Inventaire lexicographique du français calédonien

par Christine Pauleau



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Pour citer ce travail :
PAULEAU, C., Inventaire et observatoire lexicographiques du français calédonien (Nouvelle-Calédonie), bilan sociolinguistique sur le géolecte francocalédonien, Paris, site du laboratoire Modèles Dynamiques Corpus (MoDyCo), UMR 7114 du CNRS/ Université Paris Nanterre, depuis 2022, https://ressources.modyco.fr/dicocaledonien/

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Lexique général (gros caractères) - Lexique flore/faune (petits caractères, termes rares en gris)

Entrées et sous-entrées
Items and subitems
392 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: C' ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

392 C'EST :

structure syntaxique. Cour. Basilectal. Ethnolectal polynésien (wallisien). Tournure de reprise anaphorique.  1. Pronom repris + verbe être conjugué. Toi c’est fort. [=Toi tu es fort]. (personnage wallisien*) BD Gielbé, 2004 : 23.  2. Pronom repris + verbe infinitif. Toi c’est géner moi. [twasesenemwa] [=tu me gènes]. (locuteur wallisien*) Oral spontané, 1990. Lui c’est vouloir sortir. [=il veut sortir]. Norme : Tournure emblématique des groupes ethno-linguistiques polynésiens, surtout du groupe wallisien*, ce caractère emblématique étant fondé sur un stéréotype, car la tournure en question se trouve exclusivement dans l’usage basilectal de locuteurs polynésiens n’ayant pas la maîtrise du français (de nombreux autres locuteurs polynésiens sont des francophones réels). Dynamique : Tournure toujours bien vivante (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

393 C’EST BON + phrase :

Variante de C'est bon si + phrase. V. cette entrée. C'est bon t'arrêtes pace que y faut qu'on s'lève à cinq heures (…). Sketch Valéry, 1989. Quoi? Tu connais pas encore notre drapeau toi? Auu!* là*, déso* la cous'*, mais c'est bon tu te réveilles un peu (…) c'est bon vous vous informez un peu. Roman Gorodé, 2005 : 67. Dynamique : Expression toujours très vivante (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

394

C'EST BON SI + phrase :

structure de phrase. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.)?. Il faut que + phrase : formule d'intimation d'ordre euphémisante. Toi tu peux pas comprendre, c’est bon si tu laisses tomber, y a des choses tabous ! Roman Tcherko, 2001 : 58. Tom ! C’est bon si tu arrêtes ! Roman Tcherko, 2003 : 109. Equivalent hexagonal : Ce serait bien si + phrase. Variante (plus nettement sociolectale (pop.) mais cour.) : C'est* bon + phrase : V. article ci-dessus. Dynamique : Expression toujours très vivante (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

395 C’EST ÇA AUSSI! :

interj. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). 1. Exprime un accord total : Oui c'est cela/ Tu as raison/ Exactement... 2. Exprime une connivence avec l'interlocuteur. 3. Expression phatique (servant seulement à montrer à l'interlocuteur que le contact communicationnel est maintenu).

–Tu manges pas? –Non je suis au régime –C'est ça aussi!  Oral spontané, s.d.

Hahaha c'est ça aussi mdr  Commentaire de vidéo (Youtube L’indépendance, Coco Banane, 06/2021).

On utilise l’expression c’est ça aussi quand on valide l’idée de quelque chose (…). Lycéen interviewé dans le programme radio "Que dit la jeunesse?" élaboré par des élèves de la banlieue de Nouméa en 2018 (site tazar.nc, Hey hey radio, consultation : 2022).

Collocation fréquente : Ben* c'est ça aussi.

Dynamique : Expression nouvelle en 2005 (par rapport au recueil de données de 1990); récoltée en 2005, apparue probablement un peu avant l'année 2000, et en usage de façon particulièrement fréquente chez les jeunes (de toutes catégories), de façon quasiment emblématique; en 2022, expression toujours emblématique, voir l’illustration donnée par un lycéen ci-dessus (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

395 C’EST QUOI? :

V. QUOI.

 

 

396 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Ç ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

312 ÇA DE NO :

interj. A.cour. ? Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal (peu cour. chez les Européens). Parfois plaisant. Exprime une réaction négative : désapprobation, jugement de valeur négatif… -On regarde cette émission ? –Ça de no ! Oral spontané, 1990. Tout le monde s’entraîne pour les Jeux du Pacifique… Mais Sadeno [nom du personnage "méchant"] prépare un mauvais coup. BD pour une campagne anti-alcool, titre : Sadewizz [nom du "gentil"] contre Sadeno, 1991. Equivalent hexagonal : C’est nul ! Variante (attestée uniquement à l’oral) : Ça* de noz. Variante phonétique (attestée uniquement à l’oral): [sadeno] ("ça dé no").

313

ÇA DE NOZ :

Variante de ÇA* DE NO. V. ce mot. Ça de noz!! [: devant un vêtement qui ne plaît pas].

 

314 ÇA DE WIZZ :

Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant.  1. interj. Cour. Exprime l’admiration, la satisfaction. V. VALABLE. Sadeno [le "méchant"] contre Sadewizz ["le gentil"]. Titre BD, campagne anti-alcool, 1991. Ça da wizz Sur une carte postale intitulée Lôngage [langage*] à nouzautes*, depuis 1992. Zan’dewiz (un chien). BD Teg, 2002 : 42. Les autres s’esclaffèrent, (…) [voilà] un beau surnom ! ça de wizz ! Roman Jacques, 2002b : 42. Ça de wizz : Les internautes calédoniens* peuvent se retrouver sur le blog http://netwizz.net/blog (…). Journal Tazar*, 05/2006. Alex vous transporte rapidement où vous voulez du lundi au samedi de 6h à minuit (…) Tarifs raisonnables, ça de wizz!!  Petites annonces, www.legratuit.nc, 11/2021. 2. adj. A.cour. ? Formidable. V. VALABLE. Ta voiture elle est ça de wizz !

Encycl.  : Expression à rapprocher d'une autre expression de français calédonien*, ça* oui ! (interj. antérieure à ça de wizz), qui a le même sens ; et peut-être du nom donné au "top 50" sur l’une des radios calédoniennes* : "Coca cola top wizz" dans les années 90.

Variantes (attestées uniquement à l’oral) : De* wizz (a.cour.). ça* de wo, ça* de yeah (rares). Variante phonétique : Ça da wizz. ça do wizz (attesté uniquement à l’oral).

Norme  : Plutôt prononcé Zann’dewiz : [zandəwiz].

Dynamique : Expression en perte de vitalité chez les jeunes depuis les années 1990, largement détrônée par exemple par Choc*! (V. ce mot); toutefois, on la trouve tout de même en 2006 dans une publicité pour le net destinée aux adolescents (cf illustration issue du journal Tazar* ci-dessus), ce qui montre qu'elle n'est pas démodée (?) puis en 2021 dans une petite annonce (cf ci-dessus en 1.) -Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022.

315

ÇA DE WO !  :

Variante de çA* DE WIZZ. V cette entrée. Ça de wo! [devant une belle voiture].

316

ÇA DE YEAH! :

Variante de ÇA* DE WIZZ. V cette entrée. –T'as vu le bateau? -Ça de yeah!

 

358 ÇA KÉ BON :

interj. A.cour. sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Exprime l’admiration, la satisfaction.  V. VALABLE. Calédonie* ça ké bon !!!! Titre d'une vidéo sur Youtube, 2013.

359 ÇA OUI! :

Pancarte publicitaire, Nouméa, 2023. Crédit : Arnott's.

 

interj. A.Cour. ? Fam. ou sociolectal (pop.). Parfois plaisant. Exprime l’admiration, la satisfaction… V. ÇA* DE WIZZ. (…) Calo et (…) Lili [personnages de manuel scolaire] : On s'en fout (…)/ Goldorak et (…) Ulysse 31 : ça oui ! Fini le temps de la baguette et des bûchettes (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 46. Au petit-déjeuner, avec ma confiture préférée, SAOuuui. Affiche publicitaire pour les Sao* -sorte de biscottes d’une marque australienne, Nouméa, 2023. Syn. : V. ÇA* DE WIZZ. Collocation : Ça oui toi! (pour exprimer l’admiration).   Dynamique : Selon l'enquête de 2005, la vitalité de cette interj. (cour. dans les années 80-90) semble en baisse ; toutefois la collocation Ça oui toi! a été récoltée en 2023, ainsi qu’une attestation publicitaire (cf ci-dessus).

384

ÇA OUI TOI! :

V. ÇA OUI!

 

385 ÇA VA PAS TON VÉLO! :

Attesté uniquement à l’oral. phrase, interj. A.cour. Vieilli ? Fam. Exprime la surprise vis-à-vis d'une attitude de l'interlocuteur jugée incohérente : "Tu as perdu la tête!". -Tu viens on va dormir au soleil? -Par cette chaleur? Ça va pas ton vélo! Equivalent hexagonal : Ça va pas la tête! (DEL).

 

 

385 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: C :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: :

307 CAAC :

n.m. A. cour. Ethnolectal kanak* ou spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* de l’extrême nord (région de Pouébo). Encycl.  : Toutes les langues kanak* sont des langues à tradition orale. Voir les caractéristiques des langues du nord (dont le caac fait partie) à l'article KUMAK. Le nombre de locuteurs de cette langue est passé de 890 à 1165 entre 1996 et 2009 -site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 11/2022.  Nos langues dansent la danse de la terre... Kwènyii* [sic.], Wêê*, Numèè*, Caac, Le mât est planté sur la terre, Dans l'aire de la danse (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249. La banane du grand* Nord a un nom : "Ayo". (…) cette interjection [ signifiant : ah !], issue de la langue caac*, désigne les bananes* poingo* et les bananes* desserts produites localement. Site internet Province Nord, 2005. Les textes composés (…) en caac, dialecte de Pouébo (…). Journal Les Nouvelles, 04/2005. Le caac/cawac est parlé dans la région de Pouébo (...). Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 11/2022. Variante graphique : Cawac. Norme phonétique : [caac] (en alphabet latin : approximativement : "tchaatch"). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

308 CABLES (LES -) :

n.m.pl.déf. Rare. Vx. Journal d’informations parlé (radiophonique ou télévisé). Encycl.  : Du français de référence "câble" : câble hertzien. Mets la radio plus fort, on va écouter les câbles. Oral spontané, 1990. Equivalent hexagonal : Les nouvelles.

309 CACANE :

I.  1. n. T.cour. (moins cour. chez les Kanak* et chez les jeunes). Fam. Indonésien, -ne. Connotation neutre ou péjorative. Encycl.  : L’immigration indonésienne est plus importante quantitativement que les immigrations vietnamienne, japonaise, ou chinoise. Elle remonte pour une part à la période de fondation (immigrés d’avant 1900), pour une autre à l’époque coloniale (Javanais recrutés pour l’agriculture) ; les deux dernières périodes migratoires importantes étant l’entre-deux-guerres et les années 70 (époque du boom économique). Aujourd’hui, la population indonésienne représente environ 2.5% de la population globale. Ces deux Kakanes (…) étaient flanqués d’une congénère à chignon noir, au bustier de soie. On l’appelait "la Bayou*". Roman Sénès, 1987 : 72. J’ai tant de fois entendu ces phrases (…) : le Javanais* (…) c’est le Mas*, le Cacane (…). Essai Barbançon, 1988 : 48. Y a les Cacanes et les Viet, les Sakaoulés*, les Zoreilles* (…) Sketch Ollivaud, 198? Syn.  : Javanais* (t.cour.), bami* (peu cour.). V aussi BAYOU. Variante graphique (rare) : Kakane*. Dynamique : Ce mot est moins connu et moins employé par les jeunes en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. n.m. A.Cour. Fam. Vieillissant. Jardinier. Encycl.  : Les jardiniers étaient très souvent indonésiens en Nouvelle-Calédonie (surtout jusque dans les années 90?). Tu devrais dire à ton cacane de tondre le gazon. Oral spontané, s.d. Syn.  : Mas* (peu cour.).   II. A.cour. Fam. Vieillissant.  1. adj. Criard, outrancier. Encycl.  : L.J. Barbançon (1988 : 48) évoque la réputation des Indonésiens dits Cacanes : J’ai tant de fois entendu ces phrases (…) : [l’Indonésien] (…) il est joueur, il aime tout ce qui brille (…). V. également BAVETTE. Tu vas peindre ta maison en jaune et rouge ? ça fait cacane ! Equivalents hexagonaux : Portugais (français pop.), portos, tos (français néo-populaire). Syn. : Javanais* (t.cour.).  2. n. / adj. Connotation péjorative. Adepte du tuning (passion pour les accessoires automobiles) / Digne des adeptes du tuning. Il a une voiture avec des décorations partout et une sono énorme, une voiture cacane ! Syn. : Caicaisse* (a.cour.), cow-boy* (cour.), javanais* (t.cour.). V. aussi : Sonoriste* (cour., soutenu, non péj.). Locution : Faire son cacane. V. article ci-après. Norme : Le terme "tuning" relève du français hexagonal spécialisé –absent du Petit Robert mais présent sur internet, sur les sites spécialisés.

Encycl.  : Mot apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917). "Kakang" signifie en indonésien : frère aîné, sœur aînée, terme d’adresse pour quelqu’un de plus âgé (Labrousse, 1984).

310

FAIRE* SON CACANE* :

loc.verbale. Cour. (moins cour. chez les Kanak* et les jeunes?) Fam. Plutôt Plaisant. Essayer de se faire valoir, de se faire remarquer en mettant en évidence un engin automobile (voiture, moto...) et ses accessoires de tuning -V. CACANE (II 2. ci-dessus), en général, cela se fait en roulant sur les bords de plage de Nouméa par exemple, très lentement, toutes vitres ouvertes, en montant très haut le volume d’un auto-radio de qualité, et en mettant surtout en relief les aigus de l’équaliseur. Baisse la musique ! Arrête de faire* ton cacane*, tout le monde nous regarde ! Oral spontané, s.d. Syn.  (a.cour.) : Faire* son caicaisse*, faire* son cow-boy*, faire* son Javanais*.

 

311 CACIOU :

n.m. Peu cour. (Pachycephala pectoralis littayei). Oiseau (18cm) au corps jaune et noir, visible surtout en forêt à Lifou et Ouvéa. Encycl. : Famille de Muscicapidae. Répertorié par Hannecart, 1983 : 52. Syn. (spéc.) : Siffleur* des Loyauté.

311 CACTUS :

n.m. T.cour. Terme du français de référence entrant dans la composition de certains noms de plantes :

312

CACTUS À BRÛLURES :

Attesté uniquement à l'oral. n.m. A.cour. (Aloe sp.). V. PLANTE À BRÛLURES. Les cactus à brûlures c'est vraiment bon pour les brûlures. Oral d'enquête, 1991.

313

CACTUS OISEAU :

n.m. Peu cour. (Pedilanthus tithymaloides). Arbrisseau aux tiges charnues et zigzagantes et aux fleurs rouges en forme de minuscules têtes d'oiseaux, cultivé couramment. Encycl. : Les fleurs peuvent rappeler aussi la forme d'une pantoufle, d'où le synonyme d'euphorbe* pantoufle. Répertorié par Godard, 1978 : 128. Syn. (rare) : Euphorbe* pantoufle.

 

317 CAFARD :

n.m. T.cour. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* (pour désigner les Dictyoptères Blattidés -insectes beaucoup plus gros que les cafards et blattes de l'Hexagone), et servant de générique aux composés ci –après :

318

CAFARD BLANC :

n.m. T.cour. Cafard venant de muer. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 133.

319

CAFARD DE BATEAU :

n.m. Cour. (Blatella germanica L.). Cafard roux, de petite taille, fréquentant souvent les bateaux. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 133.

 

320 CAFAT :

sigle. T.cour. Caisse d’allocations familiales et des accidents du travail. Encycl. : L’assurance maladie de la CAFAT est le RUAMM* depuis 2002. Nous allions puiser dans les caisses de la CAFAT, notre sécurité sociale, alimentées par tous les salariés (…). Entretien Barbançon, 2022 : 225. La CAFAT se mobilise pour les étudiants et a décidé de financer la gratuité de leurs repas pris dans les restaurants universitaires (campus de Nouville et de Bako). Site cafat.nc, 2023. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

320 CAFÉ LEROY :

n.m. Café cultivé en milieu ombragé. Encycl. : Cultivé sur l’île de La Réunion au XIXe siècle et en Nouvelle-Calédonie entre la fin du XIXe et la moitié du XXe siècle, puis décimé, le café Leroy est de nouveau cultivé en Nouvelle-Calédonie avec la collaboration du CIRAD depuis les années 2010. V. aussi CAFÉRIE. Dégustation en Nouvelle-Calédonie. (…) Également connue sous le nom de Café Leroy, l’espèce [bourbon pointu] était autrefois cultivée sur l’île de La Réunion (…). Site espressologie.fr, 2011. - Il y a la maison, le magasin, les cinquante hectares de café ombragé – De café Leroy, s’il vous plaît. Kurtovitch, 2013 : 8. Nouvelle-Calédonie. Le domaine Ida-Marc produit une variété de café rare et précieuse : le bourbon pointu ou café Leroy. Site malongo.com, 2023. Syn. : Bourbon pointu. Dynamique : Emploi vieilli puis revenu dans l’usage avec la réapparition du realia (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

320 CAFÉ SOLEIL :

n.m. T.cour. Café cultivé sans ombrage. Encycl. : Il existe plusieurs variétés commerciales de café en Nouvelle-Calédonie. / V. aussi CAFÉRIE. (…) qu'est-ce qu'on a pu travailler la terre (…) ! Sans compter la cueillette du café soleil (…). Roman Gorodé, 2005 : 70. Syn. : Café sans ombrage.

321 CAFÉ-THÉ-LA-SOUPE :

n.m. vieilli. Café, établissement dans lequel on sert aussi de la soupe le plus souvent au comptoir. Encycl. : Ces établissements ont existé jusque dans le milieu du vingtième siècle, le plus souvent tenus par des Vietnamiens. Toutes ces baraques sont peintes en rouge vif, jaune canari ou vert fluo. Le soir elles se transforment en cantine pour dockers. Enfin, cantine c’est un bien grand mot. Ni tables ni bancs. (…). Les clients (…) boivent leur soupe debout et reposent leur bol sur le comptoir. (…). Les devantures affichent « Café-Té-La soup ». Prigent 2006 : 31. cafe-thé-la-soupe, nom d’un blog (2006-2021) sur la communauté vietnamienne de Nouvelle-Calédonie et son histoire, consultation 04/2023. (…) une partie [du groupe] s’était retrouvée à une heure matutinale au Café-Thé-LaSoupe du marché de Nouméa. Le patron, un Vietnamien, avait l’habitude (…). Entretien Barbançon, 2022 : 220.

 

322 CAFÉRIE :

n.f. T.cour. Caféière (plantation de café). Encycl.  : Après avoir tenté de lancer une nouvelle forme de caféiculture dans les années 80-90, (une culture intensive du café* soleil, en terrain plat et ensoleillé : dans un champ de café), on revient aujourd’hui à une culture traditionnelle (familiale ; en terrain naturel sous ombrage) qui paraît être un espoir économique. Quand tu verras la caférie (…) BD Berger, 1990 : 31. (…) il faut préparer les caféières, qu’on appelle le plus souvent « caféries » en Nouvelle-Calédonie. Site internet Province nord, 2005. (…) ça rigolait (…) dans la grande caférie (…). Roman Gorodé, 2005 : 70. Comment je vais faire pour (…) la caférie ? (…) Note : Caférie ou caféerie* en français de Nouvelle-Calédonie : caféière, plantation de café. Kurtovitch, 2013 : 10.  Variante graphique (vieillissante) : Caféerie*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

323

CAFÉERIE :

Variante graphique de CAFÉRIE. V. cette entrée. (…) près de ma caféerie inondée, un bouillonnement torrentueux (…). Jeannin P. 1972, Manuel Lectures : 203. Au milieu des caféeries, des mandariniers (…). Journal Bwenando, 03/07/1986. Comment je vais faire pour (…) la caférie* ? (…) Note : Caférie* ou caféerie en français de Nouvelle-Calédonie : caféière, plantation de café. Kurtovitch, 2013 : 10.

 

323 CAGOU :

Ci-dessus : Panneau informatif, parc provincial de la Rivière bleue, 2022. Crédit : Province sud, Nelle-Calédonie.

 

1. n.m. T.cour. (Rhynochetus jubatus Verr.& des Murs). Oiseau au plumage gris perle, aux pattes et au bec de couleur corail, qui fréquente les forêts humides, ne vole ni ne chante, mais pousse un cri proche de l'aboiement d'un jeune chien. Il est endémique à la Nouvelle-Calédonie, dont il est l'emblème. Encycl. : L’espèce est protégée, il ne resterait que 1000 individus sur l’ensemble de la Grande-Terre* (endemia.nc). / Terme apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917). / "Kagu" a le même sens notamment en drubea* (langue kanak* du sud) (Observatoire, 1983 : 35) et "kauuo" également, en bwatoo* (Rivierre, 2006). Droits de chasse : (…) Interdits toute l'année : (…) cagou. Journal Les Nouvelles, 02/06/1990. Juju le cagou Titre d’un conte pour enfants, Capiez, 1990. Qu’avait voulu dire le cagou ? Album illustré, Revol 2001. Avec ses cagous, pins* colonnaires, baleines…L’exceptionnelle biodiversité calédonienne (endémique à 76%) n’a pas fini d’enchanter (…). Présentation écrite d’une vidéo « Faune et flore » sur la chaîne touristique d’Aircalin, 2022. (…) [dans les années 1950] bien avant le chant du cagou sur Radio Nouméa ce sont les coqs qui réveillaient les familles. Entretien Barbançon, 2022 : 7.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.  2. CAGOU, -E. adj. A.cour. Calédonien, -ienne. Handisport. La relève cagoue prend position. Journal Les sports. 2020.

 

324 CAHIER DE PENSÉES :

Attesté à l’oral uniquement. n.m. Vieilli ? V. CAHIER DE SOUVENIRS. -Je peux regarder ton cahier de pensées? –Oui, et tu peux écrire dedans si tu veux. Oral spontané, s.d.

325

CAHIER DE SOUVENIRS :

n.m. Cour. Cahier où les enfants et adolescents (les filles surtout) collectionnent des images et des textes en tous genres (poèmes, chansons, citations,  réflexions, photographies, dessins, coupures de journaux,…etc.) et qu’ils font circuler parmi leurs amis pour qu’ils y laissent à leur tour un souvenir. J’ai un Cahier de souvenirs plein de poèmes et de chansons qu’on s’est échangés (…) j’ai même des poèmes que m’ont écrits les copains… Album illustré Sebban, 1984 : 36. Syn.  : Cahier de pensées (attesté à l’oral uniquement, vieilli ?).

 

326 CAÏCAÏ :

Variante graphique de KAÏKAÏ. V. ce mot. Les popinées* circulèrent dans le campement pour distribuer le caï-caï. G.Baudoux 1919, dans Manuel Lectures : 26.

327 CAICAISSE :

 A.cour. Fam. Connotation : Souvent péjorative.   I. n.  1. Appareil hi-fi pour automobile, de haute qualité, très volumineux et placé en général devant le siège du passager, de telle sorte que celui-ci est inutilisable. T’as vu la caicaisse qu’il a dans sa voiture?  2. Automobile munie de l’appareil décrit en 1. Il passe tout le temps à la plage avec sa caicaisse…   II. n./adj. Adepte du tuning (passion pour les accessoires automobiles). / Digne des adeptes du tuning. V. CACANE. –(…) ça : 206 la plus rapide du monde grâce à réacteur d’airbus récupéré sur vieil avion... –Tout ça c’est des trucs de kékaisse! Avec mon Toyoky (…) je vous prends au démarrage quand vous voulez! BD Niko-Solo, 2004 : 15.

Variante graphique : Kékaisse* (écrit caicaisse par l'auteur du lexique calédonien* du site croixdusud.info).

Dynamique : Emploi apparemment récent en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

328 CAILLASSAGE :

n.m. T.cour. Jet de pierres agressif (action de caillasser*). Encycl.  : Ce terme, en contexte, est chargé de connotation politique et historique (et émotionnelle pour les gens du pays), car la réalité nommée est cet acte d’hostilité commis notamment à certains endroits du réseau routier (ainsi convertis en terrains dangereux pour les automobilistes), de façon régulière pendant les périodes d’intenses troubles politiques et de façon plus irrégulière mais réelle le reste du temps. Trois personnes blessées lors du caillassage (…). Journal Les Nouvelles, 10/10/1988. (…) ce douloureux sentiment de culpabilité qui ne le quittait plus depuis le dernier caillassage de Saint-Louis [note de bas de page : caillassage : jet de pierres]. Roman Jacques, 2002a : 14. (…) un accident suite à un caillassage plus bas dans la vallée. Roman Derne, 2019 : 104.  Norme : Terme parfois employé en France mais depuis peu (on l’a entendu notamment sur les ondes hexagonales lors des émeutes dans les banlieues en novembre 2005) et de manière beaucoup moins régulière qu’en contexte calédonien*, où il n’est pas en concurrence avec la locution hexagonale "jet de pierres". Dynamique : Emploi en pleine vitalité et stable dans toutes les catégories de la population (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

329 CAILLASSE :

n.f. T.cour. Gravier, gravillon. Terre végétale/ Sable - Schiste/ Caillasse/ Livraison immédiate (…). Journal Les Nouvelles, 10/10/1988. Locution : A* fond Loulou dans la caillasse. Norme : Terme non comptable : De la caillasse. Le registre est neutre (alors que le Petit Robert lui attribue la marque "fam.", et la définition suivante : "pierraille, cailloux"). Dérivés : Caillassage*. Caillasser*. Norme : En France hexagonale, on trouve en français populaire le terme caillasse pour "caillou", terme comptable et parfois du genre masculin : un caillasse.

330 CAILLASSER :

v.tr.dir.  1. T.cour. Fam. Jeter des pierres (ou autres projectiles) dans un but agressif. La nouvelle génération obliquait vers la musique des bars, les cinémas, les syndicats. Leurs musettes pleines de pierres, ils sabotaient leurs fêtes [celles des Blancs], jetaient la panique dans leurs courses cyclistes et leurs rodéos, flairaient les voitures à "caillasser". Roman Sénès, 1987 : 349. Si tu vois un chien, tu le caillasses pour qu’il parte. Oral spontané, 1990. C’est vous qui avez caillassé le bus et brûlé la ferme ? Roman Jacques, 2002a : 125. (…) il n’y a pas une fête où les gens ne sont pas "caillassés" (…) cela fait bien quand on "caillasse" une fête. Journal Mwà Véé, 09/2005. Syn. : V. CANARDER. Dérivé : Caillassage*. Norme : Absent des dictionnaires consultés mais possible en français hexagonal régional et/ou populaire ou même, en français de référenceisé (Les pompiers (…) se sont fait caillasser. Oral Radio France Info, 10/2005 -journal). Dynamique : Mot en pleine vitalité dans toutes les catégories de la population (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).  2. Cour. Fam. Etre intense, fort, élevé, par exemple en parlant d'un goût épicé, d'alcool, du froid, des prix …etc. La cuisine indienne, ça caillasse hein? [= c'est fort]. Il caillasse, le punch!... [= il est fort en alcool]. Ça caillasse, ce matin... [= il fait froid]. Ça caillasse dans ce magasin! [=c'est cher]. Syn. (a.cour.) : Douiller*, niater*.  3. A.cour. Fam. Se dépêcher. V. ASTIQUER (II.). Va-s-y! Caillasse! On va être en retard!

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

333 CAILLE DU COLON :

n.f. Rare. (Turnix varia novaecaledoniae). Oiseau rare ressemblant à une caille. Encycl. : Famille des Turnicidae. Répertorié notamment par Hannecart, 1983 : 11.

333 CAILLOU (LE -) :

n.propre. T.cour. La Nouvelle-Calédonie, le pays. Connotation : Souvent affectueuse. Encycl.  : " (…). Le roman 'Le Rocher à la voile', d'Alin Laubreaux [1930], a été si célèbre qu'il a laissé à l'île le nom de Caillou " (…). P.Griscelli 1988 dans Littérature NC : 5. (…) la marine nationale, qui s’accroche au caillou comme une flotille autour d’un porte-avions. Journal Bwenando, 08/01/1988. Alors les Zoreilles* ! On vient nous voir sur le Caillou ? BD Berger, 1989 : 29. Ton ami, qui pense toujours au Caillou. Manuel de français a, 2002 : 44. Le Caillou est actuellement l’objet de prises de vues destinées à un documentaire. Journal Les Nouvelles, 04/2005. Il pointe un déficit de contrôle du travail réellement effectué par la main-d’œuvre étrangère « hautement qualifiée » attirée sur le Caillou. Journal Les Nouvelles, 08/2019. Deux cadres de la Fédération française actuellement sur le Caillou. Journal Les Nouvelles, 28/04/2022. Vos vacances de rêve sur le Caillou. Brochure touristique d’Aircalin, 2022. Big up depuis le caillou (…). Commentaire d’une vidéo YouTube, Le concert, Coco Banane, 01/2024. Norme : Employé le plus souvent avec la prép. sur : partir/ revenir/ rester sur le Caillou. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

331 CAILLOU 1 :

n.m. Cour. Ethnolectal européen* (peu cour. chez les Kanak* et les Polynésiens). Fam. Personne au physique particulièrement bien proportionné. Beaux cailloux hein?! [personnage regardant deux belles jeunes filles]. BD Berger, 1989 : 19. Dans sa classe y a que des cailloux! Equivalent hexagonal : Canon. Ant. : Doghi*. Collocations fréquentes : Un sacré caillou. Un vrai petit caillou. Dynamique : Le mot est, en 2005, toujours d’un usage cour., avec peut-être une petite baisse de vitalité chez les jeunes (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

332 CAILLOU 2 :

interj. A.cour. Fam. Exprime une négation. Nos conserves (…) eh ben caillou ! Ça se vônd [=vend] pas ! BD Berger, 1989 : 22. Equivalent hexagonal : "Rien! "(ou  "Non!"). V. PEAU (1.) et AÏTA (1.).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

335 CAIN-CAIN :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. A.peu cour. Ethnolectal européen*. Vieilli. Américain. Connotation : Plutôt méliorative. Encycl. : "Pendant la seconde guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie fut l'une des bases aériennes importantes de l'armée américaine dans la guerre du Pacifique. (…) Le mode de vie de cette colonie française (…) en fut changé au point qu'à la fin de cette guerre, certains Calédoniens* en vinrent à réclamer le rattachement de la Nouvelle-Calédonie aux U.S.A., sur le modèle d'Hawaï. De nombreuses traces de cette présence américaine se retrouvent à la fois dans la toponymie (…) les habitudes culturelles (…) sans compter l'attachement persistant à un passé au travers de différentes manifestations commémoratives." Darot-Pauleau, 1992. Sacrés Cain-cains! Quelle ambiance ils mettaient ici pendant la guerre! Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal (non mélioratif) : Ricain (DFNC). Norme : Surtout au pluriel.

334 CAÏNA :

n. A. peu cour. ? Fam. Tahitien/-ne. Connotation neutre, péjorative, ou méliorative. J’ai tant de fois entendu ces phrases (…) : (…) le Tahitien (…) c’est le Caïna (…). Essai Barbançon, 1988 : 48. Syn.  : Tahipouète* (t.cour.), Titoï* (a.peu cour.).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

336 CAISSE :

Terme du français de référence employé en contexte calédonien* et entrant dans la composition de certaines lexies : V. ci-après. Norme phonétique : Plutôt prononcé avec un "e fermé" : [kes]. V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

337

CAISSE (À LA -) :

loc. adv. T.cour. Fam.  1. Au maximum. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (1.). Vas-y, remplis la glacière à la caisse de glaçons!  2. A toute vitesse. V. DOUILLE : À LA DOUILLE (2.). On est en retard, là il faut y aller à la caisse!

338

CAISSE À EAU  :

n.f. A.cour. (rare chez les jeunes). Vieilli. Citerne destinée à "recueillir l'eau de pluie qui ruisselle des toits par les gouttières." F.O.L., 1983 : 33. Encycl. : En général la caisse à eau est construite en tôle galvanisée, et de forme variable (F.O.L. op.cit.). (…) il a entendu marcher dans les caisses à eau, il croyait que c'était l'oncle Ned, mais c'était le diable canaque*. Roman Sénès, 1987 : 328. Norme : Le Petit Robert mentionne à l'article "caisse" : "Techn. Dispositif rigide (…). Caisse à eau, sur un bateau.".

339

CAISSE À IGNAMES* :

n.f. A.cour. Vieilli ? Fam. Plaisant. Ventre, estomac. J'ai mangé des crabes*, je m'en suis mis plein la caisse à ignames! Oral spontané, 1990. Répertorié à l'écrit par F.O.L., 1983.

 

340 CALDOCHE :

n. et adj.   I. T.cour. Fam ou non.  1. n. Habitant de Nouvelle-Calédonie qui réunit les caractéristiques suivantes : Issu d'une famille d'origine européenne* enracinée dans le pays au moins depuis la génération de ses parents (ou mieux, depuis plusieurs générations d'ascendants, issues des immigrations de la colonie de peuplement ou du bagne); vit ou a vécu une partie de sa vie en brousse*; se distingue par des habitudes culturelles et linguistiques. Bon zozo* attaque son troisième séjour, il a bien changé depuis l'premier jour : il bouffe du manioc* (…) et comme les Caldoches va en Australie (…). Sketch Ollivaud, [198?] -Moi, Madame, je ne suis pas caldoche [sic.], je suis Calédonien*. Pour moi le caldoche [sic.] est au Calédonien* ce que le franchouillard est au Français. Essai Barbançon, 1988 : 23. Lui avait une station* d’élevage de plusieurs centaines de têtes de bétail (…). Son accent amusa la jeune femme, de même que les mots grossiers dont il ponctuait son discours (...). Il se montra satisfait quand elle lui dit qu’elle trouvait la brousse* intéressante. –"C’est pas l’avis de tous les zors*, l’engin !* -Les quoi ? -Les Z’oreilles*, c’est comme ça qu’on vous appelle, les Métros*. Nous c’est les Caldoches qu’on nous appelle, mais ça nous plait pas beaucoup. C’est vous les zors* qui nous appelez comme ça." Roman Tcherko, 2001 : 9. (…) les Tahitiens aiment les gros 4x4 au moins autant que les Caldoches (…). Recettes Moglia, 2004 : 8. (…) le petit Caldoche grandit à portée de voix de Jean-Pierre, le petit Kanak* son copain.  Entretien Barbançon, 2022 : 8.  2. adj. Relatif aux habitants décrits en 1. "Ragoût de roussettes* : (…) On peut aussi faire ce ragoût avec de l'igname*, du taro*, du manioc*, ce qui fait plus "caldoche". Recettes Masachs, 1980 : 36. Ce sont de simples conversations entre un journaliste et un historien. L’un est kanak*, l’autre caldoche (…). Entretien Barbançon, 2022 : 9.   II. T.cour. Fam. Par extension :  1. n. Habitant de Nouvelle-Calédonie réunissant seulement les conditions suivantes : né dans le pays ou assimilé culturellement, quel que soit son groupe d’origine (Européen*, Polynésien, Indonésien, Asiatique… mais en général non Kanak*). Encycl. : Parmi les habitudes culturelles communes à tous les groupes se trouvent certaines habitudes alimentaires telles que le goût pour les tubercules kanak* (manioc*, ignames*, patates* douces…etc.), pour le lait* de coco*, pour certains produits asiatiques tels que nems*, porc* au sucre, Vet-sin...etc., d'où les ingrédients des recettes citées en illustration en 2. ci-après. Etre Caldoche aujourd’hui. Ouvrage collectif, 1994 : titre. -T’es la seule Caldoche de la famille, toi, t’es née ici… Oral spontané, s.d. Mon copain viet, c’est Pierre, c’est un vrai Caldoche : t’as vu l’accent qu’il a ? Oral spontané, s.d. Syn. : Calédonien* (II.).  2. adj. Relatif aux habitants décrits en 1. Pot au feu caldoche : (…) [ingrédients :] manioc* (…) igname* (…) taro* (…) Vet-sin*(…). Recettes Masach, 1980 : 40. Aïoli caldoche [ingrédients :] patates* douces, (…) ignames* [: tubercules kanak*]. Recettes Moglia, 2004 : 29. Le « one woman show » écrit par Jenny Briffa, une journaliste « caldoche », surnom attribué aux Calédoniens* de souche européenne* (…). Essai Mokaddem, 2018 : 29. Syn. : Calédonien* (II.).   III. Cour. Fam. Par extension.  1. n. Personne née ou habitant en Nouvelle-Calédonie. (…) j'ai eu le bonheur d'avoir ici une petite fille et je repars avec une "petite Caldoche" dans mes bagages. Journal Les Nouvelles, 19/06/1990 (interview d'un militaire métropolitain). Norme : Cette acception n'est employée que par des locuteurs extérieurs à la Nouvelle-Calédonie.  2. adj. Issu de Nouvelle-Calédonie. Nous les Tahitiens de Calédonie*, pour les gens de Tahiti, on est caldoches! Oral spontané, 1991. Norme : Cette acception n'est employée que par des locuteurs extérieurs à la Nouvelle-Calédonie. En 2020, l’archéologue calédonien C.Sand propose le terme Blancs océaniens pour remplacer Caldoche et pallier ces questions de connotation (interview C.Sand, 22/11/20, Outre-mer 360°, consultation 09/12/21).

Connotation : Diverses (neutre, péjorative ou méliorative).

Encycl.: L'origine et l'acception de ce terme divergent selon locuteurs et auteurs. Le mot est aujourd'hui mentionné par le Petit Robert avec une restriction de sens et sans mention de familiarité : "CALDOCHE (…)(d[ate] i[nconnue]; p.-ê. de Calédonie et suff. argotique). Blanc de la Nouvelle-Calédonie.". Les Calédoniens* connaissent bien cette restriction de sens typiquement hexagonale : En France, quand ils disent "les Caldoches", c'est les Blancs (Oral spontané, 1990). Selon A.Saussol (Hérodote, 1985 : 129), Caldoche est "un mot tardivement apparu, ou du moins tardivement popularisé. Il semble ne s'être réellement diffusé qu'à l'époque du boom économique, vers 1970-1972, par réaction contre l'afflux des nouveaux envahisseurs métropolitains* attirés en Nouvelle-Calédonie par la perspective de hauts salaires et l'absence d'impôts sur le revenu. (…) Au sens strict [cf sens I, ci- dessus], il s'agit d'un descendant d'Européens* fixés depuis plus d'une génération en Nouvelle-Calédonie.". Une des hypothèses étymologiques évoquées sur le terrain, mais non confirmée, est que le mot avait à l'origine la forme Calédoboche, terme insultant nommant les Alsaciens-Lorrains venus s'installer en Nouvelle-Calédonie pour fuir l'oppression prussienne au XIXeme siècle. Pour L.-J. Barbançon (1988, 25-27), comme pour Saussol (op.cit), le terme est plutôt apparu dans les années 1970 : "(…) Les Calédoniens* eux-mêmes n'adoptent pas le terme tout de suite [dans les années 1970]. Il faut bien reconnaître que le suffixe "oche" n'a rien de flatteur et donne au mot une consonance péjorative. (…) Le mot fait son entrée dans le Petit Larousse en 1983 avec la définition suivante : nom familier -Blanc de Nouvelle-Calédonie. En fait, ce sont surtout les médias à travers les événements de 1984 qui popularisent le terme. Caldoche étant présenté en opposition à Kanak*". C’est souvent ce dernier point qui fait que beaucoup de Calédoniens* rejettent le mot Caldoche, il est "imposé de l’extérieur" (Ouvrage collectif Etre Caldoche aujourd’hui, 1994 : 8), il est "réducteur car il a été utilisé par des gens [les journalistes métropolitains notamment] dans un contexte [les évènements politiques des années 80 notamment] qui visait à entretenir (…) la division" (Ibid. : 9). L'archéologue calédonien* C.Sand, traitant des approches philosophiques du passé, propose le terme Blancs océaniens pour remplacer Caldoche et pallier ces questions de connotation (interview C.Sand, 22/11/20, Outre-mer 360°, consultation 09/12/21).

Syn. : V. CALÉDONIEN, NÉO-CALÉDONIEN. V. également EUROPÉEN.

Norme  : Depuis les années 1980, le mot Caldoche perd progressivement de son caractère familier (qui, s’il n’est plus mentionné par le Petit Robert dès 1988, est resté réel en contexte local). Ce mot serait peut-être ainsi appelé à devenir, localement comme dans l’Hexagone, le qualificatif standard, concurrent de Calédonien*? On le trouve dans le titre de l’ouvrage produit par un collectif d’artistes, écrivains et intellectuels locaux sur l’identité calédonienne* en 1994 : Etre Caldoche aujourd’hui, ouvrage dans lequel se manifeste précisément le débat toujours sensible sur les connotations dont peut se charger le mot.

Dynamique : Ce mot est toujours en pleine vitalité, surtout dans son acception étendue (sens II) -Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

341 CALEBASSIER :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Botanique. (Crescente cujete L.). V. ARBRE À CALEBASSES. Répertorié notamment par  Rageau, 1973 : 106.

341 CALÉDO :

V. CALÉDONIEN, -IENNE. Variante graphique : Kalédo. Frère de lutte/ frère kanak*/ kalédo / océanien/ et rasta / (...). Gorodé, 2019 : 18.

341 CALÉDONIA :

n.pr. A.cour. Festival multiculturel de 2022. La première édition du festival Calédonia se tient jusqu’au 25 septembre [2022], au centre culturel Tjibaou. L’événement fait écho au grand rendez-vous calédonien*, organisé par Jean-Marie Tjibaou en 1975. (…) Le festival Calédonia doit être le « premier grand rendez-vous des Calédoniens* avec eux-mêmes dans l’esprit du festival Mélanésia* 2000 », selon la déclaration de politique générale du président Louis Mapou (…). « La société calédonienne* a longtemps été une juxtaposition d’aires coutumières*, de communautés, de cultures, puis de provinces*, et chacun se fait fort de s’identifier à ces entités », regrettait le chef de l’exécutif, prônant l’appropriation « historique et identitaire (…) en valorisant la contribution de toutes les communautés à l’histoire, à l’identité et à la culture ». Après la célébration du peuple kanak*, le festival Calédonia va fêter « le peuple multiculturel » et les différences en tant que richesses. « Cela s’inscrit dans tout le travail qui est fait depuis 1998 autour de la date du 24 septembre, explicite Mickaël Forrest. On a voulu donner un nouvel élan à la sortie de l’Accord* de Nouméa. ». Journal en ligne Demain en Nouvelle-Calédonie, 09/2022.

341 CALÉDONIE (LA -) :

n.pr. T.cour. La Nouvelle-Calédonie. (…) la médecine pratiquée en Calédonie (…). Journal Les Nouvelles, 06/06/1990. Maison de la Calédonie : un toit pour le Caillou* à Paris. Journal Les Nouvelles, 30/06/1990. Des vétérans kiwis en Calédonie. Ibid, 14/04/1990. Bonjour Calédonie. Titre d’une brochure touristique, 2005. La Calédonie n’ira pas en demi-finale. Oral Radio, 2005. En Métropole, l'abstention et les extrêmes [en politique] profitent de l'aubaine. En Calédonie, nous serons vite fixés. Journal Les infos, 04/2006. "Calédonie ou Kanaky*/ C'est mon pays (…) Calédonie ou Kanaky*/ A toi aussi." [: chanson]. Journal Le Pays, 06/2006. I love calédonie c’est mon pays. Commentaire de vidéo (Youtube Un zoreil* dans un taxi, Beltram, 12/2017). En Calédonie et ailleurs. Titre Journal Les Nouvelles 28/04/2022. Ai-je la nostalgie de cette Calédonie d’avant ? Je ne sais pas (…). Entretien Barbançon, 2022 : 224. Syn. : V. CAILLOU (LE) et KANAKY. Norme : Calédonie est employé par les géographes français (usage spéc.) pour "Ecosse" mais absent de la liste des noms propres de lieux du Petit Robert. / Nouvelle-Calédonie ne se dit jamais en français calédonien* et possède une connotation métropolitaine. / Il est à préciser que Calédonie n'est pas plus familier que "Nouvelle-Calédonie", la différence entre les deux noms est socio-géolectale : le premier relève de la norme locale, le deuxième de la norme exogène. Dynamique : L'appellation la Calédonie est toujours en pleine vitalité (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

341 CALÉDONIE ENSEMBLE :

n.pr. Cour. Parti politique. Crise du Coronavirus : Calédonie Ensemble exprime son inquiétude face à un déconfinement prématuré. Chaîne Youtube Calédonie Ensemble, 27/04/2020.

342 CALÉDONIEN, -IENNE :

I.  1. n. Habitant de Nouvelle-Calédonie réunissant les conditions suivantes : né dans le pays ou assimilé culturellement, quel que soit son groupe d’origine : Européen*, Polynésien, Indonésien, Asiatique… mais non Kanak*. V. CALDOCHE (II.1.). (...) à Vook (Voh) (…) une chorale composée de Kanak* et de Calédoniens a vu le jour. Journal Le Pays, 06/2006. Terroirs et traditions (…) vivez des moments de partage en famille avec les Calédoniens qui vous accueillent à bras ouverts. Brochure touristique d’Aircalin, 2022. (…) nombreux sont les Calédoniens qui, comme moi, n’ont vécu qu’à Nouméa (…). Entretien Barbançon, 2022 : 29.  2. adj. Relatif aux habitants de Nouvelle-Calédonie tels que décrits en 1. V. CALDOCHE (II.2.). Le point de vue calédonien n'est souvent pas le même que le point de vue kanak* à propos de l'indépendance. Oral spontané, s.d. A la recherche du Nous, conversations calédoniennes avec Walles Kotra. Titre d’un ouvrage de l’auteur calédonien L.-J. Barbançon, 2022.   

Variante fam. : Calédo*.

Norme : Termes qui s'emploient par opposition à Kanak* (ou Mélanésien). / Le Petit Robert mentionne le mot "calédonien" comme adj. signifiant "De Calédonie" c'est-à-dire d'Ecosse.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

II.  1. n. T.cour. Personne relevant de la population générale de la Nouvelle-Calédonie (qu’elle soit née en Nouvelle-Calédonie, ou assimilée aux natifs au moins dans le contexte de la situation d’énonciation). Trois jeunes Calédoniens parmi lesquels deux d'origine mélanésienne. Journal Les Nouvelles, 29/06/1990. Femmes matelots : Des Calédonienne engagées. Journal Palabre coutumier*, 10/2004. Les hommes qui travaillent cette terre [de la côte Ouest] sont souvent des Calédoniens de souche européenne. Brochure touristique, 2005. Terroirs et traditions (…) vivez des moments de partage en famille avec les Calédoniens qui vous accueillent à bras ouverts. Brochure touristique d’Aircalin, 2022.  2. adj. De Nouvelle-Calédonie. Gde maison F4 (...) style calédonien (...) Journal Les Nouvelles, 06/06/1990 (petites annonces). Conso+, Le magazine des consommateurs calédoniens. Titre Magazine, 04/2005.

Syn. : V. CALDOCHE. NÉO-CALÉDONIEN.

Variante fam. : Calédo*.

Norme  : Les informateurs (1990) soulignent souvent la synonymie entre calédonien* et caldoche* en précisant que le premier est "poli" ou "non péjoratif" par rapport au second.Le Petit Robert mentionne le mot "calédonien" comme adj. signifiant "De Calédonie" c'est-à-dire d'Ecosse.

Dynamique : Cet emploi est toujours en pleine vitalité (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

III.  1. Vx. n. Mélanésien de Nouvelle-Calédonie : Kanak*. Au tout début de la colonisation, on l'utilise [le mot "Kanak*"] indifféremment avec le terme "Néo-Calédonien*" ou "Calédonien". Essai Barbançon, 1988 : 24.  2. Vx ou Spéc. Domaine : Linguistique. adj. Relatif aux Mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, aux Kanak*. Les langues calédoniennes sont des langues orales.

Syn. : V. KANAK. NÉO-CALÉDONIEN.

Variante fam. : Calédo*.

Norme : Le Petit Robert mentionne le mot "calédonien" comme adj. signifiant "De Calédonie" c'est-à-dire d'Ecosse.

Dynamique : Emploi obsolète (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

343 CALICE! :

interj. Cour. (pop.). ou plaisant. Exprime la surprise. V. BABYLONE! Encycl.  : A rapprocher des interj. québécoises (?) telles que "Tabernacle!" par analogie du champ sémantique. Equivalents hexagonaux : Merde! …etc. Calice! Un doghi*! [=Merde! Un fantôme!] BD Berger, 1989 : 35. –Mam*! Kakounette a fait caca! –Calice! BD Berger, 2000 : 26. Variante (attestée uniquement à l’oral, peu cour.) : Calisson!*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

344 CALICOT :

n.m. A. peu cour. Vieilli. Spéc. Domaine : Elevage. Pan de tissu formant des barrières servant à la capture du bétail non domestiqué (bétail* sauvage). Encycl.  : Ainsi tendus à l’aide de piquets, les immenses rouleaux de tissu (jusqu’à mille mètres) sont installés en un gigantesque entonnoir vers lequel les bêtes sont rabattues par les cavaliers (stockmen*). Ce parc était composé de bandes de calicot allongées les unes au bout des autres (…) Cela dressait une longue barrière blanche, agitée par le vent, une muraille infranchissable par les bestiaux (…). Baudoux [1919], ds Manuel Lectures : 103. Sa panoplie [celle du stockman*] est sommaire : (…) une longue pièce d’étoffe, calicot éclatant, replié sous la selle (…). Roman Sénès, 1987 : exergue.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

345 CALISSON! :

Variante de CALICE! V. ce mot. Calisson! [: en faisant tomber quelque chose par terre].

346 CALOT :

Attesté uniquement à l’oral. n.m.  1. Cour. Fam. Testicule. Il avait mis (…) la cravate rose, la chemise rose, j'suis sûr que même ses calots ils étaient roses! Sketch Lewis, 1990. Equivalents hexagonaux : Couille (français fam. vulg.), burne (français pop.), …etc. Syn. (moins cour.) : Barbadine*. Warotch*. Norme : Semble bien moins vulgaire que "couille" en français hexagonal.  2. Cour. Fam. Imbécile. Alors lui c’est vraiment un calot hein ? Oral spontané, s.d. Equivalents hexagonaux : Con, etc. Syn. : Carne* (cour.). V. BOBO, PINE. V. également BON A PEAU. Variantes (attestées uniquement à l’oral) : Calotte*, calotte de poulpe (cour.). Calot* en ace (a.cour).

347

CALOT* EN ACE :

Variante de CALOT. V. cette entrée (sens 2.). Encycl. : Abréviation de "calot en acier". Quel calot en ace, ce mec! Norme phonétique : [kaloãnas] (en alphabet latin : "calo en  nasse").

348

CALOTTE :

n.f. Variante de CALOT. V. cette entrée (sens 2.). Connotation : Parfois affectueuse. Eh mais (…) Nounous c'est la vraie calotte! Sketch Valéry, 1989. Variante (attestée uniquement à l’oral) : Calotte* de poulpe (cour.). Collocation fréquente : Souvent employé précédé du dét. déf. la et de l'adj. vraie : V. exemple ci-dessus.

349

CALOTTE* DE POULPE :

Variante de CALOTTE. V. ce mot. Lui là? Pas la calotte de poulpe le mec! Dynamique : Calotte (de poulpe) semble toujours en usage, y compris chez les jeunes, peut être surtout en milieu européen* (?) -Pauleau, enquête linguistique, 2005.

 

350 CAMÉLÉON :

n.m. A.cour. Nom donné à divers lézards de la famille des Gekkonidés. V. GECKO. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 209.

350 CAMION :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Fam. Camionnette de marchand ambulant vendant, le soir, à Nouméa notamment, des plats à emporter et des boissons. Encycl. : Autrefois situés au Rocher à la voile, au bord de mer, les camions de Nouméa sont maintenant garés, pour des raisons d'hygiène, sur un parking du centre ville, où leurs nombreux clients viennent acheter des plats à emporter de cuisine calédonienne*, constituée de recettes asiatiques (porc* au sucre...), polynésiennes (poé*...), indiennes (curry*...), etc. J'ai rien fait à manger, viens on va aux camions acheter un porc* au sucre. Syn. (cour.) : Roulotte*. V. ce mot. Norme : Surtout employé au pluriel.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

351 CAMP EST (LE-) :

n.m.déf. T.cour. La prison de Nouméa, située sur la presqu’île de Nouville. Il y en a écroués au Camp Est et d'autres qui ont subi des arrestations (…). Journal Bwenando, 08/01/1988. Camp Est, Far* West, Ile* de l’Oubli, Après-le-pont*, Stop-vacances*, Bon-courage*, les Six* Quartiers, une litanie que se répétait Erwann (…) à son arrivée à la prison. Roman Jacques, 2002a : 129. Camp Est : Les surveillants veulent leur propre concours de recrutement. Journal Les Nouvelles, 04/2005. Nouville, j'y suis. Arrêt "Camp-Est". Deux femmes et un homme âgé descendent. Théâtre, Duchesne, 2014. Centre Pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie (Camp Est). service-public.nc/annuaire, 12/2020. Syn.  : Bon-courage* (le), Farwest* (le), Ile* de l’Oubli (l’), Six* Quartiers (les), Stop-vacances* (le) ; après-le-pont*. Ces syn. sont les plus récents en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005), l’Ile* de l’Oubli étant de loin le plus courant, les syn. suivants sont plus anciens : Australie* (l'). Club* Med (le). Hôtel* California. Los* Angeles. Petite* Australie (la) ; en* face. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

352 CANAQUE :

Variante graphique de KANAK. V. cette entrée. (…) des sculpteurs et peintres canaques (…). Journal Les Nouvelles, 12/06/1990. Composés : V. ci-après :

353

ALCYON* SACRÉ DES CANAQUES :

V. ALCYON.

353

ASPERGE* CANAQUE :

V. ASPERGE.

354

CITRONNIER* CANAQUE* :

V. CITRONNIER.

355

HARICOT* CANAQUE :

V. HARICOT.

356

OREILLE* CANAQUE :

V. OREILLE.

357

PICOT* CANAQUE :

V. PICOT.

357

PEUPLIER* CANAQUE :

V. PEUPLIER.

358

POMME* CANAQUE :

V. POMME.

358

POMMIER* CANAQUE :

V. POMMIER.

360

PRUNE* CANAQUE :

V. PRUNE.

361

PRUNIER* CANAQUE :

V. PRUNIER.

362

ROSEAU* CANAQUE :

V. ROSEAU.

 

353 CANARD JAPONAIS :

n.m. Peu cour. (Phalacrocorax melanoleucus melanoleucus). Oiseau (40 cm) fréquentant les lacs, les embouchures et les mangroves, souvent perché sur les arbres morts, où il se fait sécher, ailes déployées. Encycl. : Son plumage est perméable. / Famille des Phalacrocoracidés. Répertorié par Hannecart, 1980 : 106.

353 CANARDER :

Attesté uniquement à l’oral. v.tr.dir. T.cour. Fam. Jeter des pierres, ou autres projectiles. Si tu veux faire tomber les cocos* secs, tu les canardes. Oral spontané, 1991. Equivalent hexagonal : Bombarder (Petit Robert). Norme : Caillasser a un sens approchant, la différence semble résider dans le fait que caillasser se fait dans un but agressif, ce qui n’est pas le cas pour canarder.

354 CANASSON! :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. interj. A.cour. Sociolectal (pop.). ou plaisant. Exprime la surprise. V. BABYLONE! Canasson! Le voilà qui revient!

360 CANCRELAT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pristipomoides argyrogrammicus Valenciennes). V. VIVANEAU À RÉSEAU D'ARGENT. Encycl. : Ce poisson doit son nom au fait qu'il déçoit le pêcheur, car celui-ci recherche le plus souvent le vivaneau* rouge. Répertorié par Laboute, 2000 : 488.

360 CANDÉLABRE :

n.m. A.cour. (Cerberiopsis candelabra Vieill.). (Schmid, 1981 : 159). Grand arbre aux longues feuilles en touffes au bout des branches, dont l’allure rappelle la forme d’un candélabre. Encycl.  : De la famille des Moracées, cet arbre ne fleurit qu’une fois au cours de son existence, cette floraison jaune pâle est très importante et entraîne le plus souvent la mort de l’arbre (Schmid, 1981 : 32). Syn. (peu cour.) : Arbre* candélabre.

355 CANNA :

n.m.pl. T.cour. (Canna sp.). Plante ornementale à rhizome, aux fleurs jaunes, rouges ou panachées, "qui affectionne les endroits humides et agrémente tous les jardins" (Bourret, 1978 : 178). Encycl. : Famille des Cannacées. / Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Plante cultivée dans l'Hexagone par les horticulteurs (mais dont le nom n'est pas répandu). Plus loin, derrière un rideau de cannas vigoureux (…). J.Mariotti, 1942 dans Anthologie, 1994 : 167. Si tu veux nettoyer le fossé, il faut enlever tous les cannas qui poussent dedans. Syn. (rare, spéc.) : Canne d'Inde (Bourret, op.cit.).

356 CANNE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Cour. Plutôt jeune ? Fam. Souvent plaisant. Érection. Hé! Regarde le chien, il chope la canne! Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Gaule (DFNC) (français arg.). Locution : V. ci-après :

357

CHOPER LA CANNE :

Attesté uniquement à l’oral. loc.verbale. Cour. Fam. Plaisant. Avoir une érection. V. CANNE. Hé! Regarde le chien, il chope la canne! Oral spontané, 1991.

357

BAVER LA CANNE :

loc. verbale. Cour. Fam. Avoir des propos inconsidérés. Equivalents hexagonaux : Dire n'importe quoi. Dire des conneries (fam.). Dire de la merde (fam., jeune). J'espère juste que je vais pas trop “ baver la canne” (dire des conneries) comme disent les Kanaks [sic]. Blog extralucie.tumblr.com, 03/2015. Y a un virus potentiellement mortel et vous avez l'idée de vous réunir à un endroit où la maladie peut arriver pour justement lutter contre la maladie (...) Faut arrêter de baver la canne hein! Vidéo Youtube Bonjour ma Kanaky*, Coco Banane, 04/2020. [Image d’une boîte de médicament sur le modèle graphique du « Doliprane »  mais avec comme nom : Bav’la Canne  et comme slogan : ] « Bav’la Canne », pour ne plus baver la canne*. Vidéo Kingtäz, « Parodie Pub Bav’la Canne* », 2023. Dérivé : Baveur*. Norme : En argot hexagonal, "baver la canne" signifie : se masturber/ ne rien faire (laparlure.com). Dynamique : Locution calédonienne* en pleine vitalité (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

 

358 CANON :

Attesté uniquement à l’oral. n.m.  1. Cour. Fam. Coup de poing. Faut qu'j' trouve un zor* [=métropolitain] pour lui mettre un canon (…). Sketch Lewis, 1990. Syn. : Coup* de tampon, chouchoute*, kakoune*, pète* (cour.)./ Sikis*, sikole* (moins cour.). Collocations fréquentes : Ce mot, ainsi que certains de ses syn. (kakoune*, sikis*, et éventuellement sikole*), s'emploient souvent d'une part avec les verbes mouiller*, envoyer*, péter* signifiant alors "donner" (mouiller*/ péter*/ envoyer* un canon : donner un coup de poing); d'autre part avec les dét. possessifs (Mouille* ton canon!). V. l’article suivant. Dynamique : Ce mot reste courant chez les jeunes (même s’il semble subir une perte de vitalité chez les plus âgés) -Pauleau, enquête linguistique, 2005.  2. A.cour. Fam. Jeune. Ethnolectal kanak*? Chanvre. V. PAKALOLO. T'as pas de canon? Ecrit d'enquête, 2005.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

358

MOUILLER* SON CANON* : MOUILLE TON CANON*! :

loc.verbale. Cour. Fam. Souvent Plaisant. Faire une action avec puissance, avec violence, ou avec grande vitesse. Allez! Dépêche toi! Mouille* ton canon! [=dépêche toi!]. Il va mouiller* son canon Zidane, tu vas voir! [=il va tirer avec puissance]. Collocation la plus fréquente : A l’impératif, deuxième personne : Mouille* ton canon! Syn.  (moins cour.) : Envoyer*/ péter sa boulette*/son kakoune*/sikis*/sikole*, toutes les combinaisons étant possibles : Envoye* ton kakoune*! / Pète* ton sikis*! Pète* ta boulette*! ...etc.

 

361 CAOUÉ :

n.m. Peu cour. (Cicadidae). V. CIGALE DE FORÊT. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 46.

361 CAP :

Variante graphique de TCHAP. V. cette entrée. Encycl.: Cette graphie en "c" est fondée sur la transcription phonétique [c], qui transcrit le son traditionnellement orthographié "tch" en français. Les jours de fête, je (…) danse le (…) "cap" (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 33. Et ce fut un concours de (…) cha-cha-cha, entre le cap et le tamuré* [note de bas de page : cap : danse des îles* Loyauté]. Roman Gorodé, 2005 : 124.

362 CARANGUE :

n.f. T.cour. (Alectis sp., Atule sp., Carangoides sp., Caranx sp., Gnathanodon sp., Megalaspis sp., Pseudocaranx sp., ou Seriola sp.). Nom donné aux poissons des genres cités ci-avant, de forme ovale à forte nageoire dorsale, prédateurs carnassiers rapides et puissants, vivants en bancs. Encycl.: Avec les tazars*, ce sont un peu les "loups dans la faune des abords du récif et du lagon" (Fourmanoir, 1976 : 168). / Apparemment en usage à Madagascar, à La Réunion (site BDLP, 2006) et à l'Ile Maurice (Nallatamby, 1995). On peut aussi faire ce curry* avec des carangues. Recettes Masachs, 1980 : 47. [Les pêcheurs] ont dû travailler toute la nuit (…) Dans les glacières, des trésors brillent : maï-maï*(…) carangues (…). Roman Ohlen, 2000 : 44. [Prix du marché :] Carangue 600F[C.F.P.*]/kg. Journal Les Nouvelles, 04/2005. Le sable puis la diversité des colonies coralliennes y concentrent des (…) picots* gris ou encore des petites carangues à tâches noires. (…). Origin’air Magazine, juin 2022. Composés  (rares et spéc.) : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).  V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

362

CARANGUE* À BANDES :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Carangoides emburyi).  Espèce de carangue* (description?). Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* À FILAMENTS :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Alectis ciliaris Bloch.) (Laboute, 2000 : 227). Espèce de carangue* avec de longs filaments prolongeant les nageoires. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* À GOUTTES D’OR :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Carangoides fulvoguttatus Forsskal). Espèce de carangue* à points jaunes. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*. Norme : Laboute (2000 : 228) répertorie le même nom scientifique avec comme nom commun "carangue à tâches jaunes" et la mention "nom douteux".

362

CARANGUE* (À) GROSSE TÊTE :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx ignobilis Forsskal). Espèce de carangue* à la tête plus forte que les autres. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn.: Carangue*(t.cour.). Carangue* ignobilis, carangue* baoum (peu cour.).

362

CARANGUE* À LIGNES JAUNES :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Canrangoides georgianus). Espèce de carangue*. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114.Syn.: Carangue* (t.cour.). Carangue* à queue jaune.

362

CARANGUE* AMBRÉE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Seriola dumerili). Espèce de carangue* (description?). Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* AMOUREUSE :

n.f. Rare Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Seriola rivoliana Valenciennes). Espèce de carangue* ayant une bande foncée oblique sur la tête. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) la carangue amoureuse (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. (t.cour.) : Carangue*. Dynamique : Usage peu courant, peu répertorié ; répertorié par Laboute, 2000 : 237. / Terme certes rare et spécialisé mais dont l’attestation ci-avant montre un usage dans d’autres domaines que la stricte ichtyologie. La vitalité du terme est donc confirmée selon l’enquête de 2022.

362

CARANGUE* À MUSEAU POINTU :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Carangoides chrysophrys). Espèce de carangue*. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* À POINTS JAUNES :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Carangoides orthogrammus Jordan & Gilbert). Espèce de carangue*. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*. Norme : Laboute (2000 : 229) répertorie le même nom scientifique avec le même nom commun, mais accompagné de la mention "nom douteux" (et sans description morphologique).

362

CARANGUE* À POINTS NOIRS :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx celetus). Espèce de carangue* claire, parsemée de petits points noirs. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. : Carangue* (t.cour.). Carangue* à tâches noires (peu cour.) ? Norme : Laboute (2000 : 232) répertorie le même nom commun avec pour identification scientifique Caranx papuensis.

362

CARANGUE* À QUEUE BLEUE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx melampygus Cuvier). Espèce de carangue* à petites taches bleues et noires et à queue bleue. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn.: Carangue*(t.cour.). Carangue* bleue (rare).

362

CARANGUE* À QUEUE JAUNE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Canrangoides georgianus). V. CARANGUE* À LIGNES JAUNES. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114.

362

CARANGUE* À TACHES NOIRES :

n.f. Rare. V. CARANGUE* À POINTS NOIRS. Le sable puis la diversité des colonies coralliennes y concentrent des (…) picots* gris ou encore des petites carangues à tâches noires. (…). Origin’air Magazine, juin 2022.

362

CARANGUE* BAOUM :

n.f. Peu cour. (Caranx ignobilis Forsskal). V. CARANGUE* (À) GROSSE TÊTE. Par 6 mètres de fond, les gros poissons carnivores telles les carangues baoum (…). Origin’air Magazine, juin 2022.

362

CARANGUE* BLEUE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx melampygus Cuvier). V. CARANGUE* À QUEUE BLEUE. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114.

362

CARANGUE* DE SABLE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Canrangoides gilberti). Espèce de carangue*. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* IGNOBILIS :

n.f. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx ignobilis Forsskal). V. CARANGUE* (À) GROSSE TÊTE. (…) au menu [de la pêche sportive :] (…) carangues ignobilis, mérous (…). Journal L'Echo du tourisme, 06/2006.

362

CARANGUE* JAUNE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gnathodon speciosus Forsskal). Espèce de carangue* jaune argenté à rayures noires verticales, qui se colle à d'autres poissons (d'où son autre nom de carangue* pilote). Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. : Carangue* (t.cour.). Carangue* pilote (rare).

362

CARANGUE* NOIRE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Caranx lugubris Poey). Espèce de carangue* d'une couleur assez foncée. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114. Syn. (t.cour.) : Carangue*.

362

CARANGUE* PILOTE :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Gnathodon speciosus Forsskal). V. CARANGUE* JAUNE. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 114.

 

363 CARDINAL :

n.m.  1. Cour. (Erythrura psittacea Gm.). Petit oiseau (11cm) endémique, vert brillant, qui doit son nom à la couleur rouge vif de sa tête et de sa gorge. LE CARDINAL (…) vit par couple dans les buissons, les arbres des savanes, les clairières (…). Manuel scolaire Ecologie, 1987 : 282. Syn. spéc. : Diamant* psittaculaire, pape* de Nouméa.  2. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Apogon sp.). V. TACOT. Répertorié notamment par F.O.L., 1983 : 165.

364 CARNE :

Attesté à l’oral uniquement. n.f. Cour. Imbécile. V. CALOTTE. C’est la vraie carne, ce mec ! Oral spontané, 1991. J'ai un élève dans la classe, (…) plus carne que lui y a pas (…). Sketch Wahoo, [2000?].

364 CAROTTIER :

n.m. A.cour. (Myodocarpus sp.). V. BOIS CAROTTE. Répertorié par F.O.L., 1983 : 22.

365 CARPE :

n.f. T.cour. (Kuhlia sp.). Poisson de rivière dont la forme rappelle celle de la carpe des eaux de France. Encycl. : Famille des Kuhliidae. Carpes, anguilles, crevettes, toute vie a disparu sur 2 km. Journal Les Nouvelles, 06/06/1990. Syn. (rare, spéc.) : Doule*, gros* yeux. Composés (spéc.): V. ci-après. Norme : "L'appellation 'carpe' est typiquement calédonienne* car les vraies carpes appartiennent à la famille des Cyprinidae" (Laboute, 2000 : 58).

366

CARPE* À QUEUE JAUNE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia munda De Vis). Espèce de carpe* à la queue ornée de jaune. Répertorié par Laboute, 2000 : 58. Syn. (rare, spéc.) : Doule* à queue jaune.

366

CARPE* À QUEUE NOIRE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia rupestris Lacepède). Espèce de carpe* à la queue ornée de tâches noires. Répertorié par Laboute, 2000 : 58. Syn. (rare, spéc.) : Doule* à queue noire.

366

CARPE* À QUEUE ROUGE :

n.m. Rare. Spéc.  Domaine : Ichtyologie. (Kuhlia marginata Cuvier). Espèce de carpe*, caractérisée par son œil souligné de rouge, et ses nageoires postérieures ornées d'une tâche rouge (mais sans rouge sur la queue, selon la description et la photographie de Laboute (2000 : 58) : ?). Répertorié par Laboute, 2000 : 58. Syn. (rare, spéc.) : Doule* à queue rouge.

 

366 CARPET GRASS :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Elevage. (Axonopus compressus (Sw.) Beauv.). Herbe de pâturage rampante (20-30cm), aux feuilles finement ciliées. Encycl. : Cette herbe est également appelée "carpet grass" en anglo-américain. / Elle est cultivée également comme ornementale (pelouses). Répertorié par Toutain, 1989 : 63. Syn. (peu cour.) : Para* rouge.

366 CARPOPHAGE GÉANT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Ducula Goliath Gray.). V. NOTOU. Répertorié par Hannecart, 1980.

366 CARPORT :

n.m. A.cour. Ethnolectal européen* (moins cour. chez les Kanak* notamment). Abri pour les voitures, non-clos, en général sans porte. Encycl. : L'anglais "carport" signifie : abri-garage (Harrap's). Superbe propriété (…) 2 car-ports, atelier (…). Journal Les Nouvelles, 10/1988 (petites annonces). Rez de jardin ds résidence (…) carport, jardin. Ibid, 04/2005. Et si (…) nous laissions voitures et boosters sous le carport ? Journal Tazar*, 06/2005. Les carports solaires sont réalisés sur mesure pour s'adapter au mieux à vos besoins. Publicité, www.suneco.nc (consultation 2022). Variante graphique : Car-port. Norme : Si l'abri est clos, on l'appelle plutôt garage. / Du fait que cet abri n'est pas complètement fermé, le terme s'emploie avec la prép. sous (et non avec dans, comme pour le mot garage). / Dans l’usage hexagonal, le mot carport est désormais observable bien que cantonné au vocabulaire technique, on le trouve surtout à l’écrit, notamment dans les publicités de fabricants (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2023). Dynamique : Carport semble moins cour. que dans les années 1990 (ce terme était alors t.cour., bien que plutôt ethnolectal –européen*); toutefois on le trouve toujours dans les médias (cf ci-dessus) -Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022.

367 CARRÉ :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Elevage.  1. Enclos à bétail. Encycl.: "Le mot carré peut s'employer d'une façon générale pour le stockyard* entier [=pour l'enclos entier]" Glasgow, 1968 : 290. (…) il ramenait au "carré" ses bêtes éparpillées dans la brousse*. Roman Sénès, 1987 : 73. Carré de bétail : enclos. Journal Tazar*, 09/06 (mots croisés). Syn. (a.cour.) : Stockyard*. Norme : L'emploi carré de bétail cité ci-dessus constitue une attestation mais semble impropre (carré à bétail serait plus probable).  2. Compartiment de l'enclos à bétail (enclos appelé stockyard*). V. STOCKYARD. La bête (…) doit d'abord être rentrée au stockyard* et enfermée entre les hautes barrières du petit carré (…). Jeannin 1972, dans Manuel Lectures : 98. Composés nommant les différents compartiments, aux fonctions respectives spécifiques (selon Glasgow, 1968 : 290) : Carré lave pieds, c. voyageur, c. d'arrivée, c. d'attente, c. de castration, c. d'entrée, c. de marquage, c. de repos, c. de séchage...  3. Installation permettant de baigner le bétail afin de le débarrasser de ses tiques. V. PISCINE. Encycl. : "(…) quelquefois, sur de grandes stations*, on construit une piscine* (…) sans que celle-ci soit attachée au stockyard* proprement dit : l'installation, qui ne comporte qu'un carré* d'entrée et un carré* de séchage peut prendre le nom de carré (aussi bien que celui de piscine*)." Glasgow, 1968 : 290. Répertorié par Glasgow, op.cit.

368 CARRÉE  :

Variante de BOUTEILLE CARREE. V. cette entrée. On va boire un coup de carrée.

369 CARRY :

Variante graphique de CURRY. V. cette entrée. L’araignée* qui se mange en carry (…). Nouvelle ADG 1988, Littérature NC : 53. (…) une boîte de lait de coco* pour mettre dans le carry. BD Niko-Solo, 2004 : 31.

369 CARTE :

n.f. Peu cour. (Mauritania mappa L.). Coquillage (porcelaine) orné de tâches rappelant le tracé d'une carte géographique. Encycl. : Famille des Cypréidés. / Coquillage identifié autrefois sous le nom de Cypraea geographica. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 20. Variante : Carte* de la Calédonie*. Carte* géographique.

369

CARTE* DE LA CALÉDONIE* :

Variante de CARTE. V. cette entrée. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 21.

369

CARTE* GÉOGRAPHIQUE :

Variante de CARTE. V. cette entrée. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 21.

 

370 CARTON :

adj. Cour. Qualifie le crabe* lorsqu’il est au stade intermédiaire entre la mue (crabe* mou) et le stade où la carapace s'est reconstituée. V. CRABE : CRABE CARTON, CRABE MOU. (…) il y avait un Vieux* Crabe* Malin qui avait refusé de quitter sa carapace, qui ne voulait plus être ni mou, ni carton, ni rien.. Nouvelle ADG dans Littérature NC : 54.

371 CARTOUCHE :

n.f. A.cour. Fam. Jeune. Cigarette. Tu donnes une cartouche? [=Tu me donnes une cigarette?]. Norme : Terme absent des dictionnaires de français hexagonal consultés mais peut-être possible? Dynamique : Terme récolté en 2005 auprès de lycéens -Pauleau, enquête linguistique, 2005.

372 CASE :

n.f. T.cour. Construction traditionnelle kanak*. Il ne l'aimait pas non plus cette case sans cheminée et d'une architecture qui ne rappelait guère les maisons du pays solidement assises sur leurs murs de pierres. Roman Mariotti 1947, dans Littérature NC : 19. (…) bâtir une case nouvelle pour un pays autre (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 81. Elle rentra dans la case (…) et s'endormit pensive. Album Révol, 2001 : 12. « J’étais dans mon île natale dans ma case (…) ». Essai Mokaddem, 2018 : 54. Téâ kanaké construit sa case. Etiquette expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022. La case, symbole de la grande chefferie* de Xâracuu. Etiquette d’une œuvre d’art, Centre culturel Tjibaou, 2022. Composés : V. articles ci-après. Norme : Ce terme du français de référence (au référent spécifique en contexte calédonien*) entre dans la composition de nombreuses locutions, notamment celles traitées dans les articles ci-après./ Une certaine confusion règne dans la littérature ethnographique (et a fortiori une grande confusion dans les écrits en tous genres) en ce qui concerne la distinction de certaines cases entre elles : par exemple, les termes "case des hommes", "maison des hommes", "case commune", "grande* case", "case du clan" employés par Leenhardt semblent nommer le même référent (ou le même type de référent) sans que ces termes soient clairement définis les uns par rapport aux autres (Bensa-Rivierre, 1982 : 38). Ceci expliquerait les informations contradictoires recueillies au sein de manuels scolaires et documents pédagogiques locaux : dans l'un, la "grande* case" est la plus grande des constructions traditionnelles, dont les dimensions sont les mêmes que la "case commune" d'un autre ouvrage, qui précise : "(…) [autrefois] la plus grande et la plus belle [des cases*] était la case commune. Elle avait jusqu'à 9m de diamètre et 12m de hauteur. Une haute flèche sculptée et ornée de coquillages prolongeait son sommet; (…)"; "[de nos jours] La grande case commune a disparu (…). Elle a été remplacée (…) par l'église ou le temple et par une case qui sert à la fois aux réunions et aux réceptions [qu'on appelle également "case commune"].". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

373

CASE* COMMUNE :

n.f.  1. Cour. Bâtiment public constitué d'une construction plus ou moins traditionnelle (case* kanak*) servant aux réunions et réceptions dans les villages kanak*. Les cases* communes (…) ont le sol recouvert de nattes (…). Journal Les Nouvelles, 25/09/1988. Syn. (cour.) : Maison* commune. Norme : V. CASE.  2. Peu cour. Spéc. (plus cour. et usuel chez les Kanak*). Domaine : Sociologie du monde kanak*. Construction traditionnelle kanak* (case*) utilisée pour l'accueil des invités. V. CASE DE RÉUNION. Encycl. : Cette case* commune, appelée aussi case* de réunion, est en fait l'ancienne case* commune, qui "est distinguée [par les informateurs d'aujourd'hui] des "cases* communes" actuelles [cf sens 1.] telles qu'elles ont été imposées par l'administration coloniale* [note de bas de page : l'administration coloniale* française a imposé à toute "tribu*" (c'est-à-dire "réserve*") d'avoir un 'petit* chef', un "conseil* des anciens" et une "case* commune".] : la case* d'accueil se dressait sur une allée particulière, elle relevait du propriétaire; la case* commune d'aujourd'hui, conçue par les Européens* selon une représentation erronée du droit Mélanésien comme un bâtiment public édifié en un endroit neutre, n'a qu'un lointain rapport avec la case* d'accueil d'autrefois." (Bensa-Rivierre, 1982 : 40). Or, il semble qu'en français calédonien* courant ces distinctions soient pratiquement méconnues. En outre, les confusions entre grande* case, case* commune, case* de réunion sont très fréquentes. V. CASE. La case commune sert à accueillir les invités.

Syn. (t.cour.) : Case*.

374

CASE* D’ACCUEIL :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Sociologie du monde kanak*. Construction traditionnelle kanak* (case*) utilisée pour l'accueil des invités. V. CASE DE RÉUNION. [autrefois] au milieu ou en bas de l'allée (…) [:] une case*de réunion, case*d'accueil des invités. Souvent cette case*se trouvait sur l'allée du 'chef*. Bensa-Rivierre, 1982 : 40.

375

CASE* DE RÉUNION :

n.f. A.cour. Spéc. Domaine : Sociologie du monde kanak*. Construction traditionnelle kanak* (case*) utilisée pour l'accueil des invités. Encycl. : "Ce bâtiment -en principe réservé aux hommes- n'a rien d'obligatoire ni de systématique (…) Sa taille (…) est toujours plus ou moins l'expression de l'équilibre ou du déséquilibre social qui règne à un moment donné au sein de l'espace domestique (…) dans la mesure où l'importance de l'édifice sera fonction du nombre de personnes mobilisables pour sa construction." Bensa-Rivierre, 1982 : 36. Les informateurs, au sujet de cette case, signalent seulement "l'existence ancienne et aléatoire, au milieu ou en bas de l'allée, d'une case* de réunion, case* d'accueil des invités. Souvent cette case* se trouvait sur l'allée du "chef*", et c'est sans doute ce fait qui a semé la confusion chez les premiers observateurs." (Ibid. 40). La chefferie* (…) possède (…) une case* rectangulaire de réunion bordée de la palissade traditionnelle de troncs de Kohu*. De Camaret 1975, dans Manuel Lectures : 80. Syn. : Case* (t.cour.). Case* commune (cour.). Case* d'accueil (rare). Norme : Les confusions entre grande* case, case* commune, case* de réunion sont très fréquentes. V. ces mots. V. également CASE.

376

CASE* DES PALABRES  :

n.f. A.cour. Habitation traditionnelle kanak* (case*) plus grande que les autres. V. GRANDE CASE. Dans la grande case* des palabres, le feu brûle doucement (…). Roman Baudoux [193 ?] dans Journal Les Nouvelles, 10/1988. De hauts palmiers marquent le début du sentier qui conduit à la case* des palabres (…). Roman Jacques, 2002a : 199.

377

CASE* RECTANGULAIRE :

n.f. T.cour. Habitation traditionnelle kanak* (case*) de forme rectangulaire. Encycl. : "La case* rectangulaire (…) fait partie intégrante de la demeure. Elle est à même le sol. Son architecture n'a aucun rapport avec celle de la case* ronde. (…) Toit à deux pentes inégales, l'une dépasse le faîtage (…) l'autre pente au dessous ne paraît plus qu'un auvent. La façade est sous cet auvent, elle est toute en ouverture. Jamais de sculptures mais une technique assurée, un style. Cette case* est une manière de véranda (…)" Leenhardt, 1937 : 30-31. La chefferie* (…) possède une case* ronde et une case* rectangulaire de réunion bordée de la palissade traditionnelle de troncs de Kohu*. De Camaret 1975, dans Manuel Lectures : 80. Syn.: Case* (t.cour.).

378

CASE* RONDE :

n.f. Cour. Habitation traditionnelle kanak* (case*) de forme circulaire. Encycl. : Les habitations familiales sont, entre autres, des cases* rondes édifiées sur des tertres : une case* ronde "rassemble les hommes d'une même famille, principalement le père et ses fils non mariés : ils y couchent, s'y réunissent. Dans la case* sont rangées les armes, les nattes qu'on étend pour dormir. (...) La case* de l'épouse, également ronde mais plus petite (...). Chaque épouse y vit avec ses filles et ses enfants mâles en bas-âge. (...) Une case* servant "d'abri périodique aux femmes lors des menstrues (...) édifiée en dehors du groupe des habitations principales (...)'" Bensa-Rivierre, 1982 : 34. "Par delà les époux et les épouses, tout ce qui intéresse la vie du clan* comporte pour abri la case* ronde. (...) L'une d'elles (…) toute petite et proche de la grande* case, (...) sans apparat (...) Elle est la case* des trésors." (Leenhardt, 1937 : 30). Cette case*, aussi appelée "case des richesses" (Bensa-Rivierre, 1982 : 37) contient les trésors du clan*. La chefferie* (...) possède une case* ronde (...). De Camaret 1975, dans Manuel Lectures : 80. Téâ kanaké échange les premières ignames* et construit la case ronde. Il plante le pin* colonnaire qui délimite les lieux sacrés et tabous* (…). Etiquette expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022. (…) des facteurs d’unité. Et il y en avait beaucoup : la cosmogonie, les mythes, le cycle de l’igname*, les cases rondes, les tertres… Entretien Barbançon, 2022 : 281.   Syn.: Case* (t.cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

379

GRANDE CASE* :

n.f. Cour. Habitation traditionnelle kanak* (case*) plus grande que les autres, située en haut de la grande allée et occupée par un individu socialement important. La parole/ des rivières du pays/ armature de la grande case. Poèmes Gorodé, 1985 : 26. (…) tous trois [Eloi Machoro, Jean-Marie Tjibaou, Yeiwene Yeiwene] chacun à leur manière, sont des constructeurs de la Grande Case de Kanaky*. Le recours à la métaphore de la Case* signifie que chacun contribue à l’architecture politique du pays. Essai Mokaddem, 2018 : 53. Le pin* colonnaire (…) Planté sur l’allée* centrale qui mène à la grande case*, il est le symbole de l’élément masculin. (…).  Le pilier central des grandes cases* est fait du tronc d’un houp*, on le traite comme un personnage vivant et on le vénère comme un grand chef*.  Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022.  Syn.: Case* (t.cour.). Case* de pilou* (?), case* des palabres*, case* du chef* (?) (moins cour.). Norme : Les confusions entre grande case, case* commune, case* de réunion…etc. sont très fréquentes. V. ces mots./ Il s'avère que les distinctions à faire concernent plutôt la situation des cases* que leur forme ou leur grandeur. Voici ce qu'écrivent les ethnologues actuels à propos des cases* "du haut de l'allée" (Bensa-Rivierre, 1982 : 40) : "Les informateurs d'aujourd'hui distinguent en premier lieu le haut de l'allée du reste de l'allée. Puis ils opposent la case* du haut de l'allée occupée par un homme qui n'est pas "chef*" mais simplement maître (...) de l'espace domestique (...) à la case* du haut de l'allée occupée par un chef* (...) (de clan* ou de groupe local) cette dernière a une dimension plus importante que les autres.". V. FLÊCHE FAÎTIÈRE. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

 

380 CASSE LE! / CASSE LA! :

Attesté à l'oral uniquement. interj. insultante ou plaisante. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). V. BOURRER. [devant la télévision alors que le présentateur du journal apparaît à l'écran :] Casse le! Oral spontané, 1990. - Ce soir c’est l’élection (…)  - Casse-le ce Bush ! Kurtovitch, 2013 : 22. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

381 CASSE PAS LA TÊTE! :

Ci-dessus : Carte postale (2020) présentant diverses expressions du français calédonien*, en haut à droite : Casse pas la tête!. Crédit : Footprint Pacifique.

 

phrase. T.cour. Fam. Ne t’en fais pas, ne te donne pas de mal. Casse pas la tête il y a Chuvan ! Groupe Chuvan, le royaume de l’outillage. Journal Les Nouvelles, 26/06/1990. (…) il va bien, casse pas la tête ! Roman Tcherko, 2001 : 64. Casse pas la tête ! On fait comme si de rien n’était ! Roman Jacques, 2002b : 30. Casse pas la tête j’ai ce qu’il faut dans mon sac ! BD Gielbé, 2004 : 14. Casse pas la tête, on verra demain. Journal Tazar*, 05/2005. Cassez pas la tête (…) y’en a plus des requins! Récits Juncker, 2018 : 113. Y a plein de moustiques y a plein de guêpes casse pas la tête car c’est Noël (…) Chanson "Père Noël Claquettes* by Blancko", Facebook, 2022. Syn.  (moins cour., vieilli): Aïta* péa péa. Norme : On peut entendre bien sûr en France hexagonale : Ne te casse pas la tête ! Mais en contexte calédonien*, l’expression Casse pas la tête ! a un profil différent : d’une part les deux premiers éléments de la phrase (Ne te) sont systématiquement supprimés; d’autre part, la forme hexagonale Ne te casse pas la tête ! est perçue dans l’imaginaire linguistique calédonien* comme totalement autre et étrangère : elle est non conforme à la norme endogène, et ne constitue aucunement une expression emblématique alors que c’est le cas pour la forme Casse pas la tête ! Enfin, la fréquence de l’expression est beaucoup plus importante sur le terrain calédonien*, et cette fréquence est à associer à la connivence linguistique qu’elle génère (elle est par exemple prise dans les années 90 comme slogan publicitaire par un grand commerce de la place –cf premier exemple ci-dessus). On pourrait aussi rapprocher cette expression de l'existence du "casse-tête" parmi les armes kanak* traditionnelles (Bogliolo, 1994 : 177) et du titre du journal satirique calédonien* de la fin du XIXe siècle : "Le Casse-tête calédonien*" (Ibid.). Il est vrai que localement le mot casse-tête est beaucoup plus courant que "massue" par exemple, alors que dans l'hexagone, le rapport semble inversé. Dynamique : Emploi toujours très courant dans toutes les catégories, y compris de manière généralisée chez les jeunes, cela confirmant certainement son caractère emblématique (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).     V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

382 CASSER :

CASSE LE/LA! : V. cette entrée.

383 CASSIS :

n.m. Cour. (Acacia farnesiana Willd.) Plante épineuse à petites fleurs jaunes, formant des fourrés impénétrables, appelée "mimosa" dans l'Hexagone. Encycl. : Les gousses des cassis servent d'aliment d'appoint pour le bétail en période sèche (selon informateur). (…) pendant quatre heures on a astiqué* [=arpenté] les crêtes (…) dans les lantanas*, les cassis (…). Sketch Valéry, 1989. Il avait mis ses guêtres à cause des cassis (…) dans la plaine (…). Roman Jacques, 2002b : 13. Ceux qui le pouvaient ramassaient du bois sous les mimosas*, les gaïacs*, les cassis (…). Roman Gorodé, 2005 : 131. Syn. : Acacia* (cour.). Cassie* (peu cour.). Norme : En général au pluriel. Norme phonétique : [kasis] (le "s" final se prononce). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

383

CASSIE :

n.f. Peu cour. Vieilli . (Acacia farnesiana Willd.). V. CASSIS. (…) [les lys d'eau] fléau calédonien* aussi redoutable que la cassie ou l'herbe*bleue.  Roman Sénès, 1987 : 178. Norme phonétique : [kasi].

 

384 CASTEX :

n.f. Cour. (Diagramma pictum (Thunb.)/ Plectorhinchus picus (Cuv.).... V. LOCHE CASTEX. Il a pêché une castex comme ça! Oral spontané, s.d.

385 CATTLEYA :

n.f. Peu cour. (Cattleya sp.). Variété d’orchidée aux fleurs de grande taille de couleur rose ou mauve, très connue chez les amateurs d’horticulture. Encycl. Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. Regarde ses cattleyas comme elles sont belles… Oral spontané, s.d. Syn.  (peu cour.) : Orchidée* cattleya.

385 CCIK :

V. COMITÉ DE COORDINATION POUR L'INDÉPENDANCE KANAK*. Au mois de juillet 1975, l’Union* multiraciale décide de suivre notre mot d’ordre, et on crée un Comité* de coordination pour l’indépendance kanak*, le CCIK. (…) Dans ce comité (…) il y a (…) l’Union* multiraciale Les Foulards* rouges, le Groupe* 1878, et aussi la JOC* [Jeunesse* Ouvrière Chrétienne] composée d’une majorité de Kanak*] et uniquement les élus de l’UC, Pidjot, Ayawa, etc. (…). Entretien Hébert, site Mouvements, 2017.  

386 CEB' :

Ci-dessus : Capture d'écran d'une vidéo, Youtube, Le grand concours, Coco Banane, 02/2022. Crédit : Coco Banane.

 

phrase tronquée (troncation de C’est bon, avec graphie de type texto). T.cour. Fam. Jeune. "Tout va bien"/ "Ce n’est pas la peine"/ "C’est d’accord"/ …etc. (selon le contexte). –Tu veux que je t’aide ? –Non ceb ! [Membres du jury d’un concours de vidéos :]  -Je vous lâche la vidéo juste après  -OK CEB [écrit à l’écran]. Vidéo Youtube Le grand concours, Coco Banane, 02/2022. Vous voulez un nem avec votre café ou ceb* ? Post humoristique, Facebook, 2022. Equivalents hexagonaux : C’est bon ; ça va ; ok  Norme : En 2005, les attestations écrites -ceb et ceb'- récoltées par questionnaires (Pauleau, enquête linguistique, 2005) ne sont pas spontanées puisqu’elles sont données par des enquêtés par questionnaire, mais on peut néanmoins noter qu’elles ont déjà toutes la forme (type texto) ceb ou ceb’ et jamais la forme (reconstituée mais non attestée) : *c’est b’. En revanche l’enquête de 2022 fournit des attestations issues de corpus écologiques -v. celles mentionnées ci-dessus. Norme phonétique : En alphabet latin : "cèb". Dynamique : Expression apparemment récente en 2005, récoltée auprès des lycéens (Pauleau, enquête linguistique, 2005) ; expression en pleine vitalité en 2022, au moins chez les jeunes (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

387

CEBDEMTAL :

terme de salutation. T.cour. Fam. Jeune. "A demain"/ "A tout à l’heure". Encycl. : Enoncé tronqué (troncation de C’est bon, à demain ou à tout à l’heure, avec graphie de type texto). –Bon allez babaille* je rentre chez moi –Cebdemtal ! Variante : Cedemtal (altération). Variante graphique : Cdmtal (plus cour. chez les Kanak*). V. également TAL. Norme phonétique : En alphabet latin : "sèbdèmtal". Dynamique : Expression apparemment récente en 2005, récoltée auprès des lycéens (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

388 CELLIER :

n.m. Cour. Cave. Proche lycée bel appart. (…) buanderie cellier . Journal Les Nouvelles, 04/2005. Dynamique : Mot apparemment nouveau (?) (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

389 CÈMUHΠ:

n.m. A.cour. Ethnolectal ou spéc. (employé soit par les Kanak* soit en contexte spéc.). Domaine : Linguistique. Langue kanak* de la région de Touho. Encycl.  : Toutes les langues kanak* sont des langues à tradition orale. Voir à l'article A'JIEË les caractéristiques des langues du centre et du sud de l’archipel (dont le cèmuhî fait partie tout en étant à la frontière des groupes nord et centre-sud) (Haudricourt, 1979 : 17). Pour six aires linguistiques, voici différents genres (…) : -cèmuhî : Jèma, récit historico-mythique (…). Ouvrage Anthologie, 1994 : 9. L’aire Paicî-Cemuhi. (Gros titre) Journal Mwà Véé, 09/2005. Aujourd'hui, le système phonologique du cèmuhî comprend 24 voyelles, dont 12 courtes et 12 longues, et 19 consonnes. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 11/2022. Variante phonétique : [tjamuki] (Haudricourt, 1979 : 47). Variante graphique : Cèmuki*. Norme phonétique : En alphabet latin, approximativement : "tchèmouhi" (avec un "i" nasalisé). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

390

CÈMUKI :

Variante de CÈMUHÎ. V. cette entrée. Nos langues dansent la danse de la terre... (…) Arhâ*, Ajië* (…) Cèmuki, Frappez le tronc d'arbre creux Pour cadencer la danse sacrée (…). W.Welepane, 1993 dans Anthologie, 1994 : 249.

 

390 CERF-VOLANT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Pristipomoides argyrogrammicus Valenciennes). V. VIVANEAU À RESEAU D'ARGENT. Répertorié par Laboute, 2000 : 488.

390 CERISIER :

1. Terme du français de référence en usage en français calédonien* (désignant le cerisier de l'hémisphère nord) et entrant également dans la composition de termes particuliers nommant des arbres dont les fruits rappellent la cerise : V. articles ci-après.   2. Variante de CERISIER BLEU. V. Cette entrée. Repertorié notamment par  Observatoire, 1985 : 197.

390

CERISIER* BLEU :

n.m. A.cour. (Elaeocarpus persicaefolius Brongn. & Gris). Grand arbre de la forêt aux petits fruits ronds et bleus, très durs, non comestibles mais appréciés des oiseaux tels que nautous* et roussettes* (selon informateur). Encycl.: Famille des Elaéocarpacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 69) Antoine Delagrange admira les (…) litchis* et les cerisiers* bleus (…). Leroux 1988, Littérature de NC : 68.  (…) Yamel dessina sur le sable, avec une baguette de cerisier bleu (…). Roman Chabas, 1996, 107. Elle y plante plusieurs espèces d’arbustes comme les faux* tamanous* ou encore les cerisiers bleus. « C’est un très beau projet de développement pour les mamans de la tribu » (…). Site la1ere.francetvinfo.fr/, 04/2016. Syn. (a.cour.) : Azou*. Faux* cerisier. Variante (a.cour.) : Cerisier*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

390

CERISIER* DE CAYENNE :

 n.m. A.cour. Vieilli. (Eugenia uniflora L.). Arbrisseau souvent planté en haies, aux petits fruits acidulés. Encycl. : Famille des Myrtacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 53). Cette plante, ma mère appelle ça le cerisier* de Cayenne. Oral d'enquête, 1991. Répertorié à l'écrit par Rageau, op.cit.

390

FAUX* CERISIER* :

n.m. A.cour. (Elaeocarpus persicaefolius Brongn. & Gris). V. CERISIER BLEU. (…) d'autres notous qui mangeaient les fruits d'un faux* cerisier* (…). Contes de Thio, 1997 : 59.

 

397 CFP :

sigle. T.cour.  1. De la Communauté du franc Pacifique. Encycl. : Dans la mention des prix en contexte local, ce sigle complète parfois l'initiale F. (pour Franc), 1000 F.C.F.P. équivalant environ à 55 FF soit à 18 fois moins (ce qui correspond aujourd'hui à environ 8.4 €). Notons que le franc C.F.P. (dit aussi franc Pacifique*) est toujours en vigueur en Nouvelle-Calédonie, l'euro n'y ayant pas cours. (…) la dette de l'Etat relative au précédent contrat de développement, qui s'élève à six milliards FCFP. Journal Le Pays, 04/2006. Indexé sur l’euro (1€ = 120XPF, le franc CFP est aussi utilisé à Wallis et Futuna et en Polynésie française. Brochure touristique d’Aircalin, 2022. Syn. (t.cour.) : Pacifique*. Collocation fréquente : En CFP.  2. Franc de la Communauté du franc Pacifique. Encycl. : Comme on le voit, le sigle C.F.P. peut aussi être mis à la place de la formule entière "Franc de la Communauté française du Pacifique". (…) de l'argent en CFP. Journal Mwà Véé, 03/2006. (…) le CFP n'est qu'une "monnaie de compte". Le CFP a en effet toujours été rattaché au franc français d'abord et maintenant à l'euro (…). Bulletin d'information, n°4, s.d. [2006]. Quand tu dis 500, tu parles en C.F.P., en Francs français ou en Euros? Syn. (t.cour.) : Franc Pacifique*.

Variante graphique : C.F.P.

Dynamique : Terme évidemment stable tant que le référent est en vigueur (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

399 CHAÎNE (LA -) :

n.f.déf. T.cour. Unique chaîne de montagnes s'étirant du nord au sud de la Grande-Terre*. Connotations : Souvent associé à la chasse*, à l'aventure, à la solitude… La Chaîne c'est la brousse* perdue, la brousse* sans les broussards* Oral spontané, 1990. A vendre superbe terrain (…) vue 360° chaîne, île* Ouen, phare* (…). Journal Les Nouvelles, 19/06/1990. (…) jusqu’à ouvrir au vent de la Chaîne sa gorge vide (…) [note de bas de page: chaîne : massif montagneux qui traverse la Nouvelle-Calédonie]. Roman Jacques, 2002a : 13. Bon retour dans la Chaîne… [: l'animateur à l'interviewé]. Oral radio, 05/2005. Syn. (écrit, sout.) : Chaîne* centrale. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

400

CHAÎNE* CENTRALE (LA -) :

n.f.déf. Cour. Sout. Ecrit. Unique chaîne de montagnes s'étirant du nord au sud de la Grande-Terre*. V. CHAÎNE. L'exploitation de la forêt (…) Les ¾ de la production du bois proviennent de la chaîne* centrale (…). Manuel Education civique 1991 54. Il se voyait bien, à vingt-cinq ans, crapahuter dans le maquis minier de la Chaîne centrale (…). Kurtovitch, 2013 : 34.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

 

401 CHALEUR! :

interj. Cour. Fam. Exprime une émotion forte, en particulier la peur. Les quolibets vont alors bon train : « C’est bien le Zoreille* ! Il connaît rien ! Il est fin* nul ! Chaleur pour lui ! Déso* pour lui ! Va* dormir ! ». Entretien Barbançon, 2022 : 261. Hé! Chaleur! [: après un coup de frein brusque]. Oral spontané, s.d. Norme : Se prononce en accentuant et en allongeant la première syllabe.

402 CHAMBRANLE :

n.m. T.cour. Grosse statue (bas relief) de bois sculpté installée de chaque côté de l'entrée des cases* kanak* (cette entrée étant sans porte) de telle sorte que les deux chambranles constituent l'encadrement de l'entrée. Encycl. : Ces sculptures sont destinées à protéger le foyer des mauvais esprits. Deux cocotiers Deux chambranles à l'entrée Deux ancêtres* à l'entrée Deux gardiens Deux portes Toi et Moi. Poèmes Lycéens, 1997 : 11. Les cases* (...) offraient  de part et d'autre de l'entrée les chambranles traditionnels (...). Roman Tcherko, 2001 : 80. (…) les chambranles qui permettent de repousser les êtres maléfiques de la case* familiale.  Journal Mwà Véé, 03/2006. Les chambranles, (…) sont les gardiens de la case et les protecteurs de ses habitants. Guide pédagogique pour l’enseignement des éléments fondamentaux de la culture kanak (Direction de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie -DENC), 2018. Syn. (spécialisé ?) : Applique*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).   V. également Pauleau, BDLP.

404 CHAPEAU CHINOIS :

n.m. A.cour. (Patella laticostata Lam.). Petit coquillage gastéropode cônique. Répertorié notamment par Observatoire, 1988 : 21.

404 CHAPEAU DE PAILLE :

n.m. Vx (ou vieilli ?). Bagnard. "Ton père c’est un chapeau de paille" "T’es le fils d’un bagnard". Roman Jacques, 2002b : 41.

404 CHAPEAU TAHITIEN :

n.m. T.cour. Chapeau de feuilles de pandanus* tressées, en général de forme arrondie et plat sur le dessus, entouré d'une petite frange. (…) la Tante Rose avec son grand chapeau tahitien. Album Sebban, 1984 : 8.

405 CHASSE AU BÉTAIL :

loc. nominale. A.cour. Chasse aux bovins vivant en liberté (appelés bétails* sauvages). V. BETAIL* SAUVAGE. C'est un broussard*, il adore la chasse au bétail et ce genre de trucs...

406 CHAVIRER :

1. v. Cour. Fam. Renverser. ( .) le camion avait basculé dans le ravin chavirant les hommes sur les pentes (…). J.Sénès 1988, Littérature NC : 71. Les étalages des commerçants sont chavirés et pillés (…). Journal Les Nouvelles, 10/10/1988. Ces filles là, c’est bon à chavirer, tasser* et puis jeter. Oral spontané, 1991. Norme : Cette acception du mot chavirer est mentionnée par le Petit Robert mais la particularité du mot calédonien* réside dans le fait qu’il peut être un véritable concurrent du mot renverser. Dynamique : Usage qui semble vieillissant en 2005.  2. v.intr. Cour. Fam. Tomber. A force de se balancer il a chaviré de sa chaise. Oral spontané, s.d.

Dynamique : Usage qui semble vieillissant en 2005.

407 CHEF :

n.m.  1. T.cour. Homme d'origine kanak* chargé de représenter l'autorité européenne* en milieu kanak*. Encycl. : Il s'agit d'un nom donné par l'administration européenne* à certains Kanak* qui servent ainsi d'intermédiaire avec le groupe culturel kanak*. Selon l'espace sur lequel s'étend son autorité, le chef est qualifié de grand ou petit. V. GRAND CHEF, PETIT CHEF. (...) ici c’est la tribu pour* nous, n’importe qui peut venir mais tu dois d’abord aller faire la coutume* avec le chef, c’est lui qui va t’accueillir et qui va te donner l’autorisation de te promener (...). Roman Tcherko, 2001 : 54. Syn.  (peu cour.) : Chef* administratif. Ant. : Chef* coutumier. Composés : Grand chef*. Petit chef*. Norme : La réalité que recouvre le mot chef est souvent idéalisée, le rapport avec l'administration française méconnu. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Cour. Homme ayant le titre de chef, dans la société kanak*. Encycl. : La notion de chef est très particulière dans la société kanak*. L'autorité du chef est très relative, le dit chef ne la forgeant pas lui-même puisqu'il est en quelque sorte promu par ses hôtes, sur un terroir où il est considéré comme un étranger. En outre, le titre de chef peut se réaliser dans divers domaines, et l'autorité du chef se perpétrer à divers degrés, d'où les composés ci-après. Dans tout terroir (...), les occupants se partagent en deux groupes :/ -les anciens, premiers défricheurs (...)/ -les étrangers (...)./ L'installation des étrangers parmi lesquels sera choisi le chef suppose l'accord des anciens* (...). Bensa-Rivierre 1988, Littérature NC : 34. Dans les discours on dit que la parole du chef est « la bouche du notou*, l’oiseau symbole des origines. (…) Le pin* colonnaire (…) incarne le pouvoir du chef ; quand un chef meurt on dit : ‘les bourgeons des sapins* tombent à terre’. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022. (…) les aventures d’un chef kanak de Koné pourchassé par un être redoutable, mi-homme mi-lézard (…) un chef de Bourail parvint à repousser le lézard (…). Etiquette de l’exposition Mue, faire corps, Centre culturel Tjibaou, 2022. Syn. : Chef* coutumier* (cour.). Chef* de tribu (rare). Ant. : Chef* administratif. Composés : Chef* de clan. Grand chef*. Petit chef*. Chef* de tribu. Norme : Les réalités coutumières* et administratives ne sont pas toujours faciles à distinguer, et se recoupent souvent sous un même mot français. Ainsi, les termes de chef* de clan, de lignage, de tribu, grand chef*, petit chef*, chefferie*, etc. reflètent des notions qui sont d'une part parfois difficiles à apréhender en réalité, dans la société kanak* même, et d'autre part doublés de concepts issus de l'administration européenne*, se confondant souvent avec les notions kanak*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

408

CHEF* ADMINISTRATIF :

Attesté seulement à l'oral. n.m. Peu cour. Homme d'origine kanak* chargé de représenter l'autorité européenne* en milieu kanak*. V. CHEF 1. Il est chef* mais il est pas chef* coutumier, il est chef* administratif. Oral d'enquête, 1990. Syn.: Chef* (t.cour.).

409

CHEF* COUTUMIER* :

n.m. Cour. Homme ayant le titre de chef, dans la société kanak*. V. CHEF 2. (…) les chefs* coutumiers avaient su lui faire un accueil généreux (…) Roman Sénès, 1987 : 343. Syn.: Chef* (t.cour.). Norme : Il est probable que le sens réel de ce mot, opposé à celui de chef* administratif, soit peu connu.

410

CHEF* DE CLAN* :

n.m. T.cour. Aîné du clan*. (…) [le] Président du Conseil* des Anciens* nous souhaite la bienvenue en compagnie (…) du chef* de clan* qui est âgé de 83 ans. Journal Les Nouvelles, 14/06/1990. Syn.: Chef* (t.cour.).

411

CHEF* DE TRIBU :

n.m. Rare. Homme ayant le titre de chef, dans la société kanak*. V. CHEF 2. Norme : Le sens impropre de "chef* administratif" donné à chef* de tribu est très fréquent en milieu non kanak*. Son père, il est chef* de tribu. Oral spontané, s.d. Syn.: Chef* (t.cour.).

412

ENFANT CHEF* :

n.m. Cour. Ethnolectal kanak* (rare chez les non Kanak*). Enfant destiné, dans l’avenir, à être chef* (au sens décrit à l’article CHEF 2. ci-dessus). L’apprentissage de l’enfant chef* (…) commence vers l’âge de cinq ans et se poursuit jusqu’à son mariage et sa prise de fonction de chef* de clan* (…) quand un enfant chef* (…) va s’absenter longtemps (…) il y a une cérémonie coutumière* pour le protéger. Journal Mwà Véé, 09/2005.

413

GRAND CHEF* :

n.m. T.cour.  1. Chef* (chef* administratif, V. CHEF 1.) dont l'autorité s'étend à un district (une circonscription). R.M. nous traîne en justice parce que nous l'avions décrit en imprimant 'ce soit disant grand chef* (surtout reconnu par l'administration)'. Journal Bwenando, 08/01/1988. (…) cette chefferie* est confortée par le pouvoir blanc avec la nomination en 1870 du "grand chef" du dictrict de Koohnê…Journal Le Pays, 06/2006. Norme : Le signifié est souvent idéalisé, sa véritable signification ignorée, son rapport avec l'administration française méconnu.  2. Aux Iles Loyauté et à l'île des Pins, chef* (chef* coutumier, V. ce mot) à la tête d'une chefferie*. Encycl. : Aux Iles Loyauté et à l'Ile des Pins, les termes de grand chef* et petit chef* recouvrent effectivement des réalités coutumières*. Celles-ci co-existent avec les services de l'administration de type européen. Lifou : (…) L'île est divisée en districts* correspondant aux anciennes chefferies* à la tête desquels sont les grands chefs* traditionnels. Manuel Education civique, 1989 : 40. Le grand chef* fait appel aux petits* chefs* pour interpeller les jeunes de la tribu. Journal Mwà Véé, 03/2006. Syn.: Chef* (t.cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

414

PETIT CHEF* :

n.m. Cour.  1. Spéc. Domaine : Administration. Chef* (chef* administratif, V. ce mot) dont l'autorité s'étend à une tribu. Accueilli par le petit chef* (…) le haussaire* (…) a fait présenter sa coutume* au grand chef*. Journal Les Nouvelles, 26/06/1990. Norme : Le signifié est souvent idéalisé, son rapport avec l'administration française méconnu.  2. Spéc. Domaine : Coutume* kanak*. Chef* (chef* coutumier, V. ce mot) dont l'autorité s'étend à une tribu. Encycl. : V. GRAND CHEF. En fait, Poré n'était que petit chef* de tribu*. Il ne portait ni l'étoile ni l'emblème des oiseaux de proie, insignes de suzerains. Roman Sénès, 1987 : 68. (…) le petit chef* est responsable de sa tribu (…) le grand* chef* fait appel aux petits chefs* pour interpeller les jeunes de la tribu. Journal Mwà Véé, 03/2006. Syn.: Chef* (t.cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

415 CHEFFERIE :

n.f.  1. Cour. Ethnolectal (notamment : plus cour. chez les Kanak* et les Européens -Pauleau, enquête linguistique 1990). Lieu  de résidence et d'autorité d'un grand* chef ("chef administratif" V. CHEF). En un tournemain la chefferie prit un air de fête. Gorsky 1965, dans Manuel Lectures : 241. Le fils du petit chef (…) sera appelé à prendre la tête de la chefferie (…) Journal Loyauté, 02/2005. (…) je suis allé vivre (…) à la chefferie. Journal Mwaà Véé, 09/2005. Poeta Carolo, porte-parole de la chefferie de Heo, pose devant l’abri de la statue de Sainte-Anne. Journal Les Nouvelles, 08/2019. Variante : Grande chefferie (V. ci dessous). Dynamique : Emploi stable. Toutefois, alors que cet emploi était autrefois moins courant chez les Vietnamiens et Indonésiens -Pauleau, enquête linguistique, 1990, il semble aujourd'hui plus généralisé (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).  2. Cour. Ethnolectal kanak* ou Spéc. Domaine : Sociologie du monde kanak*. Dans la société kanak*, unité abstraite mise en place par des accords, une concertation, avec un texte fondateur, qui rassemble des tribus, des individus. La chefferie est une unité très souple dont les limites sont aisément transformables par de nouveaux accords. (…) des clans* récemment établis dans une chefferie au centre de la Grande-Terre*." Bensa-Rivierre 1988, Littérature NC : 35. La chefferie Wedoï (…) branche cadette de la chefferie Bwarhat, s’est retrouvée sans enfant mâle pour assurer sa descendance. Journal Mwaà Véé, 09/2005 : 10. (…) un meurtre politique qui s’apparente aux destitutions criminelles des chefferies. Essai Mokaddem, 2018 : 13.  Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

416

GRANDE CHEFFERIE :

Variante de CHEFFERIE (sens 1. ou 2.). V. ce mot. Aux Loyautés, la propriété de la terre est indivisible, elle appartient à la collectivité de la Grande Chefferie [sic.]. Journal Les Nouvelles, 23/06/1990. La case*, symbole de la grande chefferie de Xâracuu [sic.]. Etiquette d’une œuvre d’art, Centre culturel Tjibaou, 2022.

 

417 CHEMISE TAHITIENNE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. T.cour. Chemise ornée de motifs polynésiens (traditionnellement placés sur les poches, sur le pan portant les boutonnières et dans le bas de la chemise). Tu sais le prof de chimie là*, celui qui met toujours des chemises tahitiennes.

418 CHÊNE :

n.m. Cour. Terme du français de référence en usage en français calédonien* (désignant le chêne de l'hémisphère nord) et entrant également dans la composition de termes particuliers nommant des arbres qui en général ressemblent aux chênes d’Europe par leurs branches sinueuses (V. articles ci-après). La forêt humide (…) est le domaine (…) de nombreux hêtres* et chênes. Manuel Education Civique, 1991 : 51. Composés  : V. ci-après.

419

CHÊNE*-BANIAN* :

n.m. Peu cour. (Cryptocaria odorata Guillaum.). Arbre dont le bois a une odeur ressemblant à celle de la citronnelle. Encycl. : Famille des Lauracées Répertorié par Observatoire, 1983 : 187. Syn. (peu cour.) : Fausse citronnelle.

419

CHÊNE* BISTRÉ :

n.m. Rare. (Stenocarpus milnei Hooker). Arbre de la famille des Protéacées (description?). Répertorié par Observatoire, 1990 : 155.

419

CHÊNE* BLANC :

n.m. A.cour. Nom donné aux arbres suivants, dont le tronc est de couleur claire1. (Flindersia fournieri Panch. et Séb.). Arbre de la famille des Rutacées (description?).  2. (Weinmannia parviflora ). Arbre de la famille des Cunoniacées (description?).  3. (Hybanthus sp.). Arbre de la famille des Violacées (description?).  4. (Harpullia austro-caledonica Baill.). Arbre de la famille des Sapindacées (description?). 

Tous sont répertoriés par Observatoire, 1983 : 186.

419

CHÊNE*-GOMME :

n.m. Cour. (Spermolepis gummifera Brongn. & Gris). Grand arbre des forêts du sud de la Grande-Terre*, "au bois dur rougeâtre qui exsude une gomme noirâtre" (Hollyman, 1977 : 9). Encycl. : Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 54). Les principales essences exploitables sont : (…) le chêne gomme (…). Manuel Education civique 1991 51. (…) les charpente de sapin importé remplaçant les bois durs et pesants aux fibres serrées ; le chêne-gomme noir, le kohu* rouge et le houp* jaune. Entretien Barbançon, 2022 : 32. Variante graphique : Chêne gomme.

419

CHÊNE* GRIS :

n.m. Peu cour.  1. (Grevillea robusta A.Cunn.ex R.Br.). Arbre introduit, de la famille des Protéacées, le plus grand du genre Grevillea. Syn.  : Chêne soyeux d'Australie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Grevillea_robusta).  2. (Crossostylis multiflora Brongn. & Gris ex Pancher & Sebert). Arbre de la famille des Rhizophoracées. Syn. : Hêtre noueux (https://endemia.nc). Variante : Chêne gris de Farino (https://endemia.nc).

Les parents ont dû choisir entre six espèces d’arbres, dont le chêne gris, le faux olivier jaune ou l’arytera*. Journal Les Nouvelles, 29/07/2019.

Norme  : Terme absent de tous les ouvrages-papiers figurant en bibliographie.

419

CHÊNE* ROUGE :

n.m. Peu cour. (Cunonia sp., Pancheria sp., Weinmannia sp.). Nom donné aux arbres de la famille des Cunoniacées et des genres cités ci-avant. Répertorié par Observatoire, 1988 : 96.

420

CHÊNE*-TIGRÉ :

n.m. Peu cour. (Dysoxylum spp.). Nom donné aux arbres du genre Dysoxylum comme D.bijugum Labill. Et D.paucheri C.DC. au tronc blanc semé de lentilles rouges, dont les fruits et l’écorce sentent l’ail. Encycl.  : Arbres endémiques (?) de la famille des Méliacées. Tous ces arbres que tu vois autour de toi, c’est de l’argent (…) oui je ne parle pas du chêne-tigré ou du hêtre* noir (…) mais (…) des bouquets de kaoris*. Mariotti 1947, dans Littérature NC : 1988. Chêne tigré (…) Intérêt écologique/culturel (…)  préparation de bain contre les maladies de peau (…). Document de la Province sud –« suivi environnemental » : www.province-sud.nc, 2013. Syn.  : Bois* d’ail. Bois* moucheté. Dynamique : Terme  certes peu courant mais dont la vitalité est confirmée (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

 

398 CHH! :

Variante graphique de SHH! V. cette entrée. - Chh! Hé! Toi là!  - C’est* quoi ? [= - Psiiit! Hé! Ho!  - Qu'est-ce qu'il y a?]. Oral spontané, s.d.

420 CHIASSE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. Fam. Puissance (en parlant d'un engin), dans AVOIR LA CHIASSE. V. BOULETTE II.2. (AVOIR LA BOULETTE). Elle a la chiasse cette voiture hein ?     V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

421 CHIÉ, CHIÉE :

adj. Cour. Fam. Amoureux, amoureuse; passionné, passionnée. Est-ce que tes gosses sont toujours chiés par les Diddle [personnages décoratifs à collectionner]? Ecrit spontané, 2005. Norme : S’emploie avec les prép. par ou après, même dans le sens de "amoureux de" : Il est chié par elle/ Il est chié après elle [=il est amoureux d’elle]. Syn. : Tendu*, tendue*. Dynamique : Terme toujours bien en usage, y compris chez les jeunes (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

422 CHIEN :

Ci-dessus : En-tête du journal satirique Le Chien bleu, 2019. Crédit : Le Chien bleu éditions.

 

n.m. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Terme entrant dans la formation de lexies employées comme insultes ou dépréciatifs (chien* blanc, chien* de bétail, chien* galeux, chien* jaune, chien* mort, chien* puant, sale* chien. V. articles ci-après) ou de lexies désignant des espèces diverses de chien (chien* bleu, chien-bleu-mais-rouge*, chien* de bétail : V. articles ci-après). "Tête de pine*, va! Sale vieux chien! (…)" Roman Gorodé, 2005 : 43. Norme : Le terme "chien", en tant qu'insulte ou dépréciatif, est absent des dictionnaires et lexiques hexagonaux consultés (y compris des lexiques de français néo-populaire) mais "connu comme insulte depuis toujours" (selon informateur). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

423

CHIEN* BÉTAIL :

Variante de CHIEN DE BÉTAIL. V. cette entrée. Perdus : Un chien* bétail rouge et marron, trouvé à Dumbéa (…) Un chien* bétail bleu, blanc tacheté de noir, trouvé au parc forestier. Journal Les Nouvelles, 27/08/2006 (petite annonces).

424

CHIEN* BLANC :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Peu cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Insulte ou dépréciatif à l’égard des Européens*. V. CHIEN. Enculé d’zoreille*! Chien* blanc! Oral spontané, s.d.

425

CHIEN* BLEU :

n.m. Cour. Chien* (bouvier) d’origine australienne, au pelage coloré de plusieurs tons de gris-ardoise, utilisé par les éleveurs pour maîtriser le bétail, ce en quoi il excelle. Encycl. : Chien* "dressé pour le travail du bétail" (Glasgow, 1968 : 343). Il est (…) toujours entouré de chevaux et de chiens* bleus, un vrai stockman* (…). Album Sebban 1984 16. Un pick up* avec des chiens* bleus à l’arrière s’arrêta (…). Roman Tcherko, 2001 : 29. (…) [le précieux collègue des stockmen*] : le chien* bleu, bouvier australien dur à la tache et très travailleur. Brochure touristique, 2005. Blue, le croisé chien bleu, en a encore coursé hier [des poules]. Récits Juncker, 2018 : 82. Pourchassées par les chiens* bleus qui avaient sauté de la benne, elles couraient [les têtes de bétail]. Entretien Barbaçon, 2022 : 222. Syn. : Chien* de bétail (a.cour.). Bleu* (vieilli). Composé : Chien-bleu-mais-rouge*. Norme : Figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [=langage*] à nouzautes*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

426

CHIEN*-BLEU-MAIS-ROUGE :

n.m. Cour. Chien* de la race des chiens* bleus, au pelage dans les tons de roux. Les bergers d’Amieu sont [des chiens* issus d’] un croisement de Beauceron et de chien-bleu-mais-rouge. Recettes Moglia, 2004 : 108. (…) la benne où avait embarqué une meute de chiens* de bétail dont un magnifique chien-bleu-mais-rouge. Entretien Barbançon, 2022 : 222. Dynamique : Terme plus récent que chien* bleu .    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

427

CHIEN* DE BÉTAIL :

1. A.cour. V. CHIEN BLEU. A. et A. ont perdu un chien* de bétail au lotissement Collardeau. Oral Radio, 05/2005 (petites annonces). (…) la benne où avait embarqué une meute de chiens* de bétail dont un magnifique chien-bleu-mais-rouge*. Entretien Barbançon, 2022 : 222. Variante : Chien* bétail. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Peu cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Insulte ou dépréciatif. V. CHIEN et SALE CHIEN. Ta gueule, espèce de chien* de bétail!

428

CHIEN* GALEUX :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Insulte ou dépréciatif. V. CHIEN. et SALE CHIEN. Enculé d’chien* galeux ! Oral spontané, s.d. Collocation fréquente : Celle de l’exemple. Norme : Chien* galeux est mentionné par le DEL avec un tout autre sens : terme renforçant les loc. métaphoriques en accentuant la valeur dépréciative de chien* comme dans crever comme un chien* galeux. / Selon des informateurs de région parisienne, dépréciatif possible dans l’usage hexagonal, plutôt avec le sens de "salaud".

429

CHIEN* JAUNE :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.).  1. Insulte ou dépréciatif à l’égard des Asiatiques. V. CHIEN. Le Chinois du magasin, c’est vraiment le chien* jaune ! Oral spontané, s.d.  2. Personne ayant l’habitude de se mêler de tout et de créer des ennuis autour d’elle (selon F.O.L., 1983 : 44). Méfie toi, celui-là c’est un vrai chien* jaune ! Equivalent hexagonal : Fouille-merde.

430

CHIEN* MORT :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Insulte ou dépréciatif. V. CHIEN et SALE CHIEN. Enculé d’chien* mort ! Oral spontané, 1990.

431

CHIEN* PUANT :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Peu cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Insulte ou dépréciatif. V. CHIEN et SALE CHIEN. Espèce de chien* puant!

 

432 CHIEN DENT DE MADAGASCAR :

n.m. Rare. (Stenotaphrum dimidiatum R.Br.). V. BUFFALO. Répertorié par Observatoire, 1990 : 155.

432 CHIRURGIEN :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus spp., Ctenochaetus spp, Paracanthurus spp., Zebrasoma spp.). Nom donné aux poissons des genres cités ci-avant, au corps ovale et comprimé, qui possèdent de chaque côté de la queue "une épine érectile tranchante comme un rasoir et acérée comme un scalpel chirurgical" (Fourmanoir, 1976 : 200). Encycl.  : Les chirurgiens appartiennent (comme les dawas*) à la famille des Acanthuridés. Les principaux maillons de la chaîne alimentaire ciguatérique [de l’intoxication alimentaire appelée "ciguatera"] : (…) chirurgien (…). Syn. usuel pour Acanthurus et Paracanthurus : Picot* (t.cour.). Composés  (rares et spéc.) : Ci-après.

432

CHIRURGIEN* À BALAI :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Zebrasoma scopas). Espèce de chirurgien* (description?). Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn.: Chirurgien* (peu cour.). Chirurgien à queue en balai (rare).

432

CHIRURGIEN* À BANDE ORANGE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus olivaceus Forster). V. CHIRURGIEN* OLIVE. Répertorié notamment par Laboute, 2000 : 424.

432

CHIRURGIEN* À ÉPAULETTES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus olivaceus Forster). V. CHIRURGIEN* OLIVE. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 110.

432

CHIRURGIEN* À JOUE BLANCHE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus leucopareius Jenkins). Espèce de chirurgien* orné d'une bande blanchâtre derrière l'oeil. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 156.

432

CHIRURGIEN* À LIGNES BLEUES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Siganus puellus Schlegel). V. PICOT* À LIGNES BLEUES. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 156.

432

CHIRURGIEN* À MARQUES JAUNES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus aliala Less). V. PICOT À MARQUES JAUNES. Répertorié par Observatoire, 1990 : 156.

432

CHIRURGIEN* À NAGEOIRES JAUNES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus xanthopterus Valenciennes).  Espèce de chirurgien* dont la nageoire pectorale est jaune. Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*, chirurgien* à pectorale jaune.

432

CHIRURGIEN* À PECTORALE JAUNE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus xanthopterus Valenciennes).  V. CHIRURGIEN* À NAGEOIRES JAUNES. Répertorié par Laboute, 2000 : 428.

432

CHIRURGIEN* À QUEUE EN BALAI :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Zebrasoma scopas Cuvier). V. CHIRURGIEN* À BALAI. Répertorié par Laboute, 2000 : 430.

432

CHIRURGIEN* À RAIES NOIRES :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus triostegus Linnaeus). Espèce de chirurgien* à rayures noires verticales. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*.

432

CHIRURGIEN* BLEU :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus mata Cuvier). Espèce de chirurgien* de couleur bleue. Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*.

432

CHIRURGIEN* BRUN NOIR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus nigrofuscus). Espèce de chirurgien* (description?). Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*.

432

CHIRURGIEN* DE DUSSUMIER :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus dussumieri Valenciennes). V. PICOT CANAQUE. Répertorié par Rivaton, 1990 : 110.

432

CHIRURGIEN* OLIVE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus olivaceus Forster). Espèce de chirurgien* au corps de forme ovale, avec une bande jaune orangé au niveau de l'oeil. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 110. Syn.: Chirurgien*(peu cour.). Chirurgien* à bande orange (chez Laboute, 2000 : 424). Chirurgien* à épaulettes (rare).

432

CHIRURGIEN* PORTEUR DE FEU :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus pyroferus Kittliz). Espèce de chirurgien* aux couleurs jaune orange. Répertorié notamment par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*.

432

CHIRURGIEN* RAYÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Siganus lineatus Valenciennes). V. PICOT RAYÉ. Répertorié par Observatoire, 1990 : 156.

432

CHIRURGIEN* ROND :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Acanthurus nubilus). Espèce de chirurgien* (description?). Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*.

432

CHIRURGIEN* STRIÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Ctenochaetus striatus Quoy & Gaimard). Espèce de chirurgien* au corps strié d'orange et à la tête ornée de points oranges. Répertorié par Rivaton, 1990 : 110. Syn.: Chirurgien*(peu cour.). Chirurgien à tête ponctuée d'orange (chez Laboute, 2000 : 429).

432

CHIRURGIEN* VOILIER :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Zebrasoma veliferum Block). Espèce de chirurgien* dont les nageoires sont grandes, surtout la nageoire supérieure. Répertorié par Laboute, 2000 : 430. Syn. (peu cour.) : Chirurgien*. Norme : Répertorié par Observatoire (1990 : 156) sous le nom de  Zebrasoma desjardinii.

 

433 CHOC :

T.cour. (surtout chez les jeunes). Fam.  1. adj. Formidable. Les photos (…) elles sont trop choc ! Manuel de français a, 2002 : 42. (…) ils sont complètement bourrés les mecs et ça va être choc, l’enregistrement [de leur concert] ! Nouvelles Ihage-Gorodé, 2002 : 66. Il est choc ton pantalon ! Informateur 2005. (…) fin* choc la musique (…). Commentaire de vidéo (Youtube Le confinement, Coco Banane, 09/2021). NET* choc (...). Commentaire de vidéo (Youtube Le duo,  Coco Banane, 06/2022).  Syn.  : V. ÇA DE WIZZ. KALOLO. NET 1. QUALITÉ. VALABLE.  2. interj. Exprime la satisfaction. -J’ai fait des beignets (…) comme tu aimes –Choc ! Roman Tcherko, 2003 : 43. [Devant sa tante qui lui tend une enveloppe : ] Choc! Qu’ est-ce que c’est? Des sous? BD Gielbé, 2004 : 34. Choc la vidéo! Commentaire de vidéo (Youtube Le grand concours, Coco Banane, 02/2022). Syn. : V. ÇA DE WIZZ. KALOLO. NET 1. NUMBER ONE. QUALITÉ. VALABLE.

Equivalents hexagonaux : Super, génial, top (français fam.), mortel/ dar/ frais/ sale/...etc. (français des jeunes/néo-pop. selon les époques).

Dynamique : Expression apparemment récente en 2005, en pleine vitalité en 2022 (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

433

CHOC-CHOC :

Attestée uniquement à l’oral. adj. Cour. (surtout chez les jeunes). Fam. Vraiment formidable. C’était comment le film ? –Choc-choc ! Informateur 2005. Syn.  : V. ÇA DE WIZZ (2). KALOLO. NUMBER ONE. QUALITÉ. Equivalents hexagonaux : Super génial, méga génial, trop génial…etc. Norme : Peut aussi être considéré comme une variante par redoublement de choc: redoublement morphologique (mot redoublé) et sémantique (sens redoublé). Dynamique : Expression apparemment récente en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

 

434 CHOPER LA CANNE :

V. CANNE.

435 CHOU :

n.m. T.cour. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* et entrant en tant que générique dans la composition de termes variés (V. ci-après).

436

CHOU* CANAQUE* :

Variante graphique de CHOU* KANAK*. V. cette entrée. Le chou canaque*, Abelmoschus manihot (…) est un légume-feuilles très riche en éléments nutritifs très divers (…). Blog https://chezfredpotagerbio, Moindou, 06/2012.

436

CHOU* CHINE :

Variante de CHOU DE CHINE. V. ce mot. Il faut faire cuire le chou chine en dernier. Oral spontané, s.d. Moules, safran*, chou-chine, au cours de la journée, les équipes sont allées faire des courses au marché. Journal Les Nouvelles, 08/2019. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

437

CHOU* DE CHINE :

n.m. T.cour. (Brassica chinensis L.). Légume aux feuilles vert foncé, dont on mange les côtes et les feuilles après cuisson. Encycl.  : Famille des Crucifères. / Le légume qu'on appelle dans l'Hexagone "la poirée" ressemble au chou de chine. / A Madagascar et à La Réunion, on appelle ce légume "brèdes-chou-de-chine" (site BDLP, 2006). Au marché de gros (…) choux de chine 113F. Journal Les Nouvelles, 15/06/1990. Nous voici dans la benne, parmi les choux de Chine, les radis (…). Roman Ohlen, 2000 : 43. (…) un bon pot au feu Kalédonien [sic] (…) doit contenir (…) du chou de chine (…). Recettes Moglia, 2004 : 66. [Prix du marché :] CHOU DE CHINE VERT 231F. Journal Les Nouvelles, 05/2005. Syn.  (cour., par opposition au chou* de chine blanc) : Chou* de Chine vert. Variante : Chou* Chine. Variantes graphiques : Avec ou sans majuscule à Chine, telles que dans les illustrations ci-avant (la plus cour. : sans majuscule). Composés  : Chou* de chine blanc/vert (V. articles ci-après). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

438

CHOU* DE CHINE BLANC :

n.m. Cour. Variété de chou* de Chine (V. cette entrée) aux feuilles de couleur jaune clair et blanc. [Prix du marché :] CHOU* DE CHINE BLANC 210F Journal Les Nouvelles, 05/2005. Syn. : Pé-tsaï * (peu cour.). Dynamique : Terme récent -légume nouveau sur le marché ? (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

439

CHOU* DE CHINE VERT :

n.m. Cour. (Brassica chinensis L.). V. CHOU* DE CHINE. [Prix du marché :] CHOU DE CHINE VERT 231F. Journal Les Nouvelles, 05/2005.

440

CHOU* FLEUR :

n.m. Cour. (Actinodendron sp. et Edwarsia sp.) Grosses anémones de mer (actinies rétractiles) qui provoquent, lorsqu'on les piétine, de douloureuses brûlures. De grosses actinies "choux fleur" (…) vivent en symbiose avec des poissons clown (…). Manuel Ecologie, 1987 : 49. Variante graphique : Chou-fleur. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

440

CHOU* KANAK* :

n.m. A.cour. (Hibiscus manihot L. ou Abelmoschus manihot L.). Plante cultivée pour ses feuilles, très découpées sur de longues tiges, qui se mangent comme des épinards et dont la consistance est gluante après cuisson à l'eau bouillante. Encycl.  : Famille des Malvacées. Le chou kanak*, c'est bon mais c'est quand même bizarre comme consistance. Oral d'enquête, 1990. (…) j'ai jamais mangé autant de feuilles* (…) que pendant ma grossesse! Surtout les gluants*, les choux kanak*. Roman Gorodé, 2005 : 71. Syn.: Gluant* (cour.) Epinards* sauvages kanak*? (a.cour.). Epinards* (rare). Cannelloni de loche* grisette* chou* kanak et peau de perroquet* (…) Ingrédients : (…) 3 feuilles de choux kanak* (…). Origin’air Magazine, juin 2022. Syn.: Gluant* (cour.) . Variante graphique : Chou* canaque* (peu cour. -Pauleau, enquête linguistique, 2022). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

441

CHOU* PALMISTE :

n.m. Peu cour. Vieilli.  1. (Kentia. Areca et Veitchia spp.). Palmiers dont le bourgeon terminal est comestible (Hollyman, 1977 : 10). (…) échos de chansons enfantines de jadis sous les vertes ramures du chou* palmiste (…). Poèmes Gorodé, 1985 : 105.  2. Bourgeon comestible du palmier décrit en 1. Variante (peu cour.) : Chou*. Syn.  : Cœur* de palmier (t.cour.). Norme : Terme non comptable : Du chou palmiste.

 

442 CHOUCHOUTE :

n.f. Cour.  1. (Sechium edule Sw.) Liane grimpante au fruit comestible du même nom : de la taille d'une grosse pomme de terre et d'un vert tendre, sa chair au goût douceâtre se consomme cuite. Encycl. : Famille des Cucurbitacées. Aliment très bon marché qui se cuisine de différentes manières, en général comme plat d'accompagnement. / Appelé "chouchou" à La Réunion, à Madagascar et à l'Ile Maurice –à La Réunion, "chouchoute" est un mot grossier qui désigne le sexe féminin (site BDLP, 2006). Soufflé de chouchoute (…) choisissez de jeunes chouchoutes bien tendres (…) Salade de chouchoute (…); Chouchoute au gratin (…). Recettes Masachs, 1980 : 12;20;57. (…) un bon pot au feu Kalédonien [sic] (…) doit contenir (…) un peu de chouchoute (…). Recettes Moglia, 2004 : 66. Et puis les jardins avec les salades (…) les choux* de Chine (…) les chouchoutes (…) et les brèdes*. Roman Gorodé, 2005 : 70.  Carpaccio de cerf, salade de chouchoute et papaye* verte rôties, sauce ranch, croquette de manioc* et poingo*. Menu affiché dans un restaurant, Nouméa, 2019.  [Serveur d’un restaurant accueillant les clients :] Mesdames Messieurs bonsoir bienvenue à la chouchoute dorée !  Vidéo Kingtäz, Saint Valentin 2023, 02/2023. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).  2. Fam. Coup de poing. V. CANON. Nounous (…) i t’a chopé l’zoreille* par la crête (…) i t’a pété une vieille chouchoute derrière la tête ! Sketch Valery, 1989.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

444 CHROME DE FER :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. T.cour. Petits graviers des terrains ultrabasiques (terrains miniers) du sud de la Grande-Terre* : ronds, durs, noirs et très riches en oxyde de fer, ils ressemblent à de la chromite. Encycl. : Ces gravillons constituent un danger bien connu des automobilistes car ils rendent les routes très glissantes. Dans le virage, j'ai dérapé sur le chrome* de fer, je pouvais plus arrêter la voiture. Oral spontané, s.d. Variante : Chrome* (moins cour.).

445

CHROME :

Variante de CHROME DE FER. V. ce mot. Les bois* de fer du sud, c'est des arbres qui poussent dans le chrome. Oral d'enquête, 1991.

 

444 CHT :

sigle. Centre hospitalier territorial*, dont le nom complet maintient l’ancien nom de cet unique établissement public de Nouvelle-Calédonie : Centre Hospitalier Territorial* Gaston Bourret. Encycl : Depuis 2016 a été créé un centre hospitalier complémentaire de plus grande envergure, dans la banlieue de Nouméa, le Médipôle.  M.D. a été blessé et évacué sur le CHT (…). Journal Les Nouvelles, 10/1988. Les compétences du territoire* (…) Quelle est la signification de CHT ? Manuel Education civique, 1991 : 36. Le CHT recrute : rejoignez-nous. Site cht.nc, consultation 2023. Conçu pour s’adapter aux évolutions futures en matière de soins, le site du Médipôle accueille en complément du CHT, de nouvelles activités (…). Site cht.nc, consultation 2023. Variante graphique : C.H.T. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

445 CΠ:

Variante de PAICI. V. cette entrée. (…) kûmwâla (…) [note de bas de page: kûmwâla : patate douce en langue cî ou paicî]. Roman Gorodé, 2005 : 40.

 

445 CIGALE :

n.f. T.cour.  1. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* pour désigner les Homoptères cicacidés et entrant en tant que générique dans la composition des termes décrits dans les articles ci-après.  2. (Clearra sp.). Cigale au cri strident. Encycl. : Famille des Homoptères cicacidés. Répertorié par  F.O.L., 1983 : 46. Syn. : Cigale* de caférie*.

445

CIGALE* DE CAFÉRIE* :

n.f. Peu cour. (Clearra sp.). V. CIGALE. Répertorié par  F.O.L., 1983 : 46.

445

CIGALE* DE CASSIS* :

n.f. Peu cour. (Abrona pumila). Cigale au chant suraigu. Répertorié par F.O.L., 1983 : 46. Syn. (t.cour.) : Cigale*.

445

CIGALE* DE COCOTIER* :

n.f. Peu cour. (Pseudophyllanax imperialis Montr.). V. SAUTERELLE DE COCOTIER. Répertorié par Observatoire, 1984 : 134.

445

CIGALE* DE FORÊT :

n.f. Peu cour. (Cicadidae). Grosse cigale vivant en forêt, au chant grave et bref (F.O.L., 1983 : 46). Répertorié notamment par F.O.L., op.cit. Syn. (peu cour.) : Caoué*.

 

446 CINQ-CINQ (LE -) :

I. n.m. déf. T.cour. (mais peu cour. chez les jeunes, et même rare chez les jeunes Kanak*). Fam.  1. Taux de conversion de l'ancien franc français au franc de la Communauté Financière du Pacifique (franc C.F.P.*). Encycl. : Le terme est souvent associé au mot Zoreille* (Métropolitain), avec une connotation très péjorative, ces derniers pouvant avoir parfois, aux yeux des Calédoniens*, une mauvaise réputation tenant à mille griefs mais surtout à celui de venir travailler dans l'archipel dans le seul but de profiter du taux de conversion, et d'économiser ainsi le maximum d'argent gagné dans le pays (quitte à vivre de façon avare), avant de rentrer en Métropole. L’une des nombreuses boutades visant les Métropolitains consiste à dire que le 5 mai [le 5/5] est la fête des Zoreilles* ! (…) système capitaliste (…) grosses sociétés (…) Capitaux et (…) 5,5/ Monopole de la SLN [Société Le Nickel]. Poèmes Gorodé, 1985 : 54. Dynamique : Emploi vieillissant mais toujours observable en 2023 (Pauleau, enquêtes linguistique 1990-2023).  2. Profit favorisé par le taux de conversion décrit en 1. [le Zoreille* :] Ma femme, elle est secrétaire, y a qu'à l'embaucher, elle vous dépannera, et question 5,5, ben c'est toujours ça. Sketch Ollivaud, [198?]. (…) vous [le Zoreille*] pouvez être résumé en un chiffre : Zoreille* =5,5 (…) Vous savez bien que 5,5 ça ne veut plus rien dire depuis l’euro. Entretien Barbançon, 2022 : 107.  Locution : Faire du cinq-cinq.   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013. Dynamique : Emploi vieillissant mais toujours observable en 2023 (Pauleau, enquêtes linguistique 1990-2023).   II. n.f. ou m. Cour. Carabine de calibre 5,5 mm. Et il commence à sortir une balle de 5,5 de la boîte. Entretien Barbançon, 2022 : 108. Il voulait plus les voir, il paraît que quand ils sont arrivés sur sa propriété*, il les a reçus à coups de 5,5. Oral spontané, s.d. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

447

FAIRE DU CINQ-CINQ* :

T.cour. (mais peu cour. chez les jeunes, et même rare chez les jeunes Kanak*). Fam. Faire du profit, selon la description faite dans l'article ci-dessus. Les fonctionnaires expatriés venus ici exclusivement pour "faire du cinq-cinq" (…). Journal Le Pays, 06/2006. Les militaires, on sait très bien qu’ils sont là pour faire du cinq-cinq*… Oral spontané, s.d.

 

448 CITRON :

n.m. T. cour. Fruit du citronnier* Citrus medica L. : gros citrons jaunes et boursouflés, au goût plus doux que les citrons* des autres variétés de Citrus. Tu prends du citron, tu sais les gros là, les limons tu vois? Oral spontané, 1990. Syn.  : Limon* (t.cour.), gros* citron (a.cour.), citron* doux (peu cour.).

449

CITRON* DOUX :

n.m. Peu cour. Fruit de Citrus medica L. V. CITRON. Répertorié par Hollyman, 1977 : 19.

 

450 CITRONNIER :

n.m. T.cour.  1. (Citrus neocaledonica Guild.) (Rageau, 1973 : 57) ou (Oxanthera neocaledonica (Guillaumin) Tanaka) (endemia.nc). Arbre qui produit de petits citrons acides. Syn.  (rares) : Citronnier* à petits fruits, citronnier* canaque*, citronnier* indigène. Norme : Le citronnier du français de référence est : Citrus limonum Risso.  2. (Citrus medica L.). Cédratier : arbre qui produit de gros citrons jaunes et boursouflés (limons*) au goût plus doux que les citrons des autres variétés de Citrus . Syn.  (t.cour.) : Limon*.

Encycl.: Famille des Rutacées. / Ces arbres possèdent des propriétés médicinales (Rageau, 1973).

451

CITRONNIER* À PETITS FRUITS :

n.m. Rare. (Citrus neocaledonica Guild.). V. CITRONNIER (1.). Répertorié par Rageau, 1973 : 57.

452

CITRONNIER* CANAQUE* :

n.m. Rare. Vieilli. (Citrus neocaledonica Guild.) ou (Oxanthera neocaledonica (Guillaumin) Tanaka) (endemia.nc). V. CITRONNIER (1.). Répertorié par Observatoire, 1983 : 183. Dynamique : Emploi vieilli voire vieux. En cet état de la recherche, ce terme n’est attesté ni dans les corpus ordinaires ni dans les corpus spécialisés (endemia.nc ne répertorie pas le nom commun citronnier* canaque mais seulement l’identification scientifique Oxanthera neocaledonica (Guillaumin) Tanaka); la graphie « citronnier kanak » n’est pas attestée non plus en l'état de la recherche (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

453

CITRONNIER* INDIGÈNE* :

n.m. Rare. (Citrus neocaledonica Guild.). V. CITRONNIER (1.). Répertorié par Observatoire, 1983 : 183.

454

CITRONNIER* QUATRE SAISONS :

Attesté à l'oral uniquement. n.m. Cour. Ethnolectal européen (moins cour. chez les Kanak* notamment). (Identification scientifique ?). Variété de citronnier* qui produit des fruits toute l’année. Tu connais les citronniers quatre saisons? Ils font des fruits toute l'année. Oral d'enquête,1990. Syn. (t.cour.) : Citronnier*. Norme : Le terme très proche « citronnier des quatre saisons » est en usage sur les sites des jardineries de l’Hexagone, avec l’identification Citrus limon (arbre décrit comme craignant le froid).

 

451 CLAN :

n.m. T.cour. Regroupement d'ensembles familiaux à l'intérieur de la société kanak*. Encycl. : "La société kanak* est organisée en "clans", regroupements d'ensembles familiaux (lignages) par référence à des ancêtres* communs et à l'itinéraire qu'ils ont, dit-on, parcouru." Bensa/Rivierre, 1988 dans Littérature NC : 34. (...) des parcelles ont été attribuées par le clan K. à d'autres clans formant la tribu aujourd'hui. Journal Les Nouvelles, 19/06/1990. (...) l’œuvre d’un descendant du clan Tortue (…) Nouvelles Ihage-Gorodé, 2002 : 31. (...) les relations existantes entre clans et grande chefferie. Journal Loyauté, 01/2005. (...) mon père est chef de clan, je reçois ce titre en héritage. Journal Tazar*, 08/2005. (...) le clan de ma mère avait peur qu'elle devienne trop puissante avec trois fils (...). Théâtre, Duchesne, 2014. Dans les discours on dit que la parole du chef* est « la bouche du notou*, l’oiseau symbole des origines. On appelle aussi la parole des clans « la bouche du coquillage » car elle est proclamée par la conque. (…) [les racines du banian*] permirent l’union des clans* de la Grande-Terre* et des îles Loyauté. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022. La lance, symbole des clans guerriers. Etiquette d’une œuvre d’art, Centre culturel Tjibaou, 2022. « On se pose la question aujourd’hui (…) ». Dominique Boere, membre du conseil des clans Bwa Kau’raa. Site la1ere.francetvinfo.fr, 01/2022. Dérivé : Clanique*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

452 CLANIQUE :

adj. Cour. Relatif au clan*. (…) c'est bien d'un rapport clanique qu'il s'agit [chez les caldoches*] comme une réponse existentielle à ceux [les clans*] d'en face, ceux des Kanaks*. Essai Barbançon, 1988 : 74. –Qu’est-ce que c’est ? –Un genre de talisman qui me vient de mon père –C’est un objet de famille alors ? –Plutôt un objet clanique (…) Roman Calandra, 2004 : 25. L’enfant doit être compris (…) dans un contexte global, qui est son environnement (culturel, (…) tribal, clanique…). Journal Mwà Véé, 09/2005. On commence par chez moi (…) on débrousse mon champ (…) jusque là-bas (…) chez le chef (…) ça me manque réellement ce lien clanique (…). Roman Derne, 2019 : 102. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).

453 CLAP-CLAP :

n.m. Peu cour. (Pecten vexillum et Chlamys senatoria Gmelin.). Nom donné aux coquillages bivalves comestibles qui se déplacent en battant fortement des valves. Encycl.  : Famille des Pectinidés. (…) d’étonnants bivalves nageurs surnommés clap-clap battent violemment des valves d’où s’épanouit une frange de tentacules écarlates extrêmement fragiles. Manuel Ecologie 1987 49.

453 CLAQUER :

1. v.tr.dir. T.cour. Fam. Faire. Eh! Les gars (…) on claque un coup* de fête chez Pierre (…). BD pour une campagne anti-alcool, 1991. (…) on va claquer une photo, c'est un jour historique! Roman Chabas, 1996 : 61. J’vais claquer mon coup de chasse (…). BD Berger, 2004 : 30. Syn. (t.cour.) : Péter*. Collocation fréquente : Claquer un coup* de + N (V. COUP). Dynamique : Terme toujours bien vivant, peut-être un peu moins chez les Polynésiens (Pauleau, enquête linguistique, 2005).   2. Attesté uniquement à l’oral. v.tr.dir. A.cour. Fam. Remettre (quelqu'un) à sa place, clouer le bec (à quelqu'un). Il a voulu faire son malin mais il s'est fait claquer. Equivalent hexagonal : Moucher ("pop." -Petit Robert).  3. Attesté uniquement à l’oral. v.intr. A.cour. Fam. Briller, éblouir par sa beauté, son élégance, son style (ou éventuellement par un autre type de performance), en parlant d'un animé ou d'un non-animé. Hé! T'as mis ton costume! Tu claques comme ça hein? [=tu es très beau, tu "en jettes"] Il claque ton costume ! [=il est très beau, il "en jette"]. Equivalent hexagonal : En jeter (DFNC). Syn. (a.cour.): Doser*. Composé : Claquer* sa gueule. Collocation fréquente : ça claque ! (V.ci-après). Remarque : V. également CLAQUER (SE).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

454

ÇA CLAQUE! :

phrase exclamative. Cour. Fam. C’est beau, éblouissant, spectaculaire (voyant). –Wouaaa… trop top la lumière! –Ça claque! BD Niko-Solo, 2004 : 43. Equivalent hexagonal : Ça en jette. Syn. (a.cour.) : Ça dose*. Dynamique : Expression toujours bien vivante (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

455

CLAQUER* SA GUEULE :

Attesté uniquement à l’oral. loc.verbale. Peu cour. Fam. Se vanter. V. PÉTER SA GUEULE. Arrête de claquer* ta gueule! Oral spontané, s.d. Variante : Faire* claquer* sa gueule.

456

SE CLAQUER :

1. v.pron.intr. A.cour. Fam. Faire des efforts pour soigner son physique, son élégance, son style, et en conséquence, être éblouissant (c'est-à-dire claquer* -sens 3). Woa! Tu t'claques ce soir hein? T'as quelqu'un à draguer ou quoi? Oral spontané, 1990.  2. v.pron.tr. T.cour. Fam. S’offrir + complément : S'offrir quelquechose. J'ai une de ces soifs! Allez je vais me claquer une bière. Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Se faire + complément : "se faire une bière". Syn. (t.cour) : Se péter* + complément: se péter une bière. Collocation fréquente : Se claquer un coup* de + N. (se claquer un coup de bière). V. COUP.

 

457 CLAQUETTE :

n.f. T.cour. Sandale bon marché, entièrement en caoutchouc, tenant au pied seulement par deux lanières passant entre le pouce et le majeur et joignant chacune un côté du pied. Encycl. : Vendues même dans les plus petites épiceries qui proposent des lanières de couleurs variées, ce sont les "chaussures" préférées des Calédoniens*, qui apprécient le fait qu'elles soient entièrement ouvertes et s'enfilent simplement sans attache. La mode actuelle des claquettes (appelées "tongues" dans l'Hexagone), mode qui se répand sur la planète et fait que l'on trouve une variété infinie de modèles dans les boutiques les plus chères des grandes mégapoles mondiales, a donc été devancée de quelques décennies par la Calédonie* et les autres pays chauds où ce type de chaussures est habituel depuis si longtemps. L'objet et le mot sont même des emblèmes identitaires dans le pays (v. les illustrations de Simon et Coco Banane, ci-après). (…) il gardait une attitude nonchalante et distraite, les pieds dans des claquettes (…). Roman Sénès, 1987 : 99. Enok (…) grattait machinalement le sol du bout de sa claquette (…). Roman Jacques, 2002a : 60. Ils sont en shorts et claquettes sauf Dick qui a gardé ses sandales bleues. Roman Calandra, 2004 : 60. Kronenbourg : Rafraîchit de la tête aux claquettes. Affiche publicitaire, 2005. (...) l'uniforme local, tee-shirt-short-claquettes1 (...) [Note de bas de page : 1. Appellation locale pour les sandales de type tongs. Un emblème du pays].  Roman Simon, 2021 : 12. (…) suis en train d’insulter un gars qui a dit ‘tongue’ eu lieu de ‘claquette’ (…). Coco Banane, Vidéo Youtube, Le confinement, 09/2021. [Le jeu vidéo calédonien* Tchia] s’est largement inspiré (…) de nombreuses références locales comme le bibiche*, les claquettes et la robe* mission. Site la1ere.francetvinfo.fr, 11/2023. Equivalent hexagonal : Tongue. Syn. : Savate* (peu cour.). Variante (attestée uniquement à l’oral) : Claquette* japonaise (vieilli). Composé : Claquette* en cuir. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

458

CLAQUETTE* EN CUIR :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Cour. Sandale pour hommes, en cuir ou plus souvent en simili-cuir, de formes diverses mais, en dépit de son nom, ne comportant jamais de lanières ressemblant à celles des claquettes*, le seul point commun étant qu'elles s'enfilent au pied, sans attache. (…) pour l'occasion (…) il avait sorti les claquettes* neuves (…) chais pas si tu wois [=vois] heu claquettes en cuir là*. où qu'on met le gros doigt d'pied d'dans là* (…). Sketch Valéry, 1989. Comme un concours de rhétorique entre les deux hommes, l’alcool faisant son effet. (…) – Figure de rélégué* ! (…)  - Figure de vieille claquette* en cuir ! Kurtovitch, 2013 : 38.    Syn. (t.cour.) : Savate*.

459

CLAQUETTE* JAPONAISE :

Variante de CLAQUETTE. V. cette entrée. De vieilles femmes traînent leurs claquettes* japonaises, les orteils coincés par une bride de caoutchouc usé. Roman Sénès, 1987 : 304. Sur les claquettes* japonaises, sur les trousses et sur les sacs [au collège] on peut lire les lettres KNK* souvent suivies de XXcra pour « vaincra ». Entretien Barbançon, 2022 : 260.

 

460 CLOCHETTES D'AMOUR :

n.f.pl. A. cour. (Russellia equisetiformis –Godard, 1978 : 115- ou R. juncea Zucc. –Observatoire, 1990 : 95). Plante buissonnante aux fleurs rouges en forme de clochettes allongées, très courante dans les jardins, les fleurs renferment un liquide sucré que les enfants sucent. Répertorié par Observatoire, 1990 : 95. Syn. (peu cour.) : Buisson* corail, Goutte* de sang. Variante (t.cour.) : Clochettes*.

461

CLOCHETTES :

Variante de CLOCHETTES D'AMOUR. V. cette entrée. Y avait plein de clochettes dans mon jardin, et je m'amusais à sucer le sucre. Oral spontané, s.d.

 

460 CLOVIS :

n.m. T.cour. (Donax sp.). Petit coquillage bivalve du genre Donax qui vit dans le sable en bord de plage. Encycl.  : Le plat de clovis sautés à l’ail est très connu et très apprécié des Calédoniens*, le coquillage et le mets peuvent être vus comme emblématiques de la culture calédonienne*. Cette recette [le curry* de coquilllages] peut être faite avec d’autres coquillages : (.) le clovis etc. Recettes Masachs, 1980 : 47. Piquer à la sagaïe* un poulpe (…). Gratter le sable blanc (…) et remplir des seaux de clovisses !  La pêche a gravé en moi des images de la Calédonie* (…). Entretien Barbançon, 2022 : 100.  Norme : Le Petit Robert mentionne le mot "clovisse" : "coquillage du genre Venus". Norme graphique : Parfois écrit clovisse. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

461 CLUB MED :

Attesté uniquement à l’oral. n.pr. A.cour. Fam. Ethnolectal? (non européen?). Souvent Plaisant. Prison de Nouméa. V. CAMP EST. Le mec, il s'est retrouvé au Club Med! Oral spontané, 1990.

462 COALTAR :

n.m. T.cour. Goudron routier, asphalte. Minuit sur le coltar au centre ville. Poèmes Gorodé, 1985 : 100. (…) les coureurs relatant les détails, les crevaisons dans la caillasse (…), les chutes sur le coaltar. [note de bas de page : coaltar : route goudronnée]. L.Leroux, 1986 dans Anthologie, 1994 : 227. Tom regarde la piste qui l’éloigne de la tribu (…) ça y est il est sur le coaltar de la route territoriale (…). Roman Tcherko, 2003 : 31. Le ton est donné pour cette grande marche sur le coaltar de la ville. Gorodé, 2019 : 9. Kaïn astique* le koaltar [sic.]. Roman Simon, 2021 : 13. Variante graphique : Coltar*. Norme : Terme en usage dans l’Hexagone (mentionné par le Petit Robert) mais assez rare (largement concurrencé par goudron). Coaltar est par contre très courant en contexte calédonien*, et très ancien, donnant ainsi lieu à des dérivés et des locutions fréquentes (V. plus bas), expressions qu’il faut distinguer de celles qui ont un usage hexagonal –familier- comme être dans le coltar (être mal réveillé) ou brouter le coltar (dans le sens de : avoir un accident -DFNC). Dérivés  : Coaltaré*, coaltarer*. Locutions : Brouter le coaltar (v. Pauleau, BDLP, 2006-2013). Faire* brouter le coaltar (à quelqu’un). Entamer* le coaltar. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

463 COALTARÉ,ÉE :

Attesté uniquement à l’oral. adj. T.cour. Goudronné. V. COALTAR. Y a plus de piste, y a une route coaltarée maintenant… Oral spontané, s.d. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

464 COALTARER :

v.tr.dir. T.cour.  1. Goudronner. V. COALTAR. Ça y est ils ont fini de coaltarer la route devant chez moi. Oral spontané, 1990.  2. Fam. Frapper, battre. Il s’est fait coaltarer… V. ASTIQUER (I.).  3. Fam. Sanctionner. Les flics étaient à la sortie de la route, ils ont coaltaré tout le monde [=ils ont verbalisé]. Oral spontané, s.d. Je me suis fait coaltarer à cause de mes pneus lisses. Oral spontané, s.d. Trois motards de la police et deux autres un peu plus loin « coaltaraient » un maximum de gens qui ne marquaient pas assez longtemps le stop. Journal Le Chien bleu, 08/2019. Collocation fréquente : Se faire coaltarer (avoir une amende, se faire verbaliser). Dynamique : Selon l'enquête de 2005, terme particulièrement vivant. La récolte de données de 2019 montre la stabilité du terme.

Norme  : Figure (sous la graphie coltarer), de façon emblématique, sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [langage*] à nouzautes*. / Usage possible dans l’Hexagone, mais très restreint.

465 COBALEUR :

n.m. Vx. Chercheur de cobalt. Encycl.  : L’exploitation du cobalt a eu cours jusqu’au début du XXe siècle en Nouvelle-Calédonie. Le cobaleur prospectait à genoux, dans un petit tunnel sans boisage, suivant le filon de cobalt avec des pelles et des pioches dont on coupait le manche à moitié (F.O.L., 1983 : 49). / Mot apparu avec l'exploitation du minerai, donc dès le XIXe siècle. La chanson des cobaleurs (…) Pour faire un bon cobaleur (…) Il ne faut pas être rosse (…). G.Baudoux, 1896 dans Anthologie, 1994 : 195. (…) le plus souvent on (…) appelait [les prospecteurs de cobalt] les "cobaleurs" et les " trimardeurs*" quelquefois. Roman Sénès, 1987 : 103. (…) il avait été cobaleur dans le nord (…) ADG 1988, Littérature NC : 54. Syn.  (Vx) : Trimardeur*.

466 COCHON SAUVAGE :

n.m. T.cour. Porc sauvage. Encycl. : "Beaucoup de porcs introduits au siècle dernier sont retournés à l'état sauvage depuis de nombreuses générations. Ils constituent un gibier apprécié, faute de vrais sangliers." F.O.L., 1983 : 49-50. La meilleure saison pour la chasse au cochon sauvage est celle des goyaves*, car ils en sont friands. Droits de chasse : Autorisés toute l'année (…) cochon sauvage (…). Journal Les Nouvelles, 2/06/1990. (…) il y avait un fois un cochon sauvage (…). Contes de Thio, 1997 : 22. (…) le lantana* protégeait les champs car ses piquants* empêchaient les cochons sauvages (…) de manger les ignames*. Contes Buchert, 2004 : 23. Le cochon sauvage n’est pas réputé être très tendre (…). Recettes Moglia, 2004 : 59. Son collier tressé  (...) laissait pendre une magnifique dent courbe de cochon sauvage (...). Roman Derne, 2019 :18.  Syn. (fam.) : Poca*. Norme : Du strict point de vue de la norme, la collocation "cochon sauvage" constitue en français de référence un non-sens puisque le "cochon" est par définition domestiqué (Petit Robert); mais dans l'usage hexagonal (rural, surtout), cette appellation est parfois employée pour désigner le sanglier (selon informateurs). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).

467 COCO :

1. n.m. T.cour. Noix de coco : fruit du cocotier, qui contient une grosse noix de chair blanche, enfermée dans une coque brune et dure, elle même protégée par une épaisse couche de fibre brune (bourre de coco). Encycl. : En usage à La Réunion, à l'Ile Maurice et à Madagascar (site BDLP, 2006). (…) chacun d'entre eux a fabriqué un petit voilier à partir de cocos (…). Journal Les Nouvelles, 10/1988. (…) des dents aussi blanches que la chair d’un coco (…). Roman Jacques, 2002b : 7. (…) dans les temps anciens la coutume* c'était une igname*, un taro*, un coco. Journal Mwà Véé, 03/2006. Allez me chercher des cocos* secs, criait-il (…) Et aussitôt un tas de cocos apparaissait à ses pieds. Récits Juncker, 2018 : 144. Norme : Le Petit Robert ne retient que le terme noix de coco et qualifie le terme coco de "Vx". Le terme "noix de coco" n’est presque jamais employé spontanément en Nouvelle-Calédonie. Notons toutefois qu'en 2005, ce mot a été trouvé (Crêpes à la noix de coco. Journal Conso+, 04/2005) dans un magazine manifestement construit de toute évidence en copié-collé à partir de textes de magazines métropolitains : cette dernière précision est essentielle car elle montre comment la norme exogène de France entre dans les productions locales…(Pauleau, enquête linguistique, 2005). Composés : V. articles ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).  2. Attesté uniquement à l’oral. n.m. A.cour. Cocotier. Sur son terrain y a beaucoup d'arbres : des manguiers, des cocos. Oral spontané, 1991.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

468

BOURRE DE COCO* :

n.f. Cour. Amas de fibres qui constitue l’enveloppe de la noix de coco. Encycl. : La bourre de coco* est utilisée pour la culture de certaines orchidées, qui poussent directement sur les fibres. Ces orchidées là, tu peux les faire pousser sur de la bourre de coco* par exemple. Oral spontané, 1990.

470

COCO* GERMÉ :

n.m. T.cour.  1. Noix de coco* en pleine germination : une fois à terre, la noix de coco* commence son cycle végétatif, des racines sortent vers le sol, puis un bourgeon apparaît près de la cicatrice du pédoncule. C'est plein de cocos* germés sur la plage en ce moment. Oral spontané, 1990. (…) il planta un coco* germé en souvenir (…). Roman Tcherko, 2001 : 12. Syn. (t.cour.) : Coco*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Chair de la noix de coco* en pleine germination : avant l'apparition du premier bourgeon, "il se forme une sorte de pomme à l'intérieur de la noix, que certains apprécient pour son goût savonneux" (F.O.L., 1983 : 50). (…) en compagnie de belles épouses gavées de confiture de coco* germé (…). Roman Sénès, 1987 : 329. Syn. (t.cour.) : Coco*. Norme : Terme non comptable : du coco* germé.

471

COCO* RASÉ  :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Fam. Par métaphore : Personne au crâne rasé. On voit qu'il aime pas les cheveux longs, c'est un coco* rasé, lui. Oral spontané, 1991. Norme : Le DEL mentionne à l'article Coco, que ce terme peut signifier "oeuf" et, par métaphore "tête".

472

COCO* SEC :

n.m.  1. T.cour. Noix de coco* mûre : l'enveloppe est brune et desséchée, la chair est dure. Encycl. : C'est ainsi mûrie et durcie que la chair peut être utilisée dans les préparations culinaires (par exemple, râpée afin d'en extraire le lait* de coco), ou exposée au soleil pour obtenir le coprah. Les jeunes filles ont épluché les cocos* secs et commencé à les râper. Robert 1976, dans Manuel Lectures : 244. (…) Pierrot déclare avoir ramassé (…) deux cocos* secs au pied du seul cocotier (…). Roman Jacques, 2002b : 57. (…) des sacs de jute d'ignames* (…) et de cocos secs. Roman Gorodé, 2005 : 132. Allez me chercher des cocos* secs, criait-il (…) Et aussitôt un tas de cocos apparaissait à ses pieds. Récits Juncker, 2018 : 144. Syn. (t.cour.) : Coco*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).    2. Attesté uniquement à l’oral. n.m. ou adj. Peu cour. Fam. Chauve. Tu sais le mec que tu as vu l’autre jour, celui qui est coco* sec, là… Oral spontané, s.d. Syn.  : Babane*.

473

COCO* VERT :

n.m. T.cour.   1. Noix de coco* qui n'est pas arrivée à maturité : son enveloppe est encore verte. (…) buvez l'eau du coco* vert et appréciez ce repas de festin. Robert 1976, dans Manuel Lectures : 245. (…) lors d’une dégustation de coco* vert, les producteurs de vanille ont offert des gousses (…) au ministre. Journal Loyauté, 01/2005. Syn. (t.cour.) : Coco*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Attesté uniquement à l’oral. Chair de la noix de coco* verte, gélatineuse, et très appréciée. Tu as déjà mangé du coco* vert? C'est bizarre comme consistance. Oral spontané, 1990. Syn. (t.cour.) : Coco*. Norme : Terme non comptable : du coco* vert.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

474

CŒUR DE COCO* :

n.m. A.cour. Bourgeon terminal comestible du jeune cocotier. V. CŒUR DE COCOTIER. Tu fais une salade avec du coeur de coco. Oral spontané, s.d.

474

EAU DE COCO* :

n.f. A.cour. Liquide clair contenu dans la noix de coco, très apprécié comme rafraîchissement. Encycl. : En usage à La Réunion, et à Madagascar (site BDLP, 2006). Robinson (…) déploie tous ses efforts (…) à planter de la vigne quand on peut boire de l'eau de coco*. Griscelli 1988, Littérature NC : 6. Norme : Terme non comptable : de l’eau de coco*.  / Cet emploi est désormais observable en français hexagonal du fait de la commercialisation de l’eau de coco* comme boisson depuis les années 2010 environ.

475

LAIT DE COCO* :

n.m. T.cour. Jus obtenu en pressant la pulpe de la noix de coco* mûre (coco* sec), préalablement râpée et arrosée du liquide contenu dans la noix de coco* (eau* de coco). Il lui fit goûter des feuilles de taros*, cuites (...) dans le lait de coco* (...). Roman Tcherko, 2001. Comment préparer le lait de coco* ? Recettes Moglia, 2004 : 11. Rouget* fumé (…) épinard* kanak (kore cele) et bénitier (…). Cuire les kore cele avec le lait de coco* (…). Origin’air Magazine, juin 2022. Norme : Terme non comptable : du lait de coco*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

 

479 COCOTERAIE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. T.cour. Lieu où poussent des cocotiers (cultivés ou à l’état naturel). Il habite là-bas, juste après la cocoteraie. Oral spontané, 1990. Syn. (peu cour.) : Cocotière*. Norme : Terme absent du Petit Robert, toutefois en usage en français hexagonal, mais plutôt avec le sens de "plantation de cocotiers". Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

479 COCOTIÈRE :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. Lieu où poussent des cocotiers. V. COCOTERAIE. On dit pas "cocoteraie", on dit "cocotières". Oral d'enquête, 1991.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

480 CŒUR :

n.m. Cour. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* et entrant dans la composition de divers termes désignant des éléments de la flore. Composés  : v. ci-après.

481

CŒUR BRISÉ :

n.m. Rare. (Clerodendron thomsonae Balf.f.). V. JUPONS COURTS. Répertorié par Godard, 1978 : 222.

482

CŒUR DE COCO* :

V. COCO.

483

CŒUR DE COCOTIER :

n.m. T.cour. Bourgeon terminal comestible du jeune cocotier. Encycl.  : On mange plutôt du cœur de cocotier que du cœur* de palmier* en Nouvelle-Calédonie. Coeur de cocotier aux crevettes : pour 4 personnes, un coeur de cocotier (…). Recettes Moglia, 2004 : 17. Syn.  (cour.) : Cœur* de coco*. Norme : Le cœur de cocotier est parfois appelé par erreur cœur* de palmier*, et vice versa.

484

CŒUR DE PALMIER* :

n.m. T.cour. Bourgeon terminal comestible de certains palmiers*. Encycl.  : On mange plutôt du cœur* de cocotier que du cœur de palmier* en Nouvelle-Calédonie. (…) [cette] espèce de palmier était à l’époque menacée d’extinction par les détenus qui consommaient en grande quantité ce "cœur de palmier*". Manuel Ecologie, 1987 : 19. Syn.  : Chou*, chou* palmiste. Norme : Terme non comptable : Du cœur de palmier*. / Le cœur* de cocotier est parfois appelé par erreur cœur de palmier* et vice versa.

485

CŒUR SANGLANT :

n.m. Rare. (Clerodendron thomsonae Balf.f.). V. JUPONS COURTS. Répertorié par Godard, 1978 : 222.

 

481 COL À HORAIRE* :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. T.cour. Col très étroit dans lequel la circulation est réglementée par un horaire de passage : les véhicules peuvent passer dans un sens à certains horaires, dans l'autre sens à d'autres. Je suis passé par le col à horaire*, ça m'a fait perdre du temps. Variante (attestée uniquement à l’oral, t.cour.) : Horaire*.

483 COLEMAN :

n.f. Cour. Fam.  1. Attesté uniquement à l’oral. Glacière. On est parti en camping ce week-end. Au dernier moment, on a failli oublier la Coleman, dis-donc. Oral spontané, s.d.   2. Lampe à pétrole. (…) il alluma la Coleman [note  de bas de page : coleman : sorte de lampe à pétrôle]. Roman Tcherko, 2001 : 40. (…) un soir j’suis arrivé dans l’atelier avec la Coleman. J’voulais tout brûler (…). Roman Ohlen, 2000 : 87. Syn.  : (t.cour., non fam.) Lampe* coleman.

Encycl. : "Coleman" est une marque de matériel de camping.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

482 COLÈRE :

Attesté uniquement à l’oral. adj. T.cour. Fam. En colère. Aouh!* Je vois plus clair tellement je suis colère! Sketch (chanson) Ollivaud, [198?]. Norme : La particularité relève ici de la syntaxe et le terme est donc absent des dictionnaires consultés ; la tournure est possible en français hexagonal -usage régional. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

482 COLÉUS :

n.m. A.cour.  (Coleus spp / C.scutellaroides Benth.) (Hollyman, 1977 : 10). Plantes du genre Coleus (et spécialement C. scutellaroides Benth), chargées de symboles dans la culture kanak*. Elles sont cultivées aussi pour la beauté de leur feuillage, panaché de couleurs diverses : vert, jaune et blanc, vert et pourpre…etc., les plus communes étant les variétés panachées de pourpre. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Terme apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917-924). Fleurs sous tes vertes paupières de coleus à l’aube/ de la vie dédiée à sa fine et fière tige (…) [note  de bas de page : coleus : on offre une tige de coleus aux oncles maternels à la naissance d’un enfant].  Poèmes Gorodé, 1985 : 13. (…) une vieille* de chez nous qui vivait (…) derrière les remparts des crotons, des coleus et des hibiscus de son jardin. Roman Derne, 2019 : 96. Norme : Le mot n’apparaît pas au Petit Robert mais peut être connu dans l’Hexagone par les amateurs d’horticulture. Norme phonétique : [koleys]. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

483 COLIBRI :

n.m. Peu cour. (Myzomela dibapha caledonica Forbes). V. ROUGE-GORGE. Répertorié par Hannecart, 1980 : 70.

484 COLLIER BLANC :

n.m. T.cour. (Columba vitiensis hypoenochroa Gould.). Gros pigeon gris bleuté à gorge blanche qui se nourrit de baies et de graines, en particulier celles du cerisier* bleu. Encycl. : Famille des Columbidés. On peut cuire les nautous* de différentes façons, tout dépend s'ils sont jeunes ou non. Faites de même avec les colliers blancs. Recettes Masachs, 1980 : 34. (…) écouter les roucoulements des colliers blancs (…), s’imprégner du silence (…). Nouvelles Ihagé-Gorodé, 2002 : 33. (…) il demanda au collier blanc de l’aider. Contes Buchert, 2004 : 5. Le fracas des détonations a fait s’envoler (…) les colliers* blancs (…). Entretien Barbançon, 2022 : 266.   Syn. spéc.: Pigeon* à gorge blanche. Variante graphique : Collier-blanc (avec trait d'union). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2023).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

484 COLOMBE TURVERT :

n.f. Rare. Spéc. Domaine : Ornithologie. (Chalcophaps indica chrysochlora). V. TOURTERELLE VERTE. La colombe turvert (chalcophaps indica chrysochlora) : Appelée tourterelle* verte (…). Manuel Ecologie 1987 283.

485 COLTAR :

Variante graphique de COALTAR. V. cette entrée. Minuit sur le coltar au centre ville. Poèmes Gorodé, 1985 : 100.

485 COMITÉ DE COORDINATION POUR L'INDÉPENDANCE KANAK* :

n.pr. Vx. Comité de travail des premiers indépendantistes kanak*. Au mois de juillet 1975, l’Union* multiraciale décide de suivre notre mot d’ordre, et on crée un Comité de coordination pour l’indépendance kanak*, le CCIK*. (…) Dans ce comité (…) il y a (…) l’Union* multiraciale Les Foulards* rouges, le Groupe* 1878, et aussi la JOC* [Jeunesse* Ouvrière Chrétienne] composée d’une majorité de Kanak*] et uniquement les élus de l’UC, Pidjot, Ayawa, etc. (…). Entretien Hébert, site Mouvements, 2017.  Variante siglée : CCIK*.

486 COMMUNARD :

n.m. T.cour. (Lethrinus nematacanthus Bleeker.) Petit poisson gris, très commun dans le lagon, dont la chair est très appréciée. Encycl.: L'origine du mot reste inconnue mais a probablement un rapport avec les déportés de la Commune, à l'époque de la colonie pénitenciaire (Observatoire, 1988 : 118). Arrivés au "trou bleu" (…) qui est notre "réservoir secret" à rougets* et à communards, on met les deux barques en dérive. Album Sebban, 1984 : 19. Tu vois la plate* en bois là. C’est mon mari. Il chasse les communards (…). Roman Jacques, 2002b : 5. (…) la pêche (…) elle améliorait le quotidien (…) on avait notre petite friture de rougets* et de communards. Entretien Barbançon, 2022 : 99. Composé (rare) : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

487

COMMUNARD* LONG :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Ichtyologie. (Lethrinus variegatus Valenciennes). Espèce de communard* moins courant, au corps plus allongé. Répertorié par Laboute, 2000 : 272.

 

488 CON (MON -) :

Attesté uniquement à l’oral. loc. nominale. A.cour. Fam ou sociolectal (pop.). Vulg (mais le registre vulg. est souvent neutralisé). Souvent plaisant.  1. Terme d'adresse amical. Salut mon con! Ça va? Oral spontané, s.d. Syn. (a.cour.) : Couille* (ma). V. aussi COUSIN.  2. Equivalent d'un pronom de 3e personne. Connotation : Affectueuse, amicale. Tu peux pas savoir toutes les aventures qu'il arrive à mon con! [mon con = lui] Sketch Lewis, 1990. Syn. (a.cour.): Couille* (ma). 3. Exprime la familiarité, l'affection, dans les locutions de type MON CON DE … (structure : MON CON + Prép. de + n. / n.propre) : Hé!* Tu connais* l'aut' jour on a été faire un coup* d'pêche avec mon con d'Nounous. Sketch Valéry, 1989. Equivalents hexagonaux : Ce sacré + n. ou n.propre / Ce bon vieux + n. ou n.propre (ce sacré Paul/ ce bon vieux Paul). V. également ci-dessous. Syn. (a.cour.): Ma couille* de... Norme : Possible au féminin (mais rare) : Toutes les fourmis rouges en train de suivre ma conne de fourmi (…) [=cette sacrée fourmi]. Sketch Lewis, 1990.

Encycl. : V. FAIRE (QUELQU'UN) AU CON.

Norme : L'usage de ce terme, comme celui de son syn. ma couille*, est relativement peu vulgaire en contexte calédonien (emploi banalisé, vulgarité neutralisée) : mon con figure d'ailleurs sur une carte postale locale -depuis 1992- rassemblant les diverses expressions du pays et intitulée Lôngage [langage*] à nouzautes*. Dans l'Hexagone (notamment dans la variété populaire du français et dans certaines variétés régionales, par exemple en français méridional), des expressions fondées sur les mots con (ou couille*) sont employées (y compris mon con, chez certains locuteurs du français populaire). Ces expressions sont soit considérées comme "vulgaires", soit banalisées, et leur vulgarité est alors neutralisée, ce qui les rend comparables à celles du français calédonien* : on peut citer par exemple le terme enfoiré lancé par Coluche dans les années 1980 (le mot enfoiré ayant une valeur méliorative dans ce cas, être un enfoiré signifiant "avoir une certaine valeur morale", cf le titre du dernier concert de soutien aux restos du cœur : la caravane des enfoirés). Notons enfin que dans l'Hexagone, le mot con en soi est d'un emploi tout à fait banalisé dans les situations familières (sans surveillance linguistique), ce mot a perdu ainsi une bonne part de sa vulgarité (alors que son étymon, signifiant l'organe sexuel féminin, est frappé de tabou), le mot ne "devant" par contre pas être employé en situation surveillée, puisqu'un registre plus soutenu est de rigueur dans ce cas si le locuteur veut être bien considéré : il en est de même pour les expressions construites avec con ou couille* en contexte calédonien*, elles sont réservées aux situations familières.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

488 CÔNE :

n.m. T.cour. (Conus sp. / Gastridium sp.?) Coquillages côniques (gastéropodes) dont la piqûre est souvent mortelle. (…) quelques cônes dangereux...Ceux-là, il faut savoir les prendre... Album Sebban, 1984 : 28. Composés (rares et spéc.) : V. ci-après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

489

CÔNE* À BRACELETS :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus leopardus Roding). Espèce de cône* blanc à points noirs. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* BRUNETTE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus brunescens). Espèce de cône* (description?). Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* CAPITAINE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus capitaneus Linné). Espèce de cône* aux couleurs rousses. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* DAMIER :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus marmoreus Linné). Espèce de cône* généralement noir (ou orangé) à tâches blanches triangulaires.  Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* HÉBRAïQUE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus ebraeus Linné). Espèce de cône* blanc à tâches régulières noires. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* IMPERIAL :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus impérialis Linné). Espèce de cône* aux couleurs blanches et brunes avec des "pointillés" noirs. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* LIVIDE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus lividus Hwass). Espèce de cône* de couleur marron. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* PAVÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus tessulatus Born). Espèce de cône* aux couleurs orangées. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* TEXTILE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Gastridium textile L. -Observatoire, 1990 : 115- ou Conus textile Linné –Salvat, 1988 : 123). Espèce de cône* orné de points très fins. Répertorié par Observatoire, 1990 : 115. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* TIGRÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles).  (Conus punctatus). Espèce de cône* (description?). Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* VERMICULÉ :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus vermiculatus). Espèce de cône* (description?). Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

489

CÔNE* VIERGE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Conchyliologie (étude des mollusques à coquilles). (Conus virgo Linné). Espèce de cône* uni jaune crème à la pointe foncée. Répertorié par Observatoire, 1990 : 158. Syn. (t.cour.) : Cône*.

 

487 CONGAÏ :

n.f. Vx. Femme vietnamienne. Encycl.  : Du vietnamien con gai "fille". Mot apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917). / La population asiatique représente aujourd’hui environ 5% de la population totale, son histoire est ancienne dans le pays, elle remonte à l’époque de la fondation (avant 1900). V. aussi NAÏ. (…) congaïs (…), minuscules adolescentes, dents laquées sous les cônes des chapeaux de paille (…). Roman Sénès, 1987 : 220. Quand y avait une belle congaï qu’arrivait au campement, on appelait son mari (…). Prigent, 2006 : 92.

490 CONGRÈS (LE -) :

n.m.déf. T.cour. Première assemblée politique du Territoire. Encycl. : "En application de l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 et de la loi organique modifiée n° 99-209 du 19 mars 1999, le congrès de la Nouvelle-Calédonie a été installé le 21 mai 1999. Il comprend 54 membres, issus des trois assemblées de province, élus pour cinq ans, au suffrage universel direct, qui portent le titre de «Conseillers de la Nouvelle-Calédonie»" (site internet gouv.nc, 2006). Le Congrès a voté cette année une importante subvention. Journal Les Nouvelles, 06/1990. (...) il a rencontré (...) le Président du Congrès (...). Journal Les Nouvelles, 04/2005. (…) le Congrès approuve le projet de loi du pays porté par Nina Julié, alors élue provinciale*. Journal Les Nouvelles, 28/04/2022. Variante spéc./sout. : Congrès* du Territoire. Dynamique : Terme désignant une réalité administrative mise en place depuis 1998 (cf ci-dessus), stable depuis son apparition.

491

CONGRÈS DU TERRITOIRE* (LE-) :

Variante de CONGRÈS. V. ce mot. (…) il tient à remercier le Congrès du Territoire. Journal Les Nouvelles, 16/06/1990.

 

492 CONNAÎTRE :

v.tr.dir. Cour. Sociolectal (pop.). ou plaisant. Savoir. Le crabe* mou sait l'art du camouflage (traduction : il connaît fin* bien se plônquer [se planquer]) (…). BD Berger, 1989 : 7. (…) tu connais faire les champs ? [note de bas de page: le verbe connaître est souvent utilisé en Nouvelle-Calédonie à la place de savoir] [=tu sais travailler les champs ?]. Roman Tcherko, 2001 : 15. Tukonécékoa? [: graphie de type texto] [="Tu sais ce que c'est?" –nom d'une rubrique destinée à faire découvrir aux jeunes un élément de la vie locale -activité, lieu, manifestation culturelle…]. Journal Tazar*, 09/05. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

493

TU CONNAIS ! :

interj. T.cour. Fam. Exprime l'admiration, la surprise ou marque une insistance, permet de mettre en relief ce qui est dit avant (quand tu connais est placé après), ou ce qui est dit après (quand tu connais est placé avant). Ballande, tu connais ! Publicité pour la maison Ballande, années 80. Et tu connais ma sagaille* elle a jamais loupé un crabe* de sa vie! BD Berger, 1989 : 13. Fin* vieux le cocotier tu connais ! Roman Jacques, 2002b : 58. Equivalents hexagonaux : Placé avant : Tu sais quoi ? (français des jeunes/ néo-pop.) : [tsekwa]). Placé après : Tu vois ? (français fam.). Variante : V. article ci après. Norme : Tu connais figure de façon emblématique sur une carte postale -depuis 1992- qui rassemble diverses expressions du pays, avec le titre : Lôngage [langage*] à nouzautes*. Comme tu sais en français hexagonal, tu connais joue d'une part le rôle de démarcatif (marqueur de structuration de l'oral, permettant de ponctuer le discours), d'autre part peut constituer une phrase reliée à des propositions enchâssées par que, comme dans la variante ci après. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

494

TU CONNAIS QUE + phrase + ! :

structure de phrase interjective. Variante de TU CONNAIS! Tu connais qu'c'est un costaud! Sketch Valéry, 1989. Tu connais qu’il est précis [mon 22 long rifle]. Pas puissant. Y’a pas d’impact, mais précis. Entretien Barbançon, 2022 : 108.  Equivalent hexagonal : Tu sais que + phrase ! (Tu sais que c’est un costaud!).

 

495 CONSEIL DES ANCIENS* :

n.m. Cour. En milieu kanak*, ensemble de personnes chargées par l'administration européenne* d'assister le chef*. Encycl. : Les personnes constituant le conseil des anciens* sont des adultes qui ne sont pas forcément âgés. V. à ce sujet VIEUX. Le Maire avait invité les autorités coutumières* (…). Tous ont répondu à l'invitation en participant personnellement ou par l'intermédiaire du Conseil des Anciens*. Journal Les Nouvelles, 23/06/1990. Le conseil des anciens* [sic] ne s’est pas trompé, c’est sûr, Richard sera un bon chef* ! Roman Calandra, 2004 : 145. Syn.  (a. peu cour.) : Conseil* des Vieux*. Norme : la plupart des locuteurs calédoniens* (non kanak*) pense que ce terme désigne une réalité de la société kanak* ancestrale et non une réalité liée à l'administration européenne*, comme c'est effectivement le cas. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

496

CONSEIL DES VIEUX* :

n.m. A. peu cour. En milieu kanak*, ensemble de personnes chargées par l'administration européenne* d'assister le chef*. V. CONSEIL DES ANCIENS. (…) le conseil des Vieux* s’est réuni et a décidé ! Roman Calandra, 2004 : 136.

 

497 CONTRE :

Variante de CONTREBOUCAN. V. ce mot. Si t'es emboucané, tu prends un contre. Oral d'enquête, 1990.

498

CONTRE BOUCAN :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Ethnolectal kanak*/ polynésien (rare chez les Européens* et les Vietnamiens). Substance ou sortilège destiné à annuler l'effet d'un maléfice ou d'un poison (boucan*). Si un jour tu crois que tu es emboucané* tu viens me voir : moi je connais des gens qui font des contre-boucans. Oral spontané, 1990. Syn.  : Médicament* (a.cour.). Protège* (a.cour.). Variante abrégée (attestée uniquement à l’oral) : Contre* (cour.).

 

499 COOLIE :

n.m. Vx.  1. Travailleur, -euse sous contrat (« engagé, -ée »*) venu, -ue d’Asie au XIXe siècle pour travailler le plus souvent dans les mines de nickel.  Encycl. : En Indochine et dans l’océan indien (particulièrement en Guadeloupe et à La Réunion -Gay, 2021 : 70), ces travailleurs, qu’on appelle aussi coolies, viennent d’Inde ou d’Afrique. En Nouvelle-Calédonie, ils viennent plutôt d’Asie (Japon, Chine, Indonésie, Tonkin -Indochine française), et sont caractérisés par leur statut de travailleurs libres (par opposition aux forçats de la colonie pénitentiaire). Toutefois, précisons que « ce prolétariat asiatique ne peut se déplacer librement et ses séjours à Nouméa sont strictement réglementés » (ibid.).  Syn. : Engagé, -ée *.  2. Par ext. Employé, -ée d’origine asiatique (v.1.).  (…) sacs de coprah (…) balles de café récoltés par les coolies javanais de Pouembout (…). Prigent, 2006 : 21.

Norme : En usage en français hexagonal et en français colonial, ce terme est cependant plus fréquent lorsque le propos concerne la Nouvelle-Calédonie (ou d’autres espaces colonisés dans le monde). Emploi courant en Nouvelle-Calédonie, approximativement jusque dans les années 1960 (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).

499 COPAIN :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal ? (moins cour. chez les Européens* ?). Jeune. Terme d'adresse amical pour un interlocuteur masculin. Alors copain, ça va ? V. COUSIN. Dynamique : Terme récolté en 2005 chez les lycéens (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

500 CORAIL :

n.m. T.cour. Terme du français de référence en usage en contexte calédonien* et entrant, en tant que générique,  dans la composition de terme variés désignant différentes espèces de corail (voir certains de ces termes ci-après). Encycl.  : Le véritable corail des bijoutiers (corallium rubrum) n’existe pas dans le Pacifique (F.O.L., 1983). En revanche, les coraux tropicaux ou madrépores constructeurs de récifs y abondent : en Nouvelle-Calédonie, ils constituent le récif barrière et les Iles* Loyauté.

501

CORAIL* CHAMPIGNON :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Identification scientifique?). Espèce de corail* en forme de champignon. Encycl. : Famille des Fungidés. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn. (t.cour.) : Corail*.

501

CORAIL* CHOU FLEUR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Identification scientifique?). Espèce de corail* dont la forme rappelle celle du chou-fleur. Encycl. : Famille des Sériatoporidés. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214.Syn. (t.cour.) : Corail*.

501

CORAIL* CORNE DE CERF* :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Acropora  sp). Espèce de corail* dont la forme rappelle les cornes de cerf*. Des nuées de poissons demoiselles (...) virevoltent autour de coraux "cornes-de-cerfs". Récits Juncker, 2018 : 55.  Syn. (t.cour.) : Corail*. Norme : Peu attesté mais répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214.

501

CORAIL* DE FEU :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Millepora  sp.). Espèce de corail* urticant (description?). Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn. (t.cour.) : Corail*.

502

CORAIL* ÉLECTRIQUE :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. A.cour. (Identification scientifique?). Espèce de corail* très urticant. Je me suis frotté à du corail* électrique, ça fait mal. Oral spontané, s.d. Syn. (t.cour.) : Corail*.

502

CORAIL* FLUORESCENT :

n.m. T.cour. Corail (dur ou mou)  qui, notamment lorsqu’on les expose aux ultra-violets, montre une couleur fluorescente (bleue, jaune, rose, …etc.).   Découvrez l’incroyable diversité des lagons (…) : tortues (…) coraux fluorescents, tricots* rayés… Brochure touristique d'Aicalin, 2022. Encycl.  : C’est en Nouvelle-Calédonie, au banc Gail, à proximité de la Rivière des Pirogues, sur un fond de vase remarquable mais difficile d’accès qu’en 1958 les premiers coraux fluorescents ont été récoltés par 35 m de profondeur, par les plongeurs Michel Laubreaux et René Gail (…). (BENZONI, Francesca. Chapitre 5. Les coraux de récifs de Nouvelle-Calédonie, un patrimoine diversifié et précieux In : Nouvelle-Calédonie : Archipel de corail [en ligne]. Marseille : IRD Éditions, 2018 (généré le 03 mai 2022).).

503

CORAIL* HÉRISSON :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Seritopora histrix). Espèce de corail* aux branches très pointues. Syn. (t.cour.) : Corail*. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214.

503

CORAIL* MARCHEUR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Identification scientifique?). Espèce de corail* capable de se déplacer sur le sable en se soulevant sur des tentacules. Encycl. : Famille des Fungidés. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn. (t.cour.) : Corail*.

503

CORAIL* MOU :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes.(Identification scientifique?). Polype à huit tentacules ayant l'aspect du corail mais de forme molle. Encycl. : Cet ordre de polypes, appelés "alcyonaires", ne sécrètent pas de squelette extérieur. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214.

503

CORAIL* NOIR :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Identification scientifique?). Espèce de corail* au squelette cornu souple, qui devient très noir en séchant. Répertorié notamment par Observatoire, op.cit. Syn.: Corail* (t.cour.). Antipathaire (spéc.).

503

CORAIL* PANIER :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Identification scientifique?). Espèce de corail* en forme de champignon mais avec un chapeau convexe. Encycl. : Famille des Fungidés, la même que le corail* champignon. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn. (t.cour.) : Corail*.

504

CORAIL* ROUGE :

n.m. A.cour. (Identification scientifique?). Gorgone rouge. Encycl. : Famille des Gorgonacées. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn.: Corail* (t.cour.). Gorgone (peu cour.).

504

CORAIL* SERPENT :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Herpolitha spp.). Espèce de corail* champignon (V. cette entrée) "qui a plusieurs calices disposés en séries longitudinales" (Observatoire, 1985 : 215). Répertorié notamment par Observatoire, op.cit. Syn. (t.cour.) : Corail*.

504

CORAIL* SOLITAIRE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. V. CORAIL MARCHEUR. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214.Syn. (t.cour.) : Corail*.

504

CORAIL* TÊTE JAUNE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Porites sp.). Espèce de corail* de forme massive. Encycl. : Famille des Scleractinies. Les raies amorcent un virage sur le corail « tête jaune » (…). Récits Juncker, 2018 : 151. Syn. (t.cour.) : Corail*. Dynamique : Emploi rare mais toujours existant, répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214, et attesté en 2018, v. ci-dessus (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

504

CORAIL* TUYAU D' ORGUE :

n.m. Rare. Spéc. Domaine : Etude des zoophytes. (Tubipora musica). Espèce de corail* de couleur rouge vif. Répertorié notamment par Observatoire, 1985 : 214. Syn. (t.cour.) : Corail*.

 

500 CORBEAU CALÉDONIEN* :

n.m. Cour. (Corvus moneduloïdes  Lesson). Oiseau noir endémique d’une quarantaine de centimètres, au bec fort, familier des milieux boisés, réputé pour son intelligence.  Encycl. : « A l’aide de fines brindilles ou de minces fibres d’une quinzaine de centimètres, qu’il  prélève sur les bords des feuilles de Pandanus et qu’il tient dans son bec et manie comme un harpon,  il extraie les insectes des trous et anfractuosités des arbres. Le degré d’intelligence élevé chez  l’espèce donne lieu à de nombreuses recherches scientifiques. Elles ont montré notamment que ce  comportement était inné. » Endemia.nc (consultation 27/05/2022). Le corbeau calédonien (…) Régime alimentaire : essentiellement insectivore. Pancarte dans un parc naturel (Rivière bleue), 2022. Le corbeau calédonien, l’émouchet* bleu ou le gecko* géant peuvent s’attaquer aux œufs de notou*. Pancarte dans un parc naturel (Rivière bleue), 2022.

501 CORDYLINE :

n.f. Cour. Ethnolectal kanak* (plus cour. chez les Kanak*) ou spéc. (Taetsia fructicosa Merr. ou Cordyline fructicosa A.Chev.). Plante à tige unique et à feuilles rouge foncé (ou parfois violettes, vert foncé, panachées?). Encycl.  : Famille des Liliacées. / Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 24). / La cordyline, comme de nombreuses plantes, joue un rôle important dans le jardin traditionnel kanak* : "Au haut de l’allée* centrale, près de la case*, de l’autel et des perches, se retrouve (…) une plante d’apparence sèche, au bois noueux, aux feuilles d’un vert violet mat. C’est une liliacée, une cordyline très vivace, le diro*. Quand tout l’habitat a disparu, quand la brousse* a recouvert les allées d’autrefois, elle demeure le témoin et maintient le souvenir du passé (…) La cordyline rappelle l’homme vivant inséré dans la durée du clan* (…)." Leenhardt, 1937 : 20. V. aussi plus bas, l’attestation 2022. (…) la grappe odorante de la cordyline [note de bas de page : le rameau de cordyline symbolise le dernier souffle du défunt, que l’on offre aux oncles utérins]. Poèmes Gorodé, 1985 : 28. Elle apprit la valeur symbolique de certaines plantes et compris pourquoi toutes les habitations s’ornaient (…) de la cordyline (…) qui recèle le secret. Roman Tcherko, 2001 : 47. La Cordyline. Nom d'une maison de retraite à Dumbéa, ouverte en 2002. Pourquoi fait-on pousser la cordyline devant les cases* ? Contes Buchert, 2004 : 7. (…) le peuplier kanak* représente la terre et la femme, il est souvent opposé à la cordyline, elle-même symbole masculin. (…) La cordyline évoque tout ce qui est en rapport avec le mythe d’origine et le sacré. Ainsi les monnaies, images des ancêtres*, sont  enveloppées dans des feuilles de cordyline. (…) Dans la majeure partie des îles du Pacifique, cet arbuste est planté au voisinage des habitations autour des champs et des  sépultures. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké, Centre culturel Tjibaou, 2022.  Syn.  (rares) : Diro*, dracena*. Dynamique : Terme bien vivant, notamment à l'écrit, dans la littérature (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

502 CORNES :

n.f.pl. T.cour. Terme du français de référence entrant dans la composition de divers termes (notamment avec un sens métaphorique –cornes de cerf, ou métonymique –cornes d'élan; cornes molles) :

503

CORNES* DE CERF :

n.f.pl. Cour. (Platycerium sp.) Fougère épiphyte dont les longues feuilles ramifiées rappellent la forme des cornes de cerf. Encycl. : Famille des Polypodiacées. T’as vu les cornes de cerf qu’il y a dans mon arbre là ? Oral spontané, 1990. Norme : La consonne finale "f" de cerf se prononce.

504

CORNES* D’ÉLAN :

n.f.pl. A.cour. (Platycerium bifurcatum). Fougère épiphyte dont les feuilles ramifiées rappellent la forme des cornes d’élan. Encycl.  : Famille des Polypodiacées. Répertorié par B.Suprin, botaniste -parc forestier de Nouméa.

504

CORNES* MOLLES :

n.m. T.cour. Cerf dont les bois, récemment repoussés, sont encore recouverts d'une peau veloutée. (…) un cerf, un "cornes molles" je crois, traversait la piste vers Ouaco. Album Sebban, 1984 : 42. Je vais claquer mon coup* de chasse (…) [je vais] te ramener un beau corne molle [sic]. BD Berger, 2000 : 30. Les rillettes de cornes molles Journal Les Nouvelles, 04/2005. (…) cela augure d'une future bonne saison de cornes molles. Journal L'Ecrit des chasseurs, 04/2006. [Devant une statue :] Alors ici vous avez … ce qui est communément appelé… un cornes molles… Vidéo humoristique YouTube On se balade, Coco Banane, 01/2022. Norme : Le terme hexagonal spéc. est "hardon" (terme, en outre, absent du Petit Robert). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

 

505 COROSSOL :

n.m. T.cour.  1. (Annona muricata L.) Arbre aux gros fruits comestibles, à l'écorce rugueuse, aux branches basses. Encycl. : Famille des Annonacées. Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 37). Tu pourrais planter un corossol ici pour faire de l'ombre. Oral spontané, 1990. Pourquoi les fruits du corossol ont des épines ? Contes Buchert, 2004 : 11. Variante (rare) : Corossolier*.   2. Gros fruits comestibles de Annona muricata L., de forme allongée, à la peau verte et hérissée dont la chair est très appréciée. Encycl. : Se mange nature ou agrémenté de diverses façons, par exemple avec sucre, vanille et rhum, ou vin (selon informateur). Le corossol (…) apporte du calcium et de l'acide ascorbique. Journal Les Nouvelles, 10/1988. (…) des mélanges extraordinaires [pour les salades de fruits] des papayes* (…) des corossols, des Jacques* (…). Recettes Moglia, 2004 : 99. Servez-vous du corossol vous verrez que votre santé elle sera meilleure. Vidéo Youtube, magazine Wéari, 03/2016. Si votre enfant a la varicelle, faites bouillir des feuilles de corossol (…). lepetitjournal.com, Nouvelle-Calédonie, 10/2021.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

506 COROSSOLIER :

Variante de COROSSOL (1.). V. ce mot. Répertorié par FOL, 1983 : 58. C’est une plante qu’il ne faut pas oublier de planter chez vous : le corossolier. Vidéo Youtube, magazine Wéari, 03/2016. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

506 COTONNIER :

n.m. Peu cour. (Eriodendron anfractuosum DC.). Kapokier (arbre au tronc clair et aux fruits en gousses brunes qui pendent aux branches et contiennent une bourre cotonneuse, le kapok). Répertorié par FOL, 1983 : 58. Syn.  : Fromager* (peu cour.). Norme : Le terme du français de référence "kapokier" est a.cour également.

507 COUCOU :

n.m. Cour. Terme du français de référence entrant dans la composition de termes nommant les oiseaux de la famille des Cuculidés : V. ci-après:

507

COUCOU À ÉVENTAIL :

n.m. Rare. Spéc. Domaine. Ornithologie. (Cacomantis pyrrhophanus pyrrhophanus). Coucou fréquent dans les forêts mais très discret, qu'on entend plus souvent chanter la nuit. Encycl.  : Famille des Cuculidés. Répertorié notamment par Hannecart, 1980 : 80. Syn. (rares) : Coucou* des Iles. Gammier*. Monteur* de gamme.

507

COUCOU CUIVRÉ :

n. m. Rare Spéc. Domaine. Ornithologie. (Chalcites lucidus layardi). V. COUCOU VERT. Le coucou cuivré (…) ne construit pas de nid (…) la femelle repère un nid (…) et profite de l’absence des parents pour y déposer un œuf. Manuel Ecologie, 1987 : 162.

507

COUCOU DES ÎLES :

n.m. Rare. (Cacomantis pyrrhophanus pyrrhophanus). V. COUCOU À ÉVENTAIL. Répertorié par Observatoire, 1990 : 159.

507

COUCOU VERT :

n.m. Peu cour. (Chalcites lucidus layardi). (Hannecart, 1980 : 20). Petit coucou, au dos vert cuivré, fréquent dans tout l’archipel. Encycl.  : Famille des Cuculidés. Répertorié par Hannecart, 1980 : 20. Syn. (spéc.) : Coucou* cuivré. 

 

507 COUILLE :

n.f. T.cour. Fam. Terme du français hexagonal entrant dans la composition de plusieurs expressions (V. articles ci-après). Norme : L'usage de ce terme est moins vulgaire (emploi banalisé, vulgarité neutralisée) en contexte calédonien* qu'en contexte hexagonal, où ce terme est en général très vulgaire.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

508

BARRER* EN COUILLES :

V. BARRER.

508

COUILLES À LA MAIN (LES -) :

Attesté uniquement à l’oral. loc. adj. Cour. Fam. Vulg.  1. Démuni. L'hélice [du propulseur] elle était foutue...Hé mais là on était comme des cons, les couilles à la main. Sketch Valéry, 1989.  2. Sans réaction, sur le coup de la surprise, de la peur. Quand il m'a annoncé ça, j'suis resté les couilles à la main hein? Equivalent hexagonal : Rester bête, rester con.  3. Bredouille. Les autres ils ont tous gagné quelque chose, mais lui rien du tout, il était les couilles à la main. [=il est revenu bredouille]. Oral spontané, 1991. Collocations fréquentes : Employé avec les v. d'état, rester surtout, mais également, être, se retrouver, ...etc.

Norme : La vulgarité de l'expression est nettement neutralisée en contexte calédonien* par rapport au contexte hexagonal, où l'expression serait considérée comme très vulgaire.

509

COUILLE DE BOUC :

Attesté uniquement à l’oral. n.f. Peu cour. (Identification scientifique ?). Tomate de forme allongée qui ressemble à l’olivette de l’Hexagone. Les meilleures tomates c'est les couilles de bouc. Oral d'enquête, 1990.

510

COUILLE (MA -) :

Attesté uniquement à l’oral. loc. nominale. A.Cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Souvent plaisant. Vulg.  1. Terme d'adresse amical. V. CON (MON -). Hé ma couille ! Je pensais pas te voir ici ! [=Alors toi! Je pensais pas te voir ici!] Oral spontané, s.d.  2. Equivalent d'un pronom de 3e personne. Connotation : Affectueuse, amicale. V. CON (MON). C’est ma couille qui m’a dépanné ! [=C'est lui qui m'a dépanné].  3. Exprime la familiarité, l'affection, dans les locutions de type MA COUILLE DE … (structure : MA COUILLE + Prép. de + n. / n.propre : Ma couille de collègue / Ma couille de Marcel…). Equivalent hexagonal : Ce sacré / ce bon vieux + n. / n.propre (ce sacré Paul/ ce bon vieux Paul). V. CON (MON).

Norme : La vulgarité de l'expression est nettement neutralisée en contexte calédonien* par rapport au contexte hexagonal, où l'expression serait considérée comme très vulgaire, neutralisation comparable à celle du mot "con" en contexte hexagonal.

 

511 COUILLOUC :

V. KOUYOUK.

511 COULEUVRE :

n.f. Rare. (Enygrus spp.). V. BOA DES LOYAUTÉ . Répertorié par Observatoire, 1985 : 210.

511 COUP :

n.m. T.cour. Fam. Partie. Tantine est venue nous inviter pour un coup de chasse [=une partie de chasse]. Album Sebban, 1984 : 31. Ben longin* mon fils… Sacré coup de pêche ! [=une partie de pêche]. BD Teg, 2002 : 25. Et puis il y a aussi les balades (…) les coups de pêche (...) [=les parties de pêche]. Brochure touristique, 2005. Entre « coup de chasse »  sur les propriétés des stockmen* qui ont repris les codes de l’élevage à l’américaine, Stetson vissé sur la tête, « coup de pêche » sur le lagon (…), cette Nouvelle-Calédonie broussarde* peut s’enorgueillir (…). Brochure touristique d’Aircalin, 2022. Norme : L'expression "partie de pêche" ou "partie de chasse" n'est jamais employée (dans un registre plus soutenu, on dira "aller à la chasse"/ "à la pêche"). Collocations fréquentes : Un coup de : V. article ci-après. Claquer * + un coup de + nom (claquer* un coup de chasse). Péter* + un coup de + Nom (péter un coup de chasse). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

512

LEVER* UN COUP* :

loc. A.cour. Jeune. Fam. ou sociolectal (pop.). Boire une gorgée. V. LEVER. Allez lève* un coup! Ecrit d'enquête, 05/2005. Dynamique : Expression récoltée auprès des lycéens en 2005 (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

513

COUP* DE + Nom :

structure de groupe nominal. T.cour. Fam.  1. Du/ De la/ Des. Donne un coup de moutarde pour mon steak... [=Donne de la moutarde]. Oral spontané, s.d. -Vous ne trouvez pas qu’il y a mieux à faire ? -Un coup de fun, oui ! [=Du fun  : de la planche à voile]. BD Campagne anti-alcool 1991. Il était parti avec quelques collègues de travail faire un coup de plonge* [=faire de la plongée sous-marine] (...). Récits Juncker, 2018 : 86. Composé : Coup d’ouest (V. ci après).  2. Un/Une/ Des. Tu bois un coup de café avec nous? [=Tu bois un café]. Oral spontané, 1991. Il était malade alors il a pris un coup de feuilles* [=il a pris des feuilles : un médicament]. Oral spontané, 1990. Tu payes ton coup de pastis ? [=tu nous offres un pastis] Oral spontané, s.d.

513

COUP* D’OUEST :

n.m. T.cour. Vent d’ouest, fort et subit, accompagné d’averses. Connotation : Asssocié fortement au mauvais temps, et même aux temps qui peuvent être dangereux (temps cycloniques notamment). (…) un mauvais "coup d'ouest" avait malmené le vapeur (…) et détérioré le quai de Nouméa [=un mauvais vent d'ouest]. Roman Sénès, 1987 : 165. [Mots croisés :] Coup d'ouest [définition] : Rafale [solution]. Journal Tazar*, 05/2006. Je suis une voix qui murmure à l’oreille du pays, face au lagon, un jour de coup d’ouest. Entretien Barbançon, 2022 : 297.

514

UN COUP :

adv. T.cour. Fam. Plutôt oral. Particule emphatique, marque d’insistance. Encycl.  : Emploi qui pourrait être rapproché de l’emploi belge une fois (?).  Viens voir un coup! [=Allez viens voir !] Vidéo Youtube Technique de drague en Nouvelle-Calédonie, Coco Banane, 04/2021. (...) passe un coup la bouteille* carrée (...). Roman Simon, 2021 : 142. -Je suis brune aux yeux verts -Awa* Envoie un coup une photo… ;). Post humoristique, Facebook, 2022. Norme : Emploi emblématique du parler calédonien* mais possible en contexte hexagonal (fam. ou pop.) avec toutefois une fréquence moins importante (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

514 COUPE D'OR :

n.f. A.cour. (Solandra maxima) (Godard, 1978 : 215). Arbuste grimpant ornemental aux grandes fleurs jaunes en forme de coupe, au feuillage élégant et. Encycl. : L'anglais "golden cup" désigne la même plante (Godard, op.cit). Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 159.

514 COUPE-COUPE :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. T.cour. Fam.(?). Sabre. V. SABRE D'ABATTIS. Prends le coupe-coupe, on va aller débrousser* derrière la maison. Oral spontané, s.d.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

514 COURGE TORCHON :

n.f. Rare. (Luffa aegyptiaca Mill.). Liane dont les fruits font, à maturité, une éponge végétale. Encycl. : Possède des propriétés médicinales (Rageau, 1973 : 86). Répertorié par Rageau,. op.cit.

514 COURONNE :

n.f. A.cour. Terme du français de référence entrant dans la composition de termes nommant certaines plantes ou arbres : V. ci-après.

514

COURONNE* DES DIABLES :

n.f. A.cour. Ethnolectal mélanésien (rare dans les autres groupes). (Cassytha filiformis L.). Liane dépourvue de racines et de feuilles, de couleur verte, jaune ou rouge, qui recouvre les arbres de ses entrelacs et produit (au mois de septembre) de petites grappes de boules blanches (Manuel Ecologie, 1987 : 159). Encycl.  : Famille des Lauracées. La fausse* cuscute ou couronne des diables (…) est une liane (…). Manuel Ecologie, 1987 : 159. Syn.  : Fausse* cuscute (peu cour.). Fil* de la vierge (rare).

514

COURONNE* D'OR :

n.f. Peu cour. (Deplanchea speciosa / D.sessilifolia). Nom donné aux arbres de forêts dont les fleurs  magnifiques sont groupées en couronne à l'extrémité des branches (Godard, 1978 : 29). Encycl. : Famille des Bignoniacées. Répertorié par Godard, op.cit.

514

COURONNE* DU CHRIST :

n.f. Peu cour. (Euphorbia splendens ou E. milii) (Godard, 1978 : 127). Plante buissonnante épineuse aux fleurs rouges. Selon la légende, les fleurs, initialement blanches, devinrent rouges après que la plante ait été utilisée pour réaliser la couronne d'épines du Christ (Godard, op.cit.). Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 160. Variante (rare) : Epine du Christ.

 

516 COUSIN, -E :

Attesté uniquement à l’oral. n.m. T.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Ethnolectal (moins cour. chez les Européens*). Terme d'adresse amical. Alors cousin, ça va ? Oral spontané, s.d. Equivalent hexagonal : Mec/meuf (français pop.). Syn. : Frère*, mon frère*(t.cour.)/ Mon gars* (cour.)/ Ma couille*, mon con* (a.cour.)./ Beau-frère*, copain*, man*, tama* (moins cour.). / V. FILS, MON FILS, GARÇON, MON GARÇON. Variante : Cous'* [kuz], couz. Norme : Possible en français hexagonal (sociolectal pop.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

517

COUS' :

n.m. Cour. Fam.  1. Cousin, -e, ou "copain, copine". Bonjour à nos cous' de Rivière Salée… Oral Radio, 04/2005 (messages téléphonés). Dynamique : Terme recueilli en 2005 mais probablement pas d’usage très récent (Pauleau, enquête linguistique, 2005).  2. Variante de COUSIN, -E*. V. cette entrée. Ecoute, cous', en attendant, on a toute la vie devant nous (…). Roman, Gorodé, 2005 : 8. Hé! Cous'! Ça va ou quoi? Oral spontané, 2005. (…) trop net* couz ! Commentaire de vidéo (Youtube Délire plonge* (…), noumeajocolares, 04/2013). Voilà ta couz là. Nom d'une scripteure sur Facebook, 2019. Ecoute cous’, en attendant on a toute la vie devant nous. Gorodé, 2019 : 14.

Variante graphique : Couz.

Norme phonétique : [kuz] (en alphabet latin : "couz").

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

517 COUSSIN DE BELLE MÈRE :

n.m. Rare. (Acanthaster Planci Bleeker). V. ACANTHASTER. Acanthaster Planci, appelée communément coussin de belle-mère. Ecologie, 1987 : 257.

517 COUSSIN DE MER :

n.m. Rare. (Culcita spp.). V. ÉTOILE-COUSSIN. Répertorié par Observatoire, 1985 : 217.

517 COUTEAU :

n.m. A.cour. Plutôt Ethnolectal (moins cour. chez les Européens*). Sabre. V. SABRE D'ABATTIS. Il a pris le couteau pour ouvrir les cocos*.

518 COUTUME :

1. n.f.déf. T.cour. Code traditionnel transmis oralement, qui règle les relations sociales en milieu kanak*. (…) des conflits avec la famille, la coutume, la société (…). Journal Les Nouvelles, 10/1988. Il n’y a que toi qui puisses violer cet interdit sacré de notre coutume ancestrale. Nouvelles Ihagé-Gorodé, 2002 : 32. Je sais, mon fils, c’est dur pour toi. (…) tu vas quitter la case* où tu es né, et tu vas partir tout seul dans une autre maison. Mais c’est notre coutume. (…) tu es adopté et voilà ! Roman Tcherko, 2003 : 30. La coutume : (…) il est recommandé de demander conseil avant de visiter un site. (…) lors d’une visite en tribu, munissez-vous d’un petit présent (manou*, monnaie) pour présenter le geste coutumier* (…). Brochure touristique, 2005. (…) c’est (…) pour eux, un retour aux sources, à la tradition, avec la coutume, la langue, la tribu (…). Journal Mwà Véé, 09/2005. (…) la coutume de nos Vieux* il faut la faire vivre. Récits Juncker, 2018 : 27. Nos aînés arrêtent pas de nous rappeler qu’il faut avoir des valeurs (…) du respect des Anciens respect de la coutume (…). Vidéo Youtube L’alcool en Nouvelle-Calédonie, Coco Banane, 05/2021. Norme : Terme parfois employé dans l’Hexagone pour nommer les traditions régionales (mais absent des dictionnaires consultés avec cette stricte acception).  2. n.f. T.cour. Spécialement : Cérémonie, ensemble de gestes (échanges de présents, etc.) accomplis à l'occasion d'un évènement survenant en milieu kanak* : arrivée d'un étranger, mariage, deuil, etc. Elle sortit les dons pour la coutume (…) : manou*, tabac* bâton (…). Roman Tcherko, 2001 : 86. (…) demain on va à ma tribu pour une grande coutume, c’est mon cousin Honoré qui se marie. Roman Tcherko, 2003 : 67. La place et le devoir des filles, c'est de faire la cuisine, laver la vaisselle etc. lors des coutumes, mariages, deuils... Journal Mwà Véé, 03/2006. (...) on faisait la pêche, on participait aux coutumes... Récits Juncker, 2018 : 14. (...) je pense  que l'état français doit demander pardon aux Kanaks* pour la colonisation (...) lors d'une coutume. Artiste calédonienne* interviewée, Télérama, 09/2022. Locution : V. articles ci-après.  3. n.f. Cour. Plutôt ethnolectal kanak*. Présent échangé au cours d’une cérémonie coutumière*. Après l’échange des coutumes, (…) le cordon de l’entrée de la maison a été coupé par le chef* (…). Journal Loyauté, 01/2005. (…) quand une femme se marie ou lorsqu'une personne meurt, on doit adresser une coutume aux oncles maternels. Journal Mwà Véé, 03/2006. Syn. : Présent* coutumier*.  4. n.f. Cour. Présent offert en échange d’un droit d’accès à un lieu situé en milieu kanak. La coutume kanak*. Pour séjourner en tribu, n’oubliez pas votre coutume. Laissez-passer symbolique, indispensable pour vous ouvrir les portes, il s’agit d’une marque de respect envers vos hôtes. Constituée d’un morceau d’étoffe, d’un billet… la coutume est aussi une manière de vous présenter et de remercier vos hôtes. Brochure touristique d’Aircalin, 2022.

Dérivés : Coutumier*. Coutumièrement.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

519

FAIRE COUTUME*  :

Variante de FAIRE LA COUTUME. V. cette entrée. On échange? On fait coutume*? Oral spontané, s.d.

520

FAIRE LA COUTUME* :

loc. verbale. T. cour.  1. Accomplir les gestes et cérémonies de la coutume* kanak*, telle que décrite ci-dessus (COUTUME 2.). Il faut aussi accueillir le gouverneur et sa suite par des présents des bouquets de bienvenue des bougnas* / lui faire la coutume. Poèmes Gorodé, 1985 : 33. Tu dois d’abord aller faire la coutume* avec le chef* (…). Roman Tcherko, 2001 : 54. C’est le fameux poisson que l’on pêche pour faire la coutume. Récits Juncker, 2018 : 15. Syn. (a.cour.) : Faire le geste*.  2. Par extension. Fam. Ethnolectal européen*. Faire un échange. Tu prêtes ton t-shirt? On fait la coutume, je te passe le mien.  3. Par extension. Fam. Ethnolectal européen* (?). Partager. Hé! Mange pas tout! Fais la coutume* un peu hein? Oral spontané, s.d. Variante (attestée uniquement à l’oral) : Faire coutume* (cour.).

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

 

521 COUTUMIER,-IÈRE :

I. adj. T.cour.  1. Relatif au code traditionnel kanak* (appelé coutume*. V. ce mot). [pour le mariage des Mélanésiens] il y a simplement un enregistrement d’un accord coutumier. Manuel Education civique, 1989 : 46. En raison de problèmes coutumiers, les fouilles ont dû être arrêtées. Journal Les Nouvelles, 09/06/1990. Vie coutumière [nom d’une rubrique]. Journal Loyauté, 01/2005. Il a rencontré (…) les sénateurs coutumiers (…). Journal Les Nouvelles, 04/2005. (…) je ne peux abandonner les responsabilités coutumières auxquelles on m’a préparé depuis ma naissance. Journal Mwà Véé, 09/2005. (…) le clan* de la mer n'imagine pas revenir bredouille ; surtout pour une cérémonie coutumière. Récits Juncker, 2018 : 20.  Ils [les autochtones] vivaient selon leurs principes coutumiers de toujours. Roman Simon, 2021 : 141. Composés : V. articles ci-après.  2. Spécialement : Relatif aux cérémonies et gestes dictés par la coutume* : V. ce mot. (…) J.C. a remercié D.B. pour son présent coutumier (…). Journal Les Nouvelles, 23/06/ 1990. (…) un thème (…) [pour les artistes du festival] : "le geste coutumier". Programme culturel, 04/2005. Désigné pour accompagner une fête coutumière, le clan* de pêcheurs doit ramener des fruits de la mer (...) il souhaite que la pêche coutumière perdure à l'Ile des Pins. Récits Juncker, 2018 : 16, 26. Composés : Présent coutumier. Echange coutumier. (V. articles ci-après).   II. COUTUMIER : n.m. Cour. Personnalité représentant la coutume* kanak*. Les élus et coutumiers de Poya ont assisté à une démonstration de pêche (…). Journal Les Nouvelles, 04/2005. Je ne suis pas déçu par la coutume* mais par les coutumiers (…). Nouvelles Ihage-Gorodé, 2002 : 33. On est tombés d’accord : les coutumiers sont avec nous (…). Roman Simon, 2021 : 142.

Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

522

AFFAIRES COUTUMIÈRES* :

n.f.pl. A.cour. Surtout écrit. Spéc. Domaine : Administration. Affaires relatives à la coutume* kanak*. (…) le Syndic des affaires coûtumières* c'est celui qui avec patience établit les procès-verbaux des palabres*. Manuel Education civique, 1989 : 85.

522

AIRE COUTUMIÈRE* :

n.f. Cour. Aire dont les frontières sont relatives à la coutume* kanak*. (…) c’est un peu loin, sur une autre aire coutumière* (…). Roman Tcherko, 2001 : 65. (…) au sein des aires coutumières*, la forêt appartient à des clans*. Chaque arbre (…) de la forêt est connu (…). Etiquette de l’exposition Mue, faire corps, Centre culturel Tjibaou, 2022. L’académie des langues kanak* se compose de huit antennes régionales, installées dans les huits aires linguistiques et coutumières : A'jië-Arhö, Drehu, Drubea-Kapumë, Hoot ma Whaap, Iaai, Nengone, Paicî-Cèmuhî et Xârâcùù. Site de l'Académie des Langues Kanak* (ALK), consultation 10/2022. Collocation : Aire linguistique et coutumière. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

522

AUTORITÉS COUTUMIÈRES* :

n.f.pl. A.cour. Ecrit. Spéc. Domaine : Administration. Personnes représentant pour l'Administration européenne* la hiérarchie politique supérieure en milieu kanak*. Le Maire avait invité les autorités coutumières* (…). Journal Les Nouvelles, 23/06/1990. Nous demandons que les autorités coutumières* prennent part au dialogue (…). Journal Tazar*, 07/2005. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

525

CADEAU COUTUMIER* :

Attesté uniquement à l'oral. n.m. A.cour. Présent offert selon la coutume* kanak*. V. PRÉSENT COUTUMIER*. Préparer un cadeau coutumier*.

526

CHEMIN COUTUMIER* :

n.m. T.cour.  1. Voie hiérarchique à suivre pour faire certaines démarches en milieu kanak* (contacter un chef*, demander une permission, etc.). Encycl. : Cette voie hiérarchique va en principe des plus jeunes aux plus vieux. Pour demander quelque chose, il faut suivre le chemin coutumier*. Oral spontané, 1990.  2. Ethnolectal kanak*. Chemin institutionnalisé selon la coutume* kanak* mais non obligatoire, reliant des lieux, des habitations, donc des individus particuliers par où et par qui l'on passe, pour se rendre d'un lieu à un autre, et surtout d'un clan à un autre, lorsqu'ils sont apparentés mais éloignés géographiquement par exemple, ou encore lorsqu'ils vont être alliés par un mariage. Tu as bien suivi le chemin coutumier* pour aller à la tribu?

Syn. (peu cour.) : Sentier* coutumier.

Collocation fréquente : Suivre le chemin coutumier*.

527

CHEF COUTUMIER* :

n.m. Cour. Homme ayant le titre de chef, dans la société kanak*. V. CHEF. (…) les chefs coutumiers* avaient su lui faire un accueil généreux (…) Roman Sénès, 1987 : 343.

528

CONSEIL COUTUMIER* :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Institutions. Conseil représentant une aire* coutumière*. Le Sénat* coutumier* est composé de seize membres désignés par chaque conseil* coutumier*, selon les usages reconnus par la coutume* à raison de deux représentants par aire* coutumière*. Site gouv.nc, 2006.

529

CONSEIL CONSULTATIF COUTUMIER* :

n.m. A.cour. Ecrit. Spéc. Domaine : Institutions. Conseil pouvant être consulté pour certaines affaires juridiques, et jouant en particulier un rôle important en ce qui concerne les problèmes posés par les réserves foncières mélanésiennes. La coutume* dans les institutions / (…) Le conseil consultatif coutumier* du Territoire* regroupe, selon les usages reconnus par la coutume*, les représentants de l'ensemble des aires culturelles de la Nouvelle-Calédonie (au nombre de 8). Manuel Education civique, 1991 : 28.

530

DROIT COUTUMIER* :

n.m. Cour. Spéc. Domaine : Institutions. Droit établi selon la coutume* kanak*. (…) lorsque l'on aborde le problème foncier sous l'angle du droit coutumier* se posent toute une série de questions. Journal Les Nouvelles, 30/06/1990.

531

ÉCHANGE COUTUMIER* :

n.m. T.cour. Sout. Ecrit. Echange de présents (présents* coutumiers*) selon la coutume* kanak*. (…) un échange coutumier* a été fait avec le grand chef* (…). Journal Les Nouvelles, 15/10/1988.

532

GESTE COUTUMIER* :

V. GESTE.

533

PRÉSENT COUTUMIER* :

n.m. Cour. Plutôt Ecrit. Présent offert selon la coutume* kanak*. (…) J.C. a remercié D.B. pour son présent coutumier* (…). Journal Les Nouvelles, 23/06/1990. Syn. : Cadeau* coutumier* (a.cour.), coutume* (cour.).

534

SÉNAT COUTUMIER* :

n.m. A.cour. Spéc. Domaine : Institutions.  1. Assemblée des différents conseils* coutumiers* "saisie des projets et propositions de lois de pays ou de délibérations relatives à l'identité kanak*" (site gouv.nc, 2006). Le Sénat coutumier* est composé de seize membres désignés par chaque conseil* coutumier*, selon les usages reconnus par la coutume* à raison de deux représentants par aire* coutumière*. Site gouv.nc, 2006. La mise en place […] d’institutions novatrices comme le sénat coutumier* a permis d’ouvrir l’espace institutionnel au système traditionnel. Viratelle dans ouvrage Lafargue, 2012 : 3.  2. Bâtiment où siège l'assemblée appelée ''sénat coutumier'', définie en 1. Nouville, j'y suis. Arrêt "Camp* Est". Deux femmes descendent (...). "Sénat coutumier*". Personne. Théâtre, Duchesne, 2014. Samedi 27 juillet vers 15h50, une patrouille de la police nationale, témoin de la conduite hasardeuse d’un véhicule à hauteur du Sénat coutumier à Nouville, décide de l’intercepter. Journal Les Nouvelles, 29/07/2019.

535

SENTIER COUTUMIER* :

n.m. Peu cour. Chemin institutionnalisé selon la coutume* kanak*. V. CHEMIN COUTUMIER. Attention, il faut respecter le sentier coutumier*. Oral spontané, s.d.

536

TRIBUNAL COUTUMIER* :

n.m. A.cour. Tribunal rendant la justice selon la coutume* kanak*. (…) [l'île de] Lifou vit coutumièrement* et les juridictions originales comme le tribunal coutumier* ont des raisons d'être beaucoup plus grandes à Lifou (…). Journal Les Nouvelles, 26/06/1990.

 

540 COUTUMIÈREMENT :

adv. Cour. Selon les règles de la coutume* kanak*. [l'île de] Lifou vit coutumièrement* et les juridictions originales comme le tribunal coutumier* ont des raisons d'être beaucoup plus grandes à Lifou (…). Journal Les Nouvelles, 26/06/1990.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

540 COUYOUC :

V. KOUYOUK. Répertorié notamment par Observatoire, 1990 : 160.

538 COW-BOY :

Attesté uniquement à l’oral. Cour. Fam. Plutôt ethnolectal  européen*.   I.  1. n. Personne démodée (et souvent outrancière). Le gars avec qui elle sort, c’est un cow-boy : t’as vu sa dégaine, et t’as vu sa voiture ? Oral spontané, s.d.  2. adj. Démodé (et souvent outrancier). Elle s’habille avec des minijupes en tissu léopard alors qu’elle est énorme ! Elle est cow-boy ! Collocation fréquente : Ça fait cow-boy (équivalent : ça fait ringard). Locution : Faire son cow-boy.   II. Spécialement :  1. n. Adepte du tuning (passion des accessoires automobiles). V. CACANE. Connotation péjorative. T'as vu tous les cowboys qu''il y a ce soir sur l'anse Vata? Avec la musique à fond et tout. Oral spontané, s.d.  2. adj. Digne des adeptes du tuning. V. CACANE. Connotation péjorative. Encycl.  : V. BAVETTE. T'as vraiment une voiture cowboy! Oral spontané, s.d.

Equivalents hexagonaux : Plouc, ringard, tos -de "portos", "portugais"-  (vieillissant). Beauf. …etc.

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

539

FAIRE* SON COW-BOY* :

loc.verbale. A.cour. Plutôt ethnolectal européen*. Fam. Plaisant. Essayer de se faire valoir, de se faire remarquer en mettant en évidence un engin automobile (voiture, moto..) et ses accessoires … v. cacane, faire son cacane. Arrête de faire ton cowboy! Baisse la sono! Oral spontané, s.d.

 

540 CRABE :

1. n.m. T.cour. Terme du français de référence (nommant divers crustacés), en usage en contexte calédonien* et entrant, en tant que générique,  dans la composition de lexies variées désignant différentes espèces de crabe (V. articles ci-après).  2. Par métaphore : Attesté uniquement à l’oral. n.m. Cour. Fam. Dérapage, contrôlé ou non. On s'est amusé à faire des crabes sur la route en terre avec la voiture de Papa. Syn. (cour.) : Travers*. Norme : Le mot crabe a de nombreuses acceptions métaphoriques en argot hexagonal traditionnel ("pou de sexe", "cancer", "surveillant de prison" …etc.) mais pas celle du français calédonien*.

541

CRABE* ARAIGNÉE* :

n.m. Peu cour. Spéc. Domaine : Pêche. (Picrocerus armatus) (Observatoire 1984 140). Nom donné aux crabes oxyrhynques (Ibid.) visibles sur le récif barrière (selon informateur). Répertorié par Observatoire, 1990 : 160. Syn. (t.cour.) : Crabe*.

542

CRABE* BATAILLEUR :

n.m. Cour. (Portunus plagicus). Crabe* aux longues pinces bleutées, "comestible, très agressif (…) habitant (…) les plateaux de sable vasard" (Observatoire 1984 140), à proximité des palétuviers*. Prix annuels (…) prix mini (…) crabe* batailleur 1800 [F CFP*] (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Syn. (t.cour.) : Crabe*. Norme : Terme et référent très bien connus par les professionnels de la pêche. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2022).

543

CRABE* CARTON :

Attesté uniquement à l’oral. .n.m. Cour. Crabe* se trouvant au stade intermédiaire entre la mue (crabe* mou) et le stade où la carapace s'est reconstituée (crabe* dur). V. CRABE MOU. Il a ramené des crabes de brousse*, et puis attention, pas n'importe quoi, des crabes cartons hein? Oral spontané, 1990.

544

CRABE* COCO* :

n.m. Peu cour. (Birgus latro). V. CRABE DE COCOTIER. Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

545

CRABE* COUREUR :

n.m. Peu cour. (Ocypoda spp.). V. TOURLOUROU (2.). Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

546

CRABE* DE CALÉDONIE* :

n.m. Peu cour. (Scylla serrata Forsk.). V. CRABE DE PALÉTUVIER. Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

547

CRABE* DE COCOTIER* :

n.m. T.cour. (Birgus latro). Gros crabe* terrestre vivant en grand nombre parmi les cocotiers des Iles Loyauté, "bête impressionnante aux pinces puissantes capables de décortiquer les cocos*" (F.O.L., 1983 : 63). Les crabes de cocotiers y sont rois et vivent en tribus florissantes. De Camaret 1975, Manuel Lectures : 79. Crabe* de cocotier* Crabe* qui reste sous les cailloux Crabe* de cocotier* qui ne monte pas dans les arbres Je sais te trouver. Poèmes Lycéens, 1997 : 34. Il gagne un peu d'argent en (…) proposant à la vente (…) poissons, crabes de cocotiers (…). Journal Kanak*, 03/2006. (…) lorsque le temps était trop mauvais pour sortir en mer (…) ses cousins et elle se rabattaient dans la forêt pour chasser le ziliwa, le crabe de cocotier. Récits Juncker, 2018 : 105. Syn.: Crabe*(t.cour.). Crabe* coco* (peu cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

548

CRABE* DE MARAIS :

n.m. Peu cour. (Scylla serrata Forsk.). V. CRABE DE PALÉTUVIER. Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

549

CRABE* DE PALÉTUVIER* :

n.m. T.cour. (Scylla serrata Forsk.). Crabe* vivant parmi les marais où poussent les palétuviers* (la mangrove), à la chair très appréciée. (…) des crabes de palétuviers* ont été capturés. Manuel Ecologie, 1987 : 88. (…) la mangrove (…) abrite (…) le fameux crabe de palétuviers*. Recettes Moglia, 2004 : 6. (…) l’histoire tordante d’un crabe de palétuvier sur lequel « la vieille* » s’était assise, à bord du bateau. Récits Juncker, 2018 : 122. Les saveurs françaises se retrouvent mêlées à celles du Pacifique. Gratin de crabe de palétuvier*, dauphine de patates douces (...). Brochure touristique d’Aircalin, 2022.   Syn. : Crabe* (t.cour.). Tourlourou* (a.cour.). Crabe* de Calédonie, crabe* de marais (peu cour.). Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2022).

550

CRABE* DUR :

Attesté uniquement à l’oral. .n.m. Cour. Crabe* dont la carapace, après la mue, est complètement reconstituée. V. CRABE MOU. Pour les crabes, attention! parce qu'il y a les crabes* mous, les crabes* cartons et les crabes durs. Oral spontané, 1991. Syn. (t.cour.) : Crabe*. Norme : S'emploie surtout par opposition à crabe* mou et/ou à crabe* carton comme dans l'illustration supra. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

551

CRABE* FANTÔME :

n.m. Peu cour. (Ocypoda spp.). V. TOURLOUROU (2.). Les crabes fantômes sortent de leur terrier pour rôder sur le sable (…). Récits Juncker, 2018 : 22. Dynamique : Usage peu courant, peu répertorié. / Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

552

CRABE* MOU :

n.m. T.cour. Crabe* dont la carapace, après la mue, n'a pas encore commencé à durcir. Encycl. : C'est à cette période de son cycle que le crabe* est le plus apprécié d'un point de vue culinaire, puisqu'il s'est rempli de chair afin de vivre sur ses réserves pendant toute la période où, privé de sa carapace protectrice, il ne pourra plus sortir de son trou (il est alors protégé et sa capture est interdite). Par la suite, la carapace commence à durcir (c'est le stade du crabe* carton, également appréciable pour le consommateur) pour enfin se reconstituer complètement, le crabe* étant alors de nouveau dur (crabe dur). A ce dernier stade, il est moins intéressant à la consommation car il a utilisé ses réserves: il est vide. C'est juste avant la mue qu'il redevient appréciable puisqu'il s'est de nouveau préparé à se démunir de sa carapace et à s'exiler : il est alors plein*. (…) il sait déjà que c'est l'époque des crabes mous et qu'il en fera son festin. BD Berger, 1989 : 7. C’est le crabe mou, délice de tous les gourmets. Bien entendu sa capture est interdite (…). Entretien Barbançon, 2022 : 263. Syn. (t.cour.) : Crabe*. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005- 2023).

553

CRABE* VIOLONISTE :

n.m. Peu cour. Spéc. (Uca spp). V. TOURLOUROU (3.). Pourquoi le crabe* violoniste mâle a-t-il une si grosse pince ? Manuel Ecologie, 1987 : 87.

 

554 CRACHE-GOYAVE :

n.m. A.cour. Fam. ou sociolectal (pop.). Chevrotine. Encycl. : La métaphore de la goyave s’explique par le fait que la chair de ce fruit est remplie d’une multitude de graines. (…) il sort une balle (…) puis des cartouches (…). Celle-là c’est une 9 grains. C’est pour mon double-narine*. Un vrai crache-goyave. Entretien Barbançon, 2022 : 108. Pète*-lui un coup* de crache-goyave ! [= Mets-lui un coup de fusil !]. Variante : Lance-goyave*.

546 CRAM-CRAM :

n.m. A.cour. (Cenchrus echinatus). V. HERBE À PIQUANT (3. et 5.). Encycl.  : Le wolof "xamxam" désigne la même plante (Hollyman, 1971). (…) Emile la brossa [la jument] avec soin enlevant les graminées et les cram-cram qui s'étaient accrochés à sa crinière (…). Roman Jacques, 2002b : 33. Dynamique : Mot apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971).

546 CRAN D’ARRÊT :

n.m. Rare. Spéc. (Abalistes stellatus Lacepede, Aluteratus monoceros Linnaeus,  Aluteratus scriptus Linnaeus, Balistapus undulatus MungoPark., etc.). Nom donné à des poissons de la famille des Balistidés (notamment les poissons identifiés ci-avant). V. BALISTE. Répertorié par Observatoire, 1990 : 160.

547 CREEK :

n.m. T.cour. Ruisseau, petit cours d'eau. Encycl. : Apparu probablement dès le XIXe siècle (Hollyman, 1971 : 917). L'anglais austral "creek" a le même sens (Harrap's). (...) au bord d'un creek à sec (...). Le Goupils 1928, dans Manuel Lectures : 71. (...) les creeks et les marais des palétuviers* . Contes de Thio 1997 8. On pouvait entendre chanter l’eau d’un creek. Revol 2001, dans Manuel de français, 2002 : 8. Les dattiers vous montreront le chemin du creek (...). Roman Jacques, 2002b : 29. Je passe les deux premières années de ma vie à Yahoué au bord d’un creek (…). Théâtre, Duchesne, 2014, autoportrait. Celui qui se rend en forêt (…) pour pêcher dans un creek prend certaines précautions avant de s’aventurer dans ce lieu chargé de puissance ancestrale. (…) certains lieux restent tabou* les récits mythiques décrivent (…) les cascades d’où jaillissent les sources des « vieux* » (…).  Etiquette de l’exposition Mue, faire corps, Centre culturel Tjibaou, 2022. A la tribu de la Conception, il y avait un petit creek qui est bétonné aujourd’hui (…). Entretien Barbançon, 2022 : 35. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 2005-2022).

V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

548

CREVETTE DE CREEK* :

n.f. T.cour. (Macrobrachium sp.). Nom donné aux crevettes d'eau douce de la famille des Atyiidés ou des Palaemonidés, spécialement du genre Macrobrachium. Encycl. : V. CREEK / La même crevette est appelée "chevrette" à Tahiti et "camaron" à La Réunion (selon F.O.L., 1983 : 63). Répertorié notamment par Observatoire, 1990 160. Un hameçon de taille n°4 sur lequel une crevette de creek* était empalée. (…) l’appât lui permettait de capturer de petits becs-de-cane* (…). Récits Juncker, 2018 : 44.

 

550 CRI-CRI :

n.m. T.cour. (Locusta migratoria L.). Criquet. T’as vu tous les cri-cris qui sautent ? Oral spontané, s.d.

549 CRICKET :

n.m. T.cour. Jeu britannique opposant deux équipes de onze joueurs, munis de battes de bois et d’une balle dure. Connotation : Kanak*, car ce sont les femmes kanak* qui jouent au cricket. Encycl.  : La Nouvelle-Calédonie est le seul pays non britannique où l’on joue au cricket. D’abord pratiqué par les hommes kanak*, puis concurrencé par le football, il est aujourd’hui assidûment pratiqué par les femmes kanak*, qui donnent alors sur les terrain de cricket, vêtues de leurs robes* mission très colorées un spectacle apprécié des touristes. Le cricket est à ce point ancré dans le pays qu’il existe une Fédération Française de Cricket exclusivement calédonienne*, et qu’un village des Iles Loyauté porte le nom de Kirikiti, issu du mot cricket. Des compétitions sont organisées avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Battes et balles étaient autrefois produites localement, les balles –en principe faites de sciure de bois compressée, étaient fabriquées à partir de la sève de banian* roulée et séchée. (d’après F.O.L., 1987 : 63). (…) le cricket [poursuivra] ses habituels matches du championnat de Nouméa. Journal Les Nouvelles, 02/06/1990. Norme phonétique : Le t final se prononce. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).

551 CRIER :

v.tr.dir. Cour. Enfantin. Réprimander. Arrête, tu vas te faire crier par la maîtresse. Collocation fréquente : Se faire crier. Norme : Possible en français hexagonal populaire, mais rare.    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

552 CRO-CRO :

n.m. Peu cour. (Pomadasys argentueus Forsskal). Poisson argenté (50cm) poussant des grognements au sortir de l'eau. Encycl. : Famille des Haemulidae. Espèces de poissons du bassin versant de La Foa (…) Cro-cro. Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : davar.gouv.nc, 2014. Les poissons récifo-lagonaires vendus en filet : (…) crocro 5% (…). Document du gouvernement de Nouvelle-Calédonie : dam.gouv.nc, 2020. Variante graphique : Crocro. Dynamique : Terme peu courant (répertorié notamment par Laboute, 2000 : 344) mais à la vitalité confirmée -Pauleau, enquête linguistique, 2022.

552 CROCHER :

v.tr.dir. A.cour.  1. Fam. Voir, rencontrer. J’ai croché ton frère à la plage. / Il faut qu’on se croche avant les vacances. Ecrit d'enquête, 2005.  2. Sociolectal (pop.). Vieillissant. Pêcher. (…) le bateau est plein de sennes, (…) de sagaies (…) On "crochera" bien quelques poissons avec tout ça! Album Sebban, 1984 : 12. Syn. (peu cour.) : Gagner*. Dynamique : Terme qui était bien vivant dans les années 1990, mais qui devient vieillissant (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

553 CULOTTE! :

Variante de L'ENCULOTTE! et L'ENCULÉ! V. cette entrée. [En voiture :] Culotte! T'as vu tous les gendarmes?     V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

554 CURIOS :

n.m. Cour. Ethnolectal européen* ? Boutique de souvenirs et d’artisanat local. Encycl. : L’anglais curiosity shop a le même sens. (…) une sculpture traditionnelle [faite par] les élèves de Do Néva (…) les plus grands (…) savent faire ce qu'ils voient dans les curios. Journal Les Nouvelles, 15/06/1990. (…) brader ses sculptures, les meilleures et les moins bonnes, dans les curios [note  de bas de page : curios : abréviation de "curiosités" –magasins d’artisanat local]. Roman Jacques, 2002a : 50. (…) le front de mer deviendra une galerie marchande (…) un slalom entre deux curios, trois casinos (…).  Kurtovitch, 2013 : 35. Norme phonétique : Le "s" final se prononce et le "o" est ouvert. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquêtes linguistiques, 1990-2023).   V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

556 CURRY :

n.m. Cour. Curcuma. V. SAFRAN. Encycl. : Mot en usage à La Réunion sous la graphie "cari" (site BDLP, 2006) et de toute évidence pré-existant à l'usage calédonien*, étant donnée l'immigration bourbonnaise en Nouvelle-Calédonie au XIXe siècle. Crevettes de creek* au curry. Recettes Masachs, 1980 : 46. Variante (attestée uniquement à l'oral, cour.) : Curry* calédonien*. Variantes graphiques (peu cour.) : Carry*, currie*…. Norme : Il ne s’agit pas de la poudre d’aromates indienne appelée "curry" et prononcé [kyri] dans l’Hexagone mais d’un des ingrédients de cette poudre, le curcuma. Le mot curry en contexte calédonien* (prononcé [kari]) peut aussi nommer parfois, comme en français de référence, soit la poudre d’aromates indienne, soit les mets à base de ces aromates. Dynamique : Emploi stable (Pauleau, enquête linguistique, 2005).    V. également Pauleau, BDLP, 2006-2013.

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CURRIE :

Variante graphique de CURRY. V. ce mot. (…) et autres coquillages qui (…) faisaient d’excellents curries. Daly dans Manuel Lectures, 1978 : 213.

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CURRY* CALÉDONIEN* :

Attesté uniquement à l'oral. Variante de CURRY. V. ce mot. Tu mets du curry* calédonien dans la viande, c'est bon. Oral spontané, s.d.

 

558 CYCAS :

n.m. Cour. (Cycas circinnalis L. et Cycas caledonica Guillaum.) Arbuste qui a l'allure du palmier, aux feuilles vert foncé caractérisées par de fortes nervures centrales. Encycl. : Comme on le voit, c’est le terme latin qui est à l’origine du nom usuel. / Famille des Cycadacées. / La farine contenue dans le fruit mâle (cône écailleux de couleur ocre porté au centre de la couronne de palmes) était autrefois consommée par les Kanak* qui en faisaient des gâteaux. Mais le cycas est aussi une plante toxique : "Le bétail qui en broute les jeunes pousses (…) est atteint de paralysie (…) et, généralement, meurt." (Bourret, 1981 : 76). Elle préparait le pain du lendemain avec des fruits de cycas (…). Roman Sénès, 1987 : 80. Planté près de la case*, le cycas sert de dépôt aux paquets de plantes médicinales du clan*. Ses feuilles sont utilisées pour accompagner les offrandes aux ancêtres* lors des évènements importants. Etiquettes expliquant le mythe du premier homme Téâ Kanaké (chemin kanak*), Centre culturel Tjibaou, 2022. Norme phonétique : [sika] (le "s" final ne se prononce pas).

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MoDyCo

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Université Paris Nanterre
Atanas Tchobanov Ingénieur de recherche CNRS
- MODYCO UMR 7114

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