivalent hexagonal : Le con!

 

Syn. : Casse* le/la! (cour.). Tasse* le/la! (peu cour.).

Dynamique : Expression en pleine vitalité (Pauleau, enquêtes linguistiques 2005-2023).

289

BOURRE TOI :

Attesté à l'oral uniquement. interj. insultante ou non. Cour. (au moins chez les jeunes). Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Registre vulg. le plus souvent neutralisé (V.BOURRER. Norme).   1. Insulte. -Vas me chercher mes affaires —Bourre toi ! Equivalent hexagonal : Va te faire voir/foutre !   2. Réaction de désapprobation à une situation ou à des paroles.  [quand on n'est pas d'accord avec quelqu'un : ] Bourre toi ! Equivalent hexagonal : Arrête de dire n'importe quoi !

Syn. : Ben* tiens !

Dynamique : Expression récente, récoltée chez les adolescents durant l'enquête de 2005.

 

289 BOURREUR,-EUSE :

n. Cour. Fam. Plaisant. Registre vulg. le plus souvent neutralisé. Séducteur /séductrice qui aime passer à l'acte. D'un grand séducteur, on dira : "Ça, c'est un bourreur!". Essai Barbançon, 1988 : 74. Equivalent hexagonal : Baiseur, -euse. Composé : Bourreur* de poule. Norme : La vulgarité de l'expression est nettement neutralisée en contexte calédonien* par rapport au contexte hexagonal, où l'expression serait considérée comme très vulgaire.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

289

BOURREUR* DE POULE :

Attesté à l'oral uniquement. n.m. Cour. Fam. Plutôt plaisant. Registre vulg. le plus souvent neutralisé.  1. Insulte. (…) y a un des mecs là*, un des zoreilles* (…) il a été inviter [à danser] la môme à Nounous (…) Hé!* L'enculé!* [rire] Hé!* Mon con* y ressemblait à rien! Vraie gueule de bourreur* de poule! Sketch Valéry, 1989.  2. Homme qui parle et se vante davantage qu'il n'agit. Moi, je veux plus d'affaires avec lui: il parle, il parle mais en fait...c'est le vrai bourreur* de poule, quoi! Oral spontané, 1991.

Equivalent hexagonal : Rigolo.

Norme : La vulgarité de l'expression est nettement neutralisée en contexte calédonien* par rapport au contexte hexagonal, où l'expression serait considérée comme très vulgaire.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

291 BOUT :

n.m. A.cour. Ethnolectal? (rare chez les Kanak*?). Cordage. (…) le vieux bateau relié à la vieille plate* par un morceau de corde (on appelle ça un "bout" par ici). Sebban, 1984 : 12. Norme phonétique : [but] (le "t" final se prononce). Locution : En* bout.

292 BOUTEILLE CARRÉE :

n.f. T.cour. Fam. Svt plaisant. Bouteille de whisky. Encycl. : Par référence à la forme de la bouteille de whisky de la marque "Johnny Walker". C'est fin* valable* de boire une bouteille carrée avec les cousins (…). Roman Tcherko, 2001 : 29. (...) passe un coup* la bouteille carrée (...). Roman Simon, 2021 : 142. Variante (a.cour.) : Carrée*. Syn. : Bouteille* de Jean-le-Marcheur. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

292 BOUTEILLE* DE JEAN-LE-MARCHEUR :

n.f. A.cour. Fam. Svt plaisant. V. BOUTEILLE CARRÉE. La bouteille de « Jean-le-Marcheur » trône sur la table basse en bois de niaouli* (…). D’habitude il [le Zoreille*] ne boit pas de whisky. Il est plutôt blanc pour l’apéro, sancerre (…). Entretien Barbançon, 2022 : 107.

293 BRANCHE(S) (CERF À x -) :

Attesté uniquement à l’oral. structure de loc. nominale. Peu cour. Spéc. Domaine : Chasse. Exprime l’âge du cerf dont il est question : cerf à 1/2/3… branches : âgé de 1/2/3 ans. Il a ramené un cerf à trois branches avec son coup* de chasse de samedi. Norme phonétique : Le f final de cerf se prononce. Dynamique : Usage apparemment récent (?).

294 BRANLER :

v.tr. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Registre vulg. souvent neutralisé. Faire. Bon on barre*, tu branles quoi ? BD Teg, 2002 : 18. Il branle rien. Oral spontané, 1991. Norme : Ne s'emploie qu'aux formes négatives et interrogatives (cf exemples ci-dessus). En usage en français hexagonal mais l'usage calédonien* est de fréquence largement supérieure et le registre vulgaire est neutralisé (le mot est beaucoup moins vulgaire qu'il ne l'est en français hexagonal). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

295 BRÈDES :

n.f.pl. A.cour. Vieillissant ou ethnolectal (plus cour. chez les Kanak* notamment).  1. (Amaranthus interruptus R.Br.). Herbe dont on mange les feuilles comme celles des épinards. Syn. : Brède(s)* pariétaire(s), épinards* du pays, faux* épinards (rares, vieillis). Epinards* sauvages kanak* (a.cour.)?   2. (Solanum nigrum L.). Herbe à petites baies violettes comestibles et à feuilles amères qu'on mange comme celles des épinards. Syn. : Brèdes* morelles (rare, vieilli).

Encycl. : Terme en usage notamment à La Réunion (site internet BDLP, 2006) et à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995).

Et puis les jardins avec les salades (…) les choux* de Chine (…) les ambrevades*, les chouchoutes* (…) les gluants* et les brèdes. Roman Gorodé, 2005 : 70.

Locution : Barrer*/partir* en bouillon de brèdes. 

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

295

BRÈDES* MORELLES :

n.f.pl. Rare. Vieilli. (Solanum nigrum L.). V. BRÈDES (2.). Encycl. : Terme en usage à La Réunion et à Madagascar, sous la graphie "brèdes morel", et avec pour syn. "brèdes martin" (BDLP, 2006). Les breds morelle [sic.] comme on les appelle aussi en Nouvelle Calédonie ; j’ai ri en lisant votre article parce que qu’est-ce qu’on a pu en manger enfants (…). Commentaire dans un blog, 08/2021. Syn. (cour.) : Brèdes*. Dynamique : Emploi vieilli et peu répertorié en contexte calédonien. / Répertorié par F.O.L., 1983 : 27. / La vitalité du terme est cependant confirmée (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

295

BRÈDES* PARIÉTAIRES :

n.f.pl. Rare. (Amaranthus interruptus R.Br.). V. BRÈDES (1.). Répertorié par F.O.L., 1983 : 27. Syn. (cour.) : Brèdes*.

 

296 BRÈME :

n.f. Cour. Nom donné à divers poissons argentés dont :  1. (Acanthopagrus berda Forssk.). Poisson de la famille des Sparidae, à la chair excellente, et dont les nageoires ont des reflets bleus. Répertorié notamment par Laboute, 2000 : 68. Variante (cour.) : Brème bleue.  2. (Scolopsis spp.). V. DÉMORCEURS.

Friture brèmes. Affiche au marché de Nouméa, 05/2005. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) brême 36 % (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020.

Composé : Brême* olive.

Norme : Terme employé en français hexagonal pour nommer divers poissons, uniquement d'eau douce; en français calédonien, le terme nomme des espèces complétement différentes et des poissons d'eau de mer uniquement.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

297

BRÈME* OLIVE :

n.f. Peu cour. (Wattsia mossambica Smith.). Poisson (brème*) de couleur vert-olive. Encycl.  : Famille des Lethrinidae. Fréquence d’observation annuelle des poissons récifo-lagonaires (...) brême olive 7% (...). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. : Bossu* olive (Laboute : 494). Bossu* jaune. Dynamique : Terme stable selon l’enquête de 2022.

 

297 BROSSE À BOUTEILLES :

n.f. Cour. (Grevillea spp.). Nom donné aux arbustes des terrains ultrabasiques (terrains miniers) dont les fleurs rappellent des goupillons. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 27. Variante (peu cour.) : Brosse à dents.

298 BROUSSARD,-ARDE :

n. et adj. T.cour. Habitant de la brousse*/ Relatif aux habitants de la brousse*. V. ce mot. Connotations : Diverses (péjoratif/ neutre/ mélioratif). Pourquoi Nouméa et pas les broussards? Journal Bwenando, 03/07/1986. Le cheval étant le meilleur ami du broussard avec le chien* bleu (…) Brochure touristique province nord, 2005. [Journée 1001 recettes calédoniennes*:] une exposition avec un buffet broussard, un buffet avec des plats calédoniens*. Interview radio, 05/2005. (…) championnat de kite surf, de golf, course hippique, nautique, rodéo broussard (…) on ne s’ennuie jamais (…). Présentation d’une vidéo sur la chaîne touristique d’Aircalin, 2022. Cette Nouvelle-Calédonie broussarde (…) une population tournée vers l’agriculture et l’élevage. Bienvenue chez les Broussards calédoniens*. Brochure touristique d’Aircalin, 2022. L’exode rural qui avait commencé entre les deux guerres mondiales n’avait pas encore divisé autant qu’aujourd’hui les citadins et les broussards pour la simple raison qu’un grand nombre de citadins étaient d’anciens broussards qui avaient conservé des liens forts avec la brousse* ne serait-ce que des liens familiaux. La forte immigration des années 1970 puis celle des années 1990, a complètement modifié cette donne. Entretien Barbançon, 2022 : 218. Equivalent hexagonal : Provincial, -le. Norme : Le mot "broussard" est répertorié par le Petit Robert avec la marque "Fam." et la définition suivante : "Celui qui vit dans la brousse". En français calédonien*, le sens est moins restreint et les nuances connotatives peuvent être rapprochées de celles que subit en français hexagonal l'équivalent "provincial" mais on pense surtout aux connotations du mot "paysan" qui peut comporter comme le mot broussard, selon le contexte, des traits liés à une certaine image de la terre (de l'"authenticité" à la "saleté" et la "grossièreté")./ Les mots "provincial" et "campagnard" ne s'emploient pas, sauf exceptionnellement, comme dans l'attestation qui suit (extraite d’un programme de spectacles, 04/2005) : 9 avril  Journée campagnarde Venez vous mettre au vert en passant une journée au calme dans la région de Thio : comme on le voit, la norme du français de France s'insinue de plus en plus dans le pays, par le biais notamment de médias calqués sur le modèle hexagonal (ce type de programme culturel n'existait absolument pas dans les années 90). V. également BROUSSE (II.). Dynamique : Terme en pleine vitalité (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

299 BROUSSE :

T.cour.   I. n.f. Végétation, avec les nuances décrites en 1. et 2. ci-après. Dérivés : Débroussage*, débrousser*. Composés : V. articles ci-après.  1. Toute végétation. (…) le 72e régiment du génie a tracé une voirie supplémentaire dans la brousse montagneuse. Journal Bwenando, 08/01/1988. (…) en pleine forêt vierge (…) Les gens d’ici auraient plutôt employé le mot « brousse ». Roman Simon, 2021 : 191.  2. Savane. Pour trouver une place grande comme la main, il faut abattre un arbre. Quand c'est pas la forêt, c'est la brousse les niaoulis* et les lantanas*. Mariotti 1947, Littérature NC : 26.   II. BROUSSE (LA -) : n.f. Ensemble du pays à l'exclusion de la capitale, Nouméa, et des Iles Loyauté. (…) cherche emploi Nouméa ou Brousse. Journal Les Nouvelles, 11/06/1990 (petites annonces). Vous venez d'arriver en brousse (…) ? BD Teg, 2002 : 35. (…) ceux qui résident en brousse ou aux îles* (…). Manuel de français, 2002 : 3. Comme toujours la brousse est oubliée ! Ils nous prennent pour des rigolos à Nouméa ! BD Berger, 2004 : 7. J’ai un copain de brousse qui s’est senti très concerné (…). Journal Tazar*, 07/2005. (…) vous en faites pas. C’est comme ça qu’on parle en brousse. Récits Juncker, 2018 : 112.  BROUSSE ET ILES, nom de la rubrique du quotidien Les Nouvelles, 29/07/2019 (le nom de cette rubrique -consacrée aux actualités concernant le pays à l'exclusion de Nouméa- n'a pas changé depuis des décennies). Golf de la Ouenghi : aux portes de la Brousse. Brochure touristique d’Aircalin, 2022. (…) un siècle auparavant [jusque dans les années 1970] la brousse commençait à la Vallée-des-Colons [quartier de Nouméa un peu excentré]. Entretien Barbançon, 2022 : 29. Equivalent hexagonal : Province. Syn. (t.cour., écrit) : Intérieur* (l'). Dérivé : Broussard*. Norme : Cet emploi de brousse cumule à la fois les traits des termes du français de référence "province" et "campagne". Il s'agit en effet d'opposer Nouméa et sa périphérie au reste de l'archipel, les centres d’urbanisation étant également compris dans le signifié brousse (se rapprochant alors de "province") même si les plus grands de ces centres ne sont que de grands villages (comme pour le signifié de "campagne"). On n'emploie jamais en contexte calédonien* le mot "province", ni le mot "campagne". / Au centre d'un groupe circonstanciel de lieu, le mot brousse est employé avec la préposition en, sans déterminant : on dit en brousse (et non "dans la brousse" comme cela se dit dans certains autres pays francophones); également sans déterminant avec de : les enseignants de brousse (et non "de la brousse").   III. BROUSSES : n.f.pl. Broussailles. (…) le condamné (…) se sentit projeté à terre, le nez dans les brousses (…). Roman Sénès, 1987 : 42. Trois jeunes s'enfuirent dans les brousses (…). Roman Jacques, 2002a : 44. (…) toutes ces voitures garées dans les brousses (…). Kurtovitch, 2013 : 35. (...) [des] chiens galeux pissent dans les brousses. Théâtre, Duchesne, 2014.

Encycl. : Brousse est un mot apparu probablement au XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917).

Norme : Mot que l'on retrouve dans de nombreux pays de la francophonie du sud hors de France avec des sens approchants, le Petit Robert le marque comme relevant du "langage colonial" avec le sens spécial suivant : "Région africaine éloignée des centres urbains et plus ou moins inculte". NB : Non attesté à l'île Maurice.

Dynamique : Emploi stable dans toutes ses acceptions (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

299

CENTRE DE BROUSSE* :

n.m. T.cour. Plutôt écrit. A la campagne, en brousse*, lieu où diverses activités sont regroupées. (…) tous ces gens (…) regagnèrent leur centre de brousse* (…). De Brossard 1970, dans Manuel Lectures : 217. (…) les vieux prêtres de la colonie (…) mouraient (…) dans des centres de brousse* et des îles*. Roman Sénès, 1987 : 332. Equivalents hexagonaux : Centre, centre urbain (Petit Robert). Collocation fréquente : Centre de brousse* et des îles* (îles Loyauté V. ILES.).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

299

FEU DE BROUSSE* :

n.m. T.cour.  1. Feu de broussailles (V. BROUSSE III.) ou de savane (V. BROUSSE I), fréquents en saison* chaude. (…) je n'ai pas rencontré moins de vingt feux de brousse* [sur la route] : la plaine de Saint-Vincent était noyée dans la fumée. Le Goupils 1928 dans Manuel Lectures 45. (…) ça évitera peut-être un feu de brousse. Recettes Moglia, 2004 : 23. (…) la lutte contre les feux de brousse, une préoccupation actuelle (…) de la Province nord. Journal Le Pays, 04/2006.  2. Technique d'écobuage qui consiste à mettre le feu au terrain à nettoyer, afin de le débarrasser facilement de sa végétation. D'abord, tu allumeras un feu de brousse* pour nettoyer...Oral spontané, 1990.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

302 BRUYÈRE :

n.f. A.cour. (Baeckea erocoides Brongn. & Gris). Plante arbustive de maquis aux feuilles très petites, aux ravissantes petites fleurs blanches, qui ressemble à la bruyère de l'Hexagone. Encycl.  : Famille des Myrtacées. De nombreux arbustes de maquis (…) ont des feuilles très petites. C'est le cas des Baeckea ("bruyères") (…). Schmidt, 1981 : 24. Syn. (rare): Fausse* bruyère. Norme : La bruyère de l'Hexagone, mentionnée par le Petit Robert, est Erica spp., de la famille des Ericacées. 

302 BUFFALO :

n.m. T.cour. (Stenotaphrum dimidiatum R.Br.). Herbe aux feuilles épaisses, dont les pelouses forment de véritables tapis naturels dans la plupart des jardins calédoniens*. Encycl. : Herbe introduite en Nouvelle-Calédonie par le gouverneur Pallu de la Barrière pour améliorer les pâturages (Hollyman, 1977 : 6); aujourd'hui, "(…) sur les sols alluviaux à l'est du territoire, on trouve des prairies à 'buffalo' (…)". (Schmid, 1981 : 67). Effondrée sur le buffalo de l'allée (…). Roman Sénès, 1987 : 17. Les vaches et les bœufs (…) chacun cherchant son espace de buffalo à brouter. [note de bas de page : buffalo : herbe grasse]. Roman Chabas, 1996 : 13. (…) [pour le bétail :] du buffalo, du pâturage à l'ombre réservé pour la fin de l’année [en cas de sécheresse] (…). Journal La Brousse, 02/2005. Syn. (rare) : Chiendent* de Madagascar. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

302 BUIS :

n.m. A.Cour.  1. (Podocarpus sylvestris Buchh.). Arbre des forêts (conifère) au tronc effilé et au feuillage clairsemé. Syn. (rare) : Faux* buis.  2. (Podocarpus longefoliatus Pilger.). Arbre (conifère) au tronc droit et effilé. Syn. (rares) : Faux* kaori*, palissandre*.

Encycl.  : Famille des Podocarpacées. Il y décrivait les feuilles du buis, l'arbre de la virilité chez les Canaques* (…). Roman Sénès, 1987 : 299. Norme : Le Petit Robert mentionne à l'article "buis" : "Arbuste (…) souvent employé en bordures dans les jardins".

302 BUISSON CORAIL :

n.m. Peu cour. (Russellia equisetiformis –Godard, 1978 : 115- ou R. juncea Zucc. –Observatoire, 1990 : 95). V. CLOCHETTES D'AMOUR. Répertorié par Godard, op.cit.

302 BULBUL :

n.m. Cour. (Pycnonotus cafer L.). Oiseau invasif qui aurait été introduit dans la nature en Nouvelle-Calédonie vers 1983, et dont la dispersion se serait accélérée depuis 2008 environ. Attention aux bulbuls ! (…) La zone côtière Ouest a alerté sur la présence du bulbul* à ventre rouge à Nessadiou sur les réseaux sociaux. Journal Les Nouvelles, 29/07/2019. Encycl.  : Cet oiseau fait partie des espèces les plus invasives au monde.  « Considéré comme un envahisseur majeur par l’Union internationale pour la conservation de la nature, cet oiseau originaire de la péninsule indienne a été introduit dans de nombreuses îles du Pacifique. Pourtant à ce jour, peu de données quantitatives sont disponibles qui permettraient d’appréhender les impacts de cette espèce dans les territoires insulaires riches en biodiversité. » https://unc.nc/le-bulbul-a-ventre-rouge/ (consultation 29/04/2021). Variante spéc. : Bulbul* à ventre rouge. Dynamique : Emploi récent dans les années 2020, du fait de la réalité nommée (cf supra) -Pauleau, enquêtes linguistiques 2022.

302

BULBUL* À VENTRE ROUGE :

n.m. Cour. Spéc. Domaine : Ornithologie. V. BULBUL. Ses recherches se sont intéressées au bulbul* à ventre rouge, un oiseau considéré parmi les espèces les plus envahissantes au monde. L’objectif de cette thèse était d’évaluer les risques potentiels liés à sa dispersion en Nouvelle-Calédonie (…). https://unc.nc/le-bulbul-a-ventre-rouge/ (consultation 29/04/2021).

 

147 BULIME :

Ci-dessus : Affiche à l’aérodrome de L’Ile des Pins, 2022. Crédit : Province sud, Nelle-Calédonie.

 

n.m. A. cour. voire cour. (Placostylus spp.). Nom donné à de gros escargots comestibles, endémiques, du genre Placostylus. Encycl.  : Dix neuf espèces recensées en Nouvelle –Calédonie, dont certaines ont aujourd’hui disparu (F.O.L., 1983 : 29). (...) les plus curieux habitants de la forêt calédonienne* sont le cagou* et le bulime. (...) Comme le poisson galaxia* [ils] sont les survivants d’espèces antédiluviennes. Mariotti 1953, dans Manuel Lectures : 17. (...) les bulimes (escargots dont la coquille est allongée) peuvent mesurer jusqu’à dix centimètres. Manuel Ecologie, 1987 : 20.  Le Bulime ne se déguste qu’à l’île des Pins. La Province Sud protège l’escargot de l’île des Pins. Affiche à l’aérodrome de L’Ile des Pins, 2022. La forêt humide (…) on y trouve (…) beaucoup d’insectes et autres invertébrés  comme les bulimes (escargots endémiques…). Pancarte dans un parc naturel (Rivière bleue), 2022.  Syn.: Escargot* de l'Ile des Pins (t.cour.). Escargot* du pays (a.cour.). Escargot* de forêt (rare).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

303 BULL-BAR :

n.m. Cour. Gros pare-choc dont les voitures tout-terrain (4x4) sont souvent munies, en brousse*. Encycl.  : De l'anglais bull (taureau) et bar (barre de fer). (…) moyen de locomotion [des stockmen*] : le gros pick-up 4x4 muni d'un solide bull-bar (…) Brochure touristique, 2005. Dynamique : Terme en pleine vitalité (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

304 BUNCHYTOP :

n.m. T.Cour. Spéc. Domaine : Agriculture. Maladie du bananier. Y a du raffut (…) à cause du Bunchy top (sic.)(…) Roman Jacques, 2002a : p186. Le Bunchy Top n'est pas une maladie nouvelle. Apparu pour la première fois à Fidji en 1889, il a été repéré en Nouvelle-Calédonie en 1999. Site internet Province Nord, 2005. Zone indemne. Pas de Bunchy Top. Affiche en bord de route, Province Nord, 04/2005. Dynamique : Emploi récent en 2005 en contexte calédonien*, comme la réalité nommée (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

304 BUNI :

n.m. Peu cour. (Manilkara pancheri Pierre). Très grand arbre des îles* (notamment de l'île des Pins) "au bois* dur, lourd, rouge sombre" (Hollyman, 1977 : 7). Encycl.  : En Kwènyii*, langue kanak* de l'Ile des Pins, "bunyi" désigne le même arbre (Observatoire, 1991 : 20). / Famille des Sapotacées. Nous plantons une partie des arbres que nous avons apportés (30 tamaris et 10 bunis). Journal Les Nouvelles, 06/1990. Variante graphique : Bouni*.

305 BUSE :

n.f. Cour. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). Grand rapace pêcheur (50 à 52 cm) au buste et à la tête clairs, aux ailes brun foncé, qui se rencontre sur le littoral et les îlots "tantôt perché sur les rochers ou les arbres, tantôt planant majestueusement au dessus de la mer" (Hannecart, 1980 : 144). Encycl.  : Famille des Pandionidés. Répertorié par Hannecart, op.cit. Syn.  : Aigle* (cour.). Aigle* (pêcheur) à tête blanche (peu cour.), aigle* blanc (rare), buse* de mer (rare). Balbuzard* (rare, spéc.). Composé : V. ci-après.

305

BUSE DE MER :

n.f. Rare. (Pandion haliaetus melvillensis Mathews). V. BUSE. Répertorié par Hannecart, 1980 : 145.

 

305 BUTOR :

n.m. Peu cour. (Butaurus poicephalus). Oiseau (60cm) nocturne de couleur brune, se dissimulant dans les roseaux durant la journée. Répertorié notamment par Hannecart, 1983 : 78. Syn. (rare, spéc.) : Butor australien.

305 BUVEUSE D'EAU :

n.f. A.cour. (Impatiens balsamina L.). Petite plante ornementale d'ombre, à tiges pulpeuses et à fleurs de couleurs variées. Leurs petites poches de graines éclatent dès qu'on les touche. Encycl. : Famille des Balsaminacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973, 64). (…) elle avait arrosé les buveuses d’eau. Roman Tcherko, 2001 : 98. Elle semait des graines  (…) de buveuses d'eau entre les tiges de pourpier. Roman Gorodé, 2005 : 139. Syn. (a.cour.) : Balsamine*. Norme : Appelées "impatience" en français hexagonal (terme absent du Petit Robert). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

306 BWATOO :

n.m. Peu cour. Ethnolectal kanak* ou spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Dialecte du groupe linguistique de la région de Voh-Koné, celle-ci comprenant au même titre les dialectes suivants : haeke, haveke, hmwaveke, hmwaeke, vamale, waamwang -cette dernière langue étant aujourd'hui disparue- (Haudricourt, 1979 : 17). Encycl.  : Toutes les langues kanak* sont des langues à tradition orale. Voir à l'article KUMAK les caractéristiques des langues kanak* du nord dont le bwatoo et les autres dialectes cités font partie. Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Vamalé*, Hmwaveke*, Hmwaeke*, Waamwang*, Haveke*, Bwatoo, Haeke*, Accordez vos voix mélodieuses (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. Le bwatoo est rattaché au groupe des langues kanak* du Nord de la Nouvelle-Calédonie. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 10/2022. Norme phonétique : [mbwatoo]; en alphabet latin, approximativement : "mboitoo". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

306 BWILANA :

n.f. A.cour. Ethnolectal kanak*. (Dioscorea sp.) V. IGNAME MAUVE. Les ignames* tardives : Bwilana : Comment la reconnaître? Feuilles violettes à brunes (…) facilement identifiable à la coupe [du tubercule dont l'] intérieur  est coloré d'un cône violet. Site Internet Province Nord, 2005.

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MoDyCo

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Université Paris Nanterre
Atanas Tchobanov Ingénieur de recherche CNRS
- MODYCO UMR 7114

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